Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

François BAUQUIS (1866-1940)

Add this

    Le Père François Bauquis. Le doyen des missionnaires de notre Mission, notre cher et vénéré Père François Bauquis, s’est pieusement endormi dans le Seigneur le 8 octobre 1940, muni des sacrements de notre Mère la Sainte Eglise, qu’il a reçus de la main du benjamin de la Mission, le Père Colin.

     

    Depuis un an environ, le P. Bauquis souffrait de plaies aux jambes, rebelles à toute médication. Il y a un mois, la gangrène s’y mit et notre confrère comprit que la fin était proche ; il demanda et reçut les derniers sacrements dans les sentiments de la plus vive piété et de complet abandon à la volonté de Dieu.

     

    Le P. Bauquis naquit le 7 février 1866 à Marcellaz, au diocèse d’Annecy (Haute-Savoie), d’une famille qui a donné de nombreux enfants à l’Eglise ; il fit ses études secondaires au petit séminaire d’Evian-les-Bains et entra aux Missions-Étrangères le 11 septembre 1884. Ordonné prêtre le 22 septembre 1888 à vingt-deux ans et demi, il partit pour la Chine le 30 octobre suivant, et arriva à Chengtu le 16 mars 1889 ; il fut reçu à bras ouverts par Mgr Pinchon, le Vicaire apostolique d’alors.

     

    Après avoir appris la langue, qu’il devait dans la suite parler comme un vrai Chinois, il fut envoyé en district dans les hautes montagnes, régions les plus inhospitalières de notre Mission.

     

    De taille moyenne, la tête bien droite sur de larges épaules, le teint d’un ton très chaud comme les montagnards vers lesquels il était envoyé, des pectoraux énormes qui même à la soixantaine passée, arrachaient un cri d’admiration au Docteur français qui l’auscultait, des jarrets d’acier, il était paré pour cette marche à l’étoile qui, devait durer cinquante ans.

     

    Toujours à pied, suivi d’un homme portant une hotte qui contenait sa modeste chapelle, le P. Bauquis a visité, tour à tour, trente sous-préfectures, administré plus de mille chrétientés, inscrit plus de trois mille païens comme catéchumènes, installé des maisons de prières dans quarante localités, subi six persécutions locales, et finalement, chassé des hautes montagnes par les Communistes, il est venu terminer sa carrière dans un petit poste de la plaine de Chengtu.

     

    De 1914 à 1919, pendant la Grande Guerre, le P. Bauquis fut supérieur des Grand et Petit Séminaires, réunis à Hopatchang ; et grande fut sa joie à la nouvelle de la promotion à l’épiscopat de son ancien élève, Mgr Fabien Iû, Vicaire apostolique de Kiatin.

     

    Un mois à peine avant sa mort, notre confrère envoyait un élève au Probatorium : ultime activité d’un missionnaire mourant qui, jusqu’au dernier souffle, a travaillé dans l’esprit de notre Société.

     

    Cinquante-deux ans de Chine, sans retour en France et sans congé de détente, ce n’est pas absolument inédit ; mais cinquante-deux ans passés en Chine, avec le sourire et cette joie angélique qui était bien la note caractéristique de notre vénéré confrère, c’est simplement admirable et digne d’être donné en exemple aux jeunes missionnaires.

     

    À la nouvelle de la mort du P. Bauquis, le P. Eymard, son vieux compagnon de courses dans les montagnes et son émule, m’écrivait simplement : « Beati mortui qui in Domino moriuntur ; opera enim eorum sequuntur illos. »

    C’est notre espoir et notre consolation dans le deuil qui nous frappe. Requiescat in pace !

     

     

    • Numéro : 1794
    • Pays : Chine
    • Année : 1888