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Augustin BASLÉ (1851-1915)

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    La mission du Maïssour a eu la douleur de perdre, en un mois, son ancien évêque, Mgr Louis-Eugène Kleiner, qui s’est éteint le 19 août, à Metz, où il s’était retiré depuis douze ans, et Mgr Augustin-François Baslé, successeur de Mgr Kleiner, décédé le 13 septembre suivant à Bangalore, après une assez longue maladie.

    Augustin-François Baslé naquit à la Guerche (Rennes, Ille-et-Vilaine), le 1er juillet 1851, de parents très chrétiens. Son père dirigeait une fabri­que de machines agricoles et jouissait d’une certaine aisance, très appré­ciée des pauvres du pays. L’honnêteté de M. Baslé était à la hauteur de sa charité ; aussi les agriculteurs, qui avaient besoin de machines et d’instruments aratoires, s’adressaient-ils à la maison Baslé.

    Dès qu’Augustin fut en âge d’étudier, ses parents le confièrent à M. l’abbé Jégu, véritable homme de Dieu, actuellement, et depuis 40 ans, aumônier de la maison de Rillé, à  Fougères. Sous la direction de ce maître habile, les progrès du jeune étudiant furent rapides, et, après deux ans d’études préparatoires, il fut envoyé au collège de Vitré, où son travail assidu et son intelligence le placèrent de suite au premier rang de sa classe. Chaque année il avait la joie de revenir à la Guerche, à l’époque des vacances, chargé des prix qu’il avait mérités par son assi­duité au travail et sa bonne conduite. En 1870, n’écoutant que son cœur qui le portait déjà à une vie de sacrifices, il voulut s’engager comme infirmier militaire. A son grand regret, et à sa honte, comme il disait lui-même plus tard, il fut jugé impropre au service. Il reprit donc le chemin de la maison patemelle, en se demandant ce qu’il pour­rait bien faire pour la patrie et pour les pauvres soldats. Une bonne dame, à qui il confia son chagrin, lui conseilla de faire de la charpie pour les blessés. Ce conseil lui plut beaucoup, et, chaque jour, il apportait au comité de le Croix-Rouge un gros paquet de charpie.

    La guerre terminée, il étudia sa vocation et se sentit attiré vers les missions lointaines. Cet attrait, d’abord indéfini, devint bientôt une volonté arrêtée de se consacrer aux missions. C’est alors qu’il fit la con­naissance du vénérable Mgr Charbonnaux, premier évêque du vicariat apostolique du Maïssour, revenu en France pour prendre part au Concile du Vatican et que la guerre avait empêché de retourner dans sa mis­sion. La vue de ce patriarche à longue barbe blanche, et les conversa­tions qu’il eut avec lui l’impressionnèrent vivement : « Moi aussi, dit-il un jour, je serai missionnaire, et un enfant de la Guerche ira conti­nuer les travaux de ce vénérable Guerchois, dont la carrière touche à sa fin. »

    Du petit séminaire de Vitré, Augustin passa au grand séminaire de Rennes, où il reçut les ordres mineurs en 1872. Le 20 décembre 1873 il était fait sous-diacre et nommé surveillant au collège Saint-Vincent. Le 24 août 1874, il mettait à exécution la résolution prise deux ans aupa­ravant et parlait pour le Séminaire des Missions-Etrangères. Ordonné prêtre le 10 octobre 1875 par Mgr Foulon, évêque de Nancy, il reçoit sa destination pour le Maïssour, s’embarque le 2 décembre et arrive dans sa mission au commencement de janvier 1876. Son arrivée fit une certaine impression sur l’évêque, Mgr Chevalier, successeur de Mgr Char­bonnaux. M. Baslé, petit de taille, maigre et le teint plus que pâle, ne semblait pas fait pour fournir une longue carrière en pays de mission, et les prophètes, car il y en a partout, ne manquèrent pas de lui tirer un horoscope défavorable. Cependant ces prophètes auraient dû savoir que le climat du Maïssour est excellent pour les poitrines faibles, et qu’aucun missionnaire n’y est mort de phtisie.

    D’ailleurs, M. Baslé qui ne se faisait pas illusion sur sa santé, avait pour lui la sagesse des faibles : il était prudent, il était régulier. Sa vie, réglée comme au séminaire, se partageait entre l’étude des langues et les exercices de piété. Comme il était d’une belle intelligence, il fut, au bout de quelques mois, à même d’entendre les confessions en langue tamoule. Il eut l’honneur d’être envoyé au secours des pauvres famé­liques, pendant la terrible famine qui dura 3 ans et enleva un quart de la population du Maïssour. Voyageant en voiture à bœufs et accompagné par un jeune étudiant, devenu depuis prêtre zélé, M. Baslé visitait les camps de concentration, organisés par le gouvernement et où les pauvres se rendaient, dans l’espoir d’y trouver un peu de nourriture. Mais ils avaient tellement souffert qu’ils étaient presque tous la proie de la mort. C’est parmi ces moribonds que le jeune missionnaire recueillit ses premiers baptêmes ; et, après 40 ans d’apostolat, Mgr Baslé aimait à dire aux nouveaux confrères les joies qu’il avait ressenties quand, le soir, auprès de sa voiture qui lui servait aussi de logement, il inscri­vait dans son registre : « aujourd’hui 30, 40 ou 50 baptêmes ». C’était le beau temps, c’était le temps de la moisson ; c’était le rêve devenu réa­lité. Son bonheur fut de courte durée. Les grandes fatigues et les priva­tions que le missionnaire devait s’imposer chaque jour eurent vite rai­son de sa santé, et, la mort dans l’âme, M. Baslé dut mettre bas les ar­mes, abandonner momentanément le champ de bataille et rentrer à l’évêché ; il était à bout de forces. Après quelque temps de repos, le jeune missionnaire se sentait revivre et jetait déjà ses regards vers les malheu­reux qu’il avait dû quitter, quand un matin, Mgr Chevalier lui annonça qu’il était nommé procureur de la mission. Il allait dès lors dire adieu aux grands voyages, à la vie apostolique, aux baptêmes de païens ; et se résigner à aligner des chiffres et à fournir aux confrères tout ce dont ils avaient besoin. Avec son esprit méthodique et sa grande charité, M. Baslé remplit la charge de procureur pendant 5 ans, à la grande satis­faction de tout le monde ; et ses successeurs à la procure ont toujours eu à cœur de suivre ses méthodes qui donnèrent et donnent encore de si heureux résultats. Il profitait de ses moments de loisir pour se perfec­tionner dans les langues tamoule et canara, et il fut bientôt capable de donner des leçons aux nouveaux missionnaires, qui se rappellent encore la clarté de ses explications et ses encouragements fraternels dans les difficultés du début.

    Mais ni la charge de procureur ni le titre de maître de langue ne pouvaient satisfaire ce missionnaire aux apparences maladives, qui attrapait des rhumatismes beaucoup plus souvent qu’à son tour. Il demanda qu’on lui confiât les 300 orphelins, que la famine avait laissés sur les bras de la mission, et il fut une mère pour ces enfants qui n’en avaient plus. Il s’occupa de leur santé corporelle, mais il avait surtout à cœur les intérêts de leur âme. Catéchimes, instructions se succédaient à intervalles très rapprochés ; mais que de patience, que de charité il fallait pour faire pénétrer dans ces intelligences bornées, et hier encore païenne, les principales vérités de notre sainte religion ! Aujourd’hui, à 40 ans de distance, ces orphelins, qui sont maintenant grands-pères, parlent à leurs petits-enfants de la bonté, de la charité, du dévouement de celui qui fut leur Père spirituel.

     

    En 1884, le supérieur du grand séminaire de la mission, ayant été appelé à Hong-Kong pour organiser l’imprimerie de Nazareth, M. Baslé fut chargé de le remplacer. Heureux choix, s’il en fut : le nouveau supé­rieur aimait l’enseignement : il devait professer la théologie et la philo­sophie ; le cumul n’est pas défendu en mission ! Ses élèves, très observa­teurs comme tous les jeunes gens, eurent bientôt fait de l’apprécier. Ils voyaient en lui l’amour de l’étude, sans lequel un prêtre n’est pas à la hauteur de sa vocation ; ils voyaient en lui la piété et la régularité qui font les saints prêtres. En 1887, Mgr Coadou le nomma vicaire général, à la grande satisfaction des missionnaires, qui reconnaissaient en lui un guide éclairé et sûr, un théologien qui savait documenter ses déci­sions et résoudre les difficultés. En 1890, à la mort de Mgr Coadou, son successeur, Mgr Kleiner, conserva M. Baslé comme vicaire général, et le nomma curé de la cathédrale Saint-Patrick.

    C’est vers cette époque qu’il songea à former des Frères de langue anglaise, pour venir en aide aux missionnaires dans la direction des écoles. Secondé par M. Tabard, il se mit en relation avec quelques jeunes soldats, et en choisit plusieurs avec lesquels il commença sa petite con­grégation. Mais comme cette oeuvre importante devait absorber toute l’activité du fondateur, il se transporta avec ses élèves près de l’évêché. Ce fut pour lui le commencement d’une nouvelle vie. M. Baslé se fit Frère avec les Frères ; méditations, exercices spirituels, tout se faisait en commun ; tour à tour professeur de littérature, de mathématiques, etc., il se dépensait pour ses novices, qui avaient plus de bonne volonté que de science acquise. Le succès répondit aux efforts, et aujourd’hui ces jeunes gens (qui ont passé la cinquantaine) sont des professeurs appré­ciés dans notre grand collège. Pourquoi faut-il que la guerre soit venue tarir la source de leur recrutement ! L’Angleterre, comme la France, veut vaincre l’ennemi ; mais pour vaincre, il faut des soldats, et il n’est plus permis de quitter l’armée.

    Malgré tant d’occupations M. Baslé ne savait pas refuser son concours aux prêtres des paroisses, soit pour prêcher une mission, soit pour entendre les confessions aux jours de fête. Nos nombreux couvents et toutes les missions de l’Inde ont entendu sa parole. Ses sermons étaient simples, clairs, surtout pratiques, et Dieu seul sait le bien qu’ils opéraient dans les âmes.

     

    En 1903, Mgr Kleiner étant parti pour la France, M. Baslé tint sa place comme administrateur de la mission. Il se fit remarquer par sa grande charité, son savoir et sa prudence dans l’accomplissement de son em­ploi. Quand Mgr Kleiner pria le Saint-Siège de lui donner un coadju­teur en 1905, les votes des confrères désignèrent tout naturellement le vicaire général au choix du Souverain Pontife. L’administration du nou­vel évêque fut ce que tous avaient prévu : fructueuse et prospère. En 1904, le compte rendu donnait un total de 42.000 chrétiens ; celui de 1915, un total de 51.900. Dans l’espace de 11 ans, 27.000 païens ont été, à l’ar­ticle de la mort, régénérés dans l’eau du saint baptême.

    Mgr Baslé avait le zèle des âmes, il était toujours prêt à seconder les efforts de ses missionnaires pour promouvoir la gloire de Dieu et l’ex­tension de son règne. Ce fut pour lui une grande consolation quand il put envoyer deux missionnaires dans des centres entièrement païens. Il les encouragea au milieu de leurs difficultés et leur accorda d’abon­dants subsides, en s’imposant parfois à lui-même de grands sacrifices. C’est ainsi que M. Jauffrineau réussit à fonder plusieurs postes de néo­phytes dans les forêts du Wynaad, et que M. Meyniel parvint à organiser deux chrétientés en pays jusque-là tout païen. Dans une autre partie du diocèse, M. Baussonnie, missionnaire à l’âme ardente, a entrepris la conversion d’une tribu et a été puissamment aidé par l’évêque.

    Mgr Baslé n’ignorait pas que l’éducation de la jeunesse est un des meilleurs moyens de convertir les âmes ; il aimait les enfants, dont le cœur s’ouvre si facilement aux grandes vérités de notre mainte religion ; aussi que n’a-t-il pas fait pour eux ? Que de projets conçus et mis à exécution, malgré les difficultés qui, au premier abord, semblaient in­surmontables ! Sa confiance en Dieu était sans bornes, et sa devise était d’aller toujours de l’avant. Le Coorg, joli pays de montagnes, habité par un peuple courageux et intelligent, n’avait jamais voulu se laisser enta­mer par la foi catholique : son passé, avec ses légendes, lui suffisait. Aujourd’hui, les Sœurs de Saint-Joseph de Tarbes y possèdent un ma­gnifique pensionnat, où viennent s’instruire toutes les jeunes filles qui veulent devenir savantes. Mais, dans leurs jeunes cerveaux, avec la science pénètre aussi l’idée d’un Dieu unique et bon, qui appelle tous ses enfants au bonheur éternel. A Kolar, où les mines d’or ont attiré une population cosmopolite, les mêmes religieuses ont remplacé une masure toute lézardée par une belle école, et apprennent aux en­fants à échanger l’amour de l’or contre l’amour de Dieu .

    À Bangalore-Cantonnement, les Sœurs Indiennes de Saint-Joseph avaient une école pour les petites filles, mais elle était devenue insuffi­sante. Sur le conseil de Monseigneur, ces excellentes religieuses ont construit, dans leur propre enclos, un établissement spacieux, bâti et aménagé dans toutes les conditions requises par le Gouvernement.

     

    Tous ces progrès ne satisfaisaient pas encore Mgr Baslé. Dans la ville indigène de Bangalore, dont la population est d’environ 100.000 habitants, la mission n’avait aucune école pour les filles. Le personnel enseignant et les ressources manquaient pour mettre à exécution des plans qui promettaient de grands résultats. Pour résoudre la difficulté, les confrères conseillèrent à l’évêque de faire un voyage en France. Sa Grandeur, sans s’effrayer de ce long voyage, toujours dangereux, pour ceux qui ont passé de longues années dans l’Inde, partit à la recherche de Sœurs qui voulussent bien consacrer leur vie à l’éducation de petites Indiennes. Les vues et les projets de l’évêque furent acceptés par les Sœurs Missionnaires Catéchistes de Marie, qui arrivèrent à Bangalore au mois de juillet 1914 et commencèrent, au centre de cette populeuse cité, une fondation qui est appelée à faire le plus grand bien. Une seconde fondation sera inaugurée dann un des districts de la mission aussitôt après la guerre.

    Cependant, si l’éducation de la femme est d’un grand secours pour l’évangélisation, Monseigneur n’ignorait pas qu’il faut surtout s’occu­per des jeunes garçons. Dans l’Inde, le mari est maître absolu ; ses dé­sirs sont des ordres, et ses ordres sont toujours obéis. Mgr Kleiner avait transformé le petit collège Saint-Joseph en un vaste établissement. Mgr Baslé se fit un devoir de marcher sur les traces de son prédécesseur. Par ses soins, les locaux destinés aux Européens ou descendants d’Eu­ropéens ont été doublés ; et, aujourd’hui, plus de 200 pensionnaires et autant d’externes y reçoivent une éducation chrétienne et une instruc­tion que les inspecteurs du gouvernement ont toujours su apprécier.

    Ces beaux résultats n’avaient pas cependant résolu la grande ques­tion d’une école spéciale pour la jeunesse Indienne, qui n’était que tolé­rée dans le collège Saint-Joseph. Faute de local suffisant, le nombre des admissions était restreint ; et puis, la diversité des nationalités entre élè­ves était un obstacle à la discipline. Tous les missionnaires étaient per­suadés qu’un établissement, réservé aux Indiens, était absolument néces­saire. Monseigneur fut d’abord effrayé de la grandeur de la tâche ; elle lui semblait au-dessus de ses forces et de ses ressources, Sa Grandeur hésita donc un instant ; puis se rappelant que la confiance en Dieu vaut mieux que la prudence humaine, il autorisa M. Aucouturier à aller de l’avant, et aujourd’hui plus de 1.000 élèves indiens, fiers de leur alma mater, viennent recevoir dans un collège à eux l’enseignement donné par les prêtres catholiques.

    Dans un autre quartier de la ville, l’école Saint-Aloysius, destinée elle aussi aux Indiens, fut l’objet des faveurs et des encouragements de Mon­seigneur. Avec ses 400 élèves, cette école fait grand honneur à la mis­sion.

    On est étonné, surpris que, pendant ses 10 années d’épiscopat, tant de choses aient été faites par un évêque que les « prophètes » avaient condamné à une mort prochaine le jour même de son arrivée dans l’Inde ; mais, quand le zèle anime une âme et que la volonté veut, de grandes choses se font.

     

    Pendant son séjour en France, Mgr Baslé oublia qu’il devait se repo­ser ; il visita beaucoup de séminaires pour susciter des vocations apos­toliques ; il fit de nombreuses démarches afin de trouver des ressources pour ses œuvres ; il prit part au Congrès Eucharistique de Vienne, en Autriche, où un mouvement en faveur de la Propagation de la Foi avait besoin d’être appuyé par la présence d’évêques missionnaires.

    Tous ces travaux, ces voyages, et le froid de l’Europe fatiguèrent Sa Grandeur, qui regrettait le bon climat du Maïssour. Il revint au mois de février 1914 au milieu de ses missionnaires, espérant bien travailler avec eux quelques années encore.

    Cet espoir, hélas ! disparut peu à peu, quand il sentit ses forces dimi­nuer graduellement malgré les soins les plus assidus. Monseigneur ne s’était jamais douté qu’il souffrait du côté du cœur ; et il était trop tard, quand le médecin, consulté, lui recommanda de prendre des précautions. Sa Grandeur ne fit que végéter, attendant toujours le retour de ses forces pour reprendre ses tournées de confirmation comme autre­fois. Malgré tout, le prélat faisait de beaux plans d’avenir, il se propo­sait de bâtir plusieurs églises à Bangalore et de fonder des dispen­saires dans les principaux centres de la mission, avec le concours des religieuses Missionnaires Catéchistes de Marie qui lui avaient promis tout leur dévouement. Mais la maladie suivait son cours, et Monseigneur fut bientôt incapable de tout travail. Au commencement de juin 1915, il se rendit à l’hôpital Sainte-Marthe, dans le pavillon exclusivement réservé aux missionnaires et qu’il avait aidé à construire par ses aumô­nes. Notre cher évêque était un malade bien patient, ne se plaignant jamais, affirmant qu’il ne souffrait pas ; il faisait tous ses efforts pour paraître gai et n’être à charge à personne. Mais ni la science du docteur et son dévouement sans limites, ni les soins des religieuses du Bon-Pasteur ne purent arrêter le mal. Dès le mois de juillet, Monseigneur ne se faisait plus aucune illusion, et, sans émotion, il disait à ses visiteurs : c’est l’affaire de quelques semaines. En effet, il se prépara à la mort par une retraite de 3 jours et demanda à recevoir les derniers sacrements,

    À partir de ce moment-là jusqu’à sa mort, Monseigneur ne s’occupa plus que du ciel. Il méditait les beautés de la céleste patrie et n’inter­rompait sa contemplation que pour recevoir les visites des confrères. Il leur souriait, leur demandait des nouvelles de leur santé, de leurs tra­vaux, les encourageait, les bénissait et se recommandait à leurs prières. La veille de sa mort, Mgr Roy, évêque de Coïmbatore, prévenu par télé­gramme que l’état de Monseigneur était désespéré, s’empressa de venir à Bangalore. Le cher malade le reçut le sourire sur les lèvres en disant : « C’est donc très sérieux, vous venez à mon enterrement. » Le lende­main 13 septembre à 6 heures du matin, Sa Grandeur demandait à son confesseur de bien prier pour lui à la sainte messe, ajoutant que le grand moment était proche. En effet, à 7 heures, Mgr Baslé expirait après quelques instants d’agonie. Le corps fut exposé à la cathédrale Saint-Patrick pour donner satisfaction à la piété des catholiques, qui voulaient voir une fois encore leur Père bien-aimé. Les obsèques furent célébrées avec la plus grande pompe. Mgr Morel, archevêque de Pondi­chéry, et Mgr Roy présidèrent l’office des morts, récité en présence du corps par un grand nombre de confrères du diocèse. Les missions voi­sines envoyèrent des représentants, en témoignage d’estime et d’affec­tion pour le prélat qui fut toujours leur ami. Maintenant Mgr Baslé repose dans sa cathédrale, à côté de Mgr Charbonnaux, son compa­triote, qui fut l’agent dont se servit la Providence pour montrer à M. Baslé le chemin des missions.

    Euge, serve bone, intra in gaudium Domini tui.

     

     

     

     

    • Numéro : 1268
    • Pays : Inde
    • Année : 1875