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Pierre BARBIER (1843-1920)

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    M. Pierre-Narcisse Barbier naquit le 21 décembre 1848, au hameau Les Brosses, de la paroisse Saint-Michel-Mont-Mercure, au diocèse de Luçon. Entré au Séminaire des Missions-Etrangères le 10 septembre 1866, il fut ordonné prêtre le 19 décembre 1868. Le 16 février de l’année suivante il quittait la France et arrivait au Siam le 1er mai.

    Reçu paternellement par Mgr Dupond, M. Barbier se mit en toute simplicité à la complète disposition de son évêque. Celui-ci le garda quelques mois près de lui à l’église de l’Assomption, laissant à M. Vey le soin de donner au nouveau missionnaire des leçons de siamois ; puis, le « nouveau » fut confié à M. Schmitt chargé du poste de Petriou. Au bout de peu de temps d’ailleurs, M. Barbier s’occupa d’une façon plus régulière du poste de Thakien, dont il fut en réalité le premier titu­laire à résidence habituelle.

    Sa vie dans ce poste fut particulièrement pénible et austère. « La patience est la moëlle de la charité », aimait à dire sainte Catherine de Sienne ; ajoutons qu’elle est une des principales vertus du missionnaire. En constatant les défauts des néophytes ou des catéchumènes, le jeune missionnaire n’arrive pas toujours à maîtriser ses saillies d’humeur. Nous n’oserions pas assurer que M. Barbier fut, dès le printemps de sa vie apostolique, le prêtre patient et indulgent que nous avons connu plus tard ; mais nous sommes certain qu’il commença, dès son séjour à Thakien, ce long apprentissage de la patience que saint François de Sales déclarait fort ardu et rebutant à la nature.

    À la patience, notre confrère joignit toute sa vie, mais principalement à Thakien, l’amour de la pauvreté. Or celle-ci était, dans la brousse, il y a cinquante ans plus encore qu’aujourd’hui, la compagne inséparable du missionnaire. Toutefois, si M. Barbier fut dès son premier ministère, pauvre volontaire des biens de ce monde, il fut très riche de vie intérieure : il sut prier. Son oraison fut son aliment quotidien, sa force, le principe qui féconda son action sur les âmes

    Il ne devait pas changer. L’homme intérieur qui s’était révélé à Thakien, se retrouva à Bangkok où notre confrère résida quelque temps, puis à Bangxang où il passa près de 40 ans, soit dans le ministère paroissial, soit au Séminaire de la Mission.

    M. Barbier eut la joie, bien rare en Mission, de célébrer, le 19 décembre 1918, ses noces d’or sacerdotales au Séminaire de Bangxang, offrant ainsi vers le déclin de sa carrière le plus bel exemple, que puissent recevoir de jeunes lévites : celui d’une vie saintement remplie.

    La prospérité spirituelle du poste de Bangxang, le progrès intérieur des séminaristes sont en partie la récompense de ses vertus et de son zèle. En partie, disons-nous, car Dieu seul reste l’Agent et Dispensateur de la grâce, comme il suffit à Lui seul pour être la récompense de celui qu’il a appelé à l’honneur de le servir.

    Pour M. Barbier, cette récompense vint le dimanche soir, 14 mars 1920, après une semaine de souffrances généreusement acceptées.

    Ses funérailles, présidées par Monseigneur entouré du Provicaire, d’une quinzaine de missionnaires et de prêtres indigènes, du Séminaire de la Mission au complet et d’une foule de fidèles, fut une démonstration visible de la haute estime que tous témoignaient au vénéré défunt. Puissent le salutaire exemple et le souvenir de notre cher confrère continuer de produire des fruits spirituels en abondance, pour la plus grande gloire de Dieu et le salut des âmes !

     

    • Numéro : 1006
    • Pays : Thailande
    • Année : 1869