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Étienne BALET (1870-1913)

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    Etienne-Léon Balet, né à Monclar (Agen, Lot-et-Garonne), le 19 février 1870, entra laïque au Séminaire des Missions-Étrangères le 15 octobre 1892. Ordonné prêtre le 28 juin 1896, il partit le 29 juillet suivant pour la mission de Tokio. Pour nous conformer au désir formel exprimé par notre confrère, nous nous contenterons de donner les quelques détails suivants sur sa carrière apostolique, qui fut de seize années.

    Chargé d’abord du district de Matsumoto, pendant quatre ans, il fut ensuite rappelé à Tokio, pour collaborer à une revue japonaise, le Tenchijin, publié par les missionnaires. Mgr Osouf, qui avait remarqué sa grande facilité pour l’étude des langues, l’envoya ensuite à Canton, pour apprendre le chinois et se mettre à même de pouvoir s’occuper des quelques catholiques de nationalité chinoise établis à Yokohama.

    Nous le trouvons ensuite chargé des postes de Odawara et de Yokosuka ; puis, de nouveau, à Tokio, à l’œuvre de la jeunesse établie à Myogadani. Entre temps, il travaille assidûment à la rédaction des Mélanges japonais, publie une grammaire japonaise de la langue parlée, et édite sur Shitoku Taishi un travail, qui obtint un prix de l’Académie française.

    En 1910, il est envoyé auprès de M. Lemaréchal à Shizuoka, avec charge spéciale des deux postes de Fujieda et de Hamamatsu. M. Lemaréchal étant mort en mars 1912, M. Balet demeure seul à la tête de tout le district.

    Fatigué depuis quelque temps déjà, notre confrère éprouva, au mois de novembre dernier, un affaiblissement considérable de la vue. Les médecins constatèrent bientôt que le mal provenait d’une forte attaque d’albuminurie. Le mal était déjà trop avancé, et les remèdes employés ne produisirent aucun effet appréciable.

    M. Chérel, qui était allé voir le cher malade, le décida à venir à Tokio, où il pourrait être mieux soigné. Le 2 janvier 1913, M. Balet s’alitait pour ne plus se relever. Au bout de huit jours, on le transporta à l’hôpital Saint-Luc, situé tout près de l’archevêché. Depuis son arrivée à la capitale, notre confrère ne se faisait plus d’illusion sur l’issue de sa maladie. Le 12 janvier, il recevait pieusement l’extrême-onction, et le lendemain, on lui administrait le saint viatique. Pendant les quelques jours qu’il vécut encore, il eut la consolation de pouvoir communier de nouveau à deux reprises, et le 19 janvier il rendait son âme à Dieu.

    À son lit de mort, M. Balet reçut la visite d’un compatriote, pour lequel il avait toujours conservé une amitié qu’on peut appeler, sans exagération, fraternelle, et qui se trouvait de passage au Japon. Cet ami, hélas ! avait abandonné les pratiques chrétiennes, depuis bien des années. Le mourant profita de cette entrevue pour l’exhorter à revenir à de meilleurs sentiments et à se réconcilier avec Dieu. Le visiteur, visiblement ému, lui en fut la promesse, et nous voulons espérer que ce dernier acte d’apostolat aura tôt ou tard sa pleine efficacité.

    M. Balet repose maintenant dans le cimetière des missionnaires à Aoyama, auprès de NN. SS. Osouf et Bonne, à côté de MM. Balanche et Berger.

     

    • Numéro : 2234
    • Pays : Japon
    • Année : 1896