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Honeste BALANCHE (1853-1882)

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    C’est entouré des soins de son vénérable Évêque et de ses Confrères que M. Balanche a passé à une vie meilleure. « Le bon Dieu l’a rappelé à Lui, écrit Mgr Osouf, le jeudi 23 février, vers 7 heures du matin, au moment où le pieux malade terminait son action de grâces après la sainte Communion. C’est assez dire qu’il a eu sa connaissance jus­qu’à la fin. »

    M. Honeste Balanche naquit à Combes-la-Motte, au diocèse de Besançon, le 19 novembre 1853. Après avoir achevé sa philosophie à Vesoul, il entra au Séminaire des Missions Étrangères le 23 sep­tembre 1873 et, trois ans plus tard, jour pour jour, il reçut le sacer­doce. Sa santé compromise à la suite d’une maladie qu’il fit durant son séjour à Paris, l’obligea à  prendre quelques mois de repos dans sa famille. Il était bien rétabli lorsque, le 3 mai 1877, il s’embarqua pour le Japon septentrional, en même temps que Mgr Osouf devenu le premier Vicaire apostolique de cette nouvelle Mission.

    Après avoir étudié à Tokio les éléments de la langue japonaise, M. Balanche fut donné pour compagnon à M. Drouard de Lezey, qui venait de fonder le poste de Sado. Dans cette île, le nouveau Mis­sionnaire continua de s’appliquer à l’étude de la langue du pays et des caractères chinois et, grâce à son intelligence, il y fit de grands progrès. La maladie de poitrine dont, hélas ! il portait le germe, ne tarda pas à se manifester et obligea son Évêque à le rappeler à la capitale, pour y recevoir les soins que nécessitait l’état de sa santé. A Tokio, M. Balanche fut chargé de l’orphelinat des garçons auquel il se consacra avec le plus grand dévouement. Cependant, ni la dou­ceur du climat, ni les attentions dont il fut l’objet constant, ne purent arrêter les progrès du mal qui le minait et qui devait l’emporter dans la tombe.

    Sa mort, écrit Mgr d’Arsinoë, fut comme sa vie, tout apostolique. Dès qu’il sut que sa dernière heure était proche, tranquillement et avec une résolution vraiment chrétienne, il se disposa à aller à la mort et à l’éternité, comme s’il se fût agi de se rendre à un poste qu’on lui eût assigné.  Une plume plus autorisée que la mienne, écrit de son côté M. Midon, a dû vous dire l’admirable patience et la résignation toute sacerdotale, joyeuse même du défunt, durant sa longue maladie. Sans parler de l’énergie naturelle de M. Balanche, ces dispositions généreuses s’expliquent par ce fait que le cher ma­lade a pu recevoir chaque matin Notre-Seigneur. Sa dernière com­munion n’a même précédé sa mort que de quelques instants.

    Quoi d’étonnant, continue le même Missionnaire, si l’expression du visage du défunt avait conservé comme un rayon de paix et de joie recueillie ? Les personnes qui l’ont vu dans sa bière tout le temps que son corps demeura exposé à l’église, ont été frappées de cette sérénité peinte sur sa figure. On eût dit qu’il dormait, mais de ce sommeil bienheureux que Dieu accorde à ses élus : Quiesces et suavis erit somnus tuus.

     

     

    • Numéro : 1333
    • Pays : Japon
    • Année : 1877