Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Jean-Marie BACON (1905-1989)

Add this

    Le P. Bacon vient de nous quitter. Il avait quatre-vingt-quatre ans, dont plus de cinquante passés au service des Chinois du Kwangsi et des Thaïlandais de Bangkok. Tous ceux qui l’ont connu gardent de lui un souvenir vif. Vêtu à la diable, après la disparition de la soutane qui cachait bien des misères, on aurait pu le prendre pour un clochard. Mais son regard éveillé, droit, et souvent impérieux, ainsi que sa parole nette, démentaient cette impression On s’apercevait, au détour d’une conversation, qu’il était très cultivé. Il a lu tous les livres de la bibliothèque de la région, littératures française et anglaise, philosophie, théologie, patristique ou Bible. tout lui était bon. Le seul vrai problème du bibliothécaire était de lui fournir de nouveaux livres, tant il dévorait. Se servant couramment de quatre dialectes chinois, il parlait aussi le thaï et l’anglais, en plus de ses deux langues maternelles, le breton et le français. Il avait une mémoire rapide qui l’a beaucoup aidé, mais il ne recherchait pas l’érudition et ne faisait nul étalage de sa science. Sa large culture lui venait des études qu’il avait faites pour le service de ses frères. Sa curiosité naturelle, ses dons d’observation et son ouverture d’esprit avaient fait le reste.

     

    Depuis sa plus tendre enfance, tout le monde, en Bretagne comme plus tard en Chine ou en Thaïlande, l’appelait Jean-Marie. Lorsqu’on lui demandait son nom de famille, il vous jetait un coup d’œil malicieux et répondait sans sourire : « Bacon sans œuf ».

     

    Fils de Jean-Louis Bacon et de Marie-Louise Goarin, Jean-Marie naquit à Kernescop près de Briec, dans le Finistère, d’une famille de neuf enfants. Trois garçons sont devenus prêtres et une fille religieuse, c’est dire qu’à la ferme familiale Dieu tenait la première place.

     

    Jean-Marie fit ses études primaires à l’école de Briec. Petit Breton nerveux et bagarreur, il rentrait souvent à la maison le nez cassé et les vêtements en mauvais état, car il était et demeura violent, plus que beaucoup d’autres, dans ses réactions, ses gestes et ses paroles. Mais sous des dehors abrupts et sa tenue négligée, il avait un cœur merveilleux et savait être drôle, et même chahuteur. Il se fit toujours beaucoup d’amis.

     

    Après six années d’études secondaires au Collège St-Vincent de Pont-Croix, et bien qu’il pensât déjà à partir en mission, il entra au Grand Séminaire de Quimper en 1925. Deux ans plus tard il dut partir à l’armée. Certains aspects de la vie de soldat lui plurent, il devint même

    tireur d’élite, ce dont il ne resta pas peu fier. Cela devait lui servir plus tard à nourrir les gens ou même à les sauver. Un matin, en effet, il étendit raide mort un python qui dévorait les poules du couvent et prétendait mettre à mal la cuisinière. Une balle eut raison du maraudeur, délivrant la pauvre femme terrifiée. Il avait alors soixante-dix ans.

     

     

    Pendant ce service militaire, Jean-Marie ne fut certes pas un séminariste modèle, à tel point que les prêtres qu’il avait fréquentés lui refusèrent le certificat de satisfaction qui était, en principe, nécessaire pour regagner le séminaire où il était d’ailleurs noté comme « un jeune homme bien frustre et pas intelligent, qui eut à diverses reprises des notes insuffisantes à ses examens et qui ne semblait pas racheter ce défaut d’intelligence par aucune qualité morale ». Preuve que les directeurs de séminaire peuvent se tromper !

     

    Jean-Marie revint pourtant au séminaire de Quimper où il resta peu de temps. Voici comment il relate cet épisode de sa vie : « Je retournai au séminaire de Quimper achever ma philosophie... Je ne fis absolument rien pendant le trimestre, je réussis à avoir trois mauvaises notes et montrai tant de mauvaise volonté que le conseil des directeurs décida mon renvoi. C’était ce que je cherchais. Je rengageai dans l’année. Un des premiers jours je fis une visite au cercle militaire. Monsieur l’aumônier m’aborda et me dit : « Vous êtes séminariste ! — Non, monsieur l’aumônier. — Au moins vous l’avez été. — Oui ! — Eh bien, votre place n’est pas ici. » Ensuite il me parla avec tant de conviction de la Trappe que, le jour même, il fut décidé que j’y entrerai... Je pensais que c’était peut-être là que Dieu me voulait, aussi je ne lui dis pas mes préférences pour les missions, me doutant bien d’ailleurs qu’on ne m’eût accepté nulle part, au moins avant de m’être sérieusement amendé. J’ai souvent pleuré cette défaillance et je tâche de la réparer. »

     

    Jean-Marie résilia donc son contrat avec l’armée, fit un pèlerinage à Lourdes et entra à l’abbaye de Notre-Dame de Thymadeuc où il devait rester trois années. Mais le désir de partir en mission ne le quitta pas, et après avoir fait un essai loyal de la vie de la Trappe, il demanda à entrer aux Missions Étrangères, muni d’une lettre très élogieuse du Père maître des novices. Le Frère Florentin redevint Jean-Marie.

     

    Entré au séminaire des Missions Étrangères le 16 septembre 1932, Jean-Marie continua ses études de théologie commencées à la Trappe. D’après ses confidences à ce sujet, l’étude de la Bible, et plus particulièrement de l’Évangile, le passionna.

     

    Il fut ordonné prêtre le 25 juillet 1934 à Quimper avec trois autres jeunes originaires de Briec. La légende veut qu’à l’occasion de sa première messe au pays natal, Mgr de Guébriant qui y aurait assisté, terminât son toast par ces paroles : « Eh bien maintenant, la société des Missions Étrangères possède un original de plus. » Comme beaucoup de mots historiques, celui-ci n’est pas authentique, car Mgr de Guébriant n’assista pas à la première messe de Jean-Marie.

     

    Ayant reçu sa destination pour le vicariat apostolique de Nanning dans la province chinoise du Kwangsi le 11 février 1935, Jean-Marie quitta la France le 29 avril suivant. Ce vicariat apostolique était une mission très difficile, car les habitants de ce pays très montagneux, en majorité des Chinois, mais parlant quatre dialectes différents, et des gens appartenant à diverses minorités raciales, devaient subir les vexations de nombreux brigands.

     

    Aussitôt arrivé, Jean-Marie se mit à l’étude, non pas uniquement du chinois, mais de plusieurs dialectes. Selon son évêque, Mgr Albouy, il avait le don des langues, mais il se trouva rapidement pris dans le tourbillon des guerres, des massacres, des famines et des brigandages qui s’ensuivaient. Lors de la longue marche des communistes chinois, Mao Zedong et Tchang Kaïchek se battirent dans son district. Les blessés des deux camps se traînaient partout et venaient mourir devant son église, aussi fonda-t-il un dispensaire ouvert aux uns comme aux autres. Furieux de cette conception de l’égalité, un jour les communistes l’attrapèrent et le collèrent au mur, prêts à le fusiller. Comme Jean-Marie n’entendait pas l’ordre de tirer et se sentait toujours bien vivant, pris d’une bonne colère et se souvenant des années passées dans la coloniale, il leur cria en termes crus ce qu’on peut traduire par : « Mais tirez donc si vous êtes des hommes ! » Les commissaires politiques se contentèrent de prendre des photographies de la tête émaciée et furibonde de Jean-Marie, puis ils le relâchèrent : ils avaient trop besoin de ses services d’infirmier.

     

    Jean-Marie fut curé à Kweping de 1938 à 1942, puis à Lauling jusqu’en 1946. C’était l’époque de la guerre sino-japonaise, et Jean-Marie se dépensa sans compter pour soulager toutes les misères dans la mesure de ses moyens. Curé, il parcourait ses immenses paroisses pour visiter chrétiens et catéchumènes. Son évêque pensait qu’il était né avec un vélo entre les jambes tellement il était adroit à circuler sur les petites diguettes qui quadrillent les rizières. Mais si les massacreurs avaient changé d’uniforme, ils tuaient les innocents avec autant de férocité que de Zèle. Ce fut un temps pendant lequel il brava sans forfanterie la maladie, la faim, la misère et même la mort pour sauver ceux qu’il pouvait arracher à la détresse. Lorsque le gouvernement chinois lui eut ordonné de fuir la zone de la guerre, aidé de porteurs, il transporta tous les biens de l’église dans la forêt à quarante kilomètres dans la montagne où il resta caché pendant sept mois.

     

    En 1946, après la défaite japonaise, Mgr Albouy, qui avait déjà fait de lui un conseiller écouté, le nomma à Liuchow, puis à Kweishien un an plus tard. A Liuchow, la paroisse comprenait treize villages que Jean-Marie visitait continuellement. Seul des missionnaires, il ne crut pas à l’authenticité du mouvement de conversions qui se dessina à cette époque, il disait que tous ces catéchumènes étaient motivés par la coopérative que le P. Madéore avait organisée après le départ des Japonais. À l’arrivée de ces derniers, beaucoup de paysans avaient fui, mais, revenus, ils n’eurent rien à manger, car ils n’avaient pas cultivé leurs rizières. Grâce à l’aide de l’UNRA, le P. Madéore avait fondé une coopérative de riz et de buffles, coopérative qui permit la survie d’une foule de pauvres gens.

     

    Mais partout, ce qui augmentait la popularité de Jean-Marie, déjà fort considérable à cause de sa bienfaisance pendant la guerre, était sa parfaite connaissance des différents dialectes parlés dans ses paroisses, et son don de raconter des histoires drôles, surtout à ses préférés, les enfants pour qui il ouvrit une garderie à Liuchow et une école primaire à Kweishien.

     

    Hélas ! les troupes de Mao Zedong revinrent bientôt, et la mission fut coupée en deux. Mgr Albouy nomma Jean-Marie vicaire forain, c’est-à-dire pratiquement le remplaçant de l’évêque, pour la partie de la mission que ce dernier ne pouvait plus visiter. Comme tous les missionnaires, Jean-Marie sentit l’étreinte communiste se resserrer peu à peu. Kweishien fut « libéré des valets de l’impérialisme » en 1949. Au début, tout alla bien avec les nouveaux maîtres, surtout parce que la population aimait beaucoup notre missionnaire. Mais bientôt on l’obligea à payer de nombreux impôts nouveaux, de plus en plus excessifs, qu’il fut dans l’impossibilité de payer et qui l’empêchaient de soulager la misère de quiconque. Petit à petit on limita ses déplacements, jusqu’à ce qu’il ne pût plus guère quitter sa résidence. Enfin on le mit en prison t où il resta trois mois avant d’être expulsé de Chine. Il fut enfermé dans un cachot long de 1,50 m plein de moustiques. Pour tout vêtement il a n’avait que les habits qu’il portait sur lui, et pour toute nourriture un bol de riz par jour. Quand tombait la nuit, il était emmené aux interroga­toires. Cela le mena à la dernière extrémité, mais finalement, on le fit partir. Le cœur gros, laissant les prêtres chinois que les commissaires politiques n’avaient pas massacrés, et abandonnant les chrétiens face à la persécution, il arriva à Hongkong le 24 mai 1951, et de là en France le 16 septembre suivant. Il avait vécu seize ans en Chine.

     

    Il ne voulut pas rester en France, car il ne se voyait pas recteur en Bretagne malgré tous les liens qui pouvaient le retenir. Sa vocation était celle du missionnaire, missionnaire il le demeurerait. C’est pourquoi il quitta la France le 9 mai 1952, heureux de commencer une nouvelle vie en Thaïlande.

     

    Pour être à la hauteur de sa tâche, il se mit à l’étude de la langue du pays. Il avait presque cinquante ans et une méthode particulière d’étudier. Heureusement pour lui, Dieu l’avait pourvu d’une mémoire peu ordinaire. Il s’en alla dans le nord de la mission, à Phitsanulok, muni d’un dictionnaire thaï-français. Il mémorisa ce qu’écrivait un journal local et ce que disaient les enfants de l’école, et fut bientôt capable de parler comme n’importe qui dans la ville. Quand il fut prêt, ses évêques successifs le prirent comme conseiller et lui confièrent des constructions.

     

    Le P. Perroudon, curé de la cathédrale, avait le projet de construire un centre pour les chrétiens, nombreux dans le quartier de Trok Chan. C’est là que Jean-Marie fut nommé comme vicaire constructeur. Il commença les travaux, rassembla les chrétiens, les fit participer à la construction, au point, que certains sont devenus de grands entrepreneurs estimés sur la place de Bangkok. À l’église, Jean-Marie ajouta le presbytère, deux écoles et toutes les dépendances. Comme ses paroissiens logeaient trop souvent dans des masures, il réalisa ce qu’on appelle aujourd’hui le « village Bacon ». Près de l’église il y avait un grand terrain, il le divisa en lots, bâtit des maisons et loua le tout aux chrétiens qui pouvaient devenir propriétaires au bout de quelques années. En souvenir de cela, les habitants du village ont baptisé la route qui y mène « Mémorial Bacon ».

     

    Au début de son apostolat à Saint-Joseph de Trok Chan, ses ouailles étaient non seulement mal logées, mais, de plus, elles n’avaient pas d’avenir. Cet état de chose le poussa à construire et à diriger les deux écoles qui fonctionnent toujours dans la paroisse. Jean-Marie put ouvrir l’école des garçons grâce à l’appui des frères de Saint-Gabriel, qui ne purent malheureusement continuer cet apostolat. En revanche, l’école des filles, commencée par les Ursulines, est toujours dirigée par elles, et les élèves qui en sortent ont une très bonne formation tant humaine que chrétienne. Jean-Marie comprenait très bien que le primaire et le secondaire ne suffisaient pas à certains habitants de la paroisse. Il se mit donc en quête de bourses pour aider ceux qui le pouvaient à continuer dans le technique ou dans les universités.

     

    Attentif aux hommes qui menaient une vie difficile mais normale, il était aussi proche de ceux et celles qui se trouvaient entraînés dans des drames plus gaves. Ce n’est un secret pour personne que la prostitution est une calamité qui sévit à Bangkok comme dans le reste du monde, sans doute pas plus qu’en France, mais au moins autant. Les victimes, garçons ou filles, font partie des pauvres parmi les plus pauvres. La drogue fait aussi des ravages. Jean-Matie prit une part active dans la lutte que mène l’Église en faveur de ces deux groupes qui se rejoignent souvent. Le « Bon pasteur », qui nous vient d’Angers, même si les religieuses actuelles ne sont plus françaises, accomplit une belle œuvre : il accueille, forme ou transforme les jeunes filles, ou les moins jeunes, qui veulent se sortir de cette misère. Jean-Marie fut un de ceux qui apportèrent une aide tant psychologique que spirituelle et matérielle à leur établissement. Plus loin dans la campagne, une nouvelle congrégation de religieuses a monté un « Centre de Renaissance »  pour les drogués qui veulent abandonner la poudre blanche. Jean-Marie leur apportait un fidèle soutien moral et financier.

     

    Une autre misère l’interpellait : la sécheresse dans les campagnes, qui chasse les paysans de leur terre pour les envoyer chercher fortune dans les bidonvilles des grandes villes. Il voyait arriver ces pauvres gens par centaines. Comme il avait quelques dons de sourcier, il a mis cela au service des pauvres. Il allait par monts et par vaux, souvent à pied, lorsque la route n’atteignait pas le village, trouvait des filons d’eau, payait le travail de terrassement et les buses. Les villageois avaient ainsi de l’eau « pour leurs enfants et pour leurs troupeaux », comme il est dit dans la Bible.

     

    Jean-Marie aurait voulu travailler pendant longtemps encore, mais la maladie vint l’arrêter. Il fallut lui enlever une partie de l’estomac. Il revint en France pour se refaire une santé, en 1976, et de retour en Thaïlande, il reprit le chemin de Trok Chan après un bref séjour à Khorat. Il travailla encore de nombreuses années auprès de ses anciens paroissiens sous les ordres de curés thaïs qui avaient pris sa succession. Fut-ce difficile de passer du rang de curé à celui de prêtre habitué ? Ni lui ni ses curés n’en ont soufflé mot. De toute façon, sous des dehors quelquefois frondeurs, l’ancien novice de la Trappe savait le prix de l’obéissance comme de la discrétion. Un de ses anciens curés écrit : « Son trait de caractère le plus agréable était sa drôlerie et sa joie, surtout avec les enfants. Il bavardait avec eux et s’intéressait à leur avenir. Il avait l’habitude de nous dire : « Nous devons jouer avec les enfants, ils doivent se sentir chez eux sur le terrain de l’église et à l’école. » Le cœur plein de bonté du P. Bacon était connu de tous. Il convient aussi de dire qu’il était l’homme des pauvres, ou mieux « le secours des malheureux » auxquels il ne savait rien refuser. Ce qu’il n’avait pas, il s’ingéniait à le trouver pour le donner. Il avait l’habitude de nous dire : « Nous devons aider les pauvres, et le Pauvre sera toujours avec nous. »

     

    Son nouvel état, semi-retraite, semi-activité, lui laissait du temps pour voyager, pour chercher de l’eau là où sévissait la sécheresse, pour visiter le centre d’accueil des drogués. Il était dans leur maison lorsqu’il tomba et se cassa le col du fémur. Aux yeux de beaucoup, tout était terminé, mais Dieu n’en avait pas fini avec lui. Comme ses évêques, le Seigneur lui confia une construction, un autre genre de construction. Jean-Marie prit le chemin d’une sainteté qui devait être marquée de son originalité. Sans doute a-t-il beaucoup peiné dans les dédales de la vie purgative, car cela dura des années. Il prétendait bien, dans son langage peu académique : « Je suis foutu, mais j’m’en fous », mais c’était un pied de nez à la souffrance. Jour après jour, il intensifia ses rapports avec Dieu. Il lisait beaucoup, et riait plus encore. Le chapelet se trouvait dans sa main ou près d’elle tout au long du jour. Ses livres de prières étaient tout déchirés. Sainte Thérèse d’Avila semble l’avoir dirigé vers plus haut qu’il n’aurait pu penser, si l’on en juge par l’état du livre des œuvres de cette dernière. Les psaumes et les vies de saints furent aussi une nourriture pour son cœur simple et exigeant. Il se savait pécheur mais il avait une confiance sans borne en Dieu. Lui, le violent, accepta sa déchéance physique avec calme. Dans son état de dépendance, et grâce à l’offrande de cette dépendance, il pouvait encore faire quelque chose pour les pauvres qu il aimait, les pauvres d’amour, ceux qui se croient loin de Dieu parce qu’ils ne l’ont jamais connu, ou pire, parce qu’ils l’ont abandonné. Il priait Dieu pour eux et lui demandait les grâces de conversion comme il avait demandé l’aumône pour les pauvres du village Bacon. Peu de jours avant sa mort, un de ses amis devait se faire opérer. Jean-Marie qui ne pouvait plus bouger, envoya quelqu’un lui conseiller de se confesser et de mettre sa conscience en ordre avant d’entrer dans la salle d’opérations.

     

    Ce petit fait le caractérise, il était toujours anxieux du bonheur des autres et de la volonté de Dieu.

     

    J.-M. Bacon mourut le 10 mars 1989 à l’hôpital Saint-Louis de Bangkok, et il fut inhumé dans le cimetière de l’église Saint-Pierre de Nakhon Xaisi.

     

     

    • Numéro : 3529
    • Pays : Chine Thailande
    • Année : 1935