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Jean AUNEVEUX (1913-1994)

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    AUNEVEUX,Jean, Pierre, Germain, né le 21 juin 1913 à Saint-Pierre-les-Eglises (Vienne), au diocèse de Poitiers ; entré au séminaire des Missions Etrangères le 15 septembre 1931, ordonné prêtre et destiné à la mission de Yunnanfu le 29 juin 1938 ; parti pour sa mission le 13 septembre 1938 ; élu comme représentant de Chine méridionale au Conseil central le 2 mai 1949 ; affecté aux Etablissements communs le 1et décembre 1950 ; retiré à Antibes le 2 septembre 1979, décédé à Antibes  le 8 février 1994.

     

    Le bulletin de naissance, émis par le maire de Saint-Pierre-les-Eglises, arrondissement de Montmorillon dans le département de la Vienne, précise la date de naissance de Jean, Germain, Auneveux au 21 juin 1913. Ses parents Charles Auneveux et sa mère étaient épiciers au hameau de Bellevue. Jean Auneveux, le troisième d’une famille de quatre enfants, fut baptisé le 29 juin suivant en la paroisse Notre-Dame de Chauvigny par l’abbé Léon Gibeaud. Le document d’église signale aussi sa confirmation à la date du 7 mai 1924 par Mgr de Durfort.

     

    Jean suit tout d’abord l’école primaire à Chauvigny et, pour ses études secondaires, est envoyé au petit séminaire Cardinal Pie à Montmorillion. C’est de là, alors qu’il vient d’avoir ses dix-huit ans, qu’il écrit au Séminaire des Missions Étrangères le 5 juillet 1931, faisant part de son désir de consacrer sa vie aux missions. Il se recommande de Théophane Vénard et aussi d’un compatriote, Alexis Griffon, rentré aux Missions Etrangères trois ans plus tôt.

     

    L’abbé Querriou, du Petit Séminaire, répondant à une demande d’information du Supérieur des Missions Étrangères, donnait cette appréciation du jeune homme : « Je suis heureux de vous dire qu’il est un très bon enfant, pieux, suffisamment intelligent, enjoué, mais au fond très sérieux avec un réel désir d’apostolat. Je voudrais avoir ici un très grand nombre de séminaristes ayant les mêmes qualités ». Jean fut admis au Séminaire des Missions Étrangères de Paris le 15 juillet 1931 et se rendit à Paris pour la rentrée du 15 septembre suivant.

     

    Son temps de préparation au sacerdoce fut interrompu par la période du service militaire, d’octobre 1934 à octobre 1935. Les appréciations du séminaire le montrent bien appliqué à ses études avec beaucoup de bonne volonté, manifestant les signes d’une vocation sérieuse.

     

    Jean Auneveux est ordonné prêtre le 29 juin 1938 par Mgr de Jonghe d’Ardoye, vicaire apostolique de Yunnanfu, et reçoit le soir de son ordination sa destination pour la Chine. Il est affecté à ce même vicariat apostolique du Yunnan.

     

    Le 15 septembre suivant, jean Auneveux s’embarque sur l’ »Athos II » à Marseille. Le 9 novembre, il arrive dans sa mission du Yunnan et se met aussitôt à l’étude de la langue et de la culture chinoise. La Chine, meurtrie par l’agression japonaise, affaiblie par des dissensions internes, résistait difficilement à la pression des armées communistes de Mao Tse Toung. L’avenir est sombre en Chine, les armées rouges progressent à travers le pays. En Europe, les événements se précipitent qui conduisent à la Seconde Guerre mondiale. Le P. Auneveux est lui-même rappelé au Tonkin pour y être mobilisé en septembre 1939. Démobilisé peu après, il rejoint sa mission en Chine.

     

    Pendant les mois suivants, soit seul soit en compagnie du P. Belmont, il parcourt les districts de Tunghai, Mitsao avant de se fixer en cette dernière chrétienté qui venait de perdre son pasteur, le P. Abel Deschamps.

     

    C’est alors que son évêque, Mgr Larregain, l’envoie parfaire son chinois à Pékin où il passe les premiers six mois de 1941. De retour au Yunnan, il prend la succession du P. Régis Moulin à Loumey. En janvier 1942, le P. Auneveux fait à Mgr Larregain, en tournée pastorale dans la montagne, les honneurs de son fief : ensemble, ils visitent plusieurs villages de catéchumènes, reviennent par Tsin-Chankeou, ancienne fondation du P. Vial, où s’est installé depuis un an le grand séminaire. Avec l’évêque qui se propose dans quelques jours de conférer l’ordination sacerdotale à de jeunes lévites, il fait la retraite préparatoire d’ordination. Et puis ils se séparent, l’un en direction de l’évêché, l’autre vers son district. Ce fut leur dernière rencontre, car le 2 mai suivant Mgr Larregain venait à décéder.

     

    Tout au long des années, le P. Auneveux fait des conversions comme il peut, mais pas autant qu’il voudrait. Il organise des retraites annuelles, il met sur pied une « Ligue eucharistique » sur le modèle de la Croisade pour les jeunes. Il organise une école à Tsin-Chankeou. À la suite du P. Vial, il reprend l’évangélisation de la tribu montagnarde des « Lolos ». Malgré l’insécurité qui règne dans son district, il ne cesse de circuler, apportant aux chrétiens le réconfort et le service de son ministère. Parmi les jeunes de son district, quelques étudiants, partis ensuite à l’étranger pour pouvoir terminer leurs études en vue du sacerdoce, disaient encore, longtemps après, à un confrère de Penang, tout le bien qu’ils pensaient de leur curé français dont ils parlaient avec affection et vénération.

     

    En mai 1949, le P. Auneveux est pressenti pour représenter au Conseil central les missionnaires des missions Etrangères de la Chine méridionale. Mgr Albouy, évêque du Kwangsi, annonce à Paris que les Supérieurs de la Chine du Sud ont choisi le P. Auneveux pour remplacer le P. Joseph Guénot dont le mandat de dix ans arrive à son terme. Arrivé à Paris le 19 juillet 1949, le P. Auneveux est officiellement admis au Conseil central le  26 octobre 1949. Les activités de représentant des missions de la Chine méridionale ne l’occupant pas entièrement, il consacre aussi une partie de son temps au service de la Procure centrale de Paris dont le responsable est alors le P. Louis Pasteur.

     

    La Société des Missions Étrangères de Paris est alors dans le processus de la préparation de son assemblée générale, remise depuis dix ans en raison des événements de la Seconde Guerre mondiale. Son ouverture est prévue pour le 1er août 1950.  En Chine, la situation est telle qu’on hésite à faire revenir les évêques qui sont membres de droit de l’assemblée. De fait, les treize évêques de Chine renoncent par prudence à quitter la Chine pour se rendre à l’assemblée en France. Sous réserve de l’accord de l’assemblée elle-même, Mgr Albouy suggère à Mgr Lemaire, Supérieur général, que les PP. Auneveux et Dedeban, missionnaires de Chine présents en France, soient désignés pour représenter les missions de Chine méridionale et occidentale. Cette suggestion fut acceptée et les PP. Auneveux et Dedeban furent les porte-parole des missions de Chine à l’assemblée de 1950, avec voix consultative mais sans droit de vote.

     

    À la suite des changements apportés par l’assemblée dans les structures de la Société, le P. Auneveux fut nommé titulaire de la Procure centrale de Paris. Si ses débuts dans cette fonction ne furent pas faciles, selon son propre témoignage, il se mit vite au courant des multiples responsabilités que doit assumer le Procureur de Paris. Le Procureur de Paris assume de grandes responsabilités au service des confrères de la Société et des missions, sous l’aspect financier. Une certaine connaissance juridique et un esprit de conciliation sont nécessaires pour prendre des décisions dans des situations les plus diverses où les divergences sont inévitables.

     

    Pendant les années suivantes, il accomplira sa tâche ponctuellement et simplement, se dévouant au service des missions et des confrères. Nul ne s’étonne donc d’apprendre, dans le courant de février 1960, son élection à la suppléance du P. Alazard comme délégué des établissements communs pour l’assemblée de cette année. En octobre 1960, sur présentation du P. Moreau, nouvel économe général, le P. Auneveux est reconduit dans sa fonction de Procureur de Paris, et vice-économe général en France.

     

    Chargé de diriger la mise en état de la maison de Lauris, en Provence, pour en faire une maison de repos pour missionnaires en congé, il s’y met avec toute son expérience et tout son coeur pour restaurer cette ancienne» bâtisse, située dans un  site exceptionnel dominant la vallée de la Durance. Il en aménage les chambres et la dote d’une très jolie chapelle dans les caves voûtées du « château » . La communauté des Pères des Missions Étrangères, en repos ou retirés dans la résidence de Voreppe, s’y transporte à la fin du mois de juillet 1964. Quand, quelque trente ans plus tard, il fut question d’abandonner le site, devenu précaire, du « château » de Lauris pour construire non loin de là une résidence moderne adaptée aux missionnaires âgés, il déclarait qu’il en comprenait la nécessité, tout en restant attaché de toutes ses fibres à la vieille demeure qu’il avait  réaménagée sur son éperon rocheux.

     

    À partir de 1968, son travail se trouve en partie allégé, à la suite du transfert à Paris de l’Économat général.  Le P. Roger Cambon, assistant de l’Économe général, lui apporte son concours pour la tenue des comptes généraux de la Société et les travaux d’entretien des maisons de France. Le P. Auneveux pouvait ainsi consacrer toute son attention aux questions administratives qu’implique le fonctionnement de la Société des Missions Étrangères en France.

     

    Il faut noter sa régularité exemplaire de présence au bureau de la Procure centrale où il recevait les confrères avec gentillesse, répondant aux demandes d’information, s’efforçant de rendre les services qui étaient de son ressort.

     

    Après vingt-huit années de responsabilité dans une tâche parfois ingrate, le P. Auneveux annonça son intention de laisser sa place à un confrère plus jeune. Le P. Vuillemin, ancien économe du Vietnam, fut désigné pour lui succéder en septembre 1978. Cependant le P. Auneveux accepta volontiers de prolonger son séjour à Paris pour initier et guider son successeur dans ses nouvelles fonctions.

     

    En septembre 1979, il quitte définitivement Paris pour se retirer dans le Midi de la France. Établi à Antibes, il se rend utile à la paroisse de la cathédrale où il apporte une aide appréciée. Il y restera une quinzaine d’années, en compagnie de sa dévouée gouvernante, Mme Cuny, restant en lien avec la Société et les confrères, se rendant régulièrement aux réunions organisées par le délégué du Supérieur général auprès des confrères de France.

     

    Malgré les ans qui passent, il donne l’impression de rester toujours en bonne santé. Il passe sereinement sa quatre-vingtième année. Quelques mois plus tard, après une mauvaise nuit, il se dit fatigué et va s’étendre pour prendre un temps de repos. Ce fut peu après qu’il décéda subitement, le 8 février 1994.

     

    Ses obsèques furent célébrées dans l’église paroissiale de l’Immaculée-Conception d’Antibes, le vendredi 11 février. La messe fut présidée par le curé archiprêtre de cette église où il avait servi  tant d’années en compagnie du P. Perrodeau. Comme le P. Auneveux avait demandé d’être enterré à Lauris, un service de funérailles y fut célébré le même jour dans l’après-midi, présidé par le P. Tual, Économe général, avant qu’il soit inhumé au cimetière de Lauris où reposent tant de missionnaires de la Société.

     

     

     

     

    • Numéro : 3603
    • Pays : Chine France
    • Année : 1938