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Eugène ASTOUL (1891-1924)

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    La biographie de notre jeune confrère, M. Eugène Astoul, pourrait être intitulée : « Une Âme d’Apôtre ». Presque au premier éveil de l’intelligence, cette âme est éprise de l’idéal du missionnaire. Durant sept années consécutives à la caserne ou au front pendant la guerre, une devise lui rappelle le but de toute sa vie et inspire tous ses actes : « Tout pour une âme ! » Enfin, au seuil de son Apostolat en Mandchourie, la mort qui l’avait tant de fois épargné vient le cueillir et au moment où son âme va répondre au dernier appel du « Maître », dans le délire, ou plutôt comme dans un rêve récemment réalisé, son bras dessine le geste et ses lèvres prononcent les paroles du pardon qui sauve les âmes : « Ego te absolvo ».

    Si ses années de mission furent hélas ! trop courtes, à plus d’un titre, M. Eugène-Henri Astoul doit être compté parmi les missionnaires qui ont le plus honoré la Société des Missions-Étrangères et dont celle-ci est le plus légitimement fière.

     

    Il naquit à La Roche-sur-Yon, le 17 juin 1891. Dès l’âge de sept ans, il manifesta avec une volonté qui ne s’est jamais démentie, son intention d’être prêtre. On se souvient encore, à la paroisse Saint-Louis de La Roche-sur-Yon, d’une fête de la Sainte-Enfance organisée dans le courant de l’année 1898. Deux enfants de sept ans, l’un costumé en Africain, l’autre en petit Chinois étaient chacun sur une estrade dressée au milieu de l’église. Les deux amis débitaient, avec une conviction qui édifiait les fidèles, un dialogue sur les Missions d’Afrique et d’Asie. Les deux bambins étaient enfants de familles nombreuses honorablement connues de La  Roche-sur-Yon : le petit négrillon était Louis Eswein, fils du Maître de Chapelle ; le petit Céleste était Eugène Astoul, fils du peintre décorateur. Tous les deux sont devenus missionnaires dans la partie du globe qu’ils décrivaient et défendaient avec ardeur.

    Eugène fit ses premières études chez les Frères des Ecoles chrétiennes, au Pensionnat de l’Immaculée-Conception de La Roche-sur-Yon. La piété répondant à  la persévérance de ses désirs, les parents s’en remirent à l’autorité de leur vénéré Pasteur, M. le Chanoine Duval qui le confia à l’un de ses vicaires pour commencer  les éléments du latin. En octobre 1904, il entra au Petit Séminaire de Chavannes-en-Paillers.

    Ses camarades et ses frères ont gardé le souvenir de sa nature ardente. « La piété, le travail et les jeux trouvaient en lui un disciple fervent et jamais lassé », disent les notes que nous possédons ; il faut retenir ces trois qualités de l’enfant, car c’est l’union intime et bien équilibrée de ces trois éléments qui donnera la note caractéristique du séminariste, du soldat et du missionnaire que nous verrons bientôt à l’œuvre.

    Au cours de ses dernières années du Petit Séminaire, Eugène confia à son frère aîné son intention irrévocable d’entrer aux Missions-Étrangères et lui avait demandé d’en avertir les parents ; ceux-ci, chrétiens de race, avaient toujours prêché à leurs enfants la confiance et l’abandon à la Providence et leur en avaient donné l’exemple ; ils acceptèrent le douloureux sacrifice avec une pieuse soumission et comme un honneur que Dieu faisait à la famille. Le 7 septembre 1910, Eugène Astoul entrait au Séminaire des Missions-Étrangères.

     

    L’aspirant missionnaire développa les dons merveilleux de la nature et de la Grâce que nous avons constatés chez l’enfant. Voici ce qu’écrit un de ses condisciples du Séminaire qui fut en même temps son ami intime : « Ceux qui l’ont connu au Séminaire sont unanimes à dire qu’il y fut un exemple vivant d’une vertu déjà très avancée, basée sur une vie intérieure profonde. « Tout pour une âme » était la devise qu’il avait faite sienne ; mais, pour lui, ce n’était pas une formule, un en-tête quelconque. Dieu, les âmes, c’est vraiment le but, l’idée directrice de sa vie. Aspirant, soldat, prêtre, missionnaire, on peut dire que toutes les étapes de sa trop courte carrière ne sont que le développement progressif de cet idéal. C’est pour l’amour des âmes qu’il est acharné au travail et scrupuleux gardien de la règle ; c’est surtout pour le salut des âmes qu’il prie. Cette prière, chez lui, elle ne cesse pour ainsi dire point ; on se souvient en particulier de ces visites courtes mais si souvent répétées à la chapelle, de ces stations prolongées à la salle des martyrs, de ces longues visites au Saint-Sacrement, avec ce maintien recueilli qui, à lui seul, dit la foi, l’amour intérieur. Les jours de sortie facultative, les grands boulevards n’ont pas d’attrait pour lui ; son plan est vite conçu : On enrôle gentiment quelques confrères et en route pour Montmartre ou Notre-Dame des Victoires…

    « Par ailleurs, que l’heure de la récréation arrive, il sera des premiers sur le    terrain : c’est aussi un fervent de la « pelote basque ». Sévère ? Oui, peut-être, pour lui-même mais pas pour les autres qu’il est toujours prêt à excuser. Si parfois l’amitié lui permet d’exprimer un reproche, c’est la bonté qui touche et persuade, non la sévérité qui blesse. Il en est que sa douce influence a remontés, ramenés d’une tristesse déprimante ou d’un découragement passager. S’il a cru offenser quelqu’un,  il en souffre bientôt et n’a de repos qu’il n’ait réparé : « Une fois, après quelques paroles un peu vives, on le vit, plein d’une émotion sincère, demander pardon à genoux à des confrères qu’il sentait avoir contristés : Point de vaine ostentation, mais de l’humilité vraie, la même humilité qui lui avait fait rechercher la charge de Ministre… »

    Cette charge, convoitée au Séminaire des Missions-Étrangères, consiste à présider et à mettre la dernière main au balayage et nettoyage des salles communes, corridors… et autres lieux ; de temps immémorial, les aspirants appellent « ministre » celui qui la remplit. Les fonctions de ce ministre sont bien définies dans une plainte plaisante de M. Astoul lui-même, contre un de ses confrères et amis, lieutenant et commandant d’une compagnie qui, pendant la guerre négligeait de lui écrire. « X… depuis quelque temps ne m’a pas écrit… Il est vrai que d’un commandant de Compagnie à un vulgaire « cabot » il y a loin ; un monde nous sépare. Mais gare à lui… quand la guerre sera finie ; si je suis de nouveau « ministre » à Paris, je le ferai « sauter » avec son balai ; il faudra que son « boulot » soit fait, sans quoi je le « visse » comme devant… Là, vous voyez que je deviens mauvais à la guerre. »

     

    C’est à la guerre que, sans autre transition, pour ne pas déborder le cadre assigné à cette notice, nous allons suivre  notre confrère.

    Le Séminariste-soldat Eugène Astoul, brigadier-infirmier au 35e d’Artillerie à Vannes, va bientôt finir ses deux années de service militaire et compte les jours qui   le séparent encore de son retour au Séminaire ; il écrit le 25 juillet 1914 : –  « Dans deux mois, jour pour jour, je vais être libéré et vous pensez si cette idée est pour moi d’une douceur incomparable ! Dans deux mois je serai de nouveau au Séminaire des Missions-Étrangères et du coup, ce sera pour de bon… Je recommencerai cette vie de piété, d’étude, de préparation à la vie de missionnaire. Ah ! mon Père, je ne veux pas être une moitié de missionnaire. Demandez au divin Maître que je sois un Apôtre selon son divin Cœur. »

    Cinq années de dévouement héroïque et continu, de voisinage avec la Mort vont accomplir cette œuvre.

    Nous avons sous les yeux les nombreuses lettres qu’il a dirigées vers ce Séminaire où il puisait courage et réconfort ; elle nous permettraient de le suivre dans ses diverses étapes, à la retraite de Belgique, à la victoire de la Marne, à Albert bombardé, à la bataille de la Somme, sur le chemin des Dames, en Champagne, à Tahure, à Verdun… et enfin, à la poursuite enthousiaste de l’Allemand, jusqu’à la frontière, et au delà après l’armistice, car il ne fut démobilisé qu’en septembre 1919. Nous ne pouvons citer toutes ces lettres au style alerte, simple, quelquefois négligé, et nous le regrettons, cas toutes reflètent ces qualités et vertus que nous avons constatées chez le séminariste et qui, dans les tristes réalités de la grande guerre s’épanouissent en pur héroïsme. Dieu n’y est désigné que par cette expression qui marque son esclavage :   « le Maître » ; pas une fois il ne manifeste un désir, une crainte, un espoir, qu’il n’ajoute aussitôt : « Comme le Maître voudra », ou bien « que Sa Volonté soit faite et non la mienne », on dirait un agonisant qui, à l’article de la mort n’a d’autre volonté que celle de Dieu qui l’appelle à Lui.

    Cependant cette piété simple mais profonde, ne revêt jamais à l’extérieur aucune nuance de tristesse ou de mélancolie et son patriotisme, enthousiaste au début, ne faiblira jamais, même aux heures les plus sombres.

    « Je suis encore en vie, écrit-il après la victoire de la Marne, et par le temps qui court, c’est déjà beaucoup. Sans doute, j’ai vu la mort de près, mais « le Maître » m’a protégé et il n’a pas voulu que les obus m’enlèvent la tête. Il se peut que ce soit pour dans quelques jours : A la grâce de Dieu. Mais j’ai grand espoir que les Prussiens n’auront pas ma vie ; j’ai toujours pensé que ce sont les Chinois qui doivent l’avoir… » En septembre 1915 : « Il est trois heures un quart ; les Boches ont reculé de cinq kilomètres et nos progrès continuent. A la grâce de Dieu. J’ai communié ce matin en viatique. A la grâce de Dieu. On les aura ». De Verdun en 1916 : « Les Boches ne m’ont pas détérioré ; ce n’est pas de leur faute si je suis en vie… Ils ont envoyé sur nos batteries trois à quatre cents marmites ; aussi le petit bois où nous sommes est-il haché, brisé en miettes. Oh ! je vous assure que ça « barde » par là, mais les Boches n’auront par Verdun. » De la Malmaison, en octobre 1917 : « Nous les avons eus : 11.000 prisonniers et 120 canons. Vraiment, j’ai rarement été aussi rendu que pour ce jour-là ; mais c’est pour la France, n’est-ce pas. Deux jours avant l’attaque, de mon P. C. sur trente environ, vingt-quatre ont été évacués pour les gaz ; nous restons six ; mon aumônier et mon brancardier sont parmi les victimes. » En avril 1918 : « ça barde, suis dans la lutte… mais confiance, on les aura… C’est effrayant de voir ce que l’on tue de Boches, mais ils passent par dessus. Par deux ou trois fois, à une demi-heure près, j’ai failli être prisonnier… Baste ! ils ne me tiennent pas. » En octobre 1918 : « Toujours de ce monde, avec tous mes membres ; aucun ne manque à l’appel. Remerciez-en « le Maître » et la Sainte Vierge avec moi, car ils continuent de me protéger. Hier encore j’ai été visé et manqué par les Fritz. Je ne crois pas que les Boches aient ma peau. En tout cas, ma vie est au Maître. » Enfin, quelques jours avant l’armistice, le 1er novembre 1918 « Ah ! ils ne veulent pas retourner chez eux de bon gré ! Eh bien, on les accompagne et je vous assure que l’orchestre d’accompagnement est bien monté… Mais les journaux vous apprendront le travail fait. Surtout ne soyez pas trop exigeant : songez que c’est ici le point vital  de la résistance. Songez aussi que ce n’est pas partout aussi sec que sur la place de la Concorde. Le moral est toujours « épartant »… On sent la fin venir. »

    Aux heures d’accalmie ou de repos, ses lettres sont plus longues : c’est le séminariste, l’aspirant missionnaire qui s’épanche, interroge son âme, médite sa vocation, rêve aux âmes lointaines et demande à Dieu de nouvelles forces pour les périls prochains : « Je songe à la prêtrise, aux missions, aux âmes, écrit-il encore : La guerre n’a pas détruit mes rêves apostoliques. Ah ! non, mille fois non, et je ne vis que pour eux de l’espérance de les voir se réaliser un jour, si Dieu le veut. Oui, quand « ça barde », quand les marmites tombent un peu partout, l’idée des Missions me soutient et me garde. Le « cafard » n’a pas de prise sur ces rêves-là … Ma vie est entre les mains du Maître, Il en fera ce qu’Il voudra : Peu m’importe. » Et ailleurs : « J’ai hâte de faire moi aussi une retraite sérieuse : Sept ans de vie du monde, à voir et à entendre tant de mauvaises choses, comme c’est long ! Par moments il me semble que le « Maître » a daigné me garder, je veux être à Lui. Mais il ne faudrait pas que mon Cœur soit partagé entre Lui et la Créature… Vous me rendriez grand service si vous pouviez m’envoyer le petit opuscule du P. Aubry, « Le radicalisme du sacrifice ». En ce moment surtout, je le comprendrais mieux que jadis, car il est fait, dirait-on, pour mon état d’âme actuel. »

    Beaucoup plus pour appliquer son intelligence à ces fortes pensées surnaturelles que par goût de littérature, M. Astoul, aux heures moins agitées, traduit ses méditations en quelques essais poétiques ; ceux-ci ne manquent pas de beauté réelle bien que, sur Pégase, le poète n’ait pas toujours l’allure d’un cavalier accompli. Ici, il évoque le souvenir des condisciples du Séminaire déjà tombés au champ d’honneur ; là il chante le jour de la première communion et le premier appel de Jésus :

     

    « Et moi dans mon ardeur de Vous appartenir,

    Je désirais le jour où Vous alliez venir

    Par Votre Eucharistie unir mon cœur au Vôtre.

    En ce jour trois fois saint, mon âme sans retour

    Heureuse de pouvoir répondre à Votre Amour,

    Se donnait tout à Vous pour être Votre Apôtre. »

     

    Dans « Heures sombres. Réveil », il montre son âme aux prises avec la souffrance et chante son réveil.

     

    « Sois joyeuse, mon âme… et quand le désespoir

    Viendra t’épouvanter de son ombre maudite,

    Près de ce divin Cœur fais-toi toute petite

    Et dis-lui que Lui seul est ton unique espoir. »

     

    Ailleurs, sous ce titre « Da totum pro toto », l’aspirant missionnaire exprime ainsi son suprême désir :

     

    « O Jésus, je voudrais un peu plus chaque jour

    Être à Vous sans partage, et ma plus grande envie

    Serait, après avoir annoncé Votre Loi,

    Souffert et travaillé pour implanter la Foi,

    De prouver mon amour en vous donnant ma vie. »

     

    Cette dernière preuve de son amour, Dieu allait bientôt la lui demander.

    Trois citations et la Croix de guerre ont récompensé modestement la conduite héroïque de ce grand humble soldat. Il est démobilisé vers septembre 1919 et avec quelle joie il reprend le chemin du Séminaire de la rue du Bac !

    Un sacrifice douloureux vint encore broyer son âme sensible avant son ordination : sa mère l’appela à son chevet ; cette grande chrétienne qui l’avait donné si généreusement à Dieu, qui eût eu tant de joie de communier de la main de son cher fils, eut du moins la consolation de mourir entourée de ses enfants et dans les bras du futur missionnaire. « Je me souviendrai toute ma vie, ajoute celui de qui nous tenons ces détails, de l’écroulement douloureux de notre frère lorsque la chère créature eut rendu son âme à Dieu. »

     

    Ordonné prêtre le 17 décembre 1921, M. Astoul partit pour la Mission de Mandchourie Septentrionale et y arriva au printemps de 1922. Il fut placé à Siaopakiatze. Sous l’habile direction de M. Guérin, alors titulaire de ce poste, il se livra à l’étude de la langue chinoise, en même temps qu’il s’initiait au ministère apostolique. Bientôt Mgr Gaspais lui confia la chrétienté voisine de Sekiatze, toujours sous la dépendance de M. Guérin. Tout en continuant d’étudier la langue, il eut mainte occasion d’exercer son zèle auprès de cette agglomération de vieux chrétiens, dont quelques-uns négligeaient la pratique de leurs devoirs. Il réussit à ramener au bercail une trentaine de ces égarés. Bientôt, M. Guérin étant appelé à la charge de Procureur, Mgr Gaspais confia à M. Astoul la grande chrétienté de Siaopakiatze.

    Là, pendant les quelques mois qu’il y a passés, il s’est dépensé sans compter pour le bien de ses chrétiens, il s’est littéralement tué à leur service. Les multiples occupations que nécessite une paroisse de 1.500 chrétiens, l’organisation de ses écoles, les longues séances du confessionnal ne tardèrent d’autant moins à affaiblir sa santé qu’il ne savait pas se ménager ; un sentiment exagéré du devoir lui faisait craindre de n’en avoir jamais fait assez. « Je souffre, j’ai peur, écrivait-il à un ami intime… Ne demandons pas à Dieu de diminuer nos souffrances, mais bien plutôt d’augmenter  notre capacité de souffrir, et beaucoup, pour Jésus et les âmes. » Dans une autre lettre, il gémit sur la rareté des conversions : « Si nous étions des saints, si nous étions des missionnaires selon le Cœur de Dieu, les âmes ne viendraient-elles pas davantage à nous ? » Malgré ces soucis de sa vie intérieure, il était d’une charmante simplicité avec ses confrères et d’une franche gaîté dans nos réunions.

    C’est au cours d’une de ces longues séances au confessionnal qu’il prit froid : il omit de se soigner ou le fit trop tard ; il continua de travailler jusqu’à l’extrême limite de ses forces et ne tarda pas à se trouver dans un état de complet épuisement. Mgr Gaspais averti lui ordonna de venir à Kirin se reposer. A Kirin, il fut examiné par deux médecins ; il était hélas ! trop tard. Monseigneur l’emmena à Harbin où, grâce à  la présence des Sœurs Franciscaines, des soins plus assidus pouvaient lui être donnés. A Harbin, le médecin diagnostica une phtisie galopante, et ne donna que peu d’espoir. Quelques jours plus tard, au milieu de la nuit, le malade fut pris d’un vomissement   de sang ; il eut la force d’aller appeler le P. Dassier, lequel alla prévenir Mgr Gaspais. Monseigneur administra alors l’Extrême-Onction au malade, qui la reçut dans les sentiments de la plus parfaite résignation. Durant tout le cours de sa maladie, il édifia tout le monde par son inaltérable patience, et lorsqu’il eut été prévenu de la gravité de son mal, il fit de tout son cœur ou plutôt il renouvela le sacrifice de sa vie, qu’il avait tant de fois offerte « au Maître », pour le salut des âmes qu’à son exemple il avait tant aimées. A partir du 12 août, jour où se produisit l’hémorragie, le malade ne cessa de s’affaiblir. Chaque matin il recevait la sainte Communion. Le 16, il eut la consolation de voir arriver son ami intime M. Peignont et son compatriote M. Revaud. Dès le soir de ce jour, le malade commença à délirer : son bras décrivait sans cesse des signes de croix pendant que ses élèves répétaient les paroles de l’absolution. Vers six heures et demie il entrait en agonie et à sept heures il nous quittait pour le Ciel.

    M. Eugène-Henri Astoul, en pleine exercice de son zèle, était mort sur le champ de bataille après lequel il avait toujours soupiré, même aux jours les plus sombres de la guerre, le champ de l’Apostolat.

     

    • Numéro : 3225
    • Pays : Chine
    • Année : 1922