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Francesco ANDREONI (1911-2001)

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    Francesco ANDREONI, fils de Giuseppe (Joseph), employé et de Cecilia Laurentini,ménagère, vit le jour à Rome le 19 avril 1911, et, quelques jours plus tard, fut baptisé en l'église Sta Maria in Trastevere, à Rome. La famille comptait cinq enfants dont trois garçons et deux filles.

     

    Francesco fit ses études secondaires à Parme, en Emilie (Italie), où il fut confirmé en 1918, en la paroisse St.Benedetto. Ses études supérieures furent couronnées par l'obtention de plusieurs diplômes : Licence Institut Technique, Artium Magister, Seaton Hall University, New Jersey, USA.

     

    Le 9 décembre 1930, il débarqua pour le première fois au Siam (Thaïlande) pour y faire son noviciat salésien et ses études de philosophie ; ensuite, il fut envoyé à Ratburi (Ratchaburi) où de 1933 à 1937, il aida le curé de cette ville. En mai 1937, il commença ses études de théologie à Bangxang, tout en assurant des cours de latin au petit séminaire, et en enseignant les sciences au grand séminaire. Diacre en juillet 1940, il fut ordonné prêtre le 9 décembre 1940, et nommé, en mars 1941, économe, préfet des études et professeur de sciences à l'école Sarasit de Bandong. En avril 1944, il revint au grand séminaire de Bang Chang (Bangxang) comme préfet des études : dogme, philosophie et droit. Jusqu'en décembre 1946, il resta et travailla dans la mission de Ratchaburi, confiée aux Pères Salésiens. Il retourna alors en Italie, résidant, à compter du 20 janvier 1947, et à titre provisoire sur le territoire de la commune de Parme.

     

    Ayant obtenu un indult de la Sacré Congrégation des Religieux le relevant de ses vœux, M. Francesco Andréoni quitta les Salésiens. Mgr. Charles Vogel, évêque de Swatow (Shantou) prêt à l'accueillir, l'incardina dans son diocèse, le 22 août 1947. Mais en raison de la situation politique en Chine marquée par l'arrivée et la rapide prise de pouvoir des communistes, suivies de l'expulsion des missionnaires étrangers, M. Andreoni ne put rejoindre son diocèse de Swatow en Chine. Cependant toujours attiré par l'Asie, il demanda à aller travailler dans le vicariat apostolique du Laos, sous la direction de Mgr. Claudius Bayet, vicaire apostolique, qui l'incardina le 7 octobre 1949, et où il arriva cette même année; envoyé dans la partie thaïlandaise de la mission du Laos, il fut alors chargé de la chrétienté de Nakhonpanom, puis, de 1950 à 1952, de celle de Sieng-Hung. En 1952, il fut nommé curé à Ubon, qu'il nous présente ainsi : " Oubon est une grande ville, la plus grande de tout l'est du Siam. C'est le chef-lieu d'un département peuplé de plus de 850.000 habitants, agréablement situé sur une large rivière.."

     

    La mission du Laos s'étendait, à cette époque, sur les deux rives du Mékong : Le Laos proprement dit sur la rive gauche, et le Nord-Est de la Thaïlande sur la rive droite. En mars 1950, les dossiers pour la division du Vicariat Apostolique étaient terminés et adressés à S.E. le Cardinal Préfet de la Propagande, à Rome. En décembre 1950, la division ayant été faite d'après les frontières politiques, Thakhek, sur la rive gauche du Mékong, fut érigée en Préfecture apostolique et confiée à Mgr. Arnaud, le 21 juillet 1951; quant à la mission mère, ne comprenant plus que la partie thaïlandaise, elle vit son nom de vicariat apostolique du Laos changé en celui de Tharé et le siège de l'Evêché fut transféré de Nong-Seng à Tharé ; Mgr. Claudius Bayet, 5ème et dernier vicaire apostolique de la "Mission du Laos", devint le premier vicaire apostolique de Tharé, un vaste territoire englobant douze départements.

     

    Par décision de Rome, en date du 7 mai 1953, cette circonscription écclésiastique du Nord-Est Thaïlandais fut à nouveau divisée : Le vicariat apostolique de Tharé n'englobant désormais que trois départements, était remis aux prêtres autochtones avec Mgr. Michel On comme vicaire apostolique ; Tharé donnait naissance au vicariat d'Ubon couvrant cinq départements, confié aux Missions Etrangères de Paris et dont Mgr. Claudius Bayet devenait le premier vicaire apostolique, et à la Préfecture Apostolique d'Udon avec ses quatre départements, confiée aux PP. Rédemptoristes de la province de St. Louis (USA) avec Mgr Duhart comme Préfet Apostolique.

     

    Il revint donc à M. Francesco Andréoni, curé d'Ubon, d'accueillir dans sa modeste cathédrale, le nouveau et premier vicaire apostolique d'Ubon, le lundi 31 août 1953. La Revue "Au pays des Pagodes" relate ainsi l'événement : .."Lundi 31. Ce sont les derniers préparatifs. Encore quelques guirlandes ici et là, un arc de triomphe à l'entrée du terrain de l'Eglse, et vers les quatre heures de l'après-midi, tout est prêt. Nous n'attendons plus que Monseigneur Bayet, qui doit arriver maintenant, ou au moins, avant six heures. Il est difficile en effet d'être plus précis, car il doit parcourir trois-cent-quarante kilomètres en camion dans la même journée, et une ou plusieurs pannes, d'une durée inconnue sont prévues au programme. Ce qui serait de l'imprévu, tout à fait extraordinaire, ce serait… qu'il n'y ait pas de pannes.

    En fait, il y a certainement eu panne, car Monseigneur n'arrive qu'à six heures et demie. Il est reçu sous l'arc de triomphe par le Père Andréoni, curé d'Oubone et par le chef du village chrétien. Ce dernier lui offre un verre d'eau fraiche et une cigarette ; telle est, paraît il, la coutume ici. Il fait ensuite un discours de bienvenue auquel Monseigneur répond, d'abord en laotien, puis en viêtnamien.

    Au milieu des acclamations des chrétiens, sous une pluie de fleurs, nous gagnons l'évêché. Les chrétiens offrent le repas qui réunit tous les Pères autour de Son Excellence et y ajoutent le don d'un beau manteau de cérémonie violet.

    1er Septembre. Le matin, de bonne heure, la Messe Pontificale est chantée, puis le Père Andréoni adresse au Chef du nouveau vicariat des souhaits de bienvenue. La réponse est délicate : Le Saint Père m'envoie ici …obéissance. Dans la matinée, Monseigneur visite le Couvent des religieuses siamoises "Amantes de la Croix" et les écoles. A midi, les officiels de la Préfecture sont invités à l'évêché.

    Et le calme revient sur Oubone, calme favorable au repos qui lui aussi fait partie de mon programme.."

     

    Vers 1954, M. Francesco Andreoni fut nommé curé de Sithan, l'une des plus anciennes chrétientés du vicariat d'Ubon, fondée vers 1882, placée sous le patronage du Sacré-Cœur ; les premiers baptêmes y furent célébrés en 1892. Ces premiers catéchumènes venus de l'animisme ou du bouddhisme se réunirent et formèrent un village chrétien auquel ils donnèrent le nom de Sithan. Dans une lettre circulaire adressée en 1962, aux lecteurs de la revue "Au pays des Pagodes", à ses bienfaiteurs et amis, M.Francesco Andréoni faisait appel à leur générosité en vue de la construction d'une nouvelle église, l'ancienne menaçant de s'écrouler, car, "Sithan a un besoin urgent d'une église et on désire qu'elle soit solide et durable. Les chrétiens on déjà fourni les briques nécessaires et après les pluies, ils amèneront le sable et le gravier et ils fourniront aussi une part de la main d'œuvre au moment de la construction. "

     

    L'occasion lui est ainsi donnée de parler de ce poste missionnaire :. ..."Sithan, écrit il, est un lieu élevé, situé sur la rive droite de la Nam-Mun, à 80 sen (3 km 200) de la gare de Bankhlo, à 20 kms de Sisaket, et à 80 kms d'Oubone. Les habitants, comme partout dans les environs, vivent de leurs rizières et du poisson du fleuve. Le fleuve n'est pas très généreux et la terre aussi est avare. Et les revenus du village ne suffisent pas à la population toujours croissante. C'est pour cette raison que beaucoup durent émigrer, et Sithan a donné un bon nombre de personnes pour fonder le nouveau village de Non Savang, il y a plus de 25 ans, et plusieurs familles sont allées à Nongtham et Nonkèo. Plusieurs chrétiens, encore aujourd'hui, vont chercher du travail "au Siam" selon l'ancien dicton ; aussi la chrétienté n'a jamais dépassé de beaucoup les 400 âmes.

    À son ministère ordinaire, M.Francesco Andréoni ajouta, dès 1955, le soin des lépreux, assez nombreux dans la région. Il fut aidé et conseillé par le Dr. Miquel de l'OMS, chef du contrôle de la lèpre en Thaïlande. Mais que de difficultés à surmonter pour obtenir des malades la régularité des contrôles et des soins. Il lui fallait compter avec leur état physique et les distances à parcourir pour venir jusqu'au dispensaire. Epris de liberté, parfois, les lépreux acceptaient mal de devoir se plier aux exigences d'un calendrier ; dans leur esprit, la qualité d'un remède étant liée à sa rapide efficacité, certains étaient déçus de ne pas constater une guérison rapide voire immédiate ; mais quel empressement à continuer le traitement, si un léger mieux se manifestait.

     

    Vers 1963, en vue de créer un petit revenu supplémentaire à ses paroissiens en majorité des paysans cultivant les rizières, M. Andréoni se rendit à Rajbury et à Bangnokkhuek, chez les Pères Salésiens pour étudier la possibilité de se procurer des machines à faire les cordes, conçues par l'un des leurs, le P.Jelici. Mais le principal n'étant pas de faire des cordes à partir du jute ou des matières premières locales, mais de vendre la production, il n'hésita pas à chercher des points de vente, en prospectant les boutiques spécialisées de la capitale.

     

    En 1967, M. Andréoni, ayant confié sa communauté chrétienne de Sithan à M. Joseph Gardier, curé intérimaire à Oubon, partit en congé régulier et arriva en France en novembre 1967. Le chroniqueur de la mission de Ubon, dans sa relation du 21 février 1968, parue dans "Les Echos de la Rue du Bac" écrit :.."Le P. Andréoni prolonge son congé en France et même au 128, rue du Bac, du fait qu'il est admis comme membre de la Société à part entière.." En effet, le 13 février 1968, il venait d'entrer au séminaire des Missions Etrangères où il eût droit au chant d'accueil traditionnel du " Gai Bonjour " pour commençer son année de probation. Il participa à Rome aux cérémonies de béatification des Martyrs de Corée, le 6 octobre 1968. Agrégé définitivement à la Société, le 19 février 1969, il reçut le même jour, sa destination pour le diocèse de NakhonRatchasima (Khorat), crée le 22 mars 1965 par démembrement du vicariat apostolique de Oubon, et confié à Mgr. Alain Van Gaver, sacré évêque le 22 juillet 1965, dans la cathdrale de Bangkok par Mgr. Claudius Bayet.

     

    Mais la guerre du Viêtnam, en sa période américaine, avait donné lieu à la création d'importantes bases militaires "usa" en Thailande. Aussi, une lettre de Mgr. Alain Van Gaver, son Evêque, datée du 5 mars 1969, autorisait M. Francesco Andréoni.." à effectuer un séjour de trois à six mois dans une paroisse des United States of America, pour s'initier au ministère pastoral parmi les populations de ce grand pays, en vue d'être mieux à même de répondre aux besoins spirituels des citoyens Américains domiciliés en grand nombre sur le territoire du diocèse de NakhonRatchasima.." Le 10 juin 1969, M. Francesco Andréoni partit aux Etats-Unis. Puis, après un séjour en Italie, il rejoignit son diocèse en Thaïlande, le 31 août 1973.

     

    Arrivé à NakonRachatsima en novembre 1973, tout en assurant un enseignement à Sainte Mary School de NakhonRatchasima (Khorat) jusqu'en 1979, il fut nommé procureur du diocèse, charge qu'il garda jusqu'en 1977, et qu'il céda au clergé autochtone en janvier 1978. En 1979, il quitta le diocèse de Khorat, et fut rattaché à la "diaspora". En 1980, il se trouvait dans le diocèse voisin de Udon Thani, un autre diocèse du Nord-Est de la Thaïlande, confié aux PP. Rédemptoristes et dirigé par Mgr George Yod Phimphisan, apportant son aide à la communauté chrétienne de Khon-Kaen. Il devint ensuite curé à Muang Phon où il exerça le ministère sacerdotal jusqu'en 1992. En 1983, tout en étant curé de Muang-Phon, il enseignait deux jours par semaine à Ste Mary School à Khorat.

     

    En 1992, M.Francesco Andréoni se retira dans une maison du diocèse à Udon Thani, puis revenu en France, il entra, en septembre 2000, à la maison Saint Raphaël des Missions Etrangères, à Montbeton. Là, le 8 décembre 2000, il célébra ses 60 ans de prêtrise, entouré d'un bon nombre d'amis et de membres se sa famille venus d'Italie pour la circonstance. Il était encore en assez bone santé, mais en fauteuil roulant, ses jambes le portant difficilement. Un mois plus tard, son état de santé s'aggrava. Fin janvier 2001, il fut hospitalisé à Montauban où il décéda le 3 février 2001. Il fut inhumé au cimetière des Missions Etrangères à Montbeton le 6 février 2001.

     

     

    • Numéro : 4194
    • Pays : Thailande
    • Année : 1973