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Jean ALBANDOS (1928-1999)

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    Jean Albandos est né le 16 mars 1928 à Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées Atlantique), diocèse de Bayonne, au foyer de Théodore – menuisier-charpentier – et de Louise Baylaucq,son épouse. Jean sera le seul garçon des quatre enfants de ce couple. Il est baptisé dès le19 mars et, sept ans plus tard, jour pour jour, reçoit sa première communion le 19 mars 1935.

     

    Jean fait ses études secondairement collège d’Hasparren puis au séminaire de Montmagny, diocèse de Versailles.Il entre alors au grand séminaire de Bayonne,où il étudie d’octobre 1945 à juin 1951. Il entre au séminaire des Missions Étrangères, rue du Bac, en septembre 1951. Agrégé définitif le 29 mai 1953, il est ordonné sous-diacre le 31 mai et diacre le 19 décembre 1953. C’est dans l’église de son baptême à Saint-Péé-sur-Nivelle, qu’il est ordonné prêtre le 30 mai 1954. Le 13 juin suivant, il est destiné à la Mission d’Ubon en Thaïlande, en même temps que le père Robert Costet. Ils quittent Marseille le 27 octobre 1954. Le vicariat apostolique d’Ubon avait été érigé le è mai 1953 avec Mgr Claudius Bayet comme premier vicaire apostolique. C’est donc dans une mission toute neuve,si l’on peut dire,que nos deux confrères vont arriver ! En fait,c’est à Ubon, dès le 24 avril 1881, qu’avait commencée qui serait plus tard et jusqu’en 1950, appelé la « Mission du Laos ».

     

    Nos deux compagnons arrivent à Bangkok le 13 novembre 1954, et sans tarder, se mettent à l’étude de la  langue siamoise. Tous deux seront quelque temps auprès de ce spécialiste incontesté du siamois qu’était le père Victor Larqué, avant de se séparer et d’aller  chacun de son côté. Jean sera envoyé auprès du père Bunthai à Paklat, à une demi-heure de bateau en aval de Bangkok, dès le 7 janvier 1955. Il sera aidé aussi par le supérieur régional, le père Ollier, qui assurera parfois l’intérim du père Bunthai. Viendra le moment du départ pour la Mission d’Ubon. Jean est envoyé d’abord de Song Yae, au nord du vicariat. Ce poste est alors réputé pour être  l’un des plus difficiles d’accès et est, à l’époque, dirigé par le père  Brillant qui assure aussi le service de la desserte de Kokkhinak ; Jean ne pouvait être  à meilleure école. Quelque temps plus tard, Jean est de nouveau en stage de langue, cette fois à la paroisse Notre-Dame de Lourdes de Huatakhé, dépendant de la paroisse du Calvaire, Bangkok : les jeunes aiment se réunir autour de lui ; on retrouvera cela tout au long de son ministère. Revenu au diocèse d’Ubon pour Pâques 1957, on le retrouve à Song Yae avec pour curé le père Alain Boucher. C’était un peu  le rythme de l’étude de la langue : un premier défrichage, suivi d’un peu de pratique, puis d’un deuxième stage d’étude de la langue après lequel on était censé être opérationnel ! Ces divers stages d’étude et de pratique de la langue, Jean les mit à bon usage et, de l’avis de ceux qui l’ont connu, « il parlait magnifiquement le thaï »

     

    En 1958, il est à la paroisse d’Ubon, premier vicaire du père René Lamoureux. Lors du centenaire des apparitions de Lourdes, la paroisse,dont la cathédrale est dédiée à l’Immaculée Conception, se devait de marquer l’événement Jean a été chargé de rédiger et de faire corriger et imprimer le texte de la veillée préparatoire et c’est à lui aussi qu’on a confié le travail ingrat et délicat des répétitions des cérémonies tandis que le père Bernard Guillemin, deuxième vicaire, était chargé des répétitions de chants ! A  n’en pas  douter, cette fête fut une réussite. Bernard témoigne. « Jean m’avait précédé d’une année et était un initiateur de rêve pour le nouveau qui débarquait, toujours attentif à faire découvrir les petits secrets de la langue ou des coutumes qu’on ne peut jamais trouver dans les livres ».

     

    En 1960, Jean devient curé de cette paroisse cathédrale d’Ubon. Est-ce cette année-là qu’il a construit l’église de Varin, sur l’autre rive de la rivière Moun ? Peu importe. Il l ‘a dédiée à Saint  Jean-Baptiste.

     

    En 1961, Jean est nommé curé de Nong Khu Noi, ou Ban Lao comme nous appelons tous ce gros village chrétien. La chronique de cette année-là signale qu’on y a bâti une école et que parmi les retraites données ici et là, celle que Jean a donnée à Ban Lao a été l’une des plus remarquées, car elle a provoqué une démarche de plusieurs bouddhistes déclarant qu’ils aimeraient bien, eux aussi, bénéficier d’une retraite. Mais on ne dit pas la suite que Jean a donnée à cette démarche.

     

     

    En 1962, Jean prend un congé en France, à la suite duquel il est, de 1963 à 1969, détaché au service de l’Information missionnaire, dirigé alors par le père Sylvestre, pour la région du Sud-ouest. Il est également nommé directeur du pavillon missionnaire de Lourdes. Pendant cette période, on signale qu’en 1964, mais sans autre précision, que jean a dû subir une double intervention chirurgicale et interrompre toute activité. En 1966, malgré une santé chancelante, Jean a rénové entièrement l’exposition missionnaire.. En 1967, on le dit en pleine forme et dirigeant y avec maestria une équipe inter-instituts de sœurs, de frères et de pères, à l’exposition missionnaire permanente de Lourdes, ce qui lui  a valu une invitation au Congrès des directeurs nationaux de pèlerinages à Rome : il y a exposé le rôle que peut jouer, sur le plan de l’éducation missionnaire, une exposition du genre de celle qu’il dirige.

     

    Au  début de l’année 1970, Jean repart pour la mission de Thaîlande. Il est quelque temps vicaire du père Laborie à la paroisse Saint-Louis de Bangkok, histoire de se remettre un peu dans le bain. .Et dans le courant de l’année, il est nommé curé de Surin, un poste où tout est à faire. Seul prêtre dans ce département, Jean va y acquérir un terrain, le clôre et y bâtir un foyer qui deviendra plus tard un jardin d’enfants, et puis la résidence-chapelle.

     

    Parlant de l’apostolat de Jean à Surin, son ancien co-vicaire à Ubon, à l’époque curé de Mahasarakham, écrit : « Jean avait une véritable âme de missionnaire », ne calculant pas ses fatigues pour aller à la recherche – la poursuite – de la brebis perdue, entreprenant et ingénieux pour mettre sur pied avec audace de nouvelles formes de présence missionnaire. Il avait une grâce très particulière pour le contact chaleureux, avec un grand sourire engageant ». Mais sa  santé va s’y détériorer, et en 1977, ce sera un nouveau retour en France, mais ce ne sera pas, on le devine, de gaieté de cœur ; sans doute même a-t-il  ressenti un grand déchirement. Au cours du repas d’adieux, il nous dira : « Je dois partir, mais je ne pourrai pas ne pas penser à la mission d’Ubon ».

     

     

    Après quelque temps de repos, Jean va travailler au diocèse d’Aix-en-Provence comme curé de Septêmes-les Vallons (1877-1980). Il passe ensuite au diocèse de Bordeaux, tout d’abord comme curé de Biganos et Marcheprime, de 1950 à 1989. Aux dires du père Grenié, vicaire général à l’époque, « l’église de Biganos fut métamorphosée par ses soins ; il en avait décidé la réfection et la mena à bien avec une équipe de paroissiens : « il en a fait un petit bijou ! Il a également fait construire une salle pour aider les fidèles et spécialement les jeunes à se réunir pour vivre ensemble l’Évangile ; On retrouve là ce que l’on avait déjà signalé dès son stage de langue à Huatakhé.

     

    De 1989 à 1994, c’est à la paroisse Saint-Ferdinand d’Arcachon qu’il missionne. Là aussi, Jean a été très apprécié des paroissiens et le même zèle pour la maison du père l’habitait : là « c’est un bel autel taillé sur mesure qui est arrivé miraculeusement sans encombre et rehausse les liturgies » de cette dernière paroisse qui lui fut confiée dans le diocèse de Bordeaux.

     

    C’est ensuite à Bayonne qu’on le trouve. Il y vit « dans un local exigu dont il sait se contenter chez les sœurs du cardinal Lavigerie ». Et puis, le 21 janvier 1997, Jean s’installe à Morlaas ; « Il fallait qu’il quitte Bayonne ; ses ennuis de santé : tension, insomnies, insupportables démangeaisons à la tête, étaient dus à un manque de magnésium et de potassium ainsi qu’à un courant d’eau sous sa maison. À Morlaas, Jean loge à la maison paroissiale : un logement rénové pour lui. Bien accueilli par les prêtres du secteur, Jean s’est inséré peu à peu dans la pastorale locale. Le 6 octobre 1998, il est opéré pour une prothèse de la hanche droite : la rééducation à la marche sera longue car le nerf sciatique a été touché et Jean est resté un mois sans dormir, et ceci explique cela. À l’Épiphanie 1999, Jean a cependant pu reprendre son ministère. Il aurait sans doute voulu servir jusqu’au bout à Morlaas, mais sa santé en avait décidé autrement et « Dieu seul sait le combat qu’il a soutenu avec lui-même quand il lui a fallu se retirer auprès de ses confrères à Montbeton et se mesurer avec les progrès d’un cancer ».

     

     

    C’est à Montbeton, donc, que Jean nous a quittés le 27 septembre 1999. Certes on le savait condamné mais personne ne pensait que son décès arriverait si rapidement, laissant chacun « avec le sentiment d’un départ vraiment prématuré ». »Dieu lui a épargné une trop pénible prolongation de ses douleurs «  ;  sans doute avait-il jugé que Jean était prêt.

     

    Dans le message que le père Yves Moreau, successeur de Jean à Arcachon, a envoyé à l’occasion de son décès, il relève plusieurs des qualités que l’on se plaisait à reconnaître » à Jean : « Il n’aimait pas, il ne pouvait pas, dans sa conversation, dans son apostolat, transiger avec la vérité et l’Évangile. Comme les apôtres, « il ne pouvait pas ne pas parler »r » et il mettait en pratique les paroles de Paul à Thimothée : « Proclame la parole ; insiste à temps et à contre-temps, exhorte avec une patience inlassable et le souci d’instruire ». Et ceci, avec des auditoires aussi variés que les enfants du catéchisme, les catéchistes elles-mêmes ; l’assemblée des fidèles du dimanche, d’un mariage, d’un enterrement ou les grands jeunes du collège technique du Guichot à Bayonne ».

     

    De passage à Montbeton le 22 avril 1990 pour une rencontre » avec ses frères prêtres des MEP, il avait écrit un testament spirituel sous forme de prière, qui se terminait par ces mots : « Je veux vivre et mourir en fils de l’Église, dans la fidélité à ma vocation ».

     

    Ce qui a pu être écrit  ci-de »ssus montre, je pense, que Dieu aura exaucé ce désir de notre’ confrère, peut-être même au-delà de ce qu’il espérait lui-même.

     

    Jean repose maintenant au cimetière des confrères MEP à Montbeton, près de ses anciens compagnons d’armes d’Ubon que furent en particulier Louis Leduc et Jean-Marie Moisson.

     

     

     

     

     

     

     

    • Numéro : 3994
    • Pays : Thailande
    • Année : 1954