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Georges ALARY (1731-1817)

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    [217]. ALARY, Georges, a laissé au Se-tchoan et au Séminaire des M.-E. une grande réputation de douceur et de modestie. Il naquit le 7 janvier 1731 à Pampelonne (Tarn), et entra au Séminaire des M.-E. en 1760­ ; il partit de Paris le 28 mars 1761, mais il ne put s’embarquer. Il revint au Séminaire qu’il quitta de nouveau le 7 mars 1763, et alla s’embarquer à Lorient le 23 avril suivant, pour la mission du Siam.

    En 1765, provicaire et chargé de la chrétienté de Mergui, il fut arrêté par les Birmans, vainqueurs des Siamois, bastonné et emmené prisonnier à Rangoon. Devenu libre après 9 mois de captivité, il se rendit à Pondichéry, puis à Macao en 1766, et demeura une année à la procure des M.-E., où il exerça pendant quelques mois les fonctions de procureur.

    En 1767, il alla au Se-tchoan dont il évangélisa la partie orientale, fit un court voyage au Kouy-tcheou, et en 1769 fut nommé provicaire par Mgr Pottier.

    En 1772, il fut rappelé en France pour être directeur perpétuel du Séminaire des M.-E. « Venez courageusement, promptement et en toute confiance », lui écrivait-on. Il était le premier missionnaire rappelé de mission pour exercer cette fonction, puisque les missionnaires nommés directeurs au XVIIe siècle ou au commencement du XVIIIe étaient revenus soit pour les affaires de la Société, soit par suite de maladie. Officiellement reçu directeur le 6 décembre 1773, il quitta presque immédiatement le Séminaire et entra à la Trappe, autant par goût pour la vie monacale que par désir de ne point prendre part aux discussions sur les Lettres patentes, dont dépendait le Règlement de la Société. Sans retard, les directeurs s’adressèrent au Pape Clément XIV qui, par un bref du 22 décembre 1773, ordonna au missionnaire de retourner au Séminaire. Alary obéit aussitôt.

    Pendant les discussions dont nous venons de parler, il ne prit parti ni pour les missionnaires, ni pour les directeurs perpétuels­ ; les uns attribuèrent cette conduite à son caractère très doux­ ; d’autres, à sa situation d’ancien missionnaire qui lui faisait comprendre et approuver l’opinion des premiers, et à celle de directeur perpétuel, qui l’empêchait de se ranger contre ceux qui l’avaient choisi.

    Le 17 mai 1776, il fut nommé pour trois ans procureur du Séminaire­ ; ensuite il professa la théologie. En 1792, afin d’échapper à la Révolution et de continuer à s’occuper des missions, il se réfugia à Londres. Une fois encore il se rendit dans un monastère de Trappistes, mais en sortit aux sollicitations des directeurs. Il revint à Paris en 1804. Le 19 avril 1809, il fut nommé supérieur du Séminaire des M.-E. Quelques mois après, le 26 septembre, Napoléon déclarait dissoute la Société des M.-E.­ ; cependant Alary continua de demeurer au Séminaire et de remplir ses fonctions de supérieur, réduites à quelques correspondances avec les missions.

    C’est pendant son supériorat que, le 11 avril 1814, se tint dans une des salles du Séminaire la première séance de la « Congrégation de la sainte Vierge ». Ces réunions continuèrent pendant toute la Restauration dans l’oratoire Sainte-Claire, puis dans la bibliothèque. La même année furent reprises, dans la crypte de l’église, les réunions de l’œuvre des Petits Savoyards commencée vers 1740.

    Un fait important marqua les derniers jours de son administration­ : le 2 mars 1815, Louis XVIII signa une ordonnance rétablissant la Société des M.-E. Les négociations pour obtenir cet acte avaient été conduites par M. Langlois. Le 16 mars suivant M. Alary cessa d’être supérieur­ ; il mourut au Séminaire des M.-E. le 4 août 1817.

    D’aucuns lui ont attribué la révision, pendant son séjour à Paris avant la Révolution, de l’ouvrage Documenta rectæ rationis, qui aurait été commencé par Mgr Pottier, et que Mgr Taberd publia en 1839. Dans la préface de cet ouvrage, on dit qu’il fut revu par un des directeurs du Séminaire des M.-E.

    Il est certain que M. Alary avait laissé à Macao, en 1773, un travail sur les superstitions chinoises, dont plusieurs missionnaires destinés au Se-tchoan prirent copie pendant leur séjour à la procure, et dont ils font un sérieux éloge­ ; d’autre part, il possédait à Paris un manuscrit traitant du même sujet.

    De plus, le 9 février 1803 (Archives du Sém. des M.-E., vol. 887, p. 329), M. Rectenwald écrit à MM. Alary, Blandin et Chaumont qu’il « a reçu une lettre de M. Ozanon, lui disant que tous les missionnaires du Se-tchoan désirent la traduction en chinois de l’ouvrage Documenta rectæ rationis composé par M. Alary ». Dans ces conditions, nous croyons devoir attribuer la principale part de ce travail à M. Alary.

    Plusieurs ont affirmé que le même missionnaire est l’auteur du Chen kiao li tchen. L’Histoire de la Mission du Kouy-tcheou (i, p. 283) recherche longuement, sans réussir à le trouver, l’auteur de cet opuscule.

    Bibliographie. — Documenta rectæ rationis seu forma instructionis ad usum alumnorum sinensium, anamitarum, necnon et catechistarum concinnata, a J.-L. Taberd, episcopo Isauropolitano edita. — Fredericnagori vulgo Serampore, ex typis J.-C. Marshman, 1839, in-12, pp. xvi-vi-355. (Voir POTTIER, TABERD.)

    Chén kiáo lì tchén (Voir ALBRAND, Et.).

    Notes bio-bibliographiques. — N. L. E., i, pp. 28, 35­ ; Ib., Son arrestation par les Birmans, p. 39­ ; Ib., p. 62­ ; Ib., Extrait d’une relation de la persécution excitée dans la province du Su-tchuen en Chine en 1759, p. 96­ ; Ib., pp. 163 et suiv., 481­ ; v,  pp. 354, 397, 427, 437, 444, 497­ ; viii, p. 312.

    Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. — Les miss. franc. à Siam, pp. 147, 157. — Le Sém. des M.-E. pend. la Révol., pp. 4, 36, 45, 78, 92, 105. — Lett. à l’év. de Langres, pp. 189, 200 et suiv., 286. — Descrip. du roy. Thai, ii, pp. 218 et suiv., 228 et suiv. — Hist. civ. et nat. du roy. de Siam, ii, pp. 267 et suiv., 290 et suiv. — La Franc. pont., ii, p. 737.

    Portrait. — Peint à l’huile, est au Séminaire des M.-E.

    • Numéro : 217
    • Pays : Thaïlande Chine Inde France
    • Année : 1763