Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Antoine VITTE (1923-2011)

Add this

    Antoine VITTE est né le 4 mars 1923 à Saint Gorgon La Main dans le Doubs.

     

    Il était l’aîné d’une famille de 8 enfants, «  4 garçons et 4 filles », et faisait volontiers valoir sa qualité d’aîné. Il était né dans une famille profondément chrétienne : son frère Jules va devenir prêtre et sa sœur Marthe choisira la vie religieuse dans une congrégation missionnaire.

     

    Après ses études primaires à St Gorgon, Antoine entre au petit séminaire de ND de Consolation et poursuit ensuite sa philosophie au grand séminaire de Faverney. C’est de là  qu’il fait sa demande pour entrer au séminaire des  Missions Etrangères. Il entre alors au séminaire de philosophie à Bièvres puis au séminaire de théologie de la rue du Bac a Paris. En 1948,  avec toute sa famille, il est très éprouvé  par la mort de sa maman.

     

    Il est ordonné prêtre le 3 juin 1951, passe quelques semaines dans sa famille et part le 25 septembre suivant pour la mission de Hanoi. Il arrive à Hanoi le mois suivant et commence aussitôt l’étude de la langue vietnamienne dans le petit village de Phu-Yen, puis il est envoyé comme vicaire  à Thuong-lam.  Mais, à peine arrivé dans ce poste, surviennent les  Accords de Genève de 1954, qui partagent le Vietnam en deux, le nord et le sud-Vietnam.

     

    Antoine doit alors quitter sa mission et partir vers le sud-Vietnam. Il est accueilli à  Saïgon, par Mgr Cassaigne, qui  lui confie la paroisse de Loc- ninh, située au milieu des plantations d’Hévéa, près de la frontière du Cam-bodge. Pendant quelques années, il va développer peu à peu cette paroisse.

     

    En 1972, les Viet-cong commence à attaquer la province de An-loc, où se trouve la paroisse de Loc-ninh.  Antoine est par hasard de passage à Saigon, et apprend l’attaque des Vietcong. Il fait alors tout ce qu’il peut pour re-joindre sa paroisse, mais les routes sont coupées ou interdites. Un ami, pilote des plantations, lui propose alors de le conduire chez lui par son avion privé et d’aller le rechercher trois jours plus tard.  Mais l’avion ne pourra jamais plus atterrir dans cette région, et Antoine devra rester sur place et partager le sort de ses chrétiens.

     

    Avec l’appui d’un bonze, Antoine organise alors une sortie de ses paroissiens en direction de  Saigon, mais il est bientôt arrêté par les Viêt-Cong. Il est enchainé et emmené dans une longue marche à travers la forêt. Il finit par  arriver dans un camp au Cambodge, où il subit le sort commun des autres prisonniers : il doit se construire un abri, pourvoir à sa  propre nourriture, faire face à la maladie.  Il  va passer 9 mois dans la forêt, sans pouvoir donner de ses nouvelles, et après sa libération il parlera peu de cette période d’épreuve.

     

    Il racontera seulement une anecdote. Un jour, un de ses gardiens, sachant qu’il était prêtre, lui demanda discrètement de l’entendre en confession. Après sa confession, ce gardien lui demanda de bénir une petite médaille de la  Sainte Vierge, cachée dans les plis de son vêtements, en lui disant c’était sa mère qui avait mis cette médaille dans sa veste, quand il fut enrôlé de force dans l’armée communiste.

     

    Libéré pour Noël 1973, il rejoint sa paroisse de Tich-Thien puis Saigon et la France au printemps 1974. C’est la que la médecine découvre qu’il est atteint du diabète qui restera désormai disait-il, « son compagnon de route et un souvenir de sa captivité ».

     

    En 1976, Antoine repart en mission, dans le diocèse de Padang, dans l’Ile de Sumatra, en Indonésie. Comme il a déjà une bonne connaissance de la langue indonésienne, Mgr Bergamin, l’évêque de Padang, lui confie bientôt la charge d’une paroisse , la paroisse d’Air Molek dans la province de Riau.

     

    Mais Antoine ne peut se contenter des limites de sa paroisse. Il est missionnaire, et veut porter le message de l’Evangile chez les non-chrétiens.  Avec son vicaire, le P. Yakobus, il découvre bientôt  dans la forêt l’ethnie des Talang Mamak, qui manifeste le désir de se convertir à la religion chrétienne. Après une longue préparation et l’accord de son évêque, Antoine arrive à fonder en 1988 une  nouvelle paroisse, dans le village de Siambul. Antoine va vivre pendant plus de 10 ans dans ce village, s’adaptant peu à peu à la façon de vivre et aux traditions Talang Mamak.

     

    En 2003, miné par la maladie, il revient en France. Il est d’abord accueilli chez sa sœur Noëlle et son beau-frère Michel à Malbuisson, puis en novembre 2007, il se retire à la maison d’Accueil des ME à Lauris.

     

    En 2009, sa dernière grande joie est de pouvoir participer, malgré sa santé fragile, à la consécration de la nouvelle église de Tich-Tien, sa dernière paroisse au Vietnam. À son retour, il dira à sa sœur Noëlle : « J‘ai réalisé le dernier rêve de ma vie »

     

    Il est décédé au sanatorium de Lauris le 7 février, 2011.

    • Numéro : 3931
    • Pays : Vietnam Indonésie
    • Année : 1951