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Aimé VILLION (1843-1932)

VILLION Aimé (1843-1932) [908] VILLION Aimé, naquit le 2 septembre 1843 à Genay, dans le diocèse de Bellay (Ain). Son père était notaire : il appartenait à la bourgeoisie voltairienne des années 1830, par contre, sa mère était une fervente chrétienne. Aimé avait quatre ans quand il la perdit, mais, c'est à sa mère qu'il ne cessa d'attribuer l'orientation de sa vie.
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    [908]  VILLION Aimé, naquit le 2 septembre 1843 à Genay, dans le diocèse de Bellay (Ain). Son père était notaire : il appartenait à la bourgeoisie voltairienne des années 1830, par contre, sa mère était une fervente chrétienne. Aimé avait quatre ans quand il la perdit, mais, c'est à sa mère qu'il ne cessa d'attribuer l'orientation de sa vie.

     

    Pendant quelques années, il fréquenta le collège de Neuville. Il devint ensuite élève externe du lycée de Lyon : son père était venu s'y installer après avoir vendu son Étude de notaire. Une grave maladie interrompit la vie lycéenne d'Aimé. Une fois rétabli, il entra en quatrième au Petit Séminaire St Jean et il fit sa première communion à la paroisse St Pierre. C'est alors qu'il entendit l'appel du Seigneur : il résolut de consacrer sa vie aux missions. Le Séminaire St Jean ne préparait pas au baccalauréat. Aimé dut se résigner à revenir au lycée. Il fut reçu à la première partie du baccalauréat avec la mention "bien". Son père envisageait pour son fils unique une vie dans le monde, mais, lui, voulant rester fidèle à l'appel du Seigneur, pour ne pas brusquer son père, commença par devenir élève des Sulpiciens à Issy les Moulineaux.

     

    Il y trouva comme condisciple un futur martyr, Juste de Bretenières. C'est à St Sulpice qu'il fut tonsuré, le 14 juin 1862. Le 15 août suivant, Aimé se rendit au sanctuaire de Fourvières : il y demanda le courage de parler à son père de sa vocation. Lorsqu'il lui annonça, celui-ci, non seulement ne voulut pas donner son autorisation mais il lui ordonna de quitter la maison. Aimé se rendit alors en pèlerinage à "La Salette", puis il demanda l'hospitalité chez un de ses amis. Le 30 septembre 1863, il entrait au Séminaire de la rue du Bac. Il reçut les ordres mineurs le 17 décembre 1864, devint sous-diacre le 10 juin 1865, et fut ordonné diacre le 23 décembre. La veille de son ordination sacerdotale, quelle ne fut pas sa surprise, et sa joie, de voir arriver son père et sa soeur. Une entrevue avec le Père Albrand eut raison de l'obstination paternelle, si bien que le 26 mai 1866, entouré des siens, il fut ordonné prêtre. Le jeune Père Villion fut d'abord destiné au service des procures et s'embarqua pour Hongkong le 19 juin 1866.

     

    Il y resta deux ans, partageant son temps entre Hongkong et Shanghai. En 1870, le Père Petitjean, qui cinq ans auparavant avait découvert les "vieux chrétiens" (Kakure christian), ayant été nommé vicaire apostolique de Nagasaki, vint recevoir la consécration épiscopale à Hongkong. Il demanda au Conseil de Paris de bien vouloir affecter le Père Villion à Nagasaki : ce qui fut accordé.

     

    Le Père Villion a raconté lui-même, avec beaucoup d'humour, ce que fut sa vie apostolique au service des missions du Japon méridional d'abord (Nagasaki), puis au Japon central (Kobé), dans "Cinquante ans d'apostolat au Japon" (livre sorti de l'imprimerie des Missions Étrangères de Hongkong).

     

    À peine est-il arrivé à Nagasaki qu'il est témoin de la persécution et de la déportation des chrétiens de Urakami : cette chrétienté que le gouvernement croyait éteinte et qui paraissait si vivante. Envoyé à Kobé au service de la colonie étrangère établie dans la concession, le Père Villion y arriva le 14 novembre 1871. Il y avait là une église, bien humble, mais suffisante pour le petit groupe de fidèles. En 1873, la liberté religieuse ayant été proclamée, il eut la joie d'accueillir à Kobé les chrétiens déportés qui rentraient à Urakami. En novembre 1878, son évêque lui demanda de fonder un poste à Kyoto; ville bouddhiste fort peu disposée envers la religion chrétienne. Il lui fallait un passeport et il dut l'attendre longtemps. Enfin, il lui fut octroyé le 8 septembre 1879. Le 29 il pouvait s'y installer comme professeur de langue française. En 1888, le diocèse d'Osaka fut érigé et Mgr. Midon en fut le premier pasteur. Le 18 février 1889, le Père Villion fut mandé à l'évêché. L'évêque lui demanda de faire le sacrifice de quitter Kyoto, car il avait besoin de lui pour fonder un nouveau poste dans la province de Yamaguchi, jadis illustrée par le séjour et l'apostolat de St François Xavier. Ce fut pour cet amoureux de Kyoto la cause d'une crise intime qui faillit lui faire perdre sa vocation de missionnaire. Il put la surmonter, soutenu par son évêque et ses confrères. Malgré tout, il dut prendre quelques mois de repos à la maison de Hongkong. À son retour, il se rendit à Yamaguchi. Il commença par acheter un vieux temple shintoïste entouré d'un vaste terrain : il y installa sa résidence. Le jeune Père Cettour étant venu l'aider, il lui confia la ville de Yamaguchi; lui, parcourut la province, établissant des centres catholiques à Hagi, Tsuwano, Jifuku.

     

    Le Père Villion travaillait depuis 40 ans à Yamaguchi lorsque fut créé le vicariat apostolique de Hiroshima, qui fut confié aux Pères jésuites de la province d'Allemagne. Yamaguchi faisait partie de ce nouveau vicariat. Le Père Villion dut partir, à 83 ans, pour la procure de Kobé. Il y fit un court séjour. Sur ses instances répétées, Mgr. Castanier lui confia le soin de fonder un poste à Nara. Il fut aidé par un fervent catéchiste, mais lui même prêchait la bonne Nouvelle, souvent en plein air. Le Saint Père lui ayant envoyé un don de 20.000 Yens, il put acheter un terrain. Monseigneur fit aussitôt des plans pour bâtir église et presbytère. Or, le 27 mars 1932, en la fête de Pâques, le Père Villion se sentit fatigué. Le 1er avril il voulut se rendre à l'évêché, accompagné par un médecin et deux chrétiens. Il demanda qu'on l'étendit sur les "tatamis". Il se coucha pour ne plus se relever. Il reçut le sacrement des malades et il "quitta ce monde" paisiblement, entouré de confrères qui récitaient les prières des agonisants. Le Père Villion fut inhumé dans le cimetière de Abeno, à Osaka.

     

     

     

    Références bibliographiques

     

    AME 1890 p. 270. 1915-16 p. 99. 1924 p. 64 (art). 72. 230. 1926-27 p. 95. 389. 413. 1930 p. 94. 1932 p. 142. 189. 192. 1933 p. 145. 1934 p.111. 113. 1936 p. 154.

    CR 1877 p. 7. 1881 p. 21. 1882 p. 18. 1883 p. 79sq. 1884 p. 26. 203. 1885 p. 35. 1886 p. 18. 1887 p. 27. 29. 1888 p. 49. 51. 52. 1889 p. 49. 1890 p. 57. 1891 p. 57. 58. 1892 p. 70. 71. 1893 p. 87. 1894 p. 96. 1895 p. 99. 100. 1896 p. 86. 1897 p. 69. 1898 p. 65. 66. 1899 p. 40. 1900 p. 30. 31. 1901 p. 38. 1902 p. 43. 1903 p. 33. 1907 p. 41. 42. 1908 p. 23sq. 1910 p. 27. 1912 p. 32. 1913 p. 41. 1915 p. 23. 1916 p. 25. 1917 p. 3. 15. 179. 1918 p. 59. 1920 p. 12. 1924 p. 8. 1925 p. 15. 1926 p. 11. 1927 p. 8. 10. 12. 1929 p. 25. 1931 p. 21. 22. 25. 27. 1932 p. 25. 26. 312. 356. 373. 1933 p. 19. 20. 1937 p. 19. 21. 268. 1940 p. 6.

    BME 1922 p. 290 (art). 296. 543 (art). 612 (art). 1923 p. 195. 205 (art). 269 (art). 791. 1924 p. 200 (art). 204 (art). 212 (art). 255. 270. 524. 639. 644. 1925 p. 200 (art). 270 (art). 1926 p. 42. 43. 108. 263. 270. 281. 427. 546. 755. 1927 p. 307. 308. 1928 p. 301. 302. 517 (art). 581 (art). 645. 709. 1930 p. 37. 148. 1931 p. 818. 825. 1932 p. 381. 389. 444. 1934 p. 482. 1940 p. 23. 1951 p. 666. 1953 p. 665. 1955 p. 447. 1960 p. 714.

    R.MEP.147P10.

    EC1 N° 64. 102. 242. NS. 51P106. 225/40.

     

    • Numéro : 908
    • Pays : Japon
    • Année : 1866