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François Xavier VIEILLARD (1866-1924)

VIEILLARD François (1866 - 1924) [1971] VIEILLARD François, Xavier, naquit à Roussillon, dans le diocèse d'Autun, le 5 octobre 1866. Nous n'avons aucun détail de sa première jeunesse. Il entra au Séminaire des Missions Etrangères le 13 septembre 1887. Il se prépara sérieusement au sacerdoce. Sa fidélité à observer le règlement lui valut la charge de réglementaire : c'était un honneur, presque une dignité !
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    [1971] VIEILLARD François, Xavier, naquit à Roussillon, dans le diocèse d'Autun, le 5 octobre 1866. Nous n'avons aucun détail de sa première jeunesse. Il entra au Séminaire des Missions Etrangères le 13 septembre 1887. Il se prépara sérieusement au sacerdoce. Sa fidélité à observer le règlement lui valut la charge de réglementaire : c'était un honneur, presque une dignité !

     

    Il lui arriva de lire le livre du chevalier apôtre, le Père Chicard, et il se réjouissait de devenir lui aussi un chevalier de la brousse. Il fut ordonné prêtre le 27 septembre 1891, et partit le 11 novembre pour la Mission de Coïmbatore.

     

    Après un court séjour à la Cathédrale de Coïmbatore comme vicaire, il fut nommé à Michaelpalayam, près de Naglur, un district presque à l'extrêmité du diocèse. Le diocèse avait un terrain de forêt qui s'étendait au pied des Ghattes occidentales. Il s'agissait de réunir sur ce vaste terrain les gens de caste nouvellement convertis, qui en raison de leur conversion se voyaient expatriés de leur propre village. On construisit sur ce terrain défriché quelques huttes, et on donna à cette nouvelle paroisse le nom de Michaelpalayam. Chaque famille devait cultiver un nombre d'hectares, que la paroisse lui donnait en location. Il fallut nettoyer ce terrain, creuser des puits, bâtir des maisons. Il fallait aussi catéchiser les nouveaux convertis. Le Père Vieillard mit tout son coeur à cette nouvelle tâche pastorale, soit à Michaelpalayam, soit à Naglur, village d'anciens chrétiens et chef-lieu du district. Il eut jusqu'à cent catéchumènes de caste, et eut le bonheur de les baptiser. Il se déplaçait en charette à boeufs, et aussi à cheval. Il allait régulièrement visiter le confrère le plus proche pour se confesser. Cavalier par nécessité, il fut aussi chasseur par devoir, car il fallait se protéger et protéger les chrétiens des attaques sournoises des tigres, panthères et bisons, qui descendant des Ghattes voisines, venaient rôder, chercher qui et quoi dévorer. Il se munit donc d'un fusil et il lui arriva quelques aventures un peu drôles. Un jour, un brave confrère peu habitué à l'endroit, prétendit apercevoir un gros serpent sur un rocher, devant le presbytère. Alerté, le Père Vieillard arrive en coup de vent. Détonation. Tout le village accourt. La bête ne bouge pas... Tuée raide... C'était une corde de paille. - Oh, les farceurs. On ne m'y reprendra pas !"

     

    Les fêtes patronales, dans cette brousse, étaient des occasions de réunions fraternelles. Chacun repartait chez soi avec une nouvelle provision de bonne humeur et de courage. Le travail spirituel accompli, les cérémonies terminées, il fallait bien se détendre un peu. Ainsi, même le missionnaire de brousse n'est jamais isolé, et il n'en travaille que mieux !

     

    Mgr. Bardou appela le Père Vieillard de nouveau à Coïmbatore pour le poste de procureur de la Mission. Il fut un bon procureur, mais aussi un bon aumônier, car il devait aller dans les couvents, près de la Cathédrale, confesser, faire le catéchisme, donner des conférences aux Soeurs, visiter l'hôpital et réconforter les malades.

     

    Puis il fut transféré aux Nilgiris, comme curé de la paroisse de Coonoor, ville située à 6.000 milles pieds  d'altitudes et au climat idéal. Les  occupations ne manquent pas : écoles, couvents, pensionnats de jeunes filles, autour de son église. Puis en dehors de la ville, sur un rayon de quinze milles, ce sont des plantations de thé et de café, dans lesquelles travaillent de nombreux chrétiens. Il profitait de ses visites pour contacter aussi les païens, et il eut le bonheur d'en baptiser une cinquantaine durant son séjour à Coonoor.

     

    Il aurait bien voulu continuer ce ministère pastoral, mais son évêque lui demanda d'aller comme Supérieur, au Sanatorium Saint Théodore, un peu plus haut dans la montagne, près de Wellington. Il fut toujours accueillant pour les confrères venant passer quelques semaines de repos dans le bon air de la montagne. Il fut aussi un bon patron pour les serviteurs de la maison, pratiquant à leur égard ce qu'on appellerait aujourd'hui la justice sociale, alors qu'en ce temps-là, on avait tendance à les traiter un peu comme des "coolies".

     

    Le Père Vieillard sentit ses forces diminuer, alors il dut descendre à Coïmbatore. La maladie s'aggravant, on le transporta à l'hôpital Sainte Marthe à Bangalore. C'est là qu'il s'éteignit le 14 mars 1924. Il fut un missionnaire zélé et charitable, attiré par les conversions d'hindous, et très dévoué pour les chrétiens, au milieu desquels il vivait.

     

     

    Références biographiques

    AME 1892 p. 436. 1899 p. 272. 1924 p. 119. 1939 p. 107. 108.

    CR 1891 p. 240. 1894 p. 294. 1895 p. 320. 1896 p. 323. 1898 p. 257. 1903 p. 286. 1904 p. 272. 1905 p. 268. 269. 1906 p. 254. 1907 p. 300. 1908 p. 261. 1909 p. 241. 1910 p. 280. 1911 p. 254. 255. 1912 p. 297. 311. 1913 p. 305. 1914 p. 139. 194. 1915 p. 150. 1916 p. 176. 209. 1917 p. 149. 231. 1919 p. 152. 238. 1924 p. 182. 1951 p. 134.

    BME 1922 p. 499. 1923 p. 45. 1924 p. 343. 1953 p. 526. 1956 p. 118.

    EC1 N° 29. 58.

    • Numéro : 1971
    • Pays : Inde
    • Année : 1891