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Charles VALTAT (1883-1967)

[3064]. VALTAT Charles (1883-1967) né le 26 mai 1883 à Villeneuve-sur-Yonne (Yonne), admis au Séminaire des M.-E. le 17 mai 1906, or-donné prêtre le 24 septembre 1910, partit pour la mission du Kien-tchang le 12 août 1910. Il commença létude du chinois à Ning-yuan-fu, à Lou-kou et à Ho-si, puis fut chargé en 1912 du poste de Yue-shi. Il eut alors de fréquents con-tacts avec les Lolos, et étudia leur langue et leurs coutumes.
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    Charles, Marie, Maurice VALTAT naquit le 26 mai 1883, à Villeneuve-sur-Yonne, diocèse de Sens, département de l'Yonne. Après ses études primaires à Châlon- sur- Saône, il fit ses études secondaires classiques, couronnées par le baccalauréat complet en 1900, à l'Institution Sainte Marie de Besançon, dirigée par les Marianistes. Il n'entra pas directement au séminaire, mais fut le collaborateur de son père, représentant en alimentation. En 1904, sa mère étant gravement malade, il s'occupa de tout à la maison, pour que les cinq autres enfants n'aient pas à souffrir de l'absence de leur mère. Celle-ci guérie, il se dirigea vers les missions, et l'un de ses frères.devint religieux mariste.

     

    Le 17 mai 1906, M. Valtat entra au séminaire des Missions Etrangères. Ses parents, tertiaires franciscains, ne mirent aucun obstacle à son départ. Jeune homme de sens pratique, un peu vif de caractère, courageux, lecteur infatigable, artiste, aimant la musique et le chant, il jouait du violon, et avait des talents pour le dessin. Tonsuré le 20 septembre 1907, minoré le 27 septembre 1908, sous-diacre le 18 décembre 1909, diacre le 12 mars 1910, ordonné prêtre le 24 septembre 1910, il reçut sa destination pour le vicariat apostolique du Kien-tchang, détaché du Set-choan méridional (Sui-fu), depuis le 12 août 1910, et confié à Mgr. Budes de Guébriant. Avec M. Félix Dugast, il quitta Paris le 10 novembre 1910, pour rejoindre sa mission.

     

    À Hong-Kong, Mgr de Guébriant attendait ses jeunes recrues. Ensemble, ils gagnèrent Hanoï et Yun-nan-fou, puis chevauchèrent à travers le Yun-nan, et arrivèrent à Hou-i-li, au sud de la mission. Enfin au début de janvier 1911, ils firent leur entrée à Ning-yuan-fu. Ils commencèrent là l'étude de la langue chinoise, sous la direction de M.Bourgain, étude entrecoupée de stages pratiques dans les chrétientés de Lou-kou et de Ho-si. Assez fort en caractères chinois, M.Valtat parla la langue fort correctement.

     

    En 1911, pendant l'absence de Mgr.de Guébriant, éclata la révolution chinoise; au Kien-tchang, la populace enrôlée dans des sociétés secrètes se souleva, pilla les campagnes; la ville de Ning-yuen-fu fut assiégée par les bandes de Tchang-yao-tang, chef de ces sociétés secrètes. M.Bourgain supérieur de la mission, prit en main la défense de la ville et M.Valtat l'aida à surveiller la défense. Les rebelles furent défaits sur les pentes du Lou-chan.

     

    Toute la vie missionnaire de M. Valtat se déroula dans le nord de la mission. En 1912, envoyé au nord-est, Yue-shi fut son premier poste, et il y resta jusqu'en 1916. C'était un petit village de chrétiens fervents, entouré par les Lolos qu'il apprit à connaître et à aimer. En contact avec eux, il étudia leur langue, accumulant des notes sur leurs mœurs, leurs langues, et leur pays. Sa bibliothèque était bien fournie en livres spécialisés. Il adressa à son consulat des rapports et études fort documentés et bien appréciées sur les possibilités d'établir des lignes aériennes dans ces régions. A partir du dictionnaire français-lolo, de M.Ferdinand Arnaud, il composa un "Lexique français-chinois-lolo" de 60 pages.

     

    En septembre 1914, la route directe de Yue-shi au cœur du grand Leang-chan, pays insoumis et qu'aucun européen n'avait pu faire encore, fut parcourue par M.Valtat, en quatre jours de Yue-shi à Nin yuèn en passant par Tchao-kio, petite cité fortifiée chinoise, où la mission avait réussi à s'implanter. Le territoire traversé appartenait aux tribus Gougui, Ouatcha, et Pakhi, qui toutes firent un excellent accueil au missionnaire.

     

    Après avoir occupé successivement les postes de Pien-ma (1917-1918) et de Ho-shi (1918-1921), il prit un congé en France. Le 29 décembre 1922 il s'embarqua à Marseille pour rejoindre sa mission; le 5 mars 1923, il quitta Yun-nan-sen pour gagner le Kien-tchang.

     

    À son retour de congé, M. Valtat fut nommé à Houang-mon-tchang, le poste le plus au nord de la mission, à dix jours de route de l'évêché, et à une journée à l'est de Fou-lin. Le 21 septembre 1924, il représenta le clergé du Kien-tchang au sacre de Mgr.Louis Renault à Sui-fu. Du 10 au 20 août 1929, en tant que délégué de ses confrères, il participa à la réunion préparatoire à l'Assemblée Générale de 1930, qui se tint à Cheng-tu, sous la présidence de Mgr.Rouchouse.

     

    En 1931, M.Valtat fut placé près de Lu-ku, à Yang-tsao-pao, petit poste entièrement chrétien, à 45 kms au nord de l'évêché. En 1935, au cours de la Longue Marche, les troupes du général Tchou-teh, qui venaient de Kouy-tcheou par le Yun-nan, traversèrent la mission de Kien-tchang du nord au sud; elles passèrent en face de Yang-tsao-pao. M. Valtat gagna Ning-yuen-fu. L'alerte passée, il rentra dans son poste. Mais la guerre sino-japonaise, les idées nouvelles véhiculées par les éléments communistes, la crise politique chinoise, les Lolos turbulents, puis la seconde guerre mondiale créèrent un climat d'insécurité et de malaise dans le pays.

     

    En 1948, remplacé dans son district par M. Bocat, M.Valtat fut nommé chapelain des Religieuses Franciscaines Missionnaires de Marie à Sichang (Ning-yuen-fu). C'est là que le trouva l'avance communiste. Expulsé de Chine en décembre 1951, il arriva à Hong-Kong le 8 janvier 1952, en compagnie de Mgr.Baudry et de MM.Bocat et Galan. Il s'embarqua à Hong-Kong à bord de "la Marseillaise", et arriva à Marseille le 20 février 1952.

     

    La surdité ne lui permettant pas de prendre un ministère, en 1953, il se retira à Voreppe d'abord et à Lauris en 1964. Ayant pû sauver de Chine de précieuses notes, il continua à travailler sur ces documents et mena à bonne fin une œuvre très élaborée. Il s'éteignit doucement le 24 juillet 1967; il repose dans la caveau des Missions Etrangères à Lauris.

     

     

    Bibliographie

     

    "Lexique Français-Chinois-Lolo" par le P.Charles Valtat - [n.d.] 60 p. manuscrites.

     

    "Dictionnaire trilingue Lolo - Chinois - Français" entièrement manuscrit et calligraphié, relié en un registre de format commercial 32,5 x 24 x 4, 459 pages, avec titre doré au fer. Ce volume contient aussi un Lexique Français-Lolo de 200 pages et 2.410 mots, et un tableau des sons lolos et des sons chinois.

     

    "Grammaire chinoise-lolo" manuscrite, calligraphiée et reliée, format 18 x 32 x 2, 286 p. suivie dans un additif de remarques de caractère sociologique.

    Références bio-bibliographiques

    AME 1911 p. 53. 1914 p. 152. 1919-20 p. 202. 1932 p. 187.

    CR 1910 p. 300. 1912 p. 128. 130. 134. 1913 p. 135. 1914 p. 54. 1915 p. 70. 1916 p. 79. 1925 p. 157sq. 1928 p. 42. 1932 p. 99. 1948 p. 39.

    BME 1923 p. 179. 315. 1924 p. 790. photo p. 199. 798. 1926 p. 692. 704. 1928 p. 41. photo p. 42. 1929 p. 489. 620. 1930 p. 45. 1933 p. 534. 1934 p. 412. 1936 p. 167. 326. 737. 1937 p. 275. 1948 p. 88. 1949 p. 178. 429. 1951 p. 642. 1952 p. 129. 278.

    Enc.PdM 4P4.

    EC1 N°  11. 12. 17. 24. 29. 511. 514. 678. 778.

    EC2 N° 1P6.

    MEM 1961/69 p. 56.

    • Numéro : 3064
    • Pays : Chine
    • Année : 1910