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Pierre VALENTIN (1880-1962)

[2770]. VALENTIN Sylvain (1880-1962) né le 11 décembre 1880 à Us-son-en-Forez (Loire), fut admis au Séminaire des M.-E. en 1900, ordonné prêtre le 26 juin 1904, et partit pour le Tibet le 3 août 1904. Après létude du chinois à Lu-ting-kiao, il fut nommé, en 1906, procureur de la mission et professeur au séminaire de Ta-tsien-lu ; en 1913, curé de Yerkalo ; en 1915, curé de Tse-kou. En 1921, il fut rappelé à Ta-tsien-lu, pour être supérieur du séminaire. Nommé évêque coadjuteur
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    Sylvain, Pierre VALENTIN naquit le 11 décembre 1880, aux Terrassettes, petit village de la commune d'Usson-en-Forez, département de la Loire, diocèse de Lyon. Né dans une famille rurale, après ses études primaires à Usson, il entra en 1894, au petit séminaire de Saint Gildas, à Charlieu (Loire). Il y fit son cycle secondaire, couronné par le baccalauréat, en 1898. En octobre 1898, il se dirigea vers le grand séminaire d'Alix (Lyon). Il y commença ses études cléricales, y fut tonsuré le 14 juin 1900, et eût le futur cardinal Verdier, comme directeur spirituel.

     

    Le 10 septembre 1900, il entra au séminaire des Missions Etrangères. Minoré le 21 septembre 1901, sous-diacre le 27 septembre 1903, diacre le 27 février 1904, ordonné prêtre le 26 juin 1904, il reçut sa destination pour le vicariat apostolique de Ta-tsien-lu (Thibet), qu'il partit rejoindre le 3 août 1904.

     

    Vers la fin de 1904, M. Valentin arriva à Ta-tsien-lu; envoyé par Mgr. Giraudeau à Len-tsi dans le district de Lu-ting-kiao (Chapa) à une soixantaine de kms au sud-est de Ta-tsien-lu, il apprit la langue chinoise et fit sa formation missionnaire; il y passa 16 mois, et arriva parler le chinois avec facilité. En 1906, il fut nommé procureur de la mission et professeur au séminaire qui comptait une quinzaine d'élèves installés dans une dépendance de l'évêché. Il perfectionna son chinois et devint très fort dans la lecture des caractères. En 1909, il construisit plusieurs bâtiments pour les Franciscaines Missionnaires de Marie. En 1911, pendant deux mois et demi, il s'installa en forêt dans la vallée du Ya-kia-ken, avec quelques uns de ses élèves préparant et amenant à pied d'œuvre, les bois nécessaires pour la construction de la cathédrale de Ta-tsien-lu.

     

    En 1911, lors de la proclamation de la République, des bandes armées chinoises menacèrent Ta-tsien-lu, provoquant l'exode de la mission vers l'ouest jusqu'à Tongolo, à quatre journées de marche. La menace chinoise écartée, les exilés revinrent à Ta-tsien-lu, mais pour peu de temps. En effet, pour se mettre à l'abri des rebelles thibétains, il fallut fuir vers l'est; la mission s'installa provisoirement à Chapa, et, en avril 1912, regagna Ta-tsien-lu. M.Valentin réorganisa le séminaire et, hors de l'évêché, il construisit des nouveaux bâtiments inaugurés en août 1912.

     

    En septembre 1913, M.Valentin fut nommé curé de Yerkalo (Tzukalo), et second provicaire pour le Thibet Yunnanais, à vingt-cinq jours de marche au sud-ouest de Ta-tsien-lu. Mais, en juillet 1915, les querelles incessantes entre chinois et thibétains pour la possession de Yerkalo créant une certaine insécurité, il se fixa, plus au sud, à Tse-kou (Tse-chong), ville plus centrale, et commença l'étude du thibétain. Son district comptait six cents chrétiens, son école, une soixantaine d'élèves, et une quinzaine de jeunes novices se préparaient à devenir institutrices-catéchistes. Il fit face à de nombreuses difficultés venant des lamas, des brigands, de la famine,, des épidémies, de la maladie. Au début de janvier 1919, la peste se déclara, il fut atteint parmi les premiers. L'hiver suivant, le typhus ne l'épargna pas; en ayant rechappé de justesse, à son tour, il soigna M.Nussbaum, son confrère frappé du même mal. De septembre 1920 à juillet 1921, il fut choisi pour visiter le Thibet indien (Sikkim..).

     

    En 1921, rappelé à Ta-tsien-lu, nommé provicaire, vicaire délégué, supérieur du séminaire et procureur de la mission, il assura la formation spirituelle des "Vierges institutrices". Délégué par Mgr. Giraudeau, il participa à la réunion synodale des évêques qui s'ouvrit à Sui-fu, le 15 octobre 1922. Le 21 septembre 1924, il eût la joie d'assister à l'ordination sacerdotale de l'un de ses élèves, âgé de trente ans. A cette date, le séminaire comptait un clerc minoré, et 14 latinistes.

     

    Les "Acta Apostolicae Sédis" du 1er décembre 1926 annoncèrent la nomination de M. Pierre Sylvain Valentin comme évêque titulaire de Zeugma, et coadjuteur de Mgr.Giraudeau. Les Bulles expédiées de Rome le 20 janvier 1927 ne parvinrent à Ta-tsien-lou que le 6 juin 1927; à cette époque les lettres venant d'Europe franchissaient rarement, les régions du bas Yan-tse occupées par les sudistes. Malgré la vague communiste déferlant sur la Chine, et l'insécurité des routes, cette consécration épiscopale se déroula le dimanche 7 août 1927, à la cathédrale de Ta-tsien-lu. Mgr.Rouchouse de Tcheng-tu fut le prélat consécrateur, Mgr.Louis Renault de Sui-fu, et M. Poisson de Tcheng-tu, "confrère de cours du consacré," furent les parrains du nouvel évêque. Mgr.Giraudeau assista au trône.

     

    Avec l'aide de M. Louis Baptiste Valour, Mgr. Valentin fonda à Tse-ma-khiao, à cinq kms au sud de Ta-stien-lu, un village qu'il plaça sous le patronage de Sainte Thérèse dont il bénit la chapelle en 1927, et en fit un centre de pélerinage. Après avoir mis ses séminaristes en vacances, malgré l'insécurité de la région, le 15 décembre 1927, il partit visiter les districts au nord-est de Ta-tsien-lu. En juin 1929, il fêta ses noces d'argent sacerdotales.

     

    Après avoir fêté en juin 1929, ses noces d'argent sacerdotales à Ta-tsien-lu, Mgr.Valentin se rendit le 20 août 1929, à O-tang-tse, à 4 kms du poste de Mo-si-mien, dans la sous-préfecture de Lou-ting, pour y mettre en train les travaux d'une léproserie. Le 21 avril 1930, il y conduisit les PP. Placide et Barnabé et les Fr. Pascal et Joseph, quatre franciscains de la préfecture apostolique de Outchang, demandés par Mgr. Giraudeau, afin qu'ils prennent en charge la léproserie et la chrétienté voisine. Ainsi, en novembre 1931, M. Ménard quitta Mo-si-mien pour la direction du séminaire. Le 6 avril 1931, la léproserie fut inaugurée, quatre franciscaines Missionnaires de Marie s'y installèrent; elles commencèrent leur travail d'infirmières, le 22 avril 1931.

     

    En 1929, détaché du Thibet, le Sikkim fut érigé en préfecture apostolique. En 1930, Mgr. Valentin abandonnant la direction du séminaire, envoya trois séminaristes au collège général de Penang. Vers la fin de 1931, deux chanoines du Grand Saint Bernard explorèrent les chaines de montagnes séparant les bassins du Mékong et de la Salouen, et le 1er avril 1933 s'installèrent à Weisi. Ils travaillèrent sous l'autorité du vicaire apostolique de Ta-tsien-lu, dirigèrent un séminaire fondé à Weisi, dans la vallée du Mékong pour les élèves thibétains. En 1949, ils prirent en charge cette partie du diocèse de Kangting (Ta-tsien-lu).

     

    1932 fut une année marquée par de nombreuses épreuves: épidémies, agissements contre les chrétiens, conflits entre chinois et thibétains, famine, puis en 1934, guerre des deux "Lieou" oncle et neveu, révoltes dans la région de Mowkung et Tanpa, troubles graves dans la capitale du Thibet suscitant de sérieux embarras à Yerkalo. En 1935, deux évènements importants éprouvèrent le vicariat de Ta-tsien-lu : au début de l'année, la chrétienté thibétaine de Yerkalo fut à deux doigts de sa perte; les chrétiens furent accusés d'avoir enlevé de la montagne une idole puissante, et de s'être rendus coupables de graves méfaits contre les génies tutélaires. L'affaire fut portée au tribunal. Celui-ci infligea à chaque partie une amende de cinq cents roupies, et intima l'ordre à chacune de rentrer chez soi. Ensuite, en mai 1935, deux armées communistes envahirent la partie orientale du vicariat; six districts et la léproserie d'O-tang-se furent complètement pillés et ravagés. Deux franciscains pris en otage, furent assassinés. Pendant cette période de troubles, les missionnaires se cachèrent comme ils purent. Enfin,vers la mi-juin 1935, NN.SS. Giraudeau et Valentin et les confrères de Ta-tsien-lu regagnèrent cette ville. Mais la présence commniste ne disparut pas. En 1936, les "Rouges" se manifestèrent en plusieurs districts de la mission, notamment au nord est de Ta-tsien-lu, à Tan-pa, le long du Tong-ho, puis se répandirent vers l'ouest, Tao-fu, et les pays thibétains. Ta-tsien-lu, Lu-ting-kiao furent encerclés et en danger d'être pris. En 1937, ce fut le grand dénûment, affamée une partie de la population se replia sur les villes, il y eût même des cas de cannibalisme. Aux guerres intestines vint s'ajouter le conflit sino-japonais, en l'été 1937.

     

    Au milieu de ces tribulations, Mgr. Valentin ordonna les trois premiers nouveaux prêtres revenus du Collège Général de Penang. En raison de l'insécurité des voyages, et des distances, il ouvrit à Weisi, vers la fin de l'année 1935, un petit probatorium avec une quinzaine de candidats d'origine non chinoise. Après avoir fêté, le 28 juin 1936, ses soixante ans de sacerdoce, et ses trente cinq ans d'épiscopat, Mgr. Giraudeau apprit par, un télégramme de la Délégation Apostolique à Pékin daté du 9 août 1936 que le Saint Père avait accepté sa démission de vicaire apostolique. Mgr. Valentin lui succéda de droit, dans cette charge.

     

    En 1937, certains anciens propriétaires s'acharnèrent à déposséder le vicariat de ses biens consacrés aux œuvres de bienfaisance et ils monterent les étudiants contre la mission. En 1938, les "Mossots" soumirent les chrétiens de Yerkalo à des vexations incessantes et ils confisquèrent les biens de la mission. L'année suivante, par ordre du gouvernement lamaïque de Lhassa, les biens spoliés furent restitués et la question religieuse fut réglée dans le sens désiré.

     

    Pendant les années 1939-46, le travail apostolique continua malgré les difficultés de l'époque. Mgr. Valentin reprit ses activités ordinaires, continua à donner des cours au séminaire, et visita les postes de la région de Ta-tsien-lu laissant à M.Gorré la charge des marches thibétaines du Yunnan. En 1940, le vicariat comptait huit prêtres autochtones. Dans la vallée du Mékong, à Siao-Weisi et à Lomélo, au sud de Tse-chung, les "Lissous" commencèrent à s'intéresser au message évangélique.

     

    Le 11 avril 1946, Mgr. Valentin devint le premier évêque résidentiel du diocèse de Kang-ting (ex-Ta-tsien-lu) qui fut érigé canoniquement en septembre 1950.. En 1946, il accueillit les premiers jeunes missionnaires d'après guerre. Cette même année, il intervint, mais sans succès, auprès des autorités thibétaines qui avaient expulsé de Yerkalo, le P. Tornay, chanoine du Grand Saint Bernard. Le 1er mai 1946, il assista Mgr. Derouineau pour le sacre de Mgr. Boisguérin à Ipin (Sui-fu). On lui promit alors des frères maristes pour prendre en main l'organisation des écoles. Mais, conduits par M. Richard, quatre religieux n'arrivèrent que le 17 avril 1949; trois d'entre eux furent rappelés peu après, à cause de la situation politique. En 1948, il rouvrit le séminaire préparatoire avec une dizaine d'élèves. En octobre 1948, il fut fait chevalier de la Légion d'Honneur.

     

    Mais, dans cette période difficile d'après guerre, Mgr. Valentin, toujours optimiste, et lutteur selon sa devise "labora ut bonus miles Christi", affronta ennuis et malheurs divers. Le 12 décembre 1949, Kangting passa sous le régime de la démocratie populaire. Le 3 octobre 1950, il fut taxé d'infraction pour s'être rendu et avoir présidé sans autorisation, le pèlerinage diocésain à la chapelle Ste Thérèse de Semakiao. Arrêté par la police, à 8 h.du matin, le jour de Noël 1950, alors qu'il était au confessional, Mgr. Valentin, fut sommé de signer un acte de repentir. Ayant refusé, il fut malmené, gardé à vue jusqu'à 21 h.; après avoir rédigé et amendé de nombreuses fois un texte, il n'accepta de reconnaître que ses seules fautes personnelles.

     

    Le 8 avril 1951, fait prisonnier à l'évêché avec M. Le Corre, il fut fouillé, et enfermé dans la chapelle de l'évêché. Le 17 avril 1951, transféré à la prison centrale, et conduit à plusieurs reprises à la police, il subit interrogatoire sur interrogatoire, le tout accompagné de mauvais traitements. Le 28 avril 1951, à 9 h. du matin, menotté, insulté par la foule, il fut trainé dans la cathédrale, devant un tribunal populaire. L'accusation marquée par des coups commença à 11h. et dura quatre heures. Une courageuse oblate chinoise refuta en public les griefs portés contre son évêque ce qui lui valut d'être incarcérée. .

     

    Malade, hospitalisé dans la prison, il réintégra sa cellule le 25 juin 1951, et fut mis au secret. Le 17 décembre 1951, presque mourant, il fut transféré à Yagan et jeté dans une cellule exigüe. En octobre 1952, s'étant évanoui dans la cour de la prison, ses geoliers prirent peur. Le jugement d'expulsion fut rendu le 1er novembre 1952. Couché sur une civière, Mgr. Valentin commença son voyage de rapatriement sous escorte. Passant par Cheng-tu, par Hang-Kow, il arriva à Hong-Kong le 17 novembre 1952, et entra immédiatement à l'hôpital Saint Paul.

     

    Le 12 décembre 1952, accompagné de M.Charrier, Mgr. Valentin prit l'avion pour la France où il attérit le 14 décembre suivant. Hospitalisé, et assez bien rétabli après plusieurs opérations, il se retira à Montbeton, le 31 mars 1954. C'est là qu'il décéda le 7 janvier 1962, vers 6h.du matin. Ses obsèques présidées par Mgr. de Courrèges, évêque de Montauban, eurent lieu le mardi 9 janvier 1962. Sa dépouille mortelle repose dans le cimetière de Montbeton, près de la chapelle centrale

     

    Références bio-bibliographiques

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    • Numéro : 2770
    • Pays : Tibet
    • Année : 1904