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Henri VACQUEREL (1853-1936)

[ 1385 ] VACQUEREL Henri, Constant Missionnaire Kouang-tong (Canton) - Swatow ----------
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    Henri, Constant VACQUEREL naquit le 17 août 1853, à Clécy, diocèse de Bayeux, département du Calvados. A l'âge de six mois, il perdit son père. Ses études primaires terminées, il fit son cycle secondaire au petit séminaire de Vire, où, enfant espiègle, il acquit une solide formation littéraire. Un événement important, alors qu'il était encore élève au petit séminaire, fut l'ordination au sous-diaconat de son frère Edouard, plus âgé que lui d'une douzaine d'années. Ses études classiques achevées, il se dirigea vers le grand séminaire de Bayeux, où il reçut les ordres mineurs, le 29 juin 1876.

     

    Le 13 septembre 1876, il entra au séminaire des Missions Etrangères. Sous-diacre le 22 septembre 1877, diacre le 16 mars 1878, il fut ordonné prêtre le 21 septembre 1878, et reçut sa destination pour la Préfecture Apostolique du Kouang-tong (Canton), qu'il partit rejoindre le 16 octobre 1878.

     

    Le 7 janvier 1879, M. Vacquerel arriva à Canton. Mgr. Guillemin, préfet apostolique de toute la province du Kouang-Tong, l'envoya dans la partie est de la mission, au Tchong-lok, territoire plus grand qu'un département français, rude pays tout en montagnes, traversé par des sentiers. Accompagné d'un maitre de langue cantonnais, et placé sous la direction de M. Jean-Marie Verchère, il se fixa à Vong-Sakang, petite chrétienté de deux cents néophytes. Tout en étudiant la langue, et toujours par monts et par vaux, il visita ses chrétiens et catéchumènes, les instruisant avec soin, et les défendant contre les injustices dont ils étaient victimes. Pendant la guerre du Tonkin, en 1885, les gens de la région protégèrent sa résidence contre les pillards qui voulaient détruire la chrétienté de Chong-san. En attendant la fin des hostilités au Tonkin, Mgr. Chausse lui ordonna de se retirer pour un temps, à Hong-Kong.

     

    En 1889, il éleva dans son district une très grande chapelle. En 1892, des non-chrétiens suscitèrent des difficultés à ses communautés; lui-même malade, dût quitter son poste pendant quelques temps pour aller se soigner à Béthanie, (Hong-Kong). En 1894, il confia à un Père chinois, la chrétienté de Chong-Pou, dont il venait de bâtir l'église, et s'occupa du poste de Chong-san. Dans les derniers mois de 1895, des troubles ayant éclaté dans la province du Tchong-Lok, les rebelles vinrent parlementer avec lui. En 1897, malgré des difficultés avec les ministres protestants allemands, il avait un millier de catéchumènes et de nombreux "adorateurs" dans le pays de Vang-liou-tou, et le Yun-on.

     

    En 1900, lors de l'insurrection des Boxers,M. Vacqurel fut soumis à diverses vexations. Les chrétientés autour de Tchong-pou furent pillées, un de ses oratoires fut dévasté. Mais, la tourmente passée, il obtint des indemnités pour ses chrétiens, en compensation des dégradations commises. Alors, avec la participation de la population, il commença la construction de l'église de Pet-téou-t'sai, tandis que Edouard, son frère prêtre, lui expédiait de France des pavés de mosaïque et de superbes verrières. La bénédiction de cette église coïncida avec ses noces d'argent sacerdotales, en 1903.

     

    En 1905, le district administré par M. Vacquerel comptait 1805 chrétiens. En 1909, les villages du turbulent Tchong-Lok, bataillant les uns contre les autres, arrêtèrent l'administration des chrétientés. M.Vacquerel intervint pour le rétablissement de la paix. Mais, l'esprit nouveau qui aboutit à l'instauration de la République rendit plus délicates et plus tendues les relations du missionnaire avec les autorités chinoises, puis, la guerre européenne de 1914 accentua la méfiance envers les étrangers.

     

    En 1914, M.Vacquerel passa au nouveau vicariat apostolique de Swatow, lors de la création de ce dernier confié à Mgr.Rayssac. S'adonnant de plus en plus au soin de ses chrétiens, -son district en comptait 2.365, en 1924- il construisit sa "forteresse" de Chong-san, chrétienté qu'il avait fondée dès ses premières années; elle avait église, couvent, école,. En 1925, apprenant l'arrivée de deux ou trois mille soldats chinois à trois kms de Chong-san, en raison de la  guerre entre les partis, de l'anarchie, et de la réputation faite à l'armée, la panique s'empara des 380 chrétiens de ce village,qui mirent leurs biens à l'abri chez le missionnaire. C'est là qu'en 1926, M. Vacquerel se retira, lorsque son église de Pet-téou-t'sai, et la plus grande partie de son district furent confiées aux missionnaires de Maryknoll, l'année précédente. En janvier 1927, une bande de 300 paysans armés envahirent la chrétienté de Chong-san, et sous prétexte de chercher des armes, sacagèrent l'église et la résidence de M.Vacquerel qui pût fuir dans un coin de la montagne. Au printemps de 1928, le clan anti-bolchevique des Tsong, dont ses chrétiens faisaient partie, luttant avec l'énergie du désespoir, mit en fuite les troupes "rouges" de la région.

     

    Le dimanche 23 septembre 1928, M. Vacquerel célébra à Swatow, ses noces d'or sacerdotales. Sa grande joie fut de conduire au sacerdoce, deux enfants de Chong-san. En 1930, après un séjour de trois mois à Béthanie, pour refaire sa santé, il rentra à Chong-san; en raison de la présence de soldats communistes installés dans deux villages voisins "ma résidence, écrit il, fut transformée en une véritable forteresse. ..Les Rouges n'ont pas osé s'y frotter. Ils se sont dispersés"

     

    En 1933, un œdème aux jambes l'obligea à descendre dans la plaine. Il trouva à Lok-tien-pa, auprès de M.Veaux, l'asile tranquille qu'il désirait. Là, tout en remplissant l'office de chapelain des religieuses ursulines il bâtit une maison pour les orphelins de la Sainte-Enfance, et dirigea la construction d'un bâtiment pour la formation de religieuses enseignantes en pays hakka.

     

    En août 1936, malgré les soins dévoués des religieuses, et du docteur chinois, M.Vacquerel ne put se débarrasser d'une diarrhée qui se transforma en dysenterie. Peu à peu, ses forces l'abandonnèrent; le 20 octobre 1936, à 18h. paisiblement, il s'endormit dans le Seigneur. Ses funérailles, présidées par M. Le Corre, provicaire, eurent lieu le 23 octobre 1936. Il fut inhumé dans le jardin de la maison "Regina Cordium" des Ursulines à Lok-tien-pa.

     

    Références bio-bibliographiques

    AME 1928 p. 104. 1931 p. 23. 1936 p. 285. 1937 photo p. 41. 1928 p. 104 (art.).

    CR 1878 p. 55. 1882 p. 48. 1883 p. 21. 1885 p. 62. 1887 p. 118. 1889 p. 115. 1892 p. 143. 1894 p. 160. 161. 1896 p. 152. 1897 p. 112. 1900 p. 127. 1901 p. 124. 1902 p. 141. 1903 p. 128. 1904 p. 134sq. 1905 p. 111. 1909 p. 133. 1910 p. 132. 1912 p. 163. 1917 p. 69. 1918 p. 54. 1919 p. 58. 1920 p. 42. 1924 p. 68. 1925 p. 77. 1927 p. 77. 1929 p. 108. 271. 1930 p. 128. 1931 p. 124. 1933 p. 105. 1934 p. 102. 1936 p. 96. 234. 337. 1938 p. 96. 97. 1939 p. 221.

    BME 1923 p. 649. 1924 photo p. 115. 1927 p. 118. 1928 p. 679. 690. 1933 p. 374. 1934 p. 345. 1935 p. 273. 435. 1936 p. 203. 821. 894.

    EDA n°19/2.

    EC1 N°  345.

     

     

     

    • Numéro : 1385
    • Pays : Chine
    • Année : 1878