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Camille TRINCAL (1884-1987)

[3024]. TRINCAL Camille (1884-1987) né le 29 décembre 1884 à Charraix (H.-L.), admis au Séminaire des M.-E. en 1905, ordonné prêtre le 26 septembre 1909, partit pour la mission de
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    Camille TRINCAL naquit le 29 décembre 1884, à Charraix, diocèse du Puy-en-Velay, département de la Haute-Loire. Il était le septième d'une famille de neuf enfants dont sept se consacrèrent au Seigneur: Camille, prêtre missionnaire, cinq de ses frères comme enseignants dans l'Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes, et une soeur religieuse missionnaire. Sa mère mourut à l'âge de 42 ans, le 8 mars 1891. Camille devenu orphelin n'avait pas encore sept ans.

     

    Le 1 octobre 1891, il entra à l'école primaire de Charraix. L'année suivante, à cause du départ de deux de ses frères pour le noviciat des Frères, son père le retint à la maison tout le mois d'octobre, et le fit sortir au mois de mai pour aider aux travaux des champs. Malgré tout, le 28 juin 1898, il fut reçu au certificat d'études. Le 1 octobre 1898, son frère Louis étant revenu du régiment, Camille fut autorisé à commencer ses études secondaires chez les Maristes, à Montluçon; il entra en sixième. Son cycle secondaire terminé, appelé sous les drapeaux au début d'octobre 1905, il fut ajourné et réformé le 15 octobre suivant.

     

    Le 4 décembre 1905, il entra laïque au séminaire des Missions Etrangères. Tonsuré le 21 septembre 1906, minoré le 21 septembre 1907, sous-diacre le 19 décembre 1908, diacre le 6 mars 1909, ordonné prêtre le 26 septembre 1909 par Mgr.Cuaz, premier vicaire apostolique de la mission du Laos, il reçut sa destination pour le vicariat apostolique de la Mandchourie Septentrionale (Kirin) qu'il partit rejoindre le 17 novembre 1909. Arrivé à Port-Saïd, il quitta le groupe des onze jeunes missionnaires pour aller voir ses frères et sa soeur qui étaient en Egypte et en Syrie. Il reprit son voyage avec le groupe de partants suivants.

     

    Le 20 janvier 1910, M. Trincal arriva à Chang-Chung, siège de la procure de la mission où il fut accueilli par M.Gérard qui peu après dirigea le nouvel arrivant vers Kirin, où résidaient Mgr.Lalouyer vicaire apostolique, et M.Cubizolles "un Ponot". Loquace, pas du tout timide, doué d'une bonne oreille et d'une excellente mémoire, M.Trincal commença à Kirin, l'étude de la langue chinoise, sous la direction d'un  grand séminariste. Maitre et élève communiquaient en latin, mais l'élève partait souvent à l'extérieur à la recherche d'un interlocuteur, surtout des enfants, pour expérimenter ses connaissances. Ainsi fit il de rapides progrès. Plus tard, il étudia les caractères chinois. Ses gardiens communistes reconnaitront la correction de son parler chinois.

     

    En novembre 1910, M.Trincal devint professeur de latin au petit séminaire de Siao-pa-kia-tze où il enseigna jusqu'en mai 1911. Il fut alors envoyé à Yû-Shu, à mi-route entre Kirin et Harbin, comme vicaire de M.Lacquois, "un homme à l'allure austère" chef de ce district. Là, les occasions de bavarder ne lui manquant pas, il progressa rapidement en langue chinoise. Le 31 décembre 1911, Mgr. Lalouyer appela M.Trincal à Kirin pour assurer les cours de théologie morale au grand séminaire.

     

    En janvier 1914, cédant à M.Lucien Gibert sa chaire de morale, M.Trincal fut nommé chef du district de Fu-Yu, ville commerçante située au coude du fleuve Soungari qui se dirige vers Harbin, au nord-est. Ce fleuve sert de frontière à la province de Kirin sur la rive droite, et à celle du Heilung Chiang sur la rive gauche. M.Trincal resta à Fu-Yu une quinzaine de mois seulement, juste assez pour connaitre les cinq cents chrétiens de son district en majorité dispersés dans la campagne.

     

    En avril 1915, des postes importants étant devenus vacants en raison de la mobilisation de six missionnaires, Mgr. Lalouyer confia à M.Trincal la direction du district de Hulan dont le territoire s'étendait sur deux sous-préfectures. Située sur le fleuve Soungari, la ville de Hulan, centre d'un gros marché, comptait environ cinq cents baptisés, mais un millier d'autres se trouvaient dans les chrétientés de Sui-hoa, Lan-hoi, Siao-du-chou, chacune d'elle dotée d'église et d'école de catéchisme. Son programme: évangéliser, former et soutenir ses néophytes, raviver la ferveur de ses communautés, leur apprendre à vivre selon l'Evangile, rechercher les familles chrétiennes immigrées, aider spirituellement la congrégation du Saint Coeur de Marie, chargée des écoles, assurer leur installation dans la ville de Hei-Lung-Chiang, administrer les biens fonciers des chrétientés. En 1918, il construisit un bel oratoire à Che-yen-tcheng tse. En 1921, à Houlan, il reçut Mgr. de Guébriant, au titre de visiteur des missions de Chine.

     

    Le 22 février 1923, son évêque lui confia l'importante et ancienne chrétienté de Su-chia-Wo-Pu, difficile à administrer. Pendant ses neuf mois de séjour dans ce poste, d'une main ferme, il remit de l'ordre, et raviva la ferveur des chrétiens. En décembre 1923, M.Trincal fatigué fut envoyé à Wu-chi-chan, petite chrétienté de 300 fidèles.

     

    En février 1930, il retrouva le district de Fu-yu. En septembre 1931, les japonais occupèrent, sans résistance les trois villes importantes de la mission : Kirin, Chang-chug, Harbin. Troupes chinoises et brigands se répandirent dans les campagnes, créant pillage et insécurité. Le 15 mars 1932, la ville de Fu-yu fut mise à sac et occupée; trois jours après, malgré de sérieux travaux de défense, un groupe de brigands, révolver au poing, s'introduisit de nuit, dans la chambre de M. Trincal qui perdit sa bourse, et reçut quelques coups de cravache.

     

    La situation étant redevenue assez calme, le 25 mars 1933, M.Trincal s'embarqua à Shanghai pour prendre un congé en France où il arriva le 28 avril 1933. C'est au cours de ce congé qu'il découvrit ses dons de "sourcier". Le 2 décembre 1933, il s'embarqua à Marseille, et passa les fêtes de Noël, en Palestine, avec ses frères

     

    À son retour à Kirin, il assura deux intérims, le premier à Sikit-Chang, de mars à novembre 1934, le second à Wang-kia-tum de décembre 1934 à novembre 1935. Mgr. Gaspais lui proposa alors d'aller fonder un nouveau poste à Fou-long-tsuen, sur les confins de la Mongolie. C'est là que, en 1952, les soldats de la huitème armée communiste le trouvèrent et le mirent en résidence surveillée.

     

    Après la défaite japonaise de 1945, la Mandchourie connut une période de troubles. Des brigands armés firent leur apparition, les troupes russes occupèrent le pays, puis les troupes nationalistes arrivèrent dans cette province chinoise; alors que le régime communiste s'imposait peu à peu en Mandchourie, les troupes nationalistes se replièrent sur l'île de Formose.

     

    En 1947, la ville de Fou-long-tsuen où résidait M.Trincal, changea plusieurs fois de maitre, et  passa finalement sous le contrôle communiste. M. Trincal fut interrogé pendant des heures, puis au bout d'un certain temps, mis à la porte de sa résidence, il fut obligé de se réfugier dans une petite maison, en plein hiver. On réquisitionna, on salit, on saccagea et on occupa l' église qu'il avait bâtie en 1938. Interdiction fut faite aux chrétiens d'y pénétrer, et de parler au missionnaire.

     

    En 1951, Mgr. Gaspais envoya un message à M.Trincal l'invitant à quitter la Mandchourie. Plusieurs fois, ce dernier posa des demandes qui restèrent sans réponse, jusqu'au jour où deux individus lui notifièrent, alors qu'il était occupé à garder ses chèvres au sud de la ville, que l'autorisation demandée lui était accordée. Le matin du 24 août 1952, M.Trincal revint dans sa maison; pour payer son voyage, il vendit ses chèvres, distribua ses habits restants, abandonna ses livres aux communistes. Puis par étapes, accompagné de policiers, il parvint à Kirin où il trouva  quelques pères bénédictins dans la même situation. Ensemble, ils prirent le train pour Tien-Tsin où ils gagnèrent la procure des Pères de Scheut. C'était le 2 septembre 1952, vers 17 heures.

     

    Dernier missionnaire de la Société des Missions Etrangères à sortir de Mandchourie, M. Trincal partit pour Hong-Kong où il arriva le 10 septembre 1952. Le 30 septembre 1952, il s'embarqua sur le paquebot la "Marseillaise" qu'il quitta à Port-Saïd pour faire un pélerinage en Palestine. Il arriva en France, le 6 décembre 1952, par le "Félix Roussel".

     

    Après un temps de repos à Charraix, M.Trincal accepta, en 1953 la charge de curé à Chanteuges, paroisse proche de Langeac sur laquelle l'évêque du Puy avait jeté l'interdit. Par son tact, son allant, sa jovialité, il gagna le coeur de tous. C'est là que 27 septembre 1959 il fêta son jubilé d'or. Le 19 octobre 1959, il prit son poste d'aumônier de l'hôpital-hospice de Langeac. Le 14 septembre 1972, espérant "vivre encore cinq ou six ans", il se retira à Montbeton où le 28 septembre 1984, il fêta ses 75 ans de sacerdoce, puis son centenaire, le 29 décembre 1984.

     

    Le 22 mars 1987, vers 6 heures du matin, M. Trincal se sentit indisposé, mais rien d'inquiétant. Une heure après, il entra en agonie; quelques minutes plus tard, il rendit son dernier soupir. La veille au soir, il avait pris son repas avec la communauté. Le 24 mars 1987, M. Rossignol, vicaire général, présida la cérémonie des funérailles. M. Trincal, "sourcier et poète", plus que centenaire, repose dans le cimetière du sanatorium St. Raphaël, à Montbeton.

     

    Références biographiques

     

    AME 1910 p. 52.

    CR 1909 p. 254. 1912 p. 79. 1915 p. 54. 1916 p. 58. 1917 p. 39. 1919 p. 32. 1923 p. 48. 1932 p. 68. 1934 p. 44. 1947 p. 17. 1948 p. 19. 1949 p. 28. 1951 p. 21.

    BME 1928 p. 748. 1931 p. 409. 1932 p. 364. 1933 p. 367. 528. 1934 p. 121. 337. 1936 p. 186. photo p. 586. 1952 p. 48. 490. 644. 646. 704. 772. 1953 p. 122. 1959 p. 278.

    ECM oct. 1946.

    MDA 1948 p. 29.

    HIR n° 114. 124. 128/4. 160/3. 183/2. 197.

    I.F.G. 32. 33/2. 47/3. Zhong 14/17.

    EC1 N°  267. 527. 529. 653.

    EC2 N°  73P118. 135P343. 181/60. 190/321. 346. 209/248.

     

    • Numéro : 3024
    • Pays : Chine
    • Année : 1909