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Julien TRIDEAU (1883-1962)

TRIDEAU Julien (1883 - 1962)
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    [2980] TRIDEAU Julien, naquit le 18 avril 1883 à Saint Pierre des Landes, dans la Mayenne, d'une famille profondément chrétienne. Il va à l'école primaire de sa paroisse, mais il doit aider aux travaux de la ferme, veiller sur ses frères et soeurs, garder le troupeau. A 13 ans, il songe au sacerdoce. Il étudie le latin sous la direction de son curé, et en 1898, il est admis au Petit Séminaire de Mayenne. En 1901, il entre au Grand Séminaire de Laval. Puis en 1902, désirant être missionnaire, il entre au Séminaire de Philosophie de Bièvres. Il fait son service militaire à Mayenne, et peu après son retour du Séminaire, il perd son père, depuis longtemps souffrant. Il est ordonné prêtre le 21 septembre 1907 et reçoit sa destination pour Pondichéry. Il s'embarque le 4 décembre pour rejoindre Pondichéry.

     

    Son évêque l'envoie à Cuddalore, à quelques kilomètres de Pondichéry, et il se met à l'étude de l'anglais et du tamoul au Collège Saint Joseph. Après quelques mois, il est nommé surveillant dans ce Collège et il y reste jusqu'à la déclaration de la guerre de 1914. Mobilisé en France, il s'acquitte de son travail de brancardier en héros, puisqu'il reçoit plusieurs citations et la Médaille Militaire.

     

    Il revient en Inde en 1919, et va continuer son travail à Cuddalore pendant deux ans encore. Puis, comme l'air marin nuit à ses bronches éprouvées par les gaz du front, son évêque l'envoie comme curé à Vellore, dans un climat plus sec. C'est l'extrémité nord-est de la Mission, le North Arcot, la terre de nouveaux chrétiens pauvres et souvent sans travail. Le Père Trideau va mener pendant huit années la vie de "broussard".

     

    En 1928, le North Arcot est cédé aux Pères Salésiens, pour former un nouveau diocèse. Alors les Pères des Missions Etrangères doivent se replier sur Pondichéry. Le Père Trideau est alors nommé à l'école normale de catéchistes à Tindivanam, où il restera deux ans. L'évêque a alors besoin de lui pour la grosse paroisse de Erayur, et là, pendant ses deux années de ministère, il réussit à mettre la paix entre gens de castes différentes, surtout par sa bonté et sa patience. En 1933, il doit prendre un long congé en France pour refaire sa santé. A son retour en 1935, il est nommé curé de Cuddalore et en 1936, curé de Villipuram. Il y a là une colonie d'employés du chemin de fer, Indiens et Anglo-indiens. Il va fonder la nouvelle paroisse du Christ-roi. Il encourage également les Soeurs Carmélites Apostoliques d'Ernakulam qui établissent sur la paroisse un couvent et une école de filles. En 1940, la cure de la paroisse Notre-Dame des Anges à Pondichéry est vacante. Il accepte d'être le curé de cette paroisse qu'on appelle la "paroisse blanche", parce que s'adressant d'abord aux colonialistes français, mais aussi à tous les Indiens et Anglo-indiens parlant français. Le Père Trideau, homme de la brousse, est un peu dépaysé dans ce nouveau milieu, mais il se montre diplomate et fait preuve d'autorité, tout en gardant toujours son sourire de sympathie.

     

    En 1945, sa santé se gâte, surtout ses pauvres bronches. Il doit de nouveau quitter l'air marin, pour se diriger vers Bangalore, où il est nommé aumônier de l'hôpital Sainte Marthe. Pendant 13 ans, il remplit son poste à la grande satisfaction des malades, des Soeurs du Bon Pasteur, et des prêtres retirés et malades qui ont dans cet hôpital un pavillon spécial. Il va faire des visites dans les salles de l'hôpital, et la plupart des prêtres de la ville de Bangalore viennent le trouver pour se confesser. Il se fait tout à tous, souriant, affable, toujours disponible.

     

    Mais en 1958, il donne sa démission, et va prendre une chambre au pavillon des prêtres, au milieu d'une douzaine de vieux missionnaires des diocèses de Pondichéry, Bangalore, Mysore, Salem et Ooty. Pendant quatre ans, sa santé va décliner et il reçoit plusieurs fois le sacrement des malades. En 1960, son frère, curé-archiprêtre d'Ernée (diocèse de Laval), vient lui faire une visite, ce qui le comble de joie. Mais son calvaire va continuer, et au début de la Semaine Sainte en 1962, il expire le 16 avril sur son lit d'hôpital. Le Père Trideau, un coeur inépuisable, un vrai missionnaire !

     

    Références biographiques

    AME 1908 p. 62. 1917-18 p. 595. 1928 p. 213.

    CR 1907 p. 326. 1911 p. 242. 1922 p. 148. 1927 p. 148. 1928 p. 151. 1931 p. 244. 1932 p. 271. 1936 p. 206. 1938 p. 210. 1951 p. 179. 1958 p. 78. 1960 p. 80. 1961 p. 87. 1962 p. 100.

    BME 1928 p. 444. 507. 1930 p. 589. 1931 p. 313. 314. 460. 1932 p. 305. 307. 963. 1933 p. 638. 802. 872. 1934  p. 442. 1935 p. 142. 1936 p. 605. 1938 p. 849.  1939 p. 151. 737. 1951 p. 148. 152. 1952 p. 766. 1953 p. 213. 1954 p. 708. 1956 p. 674. 1957 p. 562. 657. 1958 p. 878. 1959 p. 744. 888. 1961 p. 689.

    EPI 1962 p. 700. 816.

    ECM avril 1945 p. 129.

    MDA 1950 p. 96.

    EC1 N° 274. 326. 619. 715.

     


     

    • Numéro : 2980
    • Pays : Inde
    • Année : 1907