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Henri TREMBLAY (1664-1740)

[110]. TREMBLAY, Henri-Jean, vint au monde vers 1664, peut-être à Lagny (Seine-et-Marne). N'étant que sous-diacre, il fut envoyé en 1687 au Canada par Mgr de Laval, évêque de Québec, alors en France, lequel, ayant eu l'occasion d'apprécier \ sa prudence, sa docilité, sa fermeté, son jugement, sa sagesse ", craignit qu'on ne lui donnât une autre destination. Après son ordination qui eut lieu en 1688 ou 1689, il fut nommé préfet de discipline au petit séminaire de Québec."
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    [110]. TREMBLAY, Henri-Jean, vint au monde vers 1664, peut-être à Lagny (Seine-et-Marne). N’étant que sous-diacre, il fut envoyé en 1687 au Canada par Mgr de Laval, évêque de Québec, alors en France, lequel, ayant eu l’occasion d’apprécier « sa prudence, sa docilité, sa fermeté, son jugement, sa sagesse », craignit qu’on ne lui donnât une autre destination. Après son ordination qui eut lieu en 1688 ou 1689, il fut nommé préfet de discipline au petit séminaire de Québec.

    En 1692, il fut chargé de remplacer en France le procureur de la mission du Canada, M. Dudouyt, qui venait de mourir. Comme tous les procureurs du Canada, il demeura au Séminaire des M.-E.­ ; il fut reçu directeur de cette maison vers 1694. Nous n’avons pas trouvé le procès-verbal de sa réception­ ; sa signature figure pour la première fois sur les registres du Conseil le 3 août de cette année 1694.

    Voici l’indication des charges qu’il remplit, avec les dates correspondantes de ses nominations­ : procureur et secrétaire, les 16 janvier 1697, 11 janvier 1700, 13 janvier 1703, 13 mars 1706, 12 janvier 1709­ ; assistant, les 7 février 1736 et 7 avril 1739.

    Il traça d’un directeur du Séminaire, tel qu’il le concevait, le portrait suivant­ : « Un homme qui n’ait autre chose dans la tête que notre œuvre, qui suive nos missionnaires, qui ne manque à aucun exercice, qui fouille dans nos archives, qui ramasse les papiers anciens et nouveaux, qui les mette en ordre, qui écrive tout, qui devienne un répertoire luy-même de tout ce qui regarde nos missions, et qui sans se confondre arrange aujourd’huy la sacristie, demain la bibliothèque, un autre jour les comptes­ ; aprez ou avant cela les domestiques, la dépense journalière, les meubles, les loyers des maisons, les biens de campagne, nos dettes actives et passives, qui a en tout une forme régulière et constante, en sorte que ceux qui viendront aprez nous ou ceux qui sont obligez de suppléer en cas d’absence ou de maladie se mettent aisément à nos affaires, et n’ayent qu’à suivre ce qui a été pratiqué­ ; un tel homme ou peut-être deux ou trois de ce charactère, nous sont absolument nécessaires. » Ailleurs il dit­ : « Ce ne sont pas des gens de mérite qui nous manquent, et ce n’est pas cela dont nous avons besoin aujourd’huy­ ; plus ils en auront dans un sens, moins ils seront en état d’entrer dans un certain détail qui est absolument nécessaire pour faire aller une communauté. »

    Il participa, en 1699-1700, à la rédaction du Règlement général de la Société des M.-E. Il fonda deux bourses en faveur des aspirants du Séminaire.

    Son principal travail fut la gestion de la procure du Canada. « Il s’acquitta de cet important office avec un zèle extraordinaire, dont sa volumineuse correspondance nous est une preuve sans réplique. » Il s’occupa activement, en 1696, de l’union canonique des abbayes de Bénévent, de Maubec et de Lestrées à l’évêché et au chapitre de Québec. Après avoir obtenu cette union, il fit à cheval un voyage de plus de 300 lieues, pour visiter tous les prieurés et toutes les fermes qui dépendaient de ces abbayes, dresser un état des-lieux avec procès-verbaux de commodo et incommodo. Dans les difficultés que l’évêque de Québec, Mgr de Saint-Vallier, eut avec son prédécesseur, Mgr de Laval, Tremblay prit parti pour ce dernier, écrivit plusieurs mémoires sur la situation du diocèse, et les présenta au P. de La Chaise, qui les transmit à l’archevêque de Paris.

    En 1707, il avait été atteint d’une grave maladie « fruit d’un travail excessif »­ ; mais il se guérit et travailla jusqu’en 1740. Il mourut le 9 juillet de cette année-là, au Séminaire des M.-E. à Paris.

    Notes bio-bibliographiques.

    — Coll. de docum. inéd. Canada, p. 59. — Vie de Mgr de Laval, ii, pp. 226, 238, 240, 243, 245, 322, 342, 435, 457, 479, 506, 510 et suiv., 521 et suiv., 532, 553, 555, 583. — Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph.

    • Numéro : 110
    • Pays : France
    • Année : None