Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Louis TOURNIER (1887-1938)

TOURNIER Marie-Louis (1887 - 1938) [3132] TOURNIER Marie-Louis, est né à Buc, dans le diocèse de Besançon et Territoire de Belfort, le 1er septembre 1887, d'une famille de modestes cultivateurs. Dès son jeune âge, il aimait lire les Annales de la Propagation de la Foi et de la Sainte Enfance. Ses parents le confièrent alors à un vieil oncle curé, qui lui apprit les éléments du latin.
Add this

    [3132] TOURNIER Marie-Louis, est né à Buc, dans le diocèse de Besançon et Territoire de Belfort, le 1er septembre 1887, d'une famille de modestes cultivateurs. Dès son jeune âge, il aimait lire les Annales de la Propagation de la Foi et de la Sainte Enfance. Ses parents le confièrent alors à un vieil oncle curé, qui lui apprit les éléments du latin.

     

    A 12 ans, il fut envoyé au Petit Séminaire de Luxeuil, où il se montra bon élève. Vers la fin de ses études secondaires, il ne voulut pas se présenter au baccalauréat, car, disait-il, il voulait être missionnaire, et non professeur. Après sa réthorique, il entra au Séminaire des Missions Etrangères, et étudia la philosophie à Bièvres, puis la théologie au Séminaire de la rue du Bac, à Paris. Ordonné prêtre le 8 mars 1912, il partit pour la Mission de Coïmbatore en septembre de la même année.

     

    Il rejoignit sa Mission dans le courant d'octobre, et séjourna quelque temps à Coïmbatore même pour s'acclimater au pays. Puis, son évêque, Mgr. Roy, l'envoya à Coonoor, importante paroisse des Nilgiris, où, sous la conduite du Père Béchu, il étudia les langues : le tamoul et l'anglais.

     

    La grande guerre éclata en 1914. Il fut mobilisé en France, et dut partir pour le front. Il connut la guerre des tranchées, et il fut fait prisonnier le 17 mai 1918. L'Armistice ne tarda pas à être signé, alors il revint à Paris, fit une bonne retraite et repartit pour Coïmbatore en 1919. Après un court séjour comme directeur de l'orphelinat de Coïmbatore, son rêve fut comblé quand son évêque l'envoya dans la brousse. Il fut nommé à Kolappalur, dans la chaleur torride d'un district très étendu, puis, il reçut sa nomination pour un district de montagne, à Gudalur, au milieu des forêts et des plantations de thé et de café.

     

    Il fut de nouveau transféré dans une autre chaîne de montagnes (les montagnes du Travancore), au district de Valparai. Il s'agissait de fonder la Mission et le Père Tournier s'efforça de rassembler les chrétiens dispersés en une belle communauté. Mais, sa santé n'y tint pas longtemps, et il fut nommé curé de la ville de Wellington, dans les Nilgiris. En plus du ministère de la paroisse indienne, il était aussi aumônier militaire de la garnison de cette ville, où résidaient de nombreux soldats anglais et irlandais.

     

    Malheureusement souffrant d'un ulcère dans le nez, il dut retourner en France pour un traitement énergique. Ce fut de courte durée, et de nouveau revenu à Coïmbatore, il fut nommé à l'Ecole Industrielle de la Cathédrale. En 1930, vers la fin de l'année, Mgr. Roy dut donner sa démission pour raison de santé. C'est le Père Tournier qui fut proposé et nommé comme son successeur. Il reçut la consécration épiscopale, le 13 avril 1932, des mains de Mgr. Kierkels, délégué apostolique de Mgr. Roy et de Mgr. Prunier.

     

    Il fut évêque de Coïmbatore pendant six ans. Au cours de son épiscopat, alors que le Mahatma Gandhi prêchait dans toute l'Inde contre le fléau de l'intouchabilité des hors-caste, il reçut des milliers de Parias hindous dans l'Eglise catholique. Le mouvement de conversion des Parias, qui avait commencé dans le diocèse voisin de Salem, s'étendit dans celui de Coïmbatore. L'évêque reçut de nombreuses délégations de villages hindous. Alors, grâce au dévouement de jeunes missionnaires européens, comme le Père Audiau et le Père Chervier, et également de quelques prêtres indiens, comme les Pères Adeikalam, Anthonisamy, Soosai, Rayappan et Savariar, dans les districts d'Erode, de Kolappalur, Tirupur et Mettupalayam, à Vepampallam, de nombreux centres de catéchumènat furent établis. Mgr. Tournier insista beaucoup, dans une lettre pastorale remarquable, sur la nécessité d'une formation sérieuse des catéchumènes, d'une longue préparation par de bons catéchistes, à la réception du baptême. Le moment venu, il aimait venir présider les cérémonies de baptêmes ; dans des hangars de fortune, où des centaines de Parias se pressaient chaque fois pour se faire baptiser. Ils étaient venus au catéchuménat en toute liberté, aucune aide financière ne leur fut donnée, et la grosse majorité persévéra jusqu'au bout, à la grande joie de l'évêque, de ses missionnaires et catéchistes. Mgr. Tournier insista également sur l'importance de la période post-baptismale, où il s'agit de travailler à consolider ces gens dans la foi et la pratique religieuse. Le diocèse aida beaucoup à la construction de chapelles, d'écoles dans les villages de nouveaux convertis. Des milliers de Parias entrèrent ainsi dans l'Eglise catholique, surtout dans la période 1930-1940.

     

    Après sa visite "ad limina" en 1936, Mgr. Tournier revint dans son diocèse, et il commença à souffrir de la gorge, ce qui l'obligea à se faire soigner dans les hôpitaux de Coïmbatore et de Madras. Le verdict fut alors donné par les docteurs : c'était un cancer. Il dut démissionner en janvier 1938, et en février, il partit pour l'hôpital Sainte Marthe de Bangalore, où il mourut, après de grandes souffrances, et malgré les soins dévoués des Soeurs du Bon Pasteur d'Angers. C'était le 18 mai 1938. Son corps repose dans la Cathédrale Saint Michel de Coïmbatore. En France, dans son village natal de Buc, une Messe fut célébrée par le Père Pasteur, délégué du Supérieur général des Missions Etrangères. La lecture de la lettre d'adieu de l'évêque à ses missionnaires, provoqua une grande émotion dans l'assistance nombreuse, bouleversée par les sentiments de foi intense exprimés dans cette lettre.

     

     

    Références biographiques

    AME 1913 p. 52. 53. 1915-16 p. 107. 1925 p. 75. 76. 1932 p. 95. 140. 193. 200. 1933 p. 47. 96. 128. 136. 164. 169. 1935 p. 41. 134. 1936 p. 46. 93. 188. 1937 p. 141. 151. 1938 p. 58. 188. 191. 223.

    CR 1912 p. 12. 314. 1913 p. 296. 1916 p. 250. 1919 p. 112. 1922 p. 151. 1923 p. 166. 1924 p. 129. 130. 1930 p. 231. 1932 p. 279. 379. 1933 p. 235. 239. 1934 p. 214. 272. 1935 p. 222. 239. 1936 p. 212. 1937 p. 217. 1938 p. 211. 212. 216 sq. 236. 240. 242. 243. 256. 1940 p. 107. 108. 1947 p. 275. 1951 p. 138. 141. 161. 178.

    BME 1922 p. 110. 1924 p. 339. 806. 1929 p. 316. 1931 p. 234. 235. 1932 p. 802. 880. 883. 1932 p. 309. 310. 388. 475. 476. 637. 718. 1933 p. 81. 234. 392. 473. 563. 805. 957. 1934 p. 509. 592. 811. 838. 885. 886. 1935 p. 69. 822. 907. 1936 p. 75. 147. 220. 225. 385. 534. 681. 687. 765. 841. 842. 920. 1937 p. 151. 221. 376. 455. 539. 540. 604. 671. 814. 892. 1938 p. 135. 201. 351. 353. 412. 414. 491. 493. 557. 633. 712. 1939 p. 738.

    EC1 N° 176. 177. 179. 201. 237. 325. 326. 327. 331. 336. 339. 340. 341. 381.

    EC2 N° 76P201.

    MC 1932 p. 99. 1936 p. 331. 1937 p. 30. 1938 p. 244.

     

    • Numéro : 3132
    • Pays : Inde
    • Année : 1912