Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Louis TIBERGE (1651-1730)

[85]. TIBERGE ou THIBERGE, Louis. La 1re partie du Mémorial le fait naître à Evreux, diocèse d'Evreux (Eure), ce n'est pas exact. Il naquit vers 1651 aux Andelys (Eure), qui relevait alors du diocèse de Rouen, et appartient maintenant au diocèse d'Evreux. Il était, a-t-on dit, de la paroisse Saint-Sauveur. Il fut reçu directeur du Séminaire des M.-E. probablement en 1680 ou 1681, ou même avant ces dates, puisque le 26 avril 1681 il fut élu premier assistant. De nouveau premier assistant le 10 janvier 1689, il fut nommé supérieur les 16 janvier 1694 et 7 janvier 1697.
Add this

    [85]. TIBERGE ou THIBERGE, Louis. La 1re partie du Mémorial le fait naître à Evreux, diocèse d’Evreux (Eure), ce n’est pas exact. Il naquit vers 1651 aux Andelys (Eure), qui relevait alors du diocèse de Rouen, et appartient maintenant au diocèse d’Evreux. Il était, a-t-on dit, de la paroisse Saint-Sauveur. Il fut reçu directeur du Séminaire des M.-E. probablement en 1680 ou 1681, ou même avant ces dates, puisque le 26 avril 1681 il fut élu premier assistant. De nouveau premier assistant le 10 janvier 1689, il fut nommé supérieur les 16 janvier 1694 et 7 janvier 1697. Premier assistant le 11 janvier 1700, il fut élu, les 13 janvier 1703, 13 mars 1706 et 12 janvier 1709, assistant sans indication de rang, ce qui permet de supposer qu’il était le seul. En 1697, le 15 janvier, le Souverain Pontife Innocent XII lui adressa, ainsi qu’aux directeurs du Séminaire, un bref d’éloges.

    Pendant son administration (1694-1700), le Séminaire des M.-E. prit officiellement position dans la longue discussion sur les Rites chinois. En 1699, il écrivit sur ce sujet trois lettres à Rome. La première du 10 août, adressée au Pape, est accompagnée de quelques pages intitulées­ : Expositio cæremoniarum sinensium, superiori ad SS. PP. epistolæ adjuncta­ ; elle fut présentée par Charmot le 29 août­ ; la deuxième, du 16 novembre, fut remise au Saint-Office­ ; la troisième, du 7 décembre, au Pape. Elles sont signées du supérieur du Séminaire­ : Tiberge, de deux directeurs­ : J.-C. de Brisacier et Prioux­ ; et de trois missionnaires­ : de Cicé, Labbé, de La Vigne, alors au Séminaire pour la composition du Règlement de la Société. Les signataires priaient le Souverain Pontife de porter au plus tôt un jugement définitif sur cette affaire. Le Pape avait confié l’étude de la question à des théologiens spécialement choisis, avec l’intervention des cardinaux Cazanata, Ferrari, Noris et Marescotti. Les théologiens se réunirent trente-quatre fois, et les cardinaux douze. La décision était prête à être publiée, quand la Compagnie de Jésus demanda qu’elle fût renvoyée à plus tard. Les cardinaux firent alors dresser, sous forme de questionnaire sur chacun des articles du mandement de Maigrot, le sommaire de tous les points qui pouvaient être l’objet de controverses (Quæsita in causa, etc.).

    Quand Tiberge fut remplacé dans ses fonctions de supérieur par J.-C. de Brisacier, avec lequel il vivait en pleine communauté d’idées et de sentiments, le Séminaire garda dans la question des Rites la même ligne de conduite. Les écrits publiés par les directeurs de 1700 à 1710 furent étudiés en commun, mais il paraîtrait que la part principale dans la rédaction revient à Tiberge (Voir BRISACIER (DE), J.-C.).

    Sa correspondance avec Charmot et de Lionne, pendant le séjour de ceux-ci à Rome, est considérable et fort détaillée. Il les tient au courant de ce qui se dit ou s’écrit en France sur les Rites, et de l’impression que produisent les publications­ ; il donne à Charmot des conseils de modération et de prudence­ ; il explique à de Lionne quels mémoires il doit présenter aux cardinaux.

    Il fut un des rédacteurs du Règlement de la Société des M.-E. en 1699 et en 1700­ ; mais il varia d’opinion sur plusieurs points importants de ce Règlement. Une de ses lettres explique les avantages et les inconvénients du plan qui unit le Séminaire et les missions, et de celui qui les sépare. Il conclut en déclarant se soumettre d’avance au projet qui sera adopté par les missionnaires. Ses contemporains disent cependant qu’il ne se soumettait pas facilement aux idées des autres.

    Son oraison funèbre de Mlle de Bouillon en 1683 lui avait fait une réputation d’orateur, et lui avait valu l’estime et l’amitié d’un certain nombre de personnages­ ; l’année suivante, il fut appelé à la cour pour prêcher le sermon du Jeudi-Saint. En 1694, il reçut l’abbaye de Saint-Sauveur d’Andres, au diocèse de Boulogne­ ; mais les bulles ne lui parvinrent qu’en 1697. En 1718, il devint prédicateur ordinaire du roi à la place du P. Séraphin.

    Ses relations avec Mme de Maintenon furent assez fréquentes. Il eut une part dans la composition du règlement de la Maison de Saint-Cyr, en même temps que l’évêque de Chartres, Godet des Marais, et J.-C. de Brisacier. A ce sujet, voici ce que nous lisons dans les Mémoires sur Mme de Maintenon recueillis par les Dames de Saint-Cyr, (p. 270)­ : « MM. de Brisacier et Tiberge venaient assez souvent, non seulement pour le bien des consciences, mais aussi pour travailler à de nouvelles constitutions­ ; on ne trouvait pas celles de Mme de Brinon ni assez parfaites, ni assez bien faites. M. Tiberge fut particulièrement chargé de ce travail, et, pour y mieux réussir, il alla à Chartres passer quelque temps, pour y être plus tranquille, et à portée de communiquer son ouvrage à Monseigneur l’évêque de Chartres­ ; il revint à Paris le continuer, et vit les règles et constitutions de plusieurs Ordres, dont il prit ce qu’il lui parut bon et convenable à cet Institut. Il venait souvent consulter Mme de Maintenon­ ; il en conférait avec Monseigneur l’évêque de Chartres, lorsqu’il était à Paris ou à Saint-Cyr­ ; et, selon les résolutions qui étaient prises dans ces communications, il composa le livre de nos Constitutions, qui a été revu et corrigé bien des fois, en plusieurs années, avant de nous le donner tel qu’il est aujourd’hui. »

    Il s’occupa avec sollicitude de la Congrégation des religieuses du Saint-Enfant Jésus (Dames de Saint-Maur), à laquelle appartenait une de ses sœurs, et il lui légua une partie de sa fortune. Depuis lors jusqu’à la Révolution française, plusieurs directeurs ou supérieurs du Séminaire des M.-E. furent supérieurs de cette Congrégation­ ; ils étaient nommés à cette fonction par l’archevêque de Paris. Après la Révolution, les liens entre les religieuses du Saint-Enfant Jésus et le Séminaire des M.-E. se sont peu à peu relâchés, et aujourd’hui il n’en subsiste que le souvenir.

    Tiberge composa plusieurs ouvrages ascétiques fort estimés, dont l’un, Retraite ecclésiastique, est toujours en usage dans la Société des M.-E. Quinze ans après sa mort, on publia ses Retraites et Méditations à l’usage des Religieuses, etc. « Le style de ces Retraites qui sont très connues, dit Moreri, est simple et naturel et en même temps délicat, pur, et même éloquent. »

    Il mourut à Paris, au Séminaire des M.-E., le 9 octobre 1730­ ; il fut enterré dans la crypte de l’église. En annonçant sa mort, le Mercure de France ajoutait que « c’était un des meilleurs sujets qui eussent été dans l’état ecclésiastique. » Cette opinion se retrouve encore plus accentuée chez l’évêque de Chartres, Godet des Marais, qui écrivit au cardinal Cavallerini­ : « Je ne connais pas dans l’Eglise de France d’ecclésiastiques plus remplis de talents, de mérites et de zèle que M. l’abbé de Brisacier et M. l’abbé Tiberge. » La Gallia christiana (vii, p. 1041) dit de ces deux supérieurs du Séminaire des M.-E.­ : « Ludovici conciones, epistolæ, funebres orationes, pii libri et varia de cæremoniis sinensis imperii opera testantur egregie tum eruditionem, tum ingenii acumen et sagacitatem. Hinc illi quemadmodum et Jacobo Carolo plures haud tenues oblati sunt episcopatus, quos ambo constanter deprecati sunt, majora se beneficia præstituros Ecclesiæ tuendo missiones rati, quam si diœceses gubernarint. »

    Bibliographie.

    — Œuvres de M. Tiberge seul­ :

    Oraison funèbre de Mlle de Bouillon, prononcée à Evreux le trentième d’aoust 1683. — Imprimerie de Ve E. Viret, Rouen, 1683, in-4, pp. iv-60.

    Retraite chrétienne sur les vérités du salut [s. n.]. — Chez J.-Bapt. Delespine, rue S.-Jacques à l’image S.-Paul, près la fontaine S.-Severin, Paris, mdcciv, in-12, pp. 761.

    Id. — Chez J.-Bapt. Delespine, imp. lib. ord. du Roy, à la Victoire et au Palmier, rue S.-Jacques­ ; J.-Th. Herissant, libraire, à S.-Paul et à S.-Hilaire, Paris, mdccxlii, in-12, pp. 761 + le plan, la tab. et le priv.

    Retraite ecclésiastique. Dédiée à Son Eminence Mgr le Cardinal de Noailles, archevêque de Paris [L’approbation est du 11 décembre 1707]. — Paris, mdccviii, 2 vol. in-12.

    Id. — Chez J.-Bapt. Delespine, rue S.-Jacques, à Saint-Paul, près la fontaine S.-Severin, Paris, 2 vol. in-12, pp. 554 + l’ép., la tab., le priv.­ ; pp. 388 + la tab, l’app., le priv.

    Id. [Avec quelques retouches par M. Rousseille]. — Imprimerie de la Société des M.-E., Hong-kong, mdcccxciii, in-12, pp. 375.

    Retraites et Méditations à l’usage des religieuses et des personnes séculières qui vivent en communauté, par feu M. Tiberge, supérieur du Séminaire des M.-E. — Chez la veuve Mazières et J.-B. Garnier, imprimeurs libraires de la Reine, rue S.-Jâques, vis-à-vis S.-Yves, à la Providence, Paris, mdccxlv, in-12, pp. 585 + la tab. et l’app.

    Ecrits sur les Rites chinois. Ces Ecrits, publiés pendant le supériorat de M. Tiberge et celui de M. J.-C. de Brisacier, urent rédigés principalement par M. Tiberge­ :

    Epistola Præpositi, directorum, missionariorum Seminarii parisiensis Missionum ad Exteros ad Innocentium XII Pontificem Maximum [10 août 1699].

    Se trouve dans­ :

    Continuatio Historiæ cultus p. 59­ ; Raccolta, p. 147­ ; Status quæst., 2e édit. [en français et en latin], p. 90­ ; Recueil de pièces­ : Conformité des cérém. ch. [en français], p. 109­ ; [en latin], p. 137.

    Epistola DD. Superioris et directorum Seminarii parisiensis Missionum pro conversione gentium ad Eminentissimos Cardinales S. Congregationis Sancti Officii [16 nov. 1699].

    Se trouve dans­ :

    Continuatio Historiæ cultus, p. 147­ ; Raccolta, p. 212.

    Epistola altera eorumdem ad Innocentium XII Pontificem Maximum [7 déc. 1699].

    Se trouve dans­ :

    Status quæst, 2e édit. [en français et en latin], p. 95.

    Lettre de Messieurs des M.-E. au Pape sur les idolâtries et les superstitions chinoises [20 avril 1700]. — Chez les héritiers de Corneille d’Egmond, Cologne, mdcc, in-12, pp. 178.

    Id. — Cologne, 1700, in-12, pp. 235.

    Id. — Wattier, Bruxelles, 1700, in-12, pp. 172.

    Id. — [s. d. s. l.] In-12, pp. 214.

    Id. — [Sans l’Addition, les Mémoires, etc., la Lettre de M. L. de Cicé, etc., s. d. s. l.] In-8, pp. 137.

    Même Lettre en latin­ :

    Epistola ad Summum Pontificem Innocentium XII, scripta a Directoribus Seminarii Parisiensis Missionum ad Exteros, de idololatricis ac superstitiosis cultibus Sinarum. — [s. d. s. l.] In-12, pp. 282.

    [Ce titre précède Status quæstionis, mais la Lettre ne commence qu’à la page 57.]

    Même Lettre en italien dans­ :

    Memorie istoriche, p. 24.

    Lettre à Mme de Lionne sur le libelle des Jésuites, contre Mgr l’Evêque de Rosalie, son fils. A Rome, ce 10 février 1701. — In-12, pp. 84 [Comprenant une lettre de M. de Lionne écrite de Nanquin, le troisième de février (janvier) 1699].

    Paraphrase de l’Exaudiat en forme de prières pour l’Eglise de Chine. — mdccii, in-8, pp. 33.

    Lettre que Messieurs des M.-E. ont proposé au Rme Père Général des Jésuites d’écrire en commun au Pape, depuis que le certificat de l’empereur de la Chine a paru. — In-8, pp. 3.

    Protestation de Messieurs des M.-E. sur trois nouveaux Libelles anonymes que les Jésuites répandent partout. De Paris, 15 octobre 1709. — In-12, pp. 8.

    Cette Protestation se trouve dans­ :

    Mémoires pour Rome, p. 231­ ; Réponse de Messieurs des M.-E. [2e édit.], p. 3­ ; Anecdotes, iii, 2e part., p. 209.

    Réponse de Messieurs des M.-E. à la Protestation et aux réflexions des Jésuites, 1710. — In-12, pp. 410.

    Id., 2e édit. — mdccxi, in-12, pp. 300 [A la tête de laquelle est la Protestation].

    Cette Réponse contient p. 184­ :

    Supplément à la Révocation faite par M. l’abbé de Brisacier, de l’Approbation qu’il avait donnée au livre de la Défense des nouveaux chrétiens et des missionnaires de la Chine.

    Même Réponse en italien­ :

    Riposta dei Signori delle Missioni stranieri alla Protesta e dalle riflessioni dei Padri Giesuiti, intorno il sacrificio Cinese. — Roma, 1710, in-4.

    Lettre de Messieurs des M.-E. au Pape, sur le décret de Sa Sainteté rendu en 1704, et publié en 1709, contre les Idolâtries et les Superstitions chinoises, 10 février 1710. — mdccx, pp. 33.

    Se trouve aussi dans­ :

    Anecdotes, iii, 2e part., p. 219.

    Mémoires pour Rome sur l’état de la religion chrétienne dans la Chine. — [s. l.] mdccix-mdccx, 2 vol. in-16, pp. 240 [Le second volume renferme les VIIe, VIIIe et IXe Mémoires et la pagination recommence à chaque Mémoire], 117 + 107 + 155 + tab.

    Ecrits de MM. des Missions-Etrangères sur l’affaire de la Chine­ :

    En français­ :

    Décret de Nostre S. P. le Pape Clément XI sur la grande affaire de la Chine.

    En latin et en français­ :

    Actes sur l’affaire des cultes ou des cérémonies de la Chine contenant­ : Le Mandement de M. Charles Maigrot­ ; Les Questions extraites du même Mandement et proposées à la Sac. Congrég. du S. Office­ ; Les Réponses faites aux mêmes Questions par la même Congrégation­ ; Le Décret rendu par N. T. S. P. le Pape Clément XI, le 20 novembre 1704, dans la même Congrégation, par où les Réponses précédentes sont confirmées et approuvées.

    Suivis du­ : Mandement de Mgr le Cardinal de Tournon, patriarche d’Antioche [Nankin, 7 février 1707]­ ; et des Notes pour l’intelligence du présent Décret. — De l’Imprimerie de la Chambre apostolique, à Rome, [vers 1710] in-16, pp. 161.

    Ecrits de MM. des Missions-Etrangères sur l’affaire de la Chine­ : Lettre de MM. des Missions-Etrangères au Pape sur le Décret de Sa Sainteté rendu en 1704 et publié en 1709­ ; Réponse de MM. des Missions-Etrangères à la protestation et aux réflexions des Jésuites­ ; Décret de N. S. Père le Pape Clément XI touchant les cultes chinois, avec une Déclaration en forme de Lettre, écrite par M. l’assesseur du S. Office aux Généraux de quelques Ordres Religieux, et les Réponses des dits Généraux. — [s. l.] mdccx-mdccxi, = in-16, pp. 33 + 300 + 24.

    Voir BRISACIER (DE), J.-C., CHARMOT, LIONNE (DE).

    Notes bio-bibliographiques.

    — Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. — Œuv. comp. Bossuet [édit. Lefèvre], xii, p. 399. — Souv. sur Mme de Maintenon, i, p. 244­ ; iii, p. 247. — Mém. pour serv. à l’hist. de Mme de Maintenon, iii, pp. 203, 217. — Mme de Maintenon et la mais. roy., pp. 122, 132, 138, 141, 186. — Lett. de Mme de Maintenon [édit. Auger], iii, p. 397. — Lett. de Mme de Maintenon [édit. Maëstricht], iii, p. 262. — Mém. sur Mme de Maintenon, pp. 224, 252, 261, 270, 284 et suiv., 313, 330 et suiv., 362 et suiv., 392, 399.

    Vie de Mme de Miramion, p. 348. — Hist. de Fénelon, i, pp. 251, 259, 296­ ; iii, pp. 192, 193. — Hist. de l’Inst. de Saint-Maur, pp. 17 et suiv., 20, 27, 73, 107, 519, 528, 579, 580. — Mém. chron. et dog., ii, pp. 276, 324. — Coll. des Mém., lxiii, p. 338. — Mém. Saint-Simon [édit. Boislisle], ii, p. 359. — Hist. de la ville des Andelis, ii, p. 436. — La Franc. pont., ii, p. 736. — Lett. aut., coll. Troussures, p. 489. — Gallia christ., vii, p. 1041.

    • Numéro : 85
    • Pays : France
    • Année : None