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Eugène TESSIER (1876-1946)

TESSIER Eugène (1876 - 1946)
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    [2660]  TESSIER Eugène, Jean-Baptiste, Armand, est né le 23 juin 1876 à la Flocellière, diocèse de Luçon (Vendée). Il fit ses études primaires à l'école de sa paroisse, et ses études secondaires au Petit Séminaire de Luçon. Puis il entra au Grand Séminaire de Luçon en 1898, et fit un an et demi d'études. Puis, trouvant la vie du clergé diocésain trop prosaïque, il décida d'entrer aux Missions Étrangères. Il arriva au Séminaire des Martyrs, à la rue du Bac, le 15 février 1900. Il fut ordonné prêtre le 22 juin 1902 et partit pour la Mission du Kouangsi le 10 juillet suivant.

     

    Cette Mission était l'une des plus difficiles de la Chine. Il arriva à Nanning fin septembre 1902. Le Préfet apostolique de Nanning, Mgr Lavest, l'envoya d'abord à Setchen, dans le nord-ouest de la province. Il étudia le chinois, mais ne se plaisait pas beaucoup dans ce district entièrement païen. Il fut transféré à Wuchow, à l'autre extrémité de la Mission, au sud-est, sur les frontières du Kouangtong. À Setchen, il avait appris la langue mandarine. Maintenant, il se mit à l'étude du cantonnais, très différent du mandarin. Il devint expert en langue chinoise. Il dut également apprendre l'anglais, qui était parlé par les Européens, les grands commerçants de cette ville cosmopolite. À cette époque, les habitants des campagnes n'étaient pas encore disposés à accueillir une religion prêchée par des étrangers. Les progrès spirituels étaient donc très lents. Pourtant, grâce à la ténacité du Père Tessier, le district peu à peu s'organisa, à tel point que trente cinq ans plus tard, Wuchow devint le centre d'une nouvelle Mission.

     

    En 1911, il fut nommé à Loyong, où il ne resta d'ailleurs qu'une année. On le nomma alors à Kweilin, district difficile où il n'eut guère de consolations spirituelles. En 1915, il fut appelé à Longniu, centre chrétien, où dans la force de l'âge, le Père Tessier allait pouvoir donner toute sa mesure. Les habitants de ce district étaient des Tchong, race apparentée aux Thaï du Tonkin, des Hakka et des Yao. Si les hommes parlaient le chinois, leurs femmes ne parlaient que dans leurs dialectes respectifs. Le Père Tessier dut s'adapter à leur langage, à leurs coutumes, et il put ainsi faire du bien à tous, avec la collaboration de ses catéchistes et des Religieuses indigènes. Il était également apprécié de ses confrères, qui, au moment des retraites, aimaient le consulter et étaient heureux de recueillir ses conseils pleins d'expérience des hommes et des choses. Quand ils venaient à Longniu, pour la Fête-Dieu, ils participaient à la procession du Saint Sacrement qui se déroulait dans la ville comme dans les paroisses de France à cette époque.

     

    En 1921, au moment de la guerre civile, il fut nommé à Siéoujen, qui n'avait plus de titulaire. Il y resta 27 mois. De 1921 à 1924, années de persécution, de destruction, de menaces, de pillages et de meurtres. Les pirates pillèrent l'église de Kiangchow après l'avoir profanée. La Mission de Tongmu fut mise à sac. Mais Longniu échappa au désastre. Enfin, dans les derniers jours de juillet 1923, il put relever le district en ruines, avec un confrère français venu l'aider.

     

    En 1926, Mgr Ducoeur, son évêque, appela le Père Tessier à Nanning pour tenir la Procure de la Mission. Il occupa ce poste de 1926 à 1928, jusqu'au retour de France du Père Costenoble, Provicaire. Alors le Père Tessier retourna à Longniu, où il continua son ministère avec beaucoup de dévouement. Mais bientôt il se sentit fatigué et il demanda à prendre un congé en France. Après plus d'un an de repos dans sa famille et son pays natal de la Flocellière, il retourna en Chine en 1935.

     

    À son retour à Nanning, Mgr Albouy, son évêque, lui demanda de fonder une école de catéchistes. Il eut la joie de former une quinzaine de jeunes gens et des hommes d'âge mûr qui devinrent capables de soutenir en public et en un chinois distingué des controverses religieuses devant des païens et des hérétiques. Ce fut tout à l'honneur du Père Tessier, bon théologien et parfait sinologue.

     

    Puis ce fut la guerre sino-japonaise (1937-1945). L'école de catéchistes dut fermer et le Père Tessier n'eut plus que sa paroisse à administrer.

     

    À la fin de 1945, il était presque septuagénaire. Sa vue s'affaiblissait. En janvier 1946, Mgr Albouy décida M. Tessier à tenter un voyage à Hongkong pour se faire opérer de la cataracte. Mais, il ne put aller que jusqu'à Canton, où l'épidémie de choléra le terrassa et il expira à l'hôpital Fong-Pin le 27 mars 1946.

     

     

    Références bio-bibliographiques

    AME 1902 p. 327. 1907 p. 328. 1922 p. 146. 1925 p. 77.

    CR 1902 p. 302. 1903 p. 133. 1904 p. 148. 1905 p. 123. 1909 p. 140. 1911 p. 117. 1912 p. 168. 1913 p. 175. 1916 p. 102. 1918 p. 56. 1919 p. 52. 1921 p. 66. 1922 p. 78. 80. 1923 p. 99. 230. 1924 p. 76. 1925 p. 84. 1926 p. 92. 1929 p. 124. 125. 1931 p. 134. 1932 p. 154. 1933 p. 121. 1934 p. 113. 1935 p. 114. 1936 p. 111. 1938 p. 114. 1940 p. 69. 1947 p. 49. 314.

    BME 1922 p. 176. 1925 p. 53. 1926 p. 708. 1927 p. 703. 1929 p. 348. 1931 p. 521. 907. 1933 p. 20. 154. 645. 883. photo p. 16. 1934 p. 499. 872. 1935 p. 145. 196. 1937 p. 52. 653. photo p. 40. 1940 p. 346. 348. 557. 751.

    ECM 1945 p. 193.

    EC1 N°  266. 269. 273. 300. 301. 445.

    • Numéro : 2660
    • Pays : Chine
    • Année : 1902