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Jean TERRAT (1853-1927)

TERRAT Jean (1853 - 1927) [1422] TERRAT Jean, Benoît, est né le 8 novembre 1853 à Saint Genest-Malifaux, diocèse de Lyon (Loire). Il fit ses études primaires à l'école des Frères de la paroisse, et ses études secondaires au Petit Séminaire de Verrières. Il entra au Grand Séminaire de Lyon, puis au Séminaire des Missions Étrangères de Paris le 13 septembre 1877. Il fut ordonné prêtre le 20 septembre 1879, et partit pour la Mission du Kouytchéou le 29 octobre suivant.
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    [1422]  TERRAT Jean, Benoît, est né le 8 novembre 1853 à Saint Genest-Malifaux, diocèse de Lyon (Loire). Il fit ses études primaires à l'école des Frères de la paroisse, et ses études secondaires au Petit Séminaire de Verrières. Il entra au Grand Séminaire de Lyon, puis au Séminaire des Missions Étrangères de Paris le 13 septembre 1877. Il fut ordonné prêtre le 20 septembre 1879, et partit pour la Mission du Kouytchéou le 29 octobre suivant.

     

    Pendant le long séjour de plus de six semaines qu'il dut faire sur le Fleuve Bleu, dans la jonque chinoise qui l'amenait de Shanghai à Tchongking, il fut presque toujours malade. Très fatigué, il dut rester plus d'un mois à Tchongking. Il ne put arriver à Kouiyang que le 29 mai de l'année suivante.

     

    Il passa toute une année aux environs de Kouiyang pour l'étude de la langue chinoise. En mai 1881, il fut nommé curé du district de Yenhouai, vaste contrée montagneuse située au nord-ouest du Kouytchéou, sur les confins des deux Missions du Tchongking et de Suifu. Autour de sa résidence, sur un rayon d'une quinzaine de kilomètres, sont échelonnées six ou sept stations chrétiennes. Plus loin, à 120 km, sur les frontières de la Mission de Tchongking, se trouvent trois ou quatre stations, puis plus loin encore, à 150 km, sur les confins de Suifu, se trouve une autre station chrétienne, près de la ville de Tse-choui, où le Père Terrat établit une pharmacie. Il passa dans ce district trois années heureuses, exerçant son ministère dans cet immense champ d'apostolat.

     

    En 1884, la persécution vint le chasser de son poste. Il se réfugia dans des familles à l'écart. C'est là qu'il reçut un ordre de son vicaire apostolique d'aller se réfugier à Tchongking. Il partit et fit un long voyage de 3 jours et demi pour se rendre à Tchongking où Mgr Coupat le garda avec lui, quelques mois, puis l'envoya chez un de ses missionnaires dans une paroisse un peu isolée. Au bout d'une année, il se décida à rentrer au Kouytchéou. Il regagna son ancienne résidence de Tse-choui, en décembre 1885. Il y passa deux mois et se rendit à Kouiyang pour la retraite annuelle des confrères.

     

    En juin 1886, il fut nommé curé de la cathédrale. Avant de prendre possession de ce poste important, il dut aller installer son successeur à Yenhouan. Mais quand ils arrivèrent dans la résidence de Tongtse, une nouvelle persécution, terrible, les attendait. Ils furent obligés de rester pendant neuf mois dans ce poste, sans pouvoir sortir, par crainte d'être arrêtés. Le mandarin de l'endroit se montra tolérant, tandis que dans les environs les brigands pillèrent, détruisirent et même massacrèrent un prêtre chinois et plusieurs chrétiens.

     

    Ce ne fut qu'au mois de mars 1887 que M. Terrat put revenir à Kouiyang prendre charge de la cathédrale. Comme nouveau curé, il dut faire construire un presbytère sur la place de la cathédrale, tandis que le Procureur de la Mission construisit des bâtiments pour les écoles. M. Terrat resta là trois ans. Il fut heureux de recevoir son changement pour le district de Ganhoa, à dix fortes étapes de Kouiyang. C'était une paroisse parsemée de chrétiens vivant assez loin de sa résidence, quelques fois à 15 ou 20 km dans la campagne. Il ne fit pas beaucoup de conversions, mais s'efforça de fortifier la foi de néophytes venus récemment à l'Évangile, des anciens convertis du Père Bouchard, vénéré comme le grand apôtre du Kouytchéou.

     

    De 1897 à 1913, on retrouve le Père Terrat curé de Meytan. En 1907, il commença la construction d'une grande église, qui fut terminée deux ans plus tard. Il visita régulièrement ses chrétiens. Il fut bon pour eux, spirituellement et matériellement. Il les aidait à vivre une vie décente, en leur consentant des prêts. Il fut patient avec tout le monde. Un jour des étudiants païens décidèrent d'aller faire des misères à ce prêtre étranger.... Il les reçut avec beaucoup de courtoisie, leur offrit des friandises, et ces jeunes gens s'en retournèrent chez eux, très contents.

     

    Quatre ans après la construction de l'église de Meytan, le Père Terrat, âgé de 60 ans, affligé depuis longtemps de rhumatismes lombaires, comprit que l'heure de la retraite avait sonné pour lui. Il demanda son changement, et obtint le poste de Longli, à une étape de Kouiyang. Il pensait se reposer un peu dans ce poste. Mais six mois après, Mgr Seguin le nomma Provicaire. Il accepta, à condition qu'on ne le dérangeât pas trop. Toutefois, en 1914 la grande guerre éclata. Il dut de nouveau se rendre à Kouiyang pour prendre la charge du Petit Séminaire. Il eut la chance d'avoir à ses côtés le Père Chaffangon, son grand ami, qui consentit à faire les cours pour ne laisser au Père Terrat que l'économat de la maison.

     

    En 1922, il se retira à l'évêché, où il put encore rendre de précieux services à son évêque et aux confrères de passage. Mais il s'affaiblit de plus en plus et le 22 juin 1927, Monseigneur lui administra le Viatique et l'Extrême onction. Il rendit son âme à Dieu le 24 juin dans la nuit. Il fut enterré dans le cimetière catholique de Tallumpo, en face de la ville de Kouiyang. Le Père Terrat fut pendant sa vie missionnaire au Kouytcheou un bon ouvrier de Dieu, contribuant par ses efforts et ses souffrances à la fondation et au développement de l'Église en Chine.

     

     

    Références bio-bibliographiques

    AME 1917-18 p. 354. 357. 1926-27 p. 408.

    CR 1879 p. 75. 1884 p. 65. 1893 p. 139. 1895 p. 160. 1897 p. 105. 106. 1898 p. 188. 1900 p. 117. 1902 p. 126. 1926 p. 232. 1927 p. 233. 1928 p. 193.

    BME 1923 photo p. 399. 1926 p. 770. 1927 p. 510.

    EC1 N°  134.

    • Numéro : 1422
    • Pays : Chine
    • Année : 1879