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Hippolyte TEISSIER (1853-1922)

TEISSIER Hippolyte (1853 - 1922)
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    [1423] TEISSIER Hippolyte, est né le 15 novembre 1853, à Saint Ferréol d'Auroure, dans le diocèse du Puy, d'une famille très chrétienne. Après ses études primaires dans son village, il entra au Petit Séminaire de Monistrol. Il fut admis ensuite au Grand Séminaire du Puy, où il recevra la tonsure. En 1876, il se dirigea vers le Séminaire des Missions Etrangères, où il resta trois ans. Il y reçut successivement le sous-diaconat le 21 septembre 1878, puis le diaconat le 8 mars 1879 et enfin l'ordination sacerdotale le 20 septembre 1879. Destiné à la Mission de Mysore, en Inde du Sud, il partit pour l'Inde le 29 octobre 1879.

     

    Après 6 mois d'étude du tamoul à Bangalore, il fut envoyé dans le village de Mattigiri, près d'Hosur, sur la route de Salem. Après quelques mois, il dut retraverser la Mission d'Est en Ouest pour s'en aller à Shimoga, où il resta trois ans, de 1880 à 1884.

     

    En janvier 1884, il est transféré dans la ferme de Siluvaipura, où il eut à diriger l'orphelinat agricole. Il déploya tout son zèle pour les enfants de l'orphelinat, s'adonnant aux travaux de l'agriculture.

     

    En juin 1885, encore un transfert : cette fois-ci, c'est dans l'île de Séringapatham, près de Mysore, au village de Ganjam. Cette île, au milieu de la grande rivière Kavéri, transformée en forteresse par le fameux sultan Tippu Sahib, avait été la résidence pendant de nombreuses années de celui qu'on avait surnommé "le tigre de Mysore", qui s'était battu contre les Anglais et les Marhattes, mais qui fut trahi par l'un des siens, et mourut en 1799. Il y avait, à Ganjam et aux alentours, quelques familles de Kannadigas, parlant Kanara, des survivants de la persécution féroce du sultan. Il y avait aussi, dans les forêts un peu plus loin, à la lisière du Coorg, la tribu des Kadu Kurbérus, une tribu nomade animiste. Le Père Teissier, qui se déplaçait beaucoup dans son grand district put baptiser quelques gens de cette tribu, qui demandèrent le baptême.

     

    Il devait également s'occuper du pélerinage à Saint Antoine de Padoue, au village de Dornahalli. Il essaya de donner encore un essor plus grand à ce pélerinage très populaire. A l'occasion, il aimait s'arrêter dans la ville de Mysore, où il était heureux de retrouver plusieurs confrères et passer avec eux de bons moments dans la jovialité et la bonne humeur.

     

    Il passa cinq bonnes années à Ganjam, mais il contracta la malaria, et sa santé affaiblie nécessita un transfert. Mgr. Couadou, son évêque, le nomma procureur de la Mission, avec résidence à l'évêché. C'était en 1890.

     

    Il parvint à mettre les finances de la Mission sur des bases solides et put ainsi financer les nombreuses oeuvres du diocèse. Le procureur avait aussi le rôle d'accueil des confrères, qui venaient de la brousse pour se reposer un peu. Il fut très attentif à leurs besoins, les soignait, les encourageait, et rien que par son sourire, il réussit bien souvent à dérider les fronts les plus assombris. Il gagna la confiance de tous les missionnaires.

     

    Nommé vicaire général de Mgr. Baslé le 5 juillet 1910, il resta néanmoins procureur de la Mission, et jusqu'en 1916, dut assumer également la charge d'aumônier de l'hôpital Sainte Marthe. Cet hôpital était dirigé par les Soeurs du Bon Pasteur d'Angers. Tous les matins, le Père Teissier partait en voiture à cheval pour aller dire la Messe dans la chapelle de l'hôpital. Il allait visiter les malades, eut le bonheur de baptiser quelques hindous avant la mort, ainsi que de nombreux bébés. Puis, ayant en vue l'avenir de cet hôpital, il aida au recrutement d'infirmières, à l'Ecole de Médecine, afin qu'après leurs études, elles reviennent comme infirmières à l'hôpital. Il fonda aussi le Tiers-Ordre de Saint François, dans lequel il enrolla des femmes indiennes, qui devinrent de précieuses auxiliaires pour les travaux manuels. En ce temps-là, l'hôpital comptait déjà 100 lits, et environ 40.000 malades y étaient soignés.

     

    Il se préoccupa également du sort des prêtres malades, qui avaient besoin d'hospitalisation. Il fit construire, avec l'agrément des Soeurs, un bâtiment séparé pour eux, avec 6 chambres confortables, dans l'enclos de l'hôpital, qu'on appela "the Priest's Quarters". Ce bâtiment, qui fut agrandi plus tard, attira non seulement les prêtres du diocèse, mais des autres diocèses de l'Inde, et même des missionnaires malades venant de Birmanie, de Malaisie, du Siam, de Chine et du Japon, qui vinrent retrouver la santé dans le climat idéal de Bangalore.

     

    Entre 1912 et 1914, le Père Teissier dut remplacer Mgr. Baslé pendant son séjour à Rome et en France. C'est à cette période qu'il réussit à faire construire un grand bâtiment de trois étages, au Collège Saint Joseph, pour la section indienne. Mgr. Baslé mourut le 13 décembre 1915. Le Père Teissier fut alors choisi pour le remplacer. Nommé évêque le 22 août 1916, il fut sacré le 24 janvier 1917, par Mgr. Morel, archevêque de Pondichéry.

     

    Comme évêque, Mgr. Teissier eut à surmonter de nombreuses difficultés. C'était la guerre mondiale, d'où la rareté des prêtres et la cherté de la vie, et l'impossibilité de recevoir des subsides d'Europe. Malgré tous ces ennuis, l'évêque, par son intelligence et son savoir-faire, réussit à maintenir oeuvres et institutions en service. Il prouva ainsi qu'il était non seulement très pastoral, mais bon administrateur.

     

    En plus de ses fréquents accès de malaria, il ressentit un jour une forte angine de poitrine. Les religieuses du Bon Pasteur lui prodiguèrent leurs soins très dévoués et les médecins parvinrent à enrayer le mal. Toutefois, il n'était plus le même, et dut ralentir ses activités, connaissant des alternatives de convalescence et de maladie. Le 26 février 1922, alors qu'il souffrait d'une forte influenza, il mourut d'une angine de poitrine. C'est ainsi qu'après 69 années de Mission, il rendit sa belle âme à Dieu. Il fut inhumé dans l'une des chapelles latérales de la cathédrale Saint Patrick.

     

     

    Références biographiques

    AME 1899 p. 272. 1917-18 p. 288. 1919-20 p. 283. 1921 p. 102. 1922 p. 79. 1923 p. 149. 1938 p. 56.

    CR 1879 p. 75. 1886 p. 135. 1887 p. 179. 181. 1889 p. 223. 1890 p. 192. 1892 p. 358. 1894 p. 406. 1899 p. 338. 1900 p. 130. 1903 p. 367. 1905 p. 260. 401. 1906 p. 382. 1907 p. 380. 1908 p. 321. 1912 p. 290. 1913 p. 286. 1914 p. 128. 1915 p. 143. 221. 1916 p. 166. 256. 257. 1917 p. 133. 135. 1918 p. 109. 111. 1919 p. 245. 1921 p. 124. 126. 176. 1922 p. 163. 1927 p. 155. 1934 p. 244.

    BME 1922 p. 4. 38. 184. 250. 1923 p. 63. 331. 1926 p. 749. 750. 1933 p. 483. 1936 p. 797.

    EC1 N°  90. 178/668. 188/286.

    MC 1914 p. 545. 548. 1916 p. 169. 172. 459. 1922 p. 207.

    • Numéro : 1423
    • Pays : Inde
    • Année : 1879