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Félix TARDY (1866-1940)

[1926] TARDY Félix Missionnaire Tonkin Occidental - Hanoï. ---------------
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    Félix TARDY naquit le 21 décembre 1866, à Puisgros, diocèse de Chambéry, département de la Savoie. dans une famille rurale chrétienne. Il fit ses études primaires dans son village natal. Son curé remarqua l'intelligence la tenue et la piété de cet adolescent de 14 ans; il lui apprit les premières notions du latin, puis il l'envoya compléter ses études et sa formation au collège ecclésiastique de St. Pierre d'Albigny. Il y fut un bon élève travailleur gai et ouvert. La lecture des Annales de la Propagation de la foi, des lettres des missionnaires anciens élèves du Collège, plusieurs conférences données par M. Mollard, savoyard, orientèrent le jeune Félix vers les Missions.

     

    Le 18 septembre 1886, laïque, avec le consentement de sa famille il entra au Séminaire des Missions Etrangères. Tonsuré le 24 septembre 1887, minoré le 22 septembre 1888, sous-diacre le 21 septembre 1889, diacre le 1 mars 1890, il fut ordonné prêtre le 28 septembre 1890, reçut sa destination pour le Vicariat Apostolique du Tonkin Occidental (Hanoï), qu'il partit rejoindre le 26 novembre 1890 avec comme compagnons MM.Aubert, Duhamel, Vallot destinés eux aussi, à la même mission.

     

    Mgr. Puginier plaça M. Tardy à la communauté de Ke-So pour l'étude de la langue viêtnamienne. Mais de santé fragile, après dix mois d'étude de langue, il dut aller au sanatorium de Hong-Kong où il séjourna six mois. A son retour, il fut envoyé à la paroisse de Thach-Bich, pour y continuer sa formation missionnaire sous la direction de M.Pilon, viêtnamisant remarquable.

     

    À la rentrée scolaire de 1893, il devint professeur au petit séminaire de Hoang-Nguyên et y resta jusqu'en juillet 1896. Il prit alors la direction du district de Lang-Vân, situé au confin de trois provinces, établissant sa résidence principale à Lô-Xa. De par sa géographie, cette région est pauvre et difficile à desservir. Se déplaçant en barque,à cheval et le plus souvent pieds nus,par des chemins boueux, M. Tardy passa son temps à donner des missions dans les chefs-lieux de paroisse et les stations éloignées, à instruire ses catéchumènes, et à défendre auprès des autorités, les intérêts de ses chrétiens.

     

    Le 15 avril 1901, l'érection du Tonkin maritime enleva au petit séminaire de Hoang-Nguyên, M.Doumecq, son supérieur.pendant cinq ans. Pour le remplacer, Mgr.Gendreau fit appel à M.Tardy, qui par obéissance, accepta cette charge. Pendant vingt deux ans, il dirigea avec sagesse cet établissement qui compta plus de 200 élèves. Il veilla au niveau des études; après l'incendie du séminaire en 1904, il construisit des pavillons coquets mais simples, et créa des revenus en achetant des rizières, et en améliorant la ferme.existante.

     

    À la fin de l'année scolaire 1924, M.Tardy retourna à son ancien district  de Dong-Chuoi, Mgr. mettant le comble à ses voeux en le nommant  curé de Trung-Luong, paroisse rurale de la province de Ha-Nam, et vicaire forain des districts environnants. Il acheva la construction de cette église paroissiale, et en commença une autre, dans une station voisine. Vénéré de ses ouailles, aidé par un vicaire viêtnamien et des catéchistes, ses anciens élèves, père au milieu de ses chrétiens, il espérait finir là ses jours.

     

    En 1931,la cure de Nam-Dinh se trouvant vacante, Mgr.Gendreau eût recours à lui pour ce poste important. Devenu curé de ville, il se donna courageusement à sa nouvelle tâche, et gagna la sympathie de tous. Les années se succédant, il sut confier à son vicaire, M. Vacquier, la direction des oeuvres et du ministère paroissial.

     

    M.Tardy avait toujours été de santé délicate. Barbe grisonnante en éventail, oeil matin sous de gros sourcils, sa conversation s'émaillait de mots aussi savoureux qu'inattendus. Il était classé parmi les silhouettes pittoresques de la Mission. Il était presque légendaire avec son béret alpin, pipe à la bouche,les mains toujours embarrassées d'un mouchoir, d'une blague à tabac, d'un éventail., d'un cure-dent. Soucieux du temporel, presque partout où il passa,il sut assurer l'avenir du riz quotidien par de judicieux achats de rizières. La conversion des non-chrétiens ,élever des lieux de culte furent quelques unes de ses préoccupations constantes.

     

    En décembre 1939, il fut pris d'une toux tenace, et perdit l'appétit. Il eût recours à la médecine sino-viêtnamienne qui lui fit du bien et lui permit de suivre sans fatigue la retraite annuelle des missionnaires. Mais de retour chez lui, la fièvre et la toux réapparurent. En février 1940, une réunion scoute amena le P. Seitz à Nam-Dinh. S'étant rendu compte de la situation, il conduisit M.Tardy à la clinique St. Paul à HanoÏ.

     

    C'est là qu'il s'éteignit, tout doucement, au soir de Pâques, le 24 mars 1940. Les funérailles furent célébrées le surlendemain, présidées par M.Vacquier. Un foule nombreuse y assista. Mr.Le Résident-Maire et plusieurs mandarins de Nam-Dinh se firent un devoir de venir accompagner le défunt à sa dernière demeure.

     

    Références biographiques

    AME 1891 p. 293. 1906 p. 187 (art.). 1940 p. 95.

    CR 1890 p. 220. 1898 p. 142. 1908 p. 155. 311. 1912 p. 178. 1917 p. 78. 1919 p. 66. 1934 p. 124. 126. 1940 p. 72. 118. 143. 1947 p. 184.

    BME 1924 p. 533. 1929 p. 689. 1930 p. 607. 608. 1931 p. 264. 1932 p. 621. 783. 1933 p. 625. 707. 863. 1934 p. 346. 1935 p. 274. 1939 p. 204. 425. 568. 1940 p. 203. 205. 281. 348. 1948 p. 53.

    EC1 N°  421.

     

     

     

     

    • Numéro : 1926
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1890