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Albert SCHLICKLIN (1857-1932)

[1680] SCHLICKLIN Albert Missionnaire Tonkin Occidental - Hanoï ----------------- Albert SCHLICKLIN naquit le 12 Novembre 1857, au village de Liebsdorf, alors paroisse de Dürlinsdorf, diocèse de Strasbourg, département du Haut-Rhin. Il fut initié au latin par l'Abbé Vogelweid, vicaire de Liebsdorf, et aux sciences par l'Abbé Lehman. L'élève fut digne de ses maitres, car il fut toujours un latinisant impeccable et élégant.
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    Albert SCHLICKLIN naquit le 12 Novembre 1857, au village de Liebsdorf, alors paroisse de Dürlinsdorf, diocèse de Strasbourg, département du Haut-Rhin. Il fut initié au latin par l'Abbé Vogelweid, vicaire de Liebsdorf, et aux sciences par l'Abbé Lehman. L'élève fut digne de ses maitres, car il fut toujours un latinisant impeccable et élégant.

     

    Après la guerre de 1870, sa famille resta en Alsace où Albert continua ses études. En 1876, il entra au Grand Séminaire de Strasbourg où il se montra régulier et travailleur acharné. Esprit ouvert, intelligence pénétrante, il étudia avec facilité toutes les sciences écclésiastiques et s'interressa même la médecine. L'université d'Insbrück couronna son labeur et le fit docteur en théologie.

     

    Ordonné prêtre le 10 août 1884, il arriva le 29 octobre suivant au Séminaire des Missions Etrangères où il passa une année pendant laquelle il suivit les cours à l'Institut Catholique de Paris. Ayant reçu sa destination pour le Vicariat Apostolique du Tonkin Occidental (Hanoï), il partit rejoindre sa mission le 2 décembre 1885.

     

    Par un brumeux matin de Janvier 1886, il arriva à Hanoï. Mgr. Puginier l'accueilit à la Mission. Celle-ci, installée à mi-chemin entre la citadelle et le Fleuve Rouge et entourée de banbous,s'était relevée de ses ruines et de l'incendie de 1883; elle possédait déjà deux pavillons en briques. A Hanoï, une paillote servait encore d'église paroissiale. La cathédrale actuelle sortait de terre. Après un court séjour à la communauté centrale de Ke-So, Mgr. plaça le jeune arrivant à Ké-Set, vieille paroisse dans les faubours de Hanoï, pour qu'il s'initie à la langue viêtnamienne.

     

    En 1887, Mgr. Puginier l'envoya continuer sa formation et se perfectionner en langue tout en secondant le curé viêtnamien de Bach-Loc au sud de Son-Tây où une vingtaine de villages demandaient à se faire chrétiens. Là, il se dépensa sans compter, peu soucieux de son confort et de sa santé; aussi, fut il obligé d'aller faire un séjour à Hong-Kong, pour rétablir sa santé.

     

    À son retour, en 1892, Mgr.Gendreau l'appela près de lui comme secrétaire et procureur de la Mission. En 1900, il en fit son provicaire. Bras droit de son Vicaire Apostolique, il se plia aux multiples charges que ses fonctions lui imposaient : procès des martyrs, actes à rédiger, consultations etc. En 1905, il fut nommé supérieur du grand séminaire de Ke-So. Cette charge était en rapport avec ses aptitudes pour les études théologiques. C'est là qu'il passa sans doute les 20 meilleures années de sa vie. Durant cette période il composa un traité de théologie dogmatique, un autre de philosophie et un ouvrage de controverses. Surtout, il eût le courage de traduire toute la Bible en vietnamien.

     

    La Mission avait fondé un hôpital à Ke-So, Lui, ancien étudiant en médecine allait prodiguer ses soins aux malades. Il aimait aussi la compagnie des confrères. En 1914, un incident l'indigna et froissa son âme alsacienne. Du fait de sa nationalité allemande, il dût monter à Hanoï et montrer son patriotisme. Finalement, on le laissa à son poste où il continua son labeur.

     

    En Juin 1922, fatigué, il se rendit à Béthanie à Hong-Kong pour refaire sa santé. Le 24 Novembre 1922, jour de la fête des Bienheureux Martyrs, présidée par Mgr. Constantini, Délégué Apostolique en Chine, il se fit l'interprète de tous, pour exprimer à ce dernier gratitude et reconnaisance. Bien que sa santé ne fut qu'imparfaitement rétablie, ses supérieurs pensèrent pouvoir lui confier la direction du Collège Général de Penang. De retour à Hanoï en Juin 1923, il se prépara à rejoindre son nouveau poste. Mais en Juillet 1923, de nouveau très fatigué, il quitta le grand séminaire de Ke-So pour faire du ministère paroissial. Sa santé restant fragile, ce fut vers la France qu'en août 1926, il dut se diriger. Mgr. de Guébriant lui demanda de faire connaitre les missions et la Société en Alsace. Il donna, en allemand et en français, de nombreuses conférences.

     

    En décembre 1926, tombé gravement malade à Belfort, il resta quelque temps entre la vie et la mort. Après une longue convalescence, le 9 mars 1927, il se mit en route pour Marseille. Cette même année, en raison de sa santé fragile, il ne crut pas pouvoir accepter la direction du séminaire de Bel-Air que sur la demande de Mgr. de Guébriant, il avait tout d'abord pensé pouvoir assumer. Conquis par Marseille, pendant deux ans, il se mit au service des paroisses et communautés de cette ville qui firent appel à ses services.

     

    Malgré une santé fragile, il repartit pour le Tonkin et arriva à Ke-So, en janvier 1930, au moment de la retraite annuelle des missionnaires. Sa vie dès lors, se passa toute à Hanoï .Le service du Carmel, les procès de mariage des retraites à prêcher, des consultations diverses lui procurèrent beaucoup de travail.

     

    De taille moyenne, trapu, tête carrée, barbe en éventail, le regard pétillant derrière ses lunettes, alsacien de vieille souche, M.Schlicklin fut un grand travailleur intellectuel, Son grand amour des livres, et du savoir le conduisit à composer des manuels destinés d'abord aux séminaristes; il se fit  traducteur et adaptateur, travaux dans lesquels il montra ses qualités de bon sens inaltérable, de persévérance, de compétence, de sagacité patiente, de clarté d'esprit et de style Dans la langue viêtnamienne, il a laissé un nom durable comme l' un des premiers et des plus vaillants pionniers des termes techniques. Esprit encyclopédique, plus érudit qu'original, sa sûreté de doctrine était appréciée de tous ses consultants. Homme droit, respectueux de l'autorité, parfois vif jusqu'à l'emportement dans la discussion des idées, il était la bonté même pour les personnes.

     

    Le 2 mars 1932, presque sans maladie, il s'éteignit à Hanoï.

     

    Références biographiques

    AME 1907 p. 246. 1910 p. 40. 1922 p. 172. 1926-27 p. 332. 1929 p. 196. 224. 1932 p. 100.

    CR 1885 p. 144. 1892 p. 158. 1893 p. 171. 1897 p. 357. 1908 p. 155. 313. 1910 p. 147. 1912 p. 178. 1914 p. 73. 1918 p. 61. 187. 1919 p. 66. 1927 p. 91. 1932 p. 173. 174. 312. 341. 1937 p. 266. 1950 p. 177.

    BME 1922 p. 420. 1923 p. 45. 46. 173. 388. 517. 1924 p. 332. 1925 p. 172. 1926 p. 52. 315. 473. 1928 p. 117. 1929 p. 50. 704. 1931 p. 101. 156. 171 (art.). 243. 248. 252. 469. 478. 550. 560. 779 (art.). 1932 p. 297. 312. 316.

    MC 1932 p. 292.

    RHM 1931 p. 479.

    EC1 N°  116. 181. 184. 188. 240.

     

     

     

     

    • Numéro : 1680
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1885