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Hippolyte SAUCET (1877-1921)

SAUCET Hippolyte (1877 - 1921) [2912] SAUCET Hippolyte, Joseph, est né à Saint-Sauveur-des-Landes, près de Fougères, diocèse de Rennes (Ille et Vilaine), le 5 avril 1877, fils de Hippolyte Saucet et de Marie-Madeleine Vannier. À l'âge de 13 ans, il va se fixer à Saint-Georges-de-Reitembault avec ses parents, les aidant jusqu'à ses dix-sept ans aux travaux de la ferme.
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    [2912]  SAUCET Hippolyte, Joseph, est né à Saint-Sauveur-des-Landes, près de Fougères, diocèse de Rennes (Ille et Vilaine), le 5 avril 1877, fils de Hippolyte Saucet et de Marie-Madeleine Vannier. À l'âge de 13 ans, il va se fixer à Saint-Georges-de-Reitembault avec ses parents, les aidant jusqu'à ses dix-sept ans aux travaux de la ferme.

     

    Il s'en va à 17 ans à Fougères travailler comme ouvrier-boulanger. Méprisant les attraits de la ville, et se sentant appelé à se consacrer à Dieu et aux âmes, il garde longtemps son secret, puis le confie à un vicaire de la paroisse St Léonard, qui lui prête quelques livres. Sa journée de travail terminée, le jeune homme emploie ses heures de liberté à s'instruire et à étudier le latin.

     

    Durant son service militaire, fidèle à ses devoirs de chrétiens et à l'appel de Dieu, il utilise ses loisirs à poursuivre l'étude du latin chez l'aumônier de la garnison. Son service militaire terminé, il retourne à Fougères où son patron lui propose de prendre sa succession à la boulangerie. Toute tentante que puisse être cette offre, Hippolyte la décline et s'en va au collège des vocations tardives à Saint Lazare, près de Montfort, où il reste trois ans. Il entre ensuite au noviciat des Pères de l'Immaculée Conception à Bellevue, mais est contraint d'en sortir en raison de la loi de dispersion des Congrégations religieuses. Le jeune homme s'en va alors au Grand Séminaire des MEP le 10 septembre 1903 et, ordonné prêtre le 22 septembre 1906, est destiné à la mission de Corée.

     

    Parti de Paris le 14 novembre 1906, le Père Saucet arrive à Séoul le 25 janvier 1907. Après avoir étudié quelques rudiments de coréen, il est envoyé en mai 1907 à la paroisse de Nak-san dans le canton de Wae-gwan de la province du Kyong-sang septentrional, succédant au Père Joyau, prématurément décédé du typhus au début de cette année. Dans ce vaste district, les fatigues physiques et les difficultés ne lui manquent pas, mais étant très dur pour lui-même, il peut les surmonter. Il est un modèle de sérieux pour tous ses confrères et pour les chrétiens qui, tous, l'aiment beaucoup, sachant que sa sévérité est inspirée par une vraie charité.

     

    En 1911, à la suite de la création du vicariat apostolique de Taegu, le Père Saucet est automatiquement rattaché à la nouvelle mission. Peu après son arrivée à Taegu, Mgr. Demange envoie le Père Robert, véritable fondateur de l'Église dans le sud-est de la Corée et curé de la cathédrale de Taegu, se faire soigner en France et appelle le Père Saucet pour assurer l'intérim. Lorsque le Père Robert revient à son poste en 1913, le Père Saucet devient son assistant pour la partie rurale de la paroisse de Taegu, ce qui ne l'empêche pas de travailler à la cathédrale, notamment parmi les jeunes, dont l'esprit évolue d'une façon qui l'inquiète, et parmi les élèves de l'école de Hai-song que dirigent des religieuses. En raison de la guerre de 1914, il s'occupe aussi du district de Yong-pyong-Yong-chon qui, bien que très vaste, a perdu son titulaire.

     

    Rentré épuisé d'une tournée qu'il avait d'ailleurs dû interrompre -et il fallait qu'il soit bien épuisé pour qu'il se décide à interrompre une tournée missionnaire-, ses confrères sont surpris d'entendre le médecin déclarer que la mort du Père Saucet n'est plus qu'une question d'heures. Mais il se remet de sa crise, grâce peut-être aux prières des fillettes de l'école de Hai-song qu'il aime et qui l'aiment.

     

    En 1919, le Père Robert, curé de la cathédrale, prend sa retraite, et le Père Vermorel, qui est provicaire depuis 1911, vient lui succéder. Quant au Père Saucet, assistant du Père Robert jusque-là, il va à Napaoui succéder au Père Vermorel. Napaoui, au nord de la province du Chon-la septentrional, a alors plus de 3.000 chrétiens dispersés dans un grand nombre de dessertes, ce qui fait que, de la Toussaint à Pâques, le Père Saucet est en tournée. Malgré son accident de santé à Taegu, il semble se bien porter à nouveau.

     

    Lors de la retraite des confrères en avril 1921, le Père Saucet paraît fatigué, mais sa santé ne donne pas d'inquiétude particulière. Tout laisse croire qu'il a de nombreuses années de travail devant lui, et cela d'autant plus qu'il va être déchargé d'un millier de chrétiens à la suite de la division de son district et de la création d'une nouvelle paroisse à Yong-an-An-dai-dong, confiée au jeune P. Parthenay. Mais, six mois plus tard, le Père Saucet allait quitter ce monde d'une manière imprévue.

     

    Le 11 octobre 1921, le Père Vermorel, provicaire de la mission de Taegu, est en visite chez le Père Saucet, son successeur à Napaoui, et ils causent jusqu'à une heure avancée, le Père Saucet étant fort gai ce soir-là. Le lendemain, ce dernier doit avouer qu'il n'a pas bien dormi, qu'au moment de se coucher, il a ressenti un douleur intérieure au-dessus du genou, quelque chose comme une fine piqûre, et que cette douleur n'a fait qu'augmenter toute la nuit. La douleur continue toute la journée, puis la nuit suivante. Comme elle devient encore plus forte, le Père Saucet se décide à faire venir le médecin, mais les remèdes qu'il prescrit ne donnent aucun résultat. Il est donc conduit à l'hôpital de la bourgade voisine de Kang-kyong en vue d'une opération chirurgicale. Le 18 octobre, le médecin ouvre l'abcès interne, l'opération réussit tout à fait. Mais l'enflure qui avait ainsi disparu de la jambe se manifeste le lendemain au ventre. Le 21 octobre, averti de l'évolution de la maladie de son confère, le Père Vermorel se rend immédiatement à l'hôpital, voit tout de suite que le malade est en danger et lui propose les derniers sacrements. Aux questions du Père Vermorel, le Père Saucet répond qu'il n'a pas du tout peur de la mort, qu'il n'a pas d'affaire particulière à mettre en règle, etc. Et l'agonie commence peu après, l'âme se détachant peu à peu du corps qui l'avait si bien servie. Vers 4 heures de l'après-midi de ce 21 octobre 1921, le Père Saucet décède à l'hôpital de Kang-kyong, entouré de quelques catéchistes et chrétiens.

     

    Porté à l'église de Napaoui, son cadavre est veillé les deux nuits et jours qui suivent par les chrétiens qui ne cessent de réciter les prières pour les morts. Mgr. Demange, averti par télégramme, arrive dans la nuit du 22 au 23 octobre et préside aux funérailles le 23 octobre, entouré de sept missionnaires et d'une foule de chrétiens.

     

    Le Père Saucet est inhumé dans la colline qui surplombe l'église de Napaoui.

     

     

     

    Références biographiques

     

    AME 1907 p. 62. 1911 p. 212. 1912 p. 69. 1922 p. 233. 1923 p. 37.

    CR 1906 p. 40. 275. 1908 p. 50. 1910 p. 48. 275. 1912 p. 64. 1914 p. 29. 1915 p. 39. 1916 p. 49. 1917 p. 31. 1919 p. 25. 1920 p. 18. 19. 1921 p. 205. 1922 p. 30. 33. 189-192.

    BME 1922 p. 25.

    • Numéro : 2912
    • Pays : Corée
    • Année : 1906