Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Camille SANDRIN (1862-1938)

[ 1663 ] SANDRIN Camille, Emile, Xavier Missionnaire Mandchourie - Mandchourie Septentrionale - Kirin --------------- Camille, Emile, Xavier SANDRIN naquit le 15 novembre 1862, à Delle, alors diocèse de Besançon, (actuellement, diocèse de Belfort-Montbéliard), Territoire de Belfort. Il fit ses études secondaires dans un collège libre de la région.
Add this

    Camille, Emile, Xavier SANDRIN naquit le 15 novembre 1862, à Delle, alors diocèse de Besançon, (actuellement, diocèse de Belfort-Montbéliard), Territoire de Belfort. Il fit ses études secondaires dans un collège libre de la région.

     

    Le 4 septembre 1881, laïque, sa réthorique achevée, il entra au séminaire des Missions Etrangères. Aspirant sérieux, studieux, régulier, on lui confia la charge importante de réglementaire. Tonsuré le 23 septembre 1882, minoré le 22 septembre 1883, sous-diacre le 20 septembre 1884, diacre le 28 février 1885, ordonné prêtre le 27 septembre 1885, il reçut sa destination pour le vicariat apostolique de la Mandchourie, qu'il partit rejoindre le 4 novembre 1885.

     

    Arrivé en plein hiver, il dut attendre à la procure de Shanghai que le port de Ying-Keou fût débarrassé de ses glaces. Ce ne fut donc qu'au printemps de 1886 qu'il atteignit sa mission. Pendant quelques mois, il s'initia à la langue chinoise dans la grande chrétienté de Chaling, puis Mgr. Dubail l'envoya comme vicaire chez M. Louis Marie Bruguière, à Pei-lin-tze. En 1889, avec M. Eugène Litou, M.Sandrin travailla à Chou-kai-touo et dans les nombreuses stations environnantes. Tous deux furent inquiétés par les brigands, et bien que le droit de cité dans les villes leur fut refusé, la bienveillance et la confiance des populations autour de Chou-kai-touo leur était acquise. .

     

    Au début de 1891, Mgr. Guillon confia le district de Leao-tien-tse et A-che-heu, au sud du Soungari, dans la province de Ghirin, à M.Sandrin. Celui-ci qui succeda à M.Aulagne. y construisit une église en briques, répara la résidence du missionnaire, le mur d'enceinte, les écoles avec l'aide de ses seuls chrétiens. Ses moyens de locomotion étaient le cheval ou le chariot. La procure de la mission se trouvait à 900 kms environ du centre de son district, une "excursion de 15 à 20 jours".

     

    En 1898, fut crée le vicariat apostolique de la Mandchourie Septentrionale, confié à Mgr. Pierre Lalouyer, avec résidence à Ghirin (Kirin), chef lieu de la province du même nom. M.Sandrin fit partie de cette nouvelle mission. En 1899, il fut chargé du district de Se-kia-tse, à 90 lys au nord-ouest de Hsin-king.

     

    En 1900, les "Boxers" anti-chrétiens et xénophobes créèrent de l'agitation en Mandchourie. Des rumeurs d'insécurité circulant dans la province de Ghirin, M. Lecouflet, voisin de M. Sandrin se rendit chez ce dernier, nommé depuis peu à Se-kia-tse. Devant l'imminence du danger, tous deux se retirèrent chez M. Cubizolles, à Siao-pa-kia-tse. Venant de Kirin, et accompagné de M.Gérard, Mgr. Lalouyer les y rejoignit bientôt. Après mûre réflexion, le 11 juillet 1900, ils partirent ensemble, en chariot, pour se réfugier auprès de la colonie russe de Kouan-tcheng-tse qui allait se replier sur Harbin. De Kouan-tcheng-tse à Harbin, environ 500 lys, il fallut faire le voyage en chariot, les trains ne fonctionnant plus. Les cosaques veillaient à la sécurité du convoi, qui, cependant, fut attaqué aux environs de Sansing.

     

    Arrivés à Harbin (Karbine), l'autorité russe ordonna l'évacuation des civils et des missionnaires par voie fluviale vers la frontière sibériene. Mgr. Lalouyer, MM.Cubizolles, Samoy procureur, Sandrin, Gérard et Lecouflet trouvèrent une place sur un bâteau, naviguèrent sur le fleuve Soungari, et débarquèrent dans la ville sibérienne de Khabarowska (Harbarovsk). De là, envoyés à Vladivostock par les Russes, puis au Japon, ils gagnèrent peu après, la procure de Shanghai où ils passèrent environ deux mois, et enfin la situation étant devenue meilleure, ils retrouvèrent la procure de Ing-tse, en Mandchourie Méridionale. Vers la fin de l'année 1900, MM.Sandrin et Gérard partirent pour Tie-ling pour se mettre en rapport avec M.Bourlès se trouvant aux environs de Pa-kia-tsé. Vers le 12 janvier 1901, tous deux arrivèrent à Kouang-tcheng-tse. La procure ayant été brûlée, ils louèrent là une maison. Peu après, M.Sandrin regagna son poste de Se-kia-Tsé qui n'avait pas souffert pendant cette tourmente.

     

    Le 27 octobre 1901, en action de grâces, il célébra solennellement la fête du patronage de la Ste Vierge. En 1903, le district de Se-kia-Tse comptait 1.320 chrétiens, des laboureurs pour la plupart. M. Sandrin pût faire la visite de toutes ses chrétientés. En 1905, ses chrétiens élevèrent un beau calvaire au milieu de la grande place de leur village Dans la nuit du 7 au 8 février 1904, des torpilleurs japonais pénétrèrent dans la rade de Port-Arthur et coulèrent trois navires russes. Ce fut le début du conflit russo-japonais qui augmenta le désarroi dans tout le pays. En pleine tourmente, M.Sandrin assura les secours spirituels à ses chrétiens disséminés dans trois ou quatre postes dont le plus éloigné était à 110 lys de sa résidence. Il créa des revenus pour son district, répara sa résidence, refit le toit de son église et y ajouta un clocher.

     

    En 1911, Mgr. Lalouyer demanda à M.Sandrin de quitter Se-kia-tse, pour aller s'installer à 400 lys au nord, à Fou-yu. En 1913, nommé à Harbin avec la chrétienté de Chouang-tcheng comme annexe, il aida à l'installation des Franciscaines Missionnaires de Marie qui ouvrirent dispensaire et ouvroir dans sa résidence. Quant à lui, il vécut dans une maison louée.

     

    En 1917, Mgr. Lalouyer confia à M.Sandrin le district de Pa-yen-sou devenu vacant. En 1923, des troubles continuels crées par les brigands empéchèrent les chrétiens éloignés d'accomplir leur devoir pascal. En 1925, Si-ki-tcheng, sans titulaire depuis un an, fut confié aux soins de M.Sandrin, doyen d'âge de la mission. En 1928, Mgr. Gaspais lui donna le petit poste de Chouang-Tcheng-pou, plus proportionné à ses forces, au sud de Harbin. Il en décora l'église, organisa de belles fêtes, encouragea l'apostolat de la prière. Deux prêtres chinois étaient originaires de son district..En 1932, sa chrétienté fut envahie, plusieurs fois par les brigands. Lors de la marche des japonais sur Harbin, la principale bataille eût lieu aux portes de la ville de Chouang-Tcheng; M.Sandrin offrit ses services à la Croix Rouge. Pendant le pillage de cette ville, il dût se réfugier à Harbin. Puis, en raison des inondations qui causèrent beaucoup de dégâts; il accueillit de nombreux réfugiés dans sa résidence.

     

    En 1935, le jeudi de l'Ascension, jour de clôture de la retraite annuelle des missionnaires, prêchée par le P. Mateo, M.Sandrin célébra ses noces d'or. Pour la première fois, une telle fête était célébrée dans la mission.

     

    En 1938, sentant ses infirmités augmenter, il demanda de venir terminer ses jours à Kirin, tout près de N.D.de Lourdes. Au début de mai 1938, M.Sagard, procureur, se rendit à Chouang-Tcheng, et ramena à la procure M.Sandrin dont l'état de santé s'aggrava rapidement. Le médecin diagnostiqua une affection grave de la vessie, et un organisme usé. M.Sandrin eût la consolation de voir tous les confrères réunis à la procure pour la retraite annuelle. Il expira sans agonie le lundi 23 mai 1938, à 21h45. Son corps fut exposé dans le salon de la procure. Ses funérailles furent célébrées le mercredi 25 mai 1938 en présence d'une nombreuse assistance. Il repose dans le nouveau cimetière de la mission où avaient été transférés depuis quelques années, les restes mortels des autres confrères décédés à la procure de la mission de Kirin.

     

     

    Références biographiques

     

    AME 1900 p. 223. 1901 p. 62. 162. 202. 1905 p. 7. 1906 p. 202 (art.). 1935 p. 275. 1938 p. 191.

    CR 1885 p. 143. 1889 p. 7. 1891 p. 5. 7. 1893 p. 9. 10. 11. 14. 1894 p. 18. 1898 p. 8. 9. 1899 p. 80. 1900 p. 70. 75. 1901 p. 79. 1902 p. 88. 1903 p. 68. 415. 1904 p. 73. 1905 p. 54. 1906 p. 67. 1907 p. 87. 1909 p. 80. 1911 p. 65. 1912 p. 357. 1915 p. 52. 1916 p. 59. 1923 p. 248. 1925 p. 43. 1927 p. 37. 1929 p. 59. 1931 p. 66. 1932 p. 71. 1933 p. 53. 54. 1934 p. 44. 1935 p. 41. 1936 p. 44. 1938 p. 42. 236. 262.

    BME 1923 p. 185. 1935 p. 657. 658. 1936 p. photo p. 586. 1938 p. 460. 1939 p. 264.

    EC1 N°  381.

    • Numéro : 1663
    • Pays : Chine
    • Année : 1885