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Auguste SALVAT (1870-1923)

SALVAT Auguste (1870 - 1933) [2189] SALVAT Auguste, Joseph, Pierre, Marie, est né le 9 octobre 1870 à Formiguères, diocèse de Perpignan (Pyrénées Orientales). Il entra laïque au Séminaire des Missions Étrangères le 29 septembre 1891 et fut ordonné prêtre le 30 juin 1895. Il partit le 15 août 1895 pour Yunnanfu.
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    [2189]  SALVAT Auguste, Joseph, Pierre, Marie, est né le 9 octobre 1870 à Formiguères, diocèse de Perpignan (Pyrénées Orientales). Il entra laïque au Séminaire des Missions Étrangères le 29 septembre 1891 et fut ordonné prêtre le 30 juin 1895. Il partit le 15 août 1895 pour Yunnanfu.

     

    On l'envoya étudier la langue chinoise dans le Bas-Yunnan, près de Suifu. Il fit de rapides progrès dans cette langue et de 1895 à 1900 il s'adonna au ministère, essayant de développer la vie chrétienne de ses chrétiens. Il voulut également contacter les païens de l'endroit, qu'il trouva assez matérialistes et très réticents. Il atteint vite une grande compétence dans les affaires chinoises, et les païens ne furent pas les moins empressés de recourir à ses bons offices.

     

    Surviennent alors les événements de 1900 : le soulèvement des Boxers au nord de la Chine. Un mouvement xénophobe se produisit à Yunnanfu. En dépit de cela, M. Salvat décida de rester au poste et y resta jusqu'à la fin de la tourmente. Peu de temps après, il fut transféré à Tchao-tong, préfecture dont dépendaient alors tous les districts du Bas-Yunnan. Il acquiert très vite une grande influence sur la population, toujours prêt à rendre service à tout le monde.

     

    Après 15 ans dans ce poste, on l'envoie à Yunnanfu prendre la direction du Séminaire. Il se donna de tout coeur à ses nouvelles fonctions. Mais au bout d'un an, son évêque l'envoya de nouveau dans les districts. Ce sera dans des circonstances bien différentes. La dynastie des T'sing a été renversée et la République chinoise établie. Le Père Salvat alla s'installer à Tali, où il restera trois ans. Il travailla là au milieu de nouveaux chrétiens. Bientôt, il fut par surcroît chargé de deux autres postes, ceux de Hoa-Pin et Ma'chang, où il s'appliqua à rétablir la bonne entente entre chrétiens et païens. La persécution avait fait de profonds ravages. Les ennemis du Christ avaient fait graver, dans les rues de Hoa-Pin, des croix sur les dalles des rues pour obliger les chrétiens à les fouler aux pieds. Cette persécution se prolongea. Le pays fut sillonné par des troupes de brigands qui pressuraient les populations. M. Salvat s'employa à soulager les opprimés, et grâce à son savoir faire, il réussit à faire la paix entre les belligérants, miliciens des provinces. Pour le remercier de ses services, le gouvernement du Yunnan lui décerna la décoration de l'épi de blé, puis une médaille d'or de première classe avec brevet et inscription sur satin. Le gouvernement du Setchuen le décora d'une médaille d'or également... Enfin le gouvernement français lui décerna les palmes académiques pour son action bienfaisante dans le pays.

     

    Lorsque M. Piton tomba aux mains des brigands, Mgr de Gorostarzu mit tout en oeuvre pour obtenir sa délivrance. Il pria M. Salvat de se rendre à Tali et d'agir. Aussitôt celui-ci se mit en route. Arrivé à Houang-kia-pin, il demanda une escorte pour franchir la zone dangereuse. On la lui refusa. Il rebroussa chemin et revint à Yunnanfu. Il repart alors pour Tali. Il essaie en vain de connaître l'emplacement de la tombe de M. Piton. Il revint vers son évêque pour lui rendre compte de l'échec de sa mission. Une autre fois, en allant à Yang-pi, chrétienté à deux jours de Tali, il tomba entre les mains des brigands qui l'emmenèrent à la montagne. Avec beaucoup de difficulté, il réussit à s'échapper. Lui qui semblait ne rien craindre, avoua que cette fois-ci il eut très peur.

     

    Quand Mgr de Guébriant, supérieur général de la Société, vint en Chine pour visiter les Missions, il demanda au Père Salvat de venir le rejoindre à Suifu, car c'était lui qui connaissait le mieux le Yunnan. Au cours de cette visite, il eut l'occasion de connaître plusieurs centres comme Shanghai, Hongkong et Canton.

     

    Il continua à desservir son immense district, puis au début d'avril 1930, il amena à Yunnanfu son vicaire chinois, frappé d'hémiplégie. Son évêque profita de sa présence dans la ville épiscopale pour le nommer curé de la paroisse de Yunnanfu. Malgré ses 60 ans, il a conservé toute l'ardeur de sa jeunesse. Il prend possession de son nouveau poste. Pendant deux ans encore, il va se dévouer à ses chrétiens. Dans l'accomplissement de sa tâche, il se fatigue beaucoup. Miné par la maladie, il doit consulter les docteurs. Une diarrhée persistante, qu'aucun médicament n'arrivait à stopper, finit quand même à l'inquiéter. Il alla passer trois semaines à l'hôpital de Yunnanfu. Les docteurs n'arrivent pas à diagnostiquer son mal. Un moment, il est question de l'envoyer à Hanoi. Il s'y oppose, mais finit par accepter. Il fut transporté à la clinique Saint Paul, puis déclina rapidement. La fin approchait. Il rendit paisiblement son âme à Dieu, au moment même où on lui donnait une dernière absolution, le 13 janvier 1933. Lui qui aimait beaucoup sa Mission, ne put reposer en terre yunnanaise. Il offrit ce dernier sacrifice avec sa générosité habituelle. Missionnaire zélé, enjoué, plein d'esprit, il travailla dans tous les postes qui lui furent confiés avec joie et beaucoup d'entrain mais surtout dans un esprit très surnaturel de don de soi à Dieu et aux âmes.

     

     

     

    Références bio-bibliographiques

    AME 1895 p. 388. 1901 p. 235 (art.). 1905 p. 118 (art.). 1910 p. 19 (art.). 140 (art.). 1914 p. 114 (art.). 1919-20 p. 134. 1921 p. 196. 1922 p. 86. 1923 p. 196. 1926-27 p. 153. 308. 1929 p. 196. 257. 258.

    CR 1895 p. 332. 1905 p. 80. 1906 p. 109. 1907 p. 139. 1908 p. 139. 341. 1910 p. 108. 1912 p. 142. 1916 p. 85. 1917 p. 60. 1920 p. 33. 1921 p. 55. 1924 p. 58. 1925 p. 63. 64. 72. 1927 p. 62. 1929 p. 92. 1931 p. 102. 1932 p. 108. 1933 p. 83. 256. 316. 368.

    BME 1922 p. 601. 1923 p. 119. 443. 1924 p. 392. 580. 1925 p. 50. 108. 168. 234. 288. 301. 431. 499. 500. 1926 p. 508. 1927 p. 48. 115. 182. 251. 1928 p. 238. 1929 p. 174. 239. 557. 624. 628. 681. photo p. 496. 1930 p. 114. 371. 1932 p. 780. 1933 p. 552. 343. 594. 1948 p. 357. 1949 p. 517.

    EC1 N°  80. 82. 83. 259.

    • Numéro : 2189
    • Pays : Chine
    • Année : 1895