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Jean Didier de SAINT-MARTIN (1743-1801)

[236]. SAINT-MARTIN (DE), Jean-Didier, naquit le 18 janvier 1743, dans la paroisse Saint-Merry, à Paris (Seine). Malgré l'allure aristocratique de son nom, il était fils d'un boulanger. Il fit ses études de philosophie et de théologie au séminaire Saint-Louis, où il devint d'abord maître de conférences, puis exerça les fonctions de directeur. Ordonné prêtre le 4 avril 1767, il professa la théologie, et, le 27 mars 1772, fut reçu docteur de Sorbonne.
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    [236]. SAINT-MARTIN (DE), Jean-Didier, naquit le 18 janvier 1743, dans la paroisse Saint-Merry, à Paris (Seine). Malgré l’allure aristocratique de son nom, il était fils d’un boulanger. Il fit ses études de philosophie et de théologie au séminaire Saint-Louis, où il devint d’abord maître de conférences, puis exerça les fonctions de directeur. Ordonné prêtre le 4 avril 1767, il professa la théologie, et, le 27 mars 1772, fut reçu docteur de Sorbonne.

    Cette même année, il entra au Séminaire des M.-E., ce qu’il désirait depuis cinq ans. Peu après, en décembre 1772, il partit pour le Se-tchoan.

    Après avoir étudié la langue dans les environs de Tchen-tou, il dirigea le district de Tsong-king tcheou­ ; cependant il résidait assez souvent à Tchen-tou, près de l’évêque, Mgr Pottier, qui se déchargea sur lui du soin de sa maison. De 1775 à 1778, il fonda plusieurs stations et baptisa près d’un millier de néophytes. D’abord favorable aux écoles fondées par le Vénérable Moÿe, il s’y opposa ensuite, à cause de la jeunesse des vierges institutrices­ ; il contribua à décider Mgr Pottier à demander à Rome des éclaircissements sur cette question et sur le baptême des enfants. Les modifications qu’il avait désirées dans l’action de M. Moÿe furent approuvées­ ; plus tard cependant, il se reprocha de ne pas avoir assez favorisé les écoles.

    Mgr Pottier le choisit pour coadjuteur en 1783, et le sacra évêque de Caradre le 13 juin 1784 à Tchen-tou. l’année suivante, le 8 février, le nouveau prélat fut arrêté sur le territoire de Tientsuen, et conduit à Pékin où il resta en prison du 28 avril au 10 novembre 1785.

    Expulsé de Chine, il demeura assez longtemps à Macao et à Manille, cherchant tous les moyens de rentrer dans sa mission­ : « Il nous faut mourir en braves, écrivait-il aux directeurs du Séminaire des M.-E.­ ; l’Europe n’est pas un champ d’honneur pour un missionnaire dans les circonstances où nous nous trouvons­ ; aussi sommes-nous décidés, M. Dufresse et moi, à tenter toutes les voies pour rentrer, et nous le ferons, s’il plaît à Dieu, quoi qu’il en coûte. » Le 14 janvier 1789, en effet, de Saint-Martin arrivait à Tchong-king. Il y reçut le bref d’éloges Summo doloris (N. L. E., ii, p. 439) que le Souverain Pontife avait adressé le 24 mars 1787, à lui et à son vicaire apostolique, Mgr Pottier.

    Devenu chef de la mission du Se-tchoan le 28 septembre 1792, il gouverna avec sagesse et vigueur, publia plusieurs mandements sur les vierges chrétiennes, leurs vœux, les rapports qu’elles doivent avoir avec les prêtres et avec les laïques, sur l’administration de l’Extrême-Onction aux femmes, sur les travaux et la conduite des catéchistes, etc.

    En vertu de la bulle Uberes fructus (Jus Pont. de Prop. Fid., iv, p. 432), du 28 août 1798, il choisit en 1800 pour coadjuteur, et sacra le 25 juillet à Tchen-tou, son ancien compagnon de captivité dans les prisons de Pékin, M. Dufresse.

    Avant d’être évêque, il avait composé ou revu des ouvrages de piété et de doctrine­ ; il continua. Sur son lit de mort, il composait et traduisait encore­ ; comme on le pressait de se reposer, il répondit­ : « Fait-on un crime à plusieurs saints évêques ou prêtres qui sont morts de bonne heure pour s’être consumés dans le service de Dieu et du prochain­ ? »

    Quand il avait pris en main le gouvernement, le vicariat comptait 25 000 catholiques­ ; quand il mourut, près de Tsong-king tcheou, le 15 novembre 1801, ce chiffre était monté à 40 000. La dernière lettre qu’il écrivit à son successeur, le futur martyr Gabriel-Taurin Dufresse, contenait ces recommandations et cet humble aveu­ : « Agissez plus que je n’ai fait en grande cordialité, déférence et bénignité avec les confrères. Priez pour moi qui suis si pauvre et si misérable, et qui ai été tant orgueilleux. » Il fut enterré près de Tchen-tou, dans le cimetière Fong-houang-chan, où son corps repose encore aujourd’hui.

    Bibliographie

    (Imitation de Notre-Seigneur Jésus-Christ). — Imprimerie de la Sainte-Famille, Cha-pin-pa.

    Litteræ pastorales [1er septembre 1793] Joannis Desiderii episcopi Caradensis, vicarii Sutchuensis. — Voir Synodus Vicariatus Sutchuensis, édit. Hong-kong, 1892, p. 132.

    Lettres de Mgr de Saint-Martin, évêque de Caradre, vicaire apostolique du Su-tchuen, à ses père et mère et à son frère, religieux bénédictin­ ; précédées d’une notice biographique et suivies de notes, par M. l’abbé Labouderie. On y a joint un Essai sur la Législation chinoise, par M. Dellac, avocat à la Cour royale de Paris. — Chez Théodore Leclerc, libraire, 23, rue Neuve-Notre-Dame, Paris, 1822, in-8, pp. cvi-393.

    Comp.-rend.­ : Am. de la Rel., xxxi, 1822, p. 401. — Tablet. du Clergé, i, 1822, p. 395.

    L’éditeur de ces Lettres, M. l’abbé Labouderie, attribue à Mgr de Saint-Martin, p. ciii, un certain nombre d’ouvrages sur lesquels nous avons demandé des renseignements à M. Gourdon, missionnaire au Se-tchoan oriental, très qualifié pour nous les donner­ ; et voici ce qu’il nous a répondu dans une lettre datée de Cha-pin-pa, 9 janvier 1913­ :

    Catéchisme de Montpellier. Oui, Mgr de Saint-Martin a fait cette traduction, mais jamais je n’ai pu en trouver de traces. Je crois bien qu’elle n’a jamais été éditée puisque le titre chinois même est inconnu.

    Mandement sur les écoles. Je ne connais que les Lettres pastorales qui se trouvent à la fin du Synode (1803).

    Mandement donnant des règles de conduite aux prêtres. Se trouve dans les Livres pour l’instruction des chrétiens. A corrigé le Xin kiao tsien xo­ ; le San chan len hio­ ; le Tchou kiao yuen ko.

    Passages choisis de l’Ecriture Sainte. Je n’ai jamais rencontré ce travail dans les vieux cahiers qui me sont tombés entre les mains. Je ne puis donc dire ce qu’il est devenu.

    Prière en l’honneur de saint Joseph. Dans notre livre de prières il y a une Prière à saint Joseph, dans l’Angelus du dimanche (4 lignes). Il y en a une autre au mercredi (9 lignes). Il y a en outre les Tsan mey ou Louanges à saint Joseph pour sa fête, et pour le temps de persécution, de calamité (en tout 35 lignes). Je n’en connais pas l’auteur. Ces Tsan mey paraissent anciens et appropriés au temps de Mgr de Saint-Martin, on pourrait peut-être les lui attribuer.

     

    Notes bio-bibliographiques

    N. L. E., i, Relation des persécutions arrivées en 1775 et 1776, p. 204­ ; Ib., pp. 230, 256­ ; Ib., Persécution, p. 266­ ; Ib., Conversions, p. 291­ ; Ib., p. 334­ ; Ib., Relation d’une persécution en 1782, p. 385­ ; Ib., p. 394­ ; ii, pp. 1, 76, 100, 153 et suiv., 184­ ; Ib., Son arrestation, pp. 195, 239, 246, 256 et suiv., 283 et suiv., 312 et suiv., 344 et suiv., 392, 397, 400, 416, 423 et suiv.­ ; Ib., Bref de Pie VI. p. 439­ ; Ib., pp. 445 et suiv., 494 et suiv., 507 et suiv.­ ; iii, Complot, rébellion, p. 1­ ; Ib., Conversions, p. 45­ ; Ib., pp. 125, 133, 157 et suiv., 174 et suiv.­ ; Ib., Relation de la mission 1794-1795, p. 194­ ; Ib., pp. 228, 237, 242, 260, 283 et suiv., 345­ ; Ib., Relation de la mission 1798, p. 353­ ; Ib., pp. 426 et suiv., 470 et suiv., 484­ ; iv, pp. 7, 21, 28 et suiv., 43, 57 et suiv., 80, 174, 229, 263­ ; v, pp. 20, 26, 96, 112­ ; vii, p. 54. — L. E. (P. L.), iv, pp. 342, 355, 365. — T’oung pao, 2e sér., vii, 1906, pp. 589, 617.

    Extr. des Nouv. des miss. des Ind. or., p. 23. — Nouv. des miss. or. 1785-1786, 1re part., pp. 123, 222, 238­ ; 2e part., p. 124­ ; Ib., Relation de son emprisonnement et de sa délivrance, pp. 136, 187, 229. — Nouv. des miss. or. 1787-1789, Bref de Pie VI, en latin et en français, pp. 25, 28­ ; Ib., p. 131. — Nouv. des miss. or. 1793-1796, pp. 199, 261. — Nouv. des miss. or. 1794-1807, pp. 8, 33. — Estrat. del. lett., i, pp. 27, 63, 87, 94. — Brev. Not. sul. sta., p. 7.

    Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. — Hist. miss. Kouy-tcheou, Tab. alph. — Hist. gén. miss. cath., ii, 2e part., p. 648. — Lett. à l’év. de Langres, pp. 205 et suiv. — Acta RR. Vic. apost. miss. Se-tchouan, p. 3. — La Franc. pont., ii, p. 705.

    Collect., 13 janv. 1794­ : n° 1982­ ; 31 janv. 1796­ : nos 34, 347, 1056, 1351, 1644, 1983, 2015­ ; 16 janv. 1799­ : nos 700, 1436, 1728­ ; 4 janv. 1801­ : n° 911.

    • Numéro : 236
    • Pays : Chine
    • Année : 1772