Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Xavier RUBAT DU MERAC

RUBAT DU MÉRAC Xavier (1914-1993) [3736] RUBAT DU MÉRAC Xavier, Amédée, naquit le 21 juillet 1914 (15 jours avant la déclaration de la 1ère guerre mondiale), à Vesoul, dans le diocèse de Besançon (Haute Saône). Baptisé le 2 août 1914 dans l'église paroissiale St Georges, il allait bientôt perdre son père, Émilien, directeur du Crédit Foncier, le 21 mars 1916. Sa mère, née Hélène de Saint Just d'Autingues, éleva ses trois enfants avec ses modestes appointements de secrétaire.
Add this
    RUBAT DU MÉRAC Xavier

    (1914-1993)


    [3736] RUBAT DU MÉRAC Xavier, Amédée, naquit le 21 juillet 1914 (15 jours avant la déclaration de la 1ère guerre mondiale), à Vesoul, dans le diocèse de Besançon (Haute Saône). Baptisé le 2 août 1914 dans l'église paroissiale St Georges, il allait bientôt perdre son père, Émilien, directeur du Crédit Foncier, le 21 mars 1916. Sa mère, née Hélène de Saint Just d'Autingues, éleva ses trois enfants avec ses modestes appointements de secrétaire.

    Xavier fit ses études primaires chez les Frères des Écoles Chrétiennes où il reçut la Confirmation le 3 mai 1925, avant d'entrer, en 1927, au Petit Séminaire St Colomban, à Luxeuil-les-Bains, puis au Grand Séminaire de Faverney, en 1932.

    Le 2 août 1934, il demanda son admission aux Missions Étrangères, ayant obtenu l'autorisation de Mgr. le Cardinal Charles Joseph Henri Binet, archevêque de Besançon. Il entra au Séminaire de Bièvres le 13 septembre 1934. Tonsuré le 29 juin 1935, il dut partir pour le service militaire, au Maroc, à Casablanca, où il arriva le 30 octobre 1935. Il en revint le 1er juillet 1937, muni d'élogieuses attestations de ses chefs et du clergé local. Minoré en décembre 1938, il reçut le sous-diaconat le 29 juin 1939, des mains de Georges de Jonghe d'Ardoye, délégué apostolique en Iraq. Mais, au mois d'août 1939, la mobilisation générale l'appela à Belfort. Au cours de la \drôle de guerre", il se débrouilla, à la faveur de "permissions" à Paris, pour recevoir, des mains de Mgr. Louis Le Hunsec, supérieur des Pères du St Esprit, rue Lhomond : le diaconat, le 14 janvier 1940 et la prêtrise le 14 avril 1940. Mais à peine eut-il le temps de célébrer sa première messe, le 15 avril qu'il fut fait prisonnier, le 18 juin, à Villersexel, puis conduit à Mulhouse, en juillet, et emmené en Allemagne.

    En août 1940, il ira au Stalag II à Neubrandenburg, dans le Mecklembourg. En septembre, on le retrouvera au commando agricole B278 de Rizenov, puis, dans la région de Rostock, jusqu'en décembre 1943. Il était "chef de culture", mais ne pouvait célébrer la messe que le dimanche. Plus tard, il revint au camp central, au secrétariat de la Kommandantur, jusqu'en décembre 1944, époque où il fut reconnu comme aumônier du groupe. Au bout de 2 mois passés dans la menuiserie, à Schwan, et au commando de Putzov, il put faire la visite des groupes de prisonniers, le long de la voie ferrée, vers Rostock. Enfin, en avril 1945, la poussée russe lui permettra de franchir les lignes anglaises, le 1er mai 1945, et de regagner la France, par Cologne, Liège et Maubeuge.

    Il était de retour à Paris le 14 mai 1945. Dès le mois de septembre 1945, le Père Xavier entreprit sa dernière année de théologie, à la rue du Bac, et reçut sa destination pour Saigon, le 29 juin 1946.

    Le 1er octobre 1946, il s'embarqua à Marseille sur "l'André Lebon" et débarqua à Saigon à la mi-novembre. Un séjour de 3 mois à l'évêché lui fit prendre contact avec le milieu de la métropole cochinchinoise.

    Au début de 1947, il alla au Cap St Jacques, rejoindre le Père Roger Thommeret, puis au bout de 6 mois, il fut envoyé seconder le Père Guillaume David, à Thu-Thiên, et même à l'île de Poulo Condor (1948). Par la suite, il prit en charge le poste de Thu-deu-mot, de 1948 à 1950; il y recevra le Père José Luiz Egana, fraîchement arrivé de France.

    En février 1950, il alla remplacer le Père Émile Grelier à Djiring, à 80 km à l'ouest de Dalat, sur les Hauts Plateaux qui allaient devenir son champ d'apostolat.

    Bientôt, il s'installera non loin de là, à Kala, auprès du Père Jacques Dournes, en mai 1951. De là, il rayonnera sur plusieurs villages de catéchumènes. Il veillera en particulier sur le village de lépreux de Klongtran. Il y fera d'abord 33 baptisés que Mgr. Jean Cassaigne viendra confirmer, à la fin de 1952. Pendant l'année 1953, il s'occupera surtout de Kala et de son école de brousse, sans négliger les autres villages.

    Le 19 avril 1956, Xavier Rubat du Mérac prit un premier congé en France, au cours duquel il eut l'occasion de soutenir fraternellement la famille du Père François Darricau dont la mère venait de décéder.

    Le 27 novembre 1956, il repartit pour Kala où il retrouva le Père Darricau avec qui il forma des aides-catéchistes, dans les 20 villages de son district. De plus, vu l'absence de tout médecin, le Père Rubat se mit à soigner les malades, avec l'aide des Soeurs de St Vincent de Paul; grâce à elles, il pu construire un beau dispensaire, à l'aplomb du "Mont du Génie". Il accueillera, en outre, dans son étroite maison de Kala, Mgr. Cassaigne, en passe de devenir lépreux, en attendant l'installation de l'illustre prélat de Kerlatap...

    En 1959, une alerte de santé conduisit le Père Xavier à l'hôpital de Dalat pour quelques jours. En 1961, la création du diocèse de Dalat, pris en mains par Mgr. Nguyen Van Hiên, fut l'occasion pour le Père Rubat du Mérac d'un transfert momentané à Djiring où il remplaça le Père Henri Moriceau et s'intéressa aux travaux de traduction en Koho du Père Grelier.

    Après un court séjour à Hongkong, le Père Xavier réintégra Kala où, avec le Père Henri Desplanques, il organisa des ouvroirs dans 6 villages.

    Un congé en France, du 22 février au 23 juin 1964, ne rompra pas ses attaches à Kala, en compagnie du Père Moriceau, en 1965, pendant 6 mois. Cependant, en août 1966, le Père Rubat rejoignit les Pères Marius Boutary et Jean Kermarrec, en vue de la création du Centre Montagnard de Cam Ly, à la fois centre culturel et, trop souvent, refuge contre les incursions des Viêt-cong.

    Son congé en France, du 15 août 1970 au 18 février 1971, lui permit de participer à une session sur le catéchuménat, organisée à Bièvres. À son retour au Viet Nam, il regagna Cam Ly jusqu'en mars 1975, époque où les forces nord-viêtnamiennes déferlèrent vers le sud, pour y imposer leur idéologie, dite de "libération"...

    Alors que ses confrères accompagnaient l'exode confus de la population vers la ville de Nha Trang, le Père Rubat resta d'abord à Dalat, avant de descendre à Saigon. Son rapatriement aura lieu le 7 juin 1975, peu après la chute de Saigon, sans aucun découragement de sa part.

    Au questionnaire qu'on lui présenta à la rue du Bac, dès le 14 juin, il répondit qu'il était prêt à opter pour l'Indonésie, comme plusieurs de ses confrères. Toutefois, son âge et son état de santé ne plaidaient guère en faveur de ce départ. Xavier le comprit, si bien qu'il accepta, en octobre 1975, l'offre transmise par le Père Georges Dozenics, supérieur de la Maison de Paris, d'aller aider le Père Roland Brossard, curé de la paroisse de Beaufort, dans le diocèse de St Claude (Jura). Il y restera jusqu'en août 1976, non sans avoir subi, de nouveau, une alerte de santé.

    Le 10 août 1976, la forme étant revenue, le Père Rubat s'engagea comme prêtre auxiliaire "à l'essai" pour un an, au diocèse d'Agen, dans la paroisse de Ste Livrade (jadis dotée d'un camp de réfugiés vietnamiens). Il résida, non loin de là, à Temple-sur-Lot, où le curé, le Père Le Tonquesse, avait besoin d'aide. Il allait y rester 3 ans, à temps plein, à la satisfaction des fidèles de toutes sortes. À l'occasion, il faisait un saut dans sa famille, auprès de sa mère de 90 ans.

    L'évêque du diocèse, Mgr. Sabin Saint-Gaudens, qui appréciait le travail pastoral de l'ancien missionnaire de Kala, lui proposa, en 1979, de rendre les mêmes services qu'à Ste Livrade à Astaffort ainsi qu'aux dessertes de Cuq et Cau de Coste. Il s'y installa en septembre 1979, avec la même disponibilité envers tous. Par ailleurs, il assistait volontiers aux réunions de la Diaspora MEP, notamment pour fêter la St Pierre et St Paul, le 29 juin 1982, avec le Père Jacques Dermigny et les Pères du secteur; ou encore en accompagnant le Père Pierre Jean Gauthier et un groupe de 53 chrétiens vietnamiens, en pèlerinage au "berceau" de St Vincent de Paul, dans les landes...

    Le 10 septembre 1982, il participa à la réunion de la Diaspora, avec les Père J. Mouysset, JJ. Cornerais, P. Chastanet et A. Rannon, pour entendre un rapport du Père Darricau sur l'Indonésie. Une autre fois, il retourna à Ste Livrade pour participer, le 10 février 1983, à l'intronisation de l'ancienne statue de Notre Dame qui ornait, à Bel Air, l'oratoire des Lyonnais. Toujours aussi intrépide, on le retrouvera tantôt à Montauban, en avril 1983, avec le Père J. Jacq, pour les obsèques du Père Victor Caillon, tantôt à Bièvres, pour les retraites de juillet 1983, ce qui ne l'empêchait pas d'assurer son ministère à Astaffort.

    Cependant, en automne 1991, il eut à subir une opération qui le contraignit à des soins vigilants. En septembre 1992, un traitement de radiothérapie le soulagea, mais le fatigua, au point de le décider à demander à ses supérieurs, le 23 octobre, d'obtenir de son évêque de lui nommer un successeur. À peine arrivé à Montbeton, le Père Xavier Rubat du Mérac s'y éteignit, le 5 janvier 1993.

    À ses obsèques, le 7 janvier, le Père Darricau cita un passage du testament spirituel que le Père Xavier avait rédigé, le 21 juin 1988, sous forme de prière : "Donne-nous l'Esprit d'humilité, la discipline pastorale, une foi expressive, une espérance qui ne se dément jamais, une charité à toute épreuve, jusqu'à Ton retour et à Ta rencontre !"



    Références bibliographiques

    CR 1947 p. 127. 1951 p. 62. 1953 p. 57. 1956 p. 47. 1957 p. 55. 1958 p. 54. 1960 p. 59. 1961 p. 53. 1962 p. 66. 1963 p. 72. 1965 p. 77. 1969 p. 75. BME 1948 p. 220. 223. 1949 p. 21. 1950 p. 202. 455. 1951 p. 496. 1952 p. 572. 1953 p. 48. 1954 p. 170. 913. 1955 p. 48. 1956 p. 560. 577. 895. 1957 p. 92. 261. 266. 965. 1959 p. 980. 1961 p. 673. EPI 1962 p. 491. 1971 p. 208. R.MEP 1963 n° 128 p. 54. Hir. n° 125. 126. 127. 146/2. ECM 1941-43 p. 253. EC1 N° 295. 410. 417. 426. 446. 449. 599. 609. 740. 744. NS 5P142. 22P251. 40/C2. 41P145. 74P153. 83P77. 85P133. 86P180. 87P219. 88/C2.p. 246. 89P273. 91P334. 197/208.

    "
    • Numéro : 3736
    • Année : None