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Pierre Louis ROMEUF

ROMEUF Pierre (1873 - 1980)
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    ROMEUF

    Pierre

    (1873 - 1980)

    [3624] ROMEUF Pierre, naquit à Yssingeaux, dans le diocèse du Puy (Haute-Loire), le 21 mai 1873. Mais c'est à Paris où ses parents habitaient qu'il fut baptisé en la paroisse Sainte Marguerite (11ème arrondissement) le 22 juin 1913. Après ses études primaires et secondaires à Yssingeaux, il entre au Grand Séminaire du Puy. Il y reste 3 ans, de 1931 à 1936. La rue du Bac lui ouvre ses portes le 17 septembre 1936. Ordonné prêtre le 17 décembre 1938, il reçoit sa destination pour la Mission de Kontum (Viêt Nam) où il arrive le 17 mai 1939.

    Comme tous les jeunes missionnaires, il se met à l'étude de la langue viêtnamienne. Mais la situation internationale est en ébullition... et il est mobilisé à Saïgon. N'ayant pas un caractère très militaire, il est mis en disponibilité et revient à Kontum. Pas pour longtemps puisqu'en 1940, il est rappelé dans l'armée à Ban Mêt Thuot, \capitale" de la province la plus au Sud de la Mission. Elle est peuplée surtout de Rhadés, une des plus nombreuses ethnies vivant sur les hauts plateaux du Viêt Nam. Pas plus à Ban Mêt Thuot qu'à Saïgon, le Père Romeuf ne manifeste de prédispositions particulières pour la vie de caserne et ses supérieurs militaires le prient de ne plus remettre les pieds au camp... "Mis à la porte de l'armée française" il en riait malicieusement, ce qui ne l'empêchait pas de recevoir avec son "aimable rudesse" les militaires qui venaient le voir.

    "Démobilisé", le Père Romeuf revient à Kontum, et Mgr. Sion l'envoie dans le Nord de la Mission, chez les Sedang. Il y fait un court séjour et en 1942, il est affecté à Ban Mêt Thuot où il n'y avait pas de missionnaire résident. Quelques familles catholiques viêtnamiennes y vivaient. Quant aux Européens (Français, Italiens) qui travaillaient dans les plantations de café et de thé, ils n'étaient pas de ceux qui usent les bancs de l'église... en l'occurence une bien grande chapelle en planches et couverte de tôles.

    De 1942 à 1945, comme tous les confrères, le Père Romeuf connut les difficiles épreuves causées par l'occupation japonaise de l'Indochine, puis après la capitulation du Japon en août 1945, l'insécurité, les destructions de l'occupation du viêt minh, mouvement nationaliste indépendantiste téléguidé par l'U.R.S.S. L'arrivée du Corps Expéditionnaire Français (en automne 1945) rétablit la paix dans la région et le Père Romeuf put se consacrer à fond à son travail de missionnaire, tant sur le plan spirituel que matériel.

    Il n'hésita pas à "lancer" ses quelques paroissiens dans la culture du café. Ses connaissances en la matière étaient très solides et documentées. Le succès de cette entreprise attira à Ban Mêt Thuot d'autres viêtnamiens qui vinrent grossir les effectifs de la paroisse. Ces "immigrés" venaient de la côte d'Annam, zone sous contrôle viêt minh. Avec son franc-parler, son désintéressement et la compréhension des autorités de l'administration coloniale française, il fit régulariser la situation de nombreux fugitifs et vagabonds. Ces braves gens lui en étaient reconnaissants. Ils savaient ce qu'ils devaient au Père curé : des papiers en règle, un toît, un lopin de terre. De bouche à oreille, les anciens prévenaient les nouveaux arrivants : "pas d'écarts de conduite, pas de trafics..." car ils risquaient de déclencher la colère du curé, dont les éclats de voix ébranlaient la quiétude du paisible quartier. Soucieux d'apporter à la Mission des ressources pour l'aider à entretenir l'école des catéchistes et son probatorium (pré-Petit Séminaire), à Kontum, le Père Romeuf créa de toute pièce une plantation de café de plusieurs hectares à Ban Mêt Thuot. C'était dans les années 1950-1954. Comme dans tout ce qu'il entreprenait, il ne ménagea ni son temps, ni sa santé pour cette oeuvre qui fut une réussite.

    Son allure de pierre, son abord assez peu amène, les angles aigus de son caractère assez vif, sa tenue vestimentaire qui, bien souvent, n'avait rien d'ecclésiastique, pouvaient laisser supposer que le "spirituel" n'était pas dans ses cordes. Apparences, car le Père Romeuf avait à coeur la formation chrétienne de ses ouailles, sa piété morale l'avait fait découvrir la Légion de Marie. Il s'établit dans la paroisse, puis dans le diocèse de Kontum. Chaque premier vendredi du mois, les fidèles se réunissaient pour une heure sainte. Il veillait aux célébrations liturgiques dignes et recueillies. Le diocèse de Kontum n'avait pas encore de "contemplatif". Mgr. Seitz fit venir les Bénédictines Missionnaires de Vannes. Le Père Romeuf leur apporta une aide soutenue pour leur installation à Ban Mêt Thuot. Elles sont "orantes", ouvrent leur porte aux jeunes filles viêtnamiennes chrétiennes qui ont les aptitudes à la vie contemplative et en même temps reçoivent des jeunes filles rhadées, pour une formation humaine et éventuellement chrétienne.

    En 1968, la Mission de Kontum est divisée. Le nouvel évêque de Ban Mêt Thuot, Mgr. Mai -un viêtnamien- garde près de lui de Père Romeuf comme conseiller. Il accepte la charge de deux petites communautés viêtnamiennes, non loin de Ban Mêt Thuot.

    En août 1974, il entre en France pour un congé. Il ne reverra plus le Viêt Nam : l'invasion du Sud en mars 1975 par les troupes communistes emprisonne le pays. Devant cette douloureuse situation, le Père Romeuf se met au service de sa paroisse d'Yssingeaux. Mais lui, le solide, le robuste, connait des ennuis de santé. Après une opération, il demande qu'on lui dise la vérité. Il sait que c'est très sérieux. Il porta cette croix avec calme, à la suite du Maître pour lequel il avait tant "bataillé". Le 29 avril 1980, le Maître l'invite à "prendre la place qu'il lui avait préparée dans la maison du Père". C'est au cimetière d'Yssingeaux que le Père Romeuf attend la Résurrection.
    Références bibliographiques

    CR 1939 p. 155. 219. 1949 p. 111. 1950 p. 90. 1952 p. 43. 1954 p. 50. 1957 p. 51. 1958 p. 51. 1960 p. 56. 1961 p. 51. 1962 p. 63. 1963 p. 75. 1964 p. 32. 1965 p. 71. 72. 1966 p. 82. 83. 1967 p. 63. 68. 1969 p. 73. BME 1936 p. 687. 1939 p. 301. 446. 512. 803. 804. 877. 1940 p. 287. 357. 507. 1941 p. 116. 200. 1949 p. 248. 1950 p. 456. 1951 p. 201. 648. 1953 p. 45. 490. 1954 p. 791. 828. 1955 p. 127. 1956 p. 837. 1957 p. 637. 965. 1959 p. 443. 1961 p. 508. EPI 1962 p. 208. 401. 1963 p. 591. 1964 p. 868. 1965 p. 118. 1966 p. 135. R.MEP 1961 n° 118 p. 30. 1964 n° 136 p. 75. Enc.Pdm 2P2. 8P4. EC1 N° 339. 396. 400. 491. 504. 695. 744. 775. NS. 2P49. 51. 4P103. 7P202. 10P302. 13P412. 15P16. 17P85. 19P152. 21P213. 26P21. 38P50. 52. 42P172. 45P265. 53P178. 54P208. 57P304. 60P48. 76P214. 78/C2. 112P317. 121P253. 129P150. 130P186. 131P216. 132P255. 134P317. 135/C3. P346. 139P119. 140P153. 141/C2. MEM 1980 p. 34.


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    • Numéro : 3624
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