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Mathieu ROCHER

[2782] ROCHER Matthieu Missionnaire Tonkin Maritime - Phat-Diêm Rocher Matthieu naquit dans une famille aisée et chrétienne, le 29 novembre 1880, au hameau des Brosses, commune de Le Chambon-Feugerolles, département de la Loire, diocèse de Lyon. Il était le troisième fils de cette famille de cinq enfants: quatre garçons et une fille.
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    [2782] ROCHER Matthieu
    Missionnaire
    Tonkin Maritime - Phat-Diêm

    Rocher Matthieu naquit dans une famille aisée et chrétienne, le 29 novembre 1880, au hameau des Brosses, commune de Le Chambon-Feugerolles, département de la Loire, diocèse de Lyon. Il était le troisième fils de cette famille de cinq enfants: quatre garçons et une fille.

    Il fit ses études secondaires au petit séminaire de Verrières où il se fit remarquer par son travail régulier, son intelligence ouverte et son caractère doux et gai. En réthorique, ses maitres lui confièrent la charge de \censeur", c'est à dire être l'intermédiaire entre les supérieurs et les élèves. A la fin de ses humanités, il rentra au séminaire d'Alix dirigé par le futur cardinal Verdier. Ses notes de philosophie y furent bonnes, car il fut choisi comme "argumentateur". Il reçut la tonsure le 6 juin 1901.

    Admis au Séminaire des Missions Etrangères, il y arriva le 9 septembre 1901. Minoré le 28 septembre 1902, sous-diacre le 27 septembre 1903, diacre le 27 février 1904, il fut ordonné prêtre le 26 juin 1904, reçut sa destination pour le Vicariat Apostolique du Tonkin Maritime (Phat-Diêm), qu'il partit rejoindre le 3 août 1904, en compagnie de M. Louis de Cooman, futur coadjuteur de Mgr. Marcou.

    Un accident d'hélice du bâteau retarda d'abord leur arrivée à Saïgon; c'est dans cette ville que, le 8 septembre 1904, ils embarquèrent pour le Tonkin, à bord de la "Tamise"; le lendemain, ce vapeur des Messageries Maritimes donna sur un récif, le long de la côte de Cochinchine; un navire charbonnier anglais, le "Chantung" les ramena à Saïgon.

    Arrivé à l'évêché de Phat-Diêm, M.Rocher commença l'étude de la langue viêtnamienne,.et trois mois plus tard, Mgr. Marcou l'envoya à Huong-Dao pour lui permettre de la pratiquer. Vers le milieu de 1905, il fut nommé vicaire à Duong-Diêm chez M.Chevènement, et y passa une année. En Juillet 1906, il partit pour Ke-Ben, grosse paroisse de la province de Thanh-Hoa, comme vicaire de M.Martin.

    En janvier 1907, après la retraite annuelle, il reçut sa destination pour le Laos-Tonkinois (Châu-Laos) chez les "montagnards de l'Ouest" qu'il rejoignit en compagnie de M.de Cooman. M. Rocher étudia la langue tay à Muong-Xia; en septembre 1907, il fut chargé de Na-Ham, village presque entièrement chrétien, installé sur un petit plateau à 1.100 mètres d'altitude, et centre d'un district qui comptait environ 400 chrétiens. Il y resta quatre ans, travaillant à la formation spirituelle de ses nouveaux chrétiens; il y bâtit une église, y ouvrit une école et se fit instituteur. En 1909, M; Rey partit à Hong-Kong; son district fut coupé en deux; une moitié fut confiée à M.Rocher, qui s'occupa de Ban-Nghiu et Na-Mun, I'autre moitié à M.Pirot. En mars 1910, M.Rocher dut faire un séjour à Béthanie, à Hong-Kong, pour rétablir sa santé, et rentra à la fin de l'année.

    Le 27 janvier 1912, M.Rocher avec tous les chefs Tay Rouges et Tay Nua du Hua-Phan (Châu-Laos) reçurent solennellement Mgr. Marcou, à Muong-Xôi, et à Muong Pun le lendemain. ces deux districts, totalisant 17 chrétientés disséminées dans un grand périmètre, furent confiés à M.Rocher. Pour l'aider, Mgr. Marcou lui envoya M.Fénard qui s'installa à Na-Ham.

    Au retour de M. Rey, en octobre 1912, M. Rocher s'occupa principalement de Muong-Pun. A la fin de 1914, en raison des troubles causés par une bande de pirates chinois, il dut se réfugier à Muong-Xia, près de la frontière des Hua-Phan. Il travailla à ramener la paix entre les chrétiens troublés par l'anticléricalisme de certains fonctionnaires.et l'insécurité crée par les bandes chinoises. Durant cette période difficile, et se souvenant des évènements de 1884, beaucoup de néophytes apostasièrent, d'autres cessèrent toute pratique religieuse; et l'année suivante, en 1916, survinrent une épidémie de choléra et une grande famine.

    En mai 1917, Mgr. Marcou le nomma Supérieur de tous les districts du "Laos Tonkinois" (Châu-Laos), charge qu'il accepta par obéissance. Il travailla avec ses confrères,dans un but d'uniformité,.à la révision des prières, du catéchisme et des caractères Tay.

    Vers le milieu de 1918, la santé de M. Rocher commença à être sérieusement ébranlée. La mobilisation ayant réduit le nombre de confrères. M. Canilhac, restait seul présent dans cette région; fatigué, il partit refaire sa santé à Hong-Kong, au début de 1919. Au retour de ce dernier, M.Rocher devait aller se soigner à son tour, à Béthanie. Mais avant son départ, il voulut mettre à profit ces quelques mois pour réparer les résidences de Muong-Xia et de Muong-Xoi.et, malgré les conseils de modération, visiter tous les districts de la région; il ne put en commencer 1' administration spirituelle que vers la fin mars 1919. Début novembre 1919, il rentra épuisé à Muong-Pun, après avoir fait la visite des chrétientés de son district. Conscient de la gravité de son état, le 12 novembre 1919, il écrivit une lettre à M.Soler, commissaire du gouvernement à Samnua; ce dernier télégraphia à Mgr.Marcou, et envoya un infirmier viêtnamien auprès de M.Rocher, avec ordre de l'évacuer sur Thanh-Hoa.

    M.Canilhac de retour à Hôi-Xuan le 19 novembre 1919, apprenant l'état de santé de M. Rocher, se mit aussitôt en route pour Muong-Pun. Le 23 novembre 1919, vers quinze heures, il rencontra, en pleine forêt, la caravane qui, dans un palanquin, évacuait M.Rocher vers Thanh-Hoa. Pour passer la nuit, on s'arrêta au petit village de Ban-Lo, sur les bords de la rivière Nam-Luong. Le soir même, vers 23 heures, M.Rocher rendit paisiblement son âme à Dieu.

    Comme on était loin de tout centre chrétien, c'est là que se fit l'inhumation. Il repose au bord du sentier près de ce village.

    Références bibliographiques

    AME 1904 p. 317. 1910 p. 11. 1919-20 p. 383. CR 1904 p. 292. 1909 p. 169. 1911 p. 157. 158. 1912 p. 197. 1913 p. 209. 1914 p. 79. 1916 p. 120. 1917 p. 88. 1918 p. 72. 1919 p. 74. 245. 1920 p. 50. 1925 p. 96. 97. BME 1925 p. 114. 1926 p. 671. 1930 p. 215. 1935 p. 318. 1936 p. 10. 11. 13. 14. 1949 p. 554. 1960 p. 307.



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    • Numéro : 2782
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