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Achille Paul ROBERT

ROBERT Achille (1853 - 1922) [1318] ROBERT Achille, Paul, est né le 21 octobre 1853 à Villers-sur-Saulnot, dans la Haute-Saône, au diocèse de Besançon, troisième enfant de Augustin Robert et de Julie Dupont. Après être passé au Petit Séminaire de Luxeuil, il fait ses deux années de philosophie au Séminaire de Vesoul, puis entre laïque au Séminaire des Missions Étrangères le 10 septembre 1873, est ordonné prêtre le 23 décembre 1876 et destiné à la Corée.
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    ROBERT Achille

    (1853 - 1922)


    [1318] ROBERT Achille, Paul, est né le 21 octobre 1853 à Villers-sur-Saulnot, dans la Haute-Saône, au diocèse de Besançon, troisième enfant de Augustin Robert et de Julie Dupont.

    Après être passé au Petit Séminaire de Luxeuil, il fait ses deux années de philosophie au Séminaire de Vesoul, puis entre laïque au Séminaire des Missions Étrangères le 10 septembre 1873, est ordonné prêtre le 23 décembre 1876 et destiné à la Corée.

    Parti de Paris le 25 janvier 1877, il arrive d'abord à Inq-kow en Mandchourie, puis à Tcha-kou, où il rencontre son évêque, Mgr. Ridel, qui est absent de Corée depuis 1866 et où il cherche à pénétrer à nouveau. Durant le printemps et l'été de 1877, le jeune Père Robert étudie la langue coréenne dans ce village de chrétiens de Tcha-kou qu'il quitte à cheval le 4 septembre 1877 avec Mgr. Ridel et le Père Doucet. Le 8 septembre, ils s'embarquent tous trois sur une jonque chinoise qui doit les conduire en vue des côtes coréennes. Le 11 septembre, ils se trouvent aux abords de l'île où ils doivent rencontrer des émissaires venus de Corée. Ceux-ci finissent par arriver après une attente qui a paru bien longue aux missionnaires, qui passent alors sur la barque coréenne. Celle-ci longe la côte coréenne de la province du Hoang-hai durant trois jours, les Pères Robert et Doucet descendant sur le sol coréen dans la sous-préfecture de Yon-baik sur la rive droite du fleuve Han, tandis que Mgr. Ridel poursuit dans la barque son voyage vers Séoul.

    Ainsi parvenus en Corée le 23 septembre 1877, les Pères Robert et Doucet sont conduits par leurs guides coréens vers un minuscule village, composé de quatre maisons chrétiennes et situé à peu de distance de la bourgade de Paik-chon. Tous deux partagent durant deux mois une toute petite chambre qui leur sert selon les moments de chapelle, de salle à manger, de chambre à coucher, etc., le manque de meubles facilitant l'adaptation de cette pièce à divers usages. Ils n'en sortent que la nuit, et après s'être assurés que personne ne les verra.

    En fin décembre 1877, Mgr. Ridel donne l'ordre au Père Robert de se rendre à Komeikol, dans l'arrondissement d'I-chon de la province du Kang-won pour s'occuper des chrétiens de la région et surtout pour s'occuper des jeunes qui se destinent au séminaire. Mais peu après, la nouvelle que Mgr. Ridel a été emprisonné le 28 janvier 1878 lui parvient avec l'ordre de congédier les séminaristes et de se rendre dans une cachette sûre à Kok-san, dans les montagnes du Nord-est de la province du Hoang-hai, après avoir enterré toutes ses affaires. Il ne reste pas longtemps dans cette \cachette sûre" qui, justement, est jugée trop peu sûre, et se retire dans une vallée très sauvage de l'arrondissement de An-Pyen, dans la province du Ham-kyong méridional, loin de toute habitation païenne. Et comme cette précaution paraissait insuffisante, le Père Robert pénètre encore plus profondément au milieu des montagnes. Il peut alors faire venir son nécessaire pour célébrer la messe et son bréviaire et, rappelés par lui, ses élèves-séminaristes peuvent reprendre leurs études de latin.

    Cela fait un an que le Père Robert est en Corée. Devenu supérieur de la mission à la suite de l'expulsion de Mgr. Ridel du pays en juillet 1878, le Père Blanc fixe au Père Robert un itinéraire de visite des chrétientés des provinces du Kyong-ki et du Kang-won et lui désigne comme résidence ultérieure le village de Orikol dans le canton de Sak-nyung dans l'arrondissement de Yon-chon de la province du Kyong-ki, là où les trois provinces du Hoang-hai, du Kyong-ki et du Kang-won se réunissent. À ce propos, il peut être intéressant de noter que les chrétiens et les missionnaires des temps difficiles avaient une prédilection pour les zones-frontière, que ce soient les frontières des arrondissements ou celles des provinces : lorsque la persécution éclate d'un côté, il est relativement facile de se réfugier de l'autre côté en attendant que passe l'orage. Telle était sans doute l'idée qui guidait le Père Blanc. La localité désignée par le Père Blanc pour la "résidence" du Père Robert avait le double avantage d'être tout à fait excentrique, située qu'elle était aux confins de trois provinces, et d'être tout à fait centrale, se trouvant au centre géographique de la Corée, ce qui la rendait un peu plus proche des facilités de communication et qui permettait aux séminaristes d'être plus facilement réunis. Mais le Père Robert passe le plus clair de son temps à visiter les chrétientés, et cela d'autant plus qu'à la suite de l'arrestation du Père Deguette en mai et de son expulsion de Corée en septembre 1879, la mission ne compte plus que trois missionnaires, soit les Pères Blanc, Doucet et Robert. Dans ces conditions, il est impossible au Père Robert de s'occuper efficacement des séminaristes qui, d'abord renvoyés dans leurs familles, sont ensuite dirigés sur Penang.

    De 1880 à 1885, le Père Robert sillonne donc une bonne partie de la Corée et, entre ses tournées, occupe tour à tour plusieurs "résidences". À partir de 1885, grâce à l'arrivée de plusieurs jeunes missionnaires (6 ou 7), le champ d'apostolat du Père Robert se réduit aux deux provinces du Kyong-sang Nord et du Kyong-sang Sud, au sud-est du pays. Il "réside" d'abord au village de Sinnamonkol (exactement situé à la commune de Yen-hwa, canton de Ji-chon, arrondissement de Chil-gok, province du Kyong-sang Nord), à 15 ou 20 km de la grande ville de Taegu. Trois ans plus tard, il a sa "résidence" à Sai-bang-kol, aux abords mêmes de Taegu, car Mgr. Blanc, devenu vicaire apostolique en 1884, l'a chargé de planter l'Église dans cette grande ville qui est capitale de province. Les temps commencent à changer et on ne pense plus à rester caché dans les zones-frontière, mais le changement se fait très lentement. En fin février 1891, le Père Robert se rend en plein jour en ville même de Taegu au chevet d'un malade, mais revêtu du "déguisement" habituel des missionnaires, c'est-à-dire du costume de deuil des coréens qui a l'avantage de les rendre méconnaissables. Bien que soupçonné d'être un étranger, il n'est pas inquiété; mais la nuit suivante, une bande de vauriens s'attaque aux chrétiens du quartier et s'apprête à piller le quartier sous prétexte de chercher l'étranger. Le lendemain, muni de son laissez-passer en bonne et due forme, le Père Robert veut se rendre chez le gouverneur de la province pour porter plainte contre les fauteurs de troubles de la veille. Ne portant pas le "déguisement" habituel, il est facile à reconnaître et vite reconnu comme étranger. Une foule s'assemble, lui lance des cris hostiles et lui jette des pierres, tandis que le gouverneur décrète son expulsion de la province. Du coup, le Père Robert se rend à Séoul pour faire appel et y réussit. Le gouverneur provincial de Taegu est destitué et le Gouvernement coréen accorde au Père Robert une escorte pour le reconduire dans cette ville dont il venait d'être chassé. Le Père Robert en profite pour s'établir définitivement à Taegu où il commence par acheter une maison, puis en 1897, un vaste terrain.

    Le district dont il a la charge est encore bien étendu, mais se restreint peu à peu à la seule ville de Taegu, à la suite de l'augmentation des missionnaires, de l'ordination de quelques prêtres coréens et de la création de nouveaux postes. Le prestige que lui donne son retour glorieux à Taegu en 1891, les bonnes relations qu'il entretient désormais avec les gouverneurs et les mandarins, sa grande aisance dans l'usage de la langue coréenne, l'influence de son servant, à la fois lettré renommé et homme de foi profonde, tout concourt heureusement à attirer des sympathies pour l'Église et nombreux seront les anciens fonctionnaires de haut rang qui deviendront chrétiens dès qu'ils auront quitté leur charge. En 1898, le Père Robert sent que le moment est venu de rendre l'Église plus visible et qu'il faut construire. Mais, n'osant pas encore construire en dur comme cela s'est fait à Séoul, il construit en bois une église de style pagode et une maison qui, deux ans plus tard, deviendront la proie des flammes. Malgré la déception, le Père Robert voit dans cet incendie le signe que désormais il faut construire en dur. Il reconstruit donc son église, qui, vaste, faite de briques et avec deux cloches, deviendra en 1911 la "quasi cathédrale" du nouveau vicariat apostolique de Taegu.

    En juin 1911, le vicariat apostolique de Taegu récemment créé voit arriver son premier vicaire apostolique, Mgr. Demange; mais le Père Robert est depuis plusieurs années et restera longtemps pour beaucoup de gens le "père fondateur de l'Église de Taegu". Quand le nouveau vicaire apostolique vient prendre la direction du vicariat, le Père Robert est bien malade depuis plusieurs semaines. Il se lève pour l'occasion, mais se recouche aussitôt après. Le vicaire apostolique persuade le Père Robert d'aller se faire soigner en France, ce qu'il fait.

    À son retour en Corée en 1913, le Père Robert semble entièrement guéri, mais les symptômes de la maladie ne tardent pas à reparaître. En 1919, il demande à être déchargé de la chrétienté de Taegu et à prendre sa retraite. Il passe alors quelques mois à Hongkong, puis revient à Taegu et réside à l'évêché où sa préoccupation première est, dit-il, de "se préparer à la mort". En octobre 1921, il a la grande joie de recevoir la visite de son jeune frère Léon, procureur général de la Société, en route vers la France pour devenir assistant du Supérieur Général des MEP. Puis le Père Robert quitte ce monde dans l'après-midi du lundi 2 janvier 1922, après n'avoir cessé de baisser depuis Noël et après une agonie qui dure 8 heures et durant la majeure partie de laquelle il garde toute sa connaissance.

    Ses obsèques sont célébrées le 4 janvier 1922 à la cathédrale de Taegu au milieu d'une foule immense, dans un climat de silence et de prière et avec une gravité bien rares en Corée. Il est inhumé au cimetière de l'évêché et attend que se réalise l'inscription que porte le socle de la grande croix de granit qui domine les tombes : Tune parebit signum filü hominis in Coelo !



    Références bio-bibliographiques

    AME 1892 p. 558. 1898 p. 173. 273 (art.). 1899 p. 85. 1902 p. 280. 1905 p. 52. 1911 p. 211. 1915-16 p. 29. 78 (art.). 1917-18 p. 590. 593. 1919-20 p. 283. 1922 p. 79. 1923 p. 19. 22. 24. 25. 27. 29. photo p. 21. 1926-27 p. 367. 1935 p. 103. 1939 photo p. 135. CR 1877 p. 49. 1879 p. 9. 1880 p. 9. 1881 p. 7. 9. 1883 p. 78. 1884 p. 39. 40. 1885 p. 20. 22. 23. 1886 p. 12. 173. 1887 p. 20. 21. 24. 1888 p. 11. 15. 17. 1889 p. 17. 18. 19. 312. 322. 1890 p. 10. 20. 23. 1891 p. 15. 1892 p. 265. 1893 p. 28. 1894 p. 26sq. 1895 p. 36. 1896 p. 24. 1897 p. 30. 1898 p. 30. 1899 p. 59. 1900 p. 52. 1901 p. 61. 1902 p. 70. 76. 429. 430. 1903 p. 53. 1904 p. 54. 1905 p. 35. 1906 p. 47. 48. 52. 1907 p. 37. 38. 346. 348sq. 1908 p. 49. 1909 p. 47. 1910 p. 49. 50. 1911 p. 40. 1912 p. 64. 1915 p. 239. 1916 p. 45. 1917 p. 31. 32. 212sq. 218. 1918 p. 19. 1919 p. 25. 1922 p. 30. 190. 208sq. 1926 p. 171 (art.). 1932 p. 49. 1934 p. 236. 1937 p. 28. 1938 p. 248. BME 1922 p. 61. 1931 p. 890. 1934 p. 98.1937 p. 419. 1951 p. 386. 409. 458. 473. 538. 546. MDA articles : 1951 p. 386. 458. 1959 p. 538. EC1 N° 6. Un cahier souvenir de 148 pp.



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    • Numéro : 1318
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