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Jean Joseph Alphonse RIGAL

RIGAL Alphonse (1887 - 1979)
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    RIGAL Alphonse

    (1887 - 1979)

    [3137] RIGAL Alphonse, Jean, Joseph, est né le 27 janvier 1887 à Roinville, diocèse de Chartres (Eure et Loir). Il fit ses études primaires chez les Frères de St Viateur de Capdenac et ses études secondaires à Villefranche de Rouergue. Il entra au Séminaire des Missions Étrangères à Bièvres le 3 octobre 1906 et étudia la philosophie pendant deux ans. Il fit son service militaire en Algérie de 1908 à 1910, et entra au Séminaire de la rue du Bac pour sa théologie. Il fut ordonné prêtre le 29 septembre 1912. Il partit le 27 novembre 1912 pour la Mission du Kwang-si, en Chine, où il arriva au début de 1913.

    Le mot de \Kwang-si" veut dire Kwang de l'ouest, par opposition à Canton : Kwang de l'est (Kwang-dong). À l'arrivée du Père Rigal, la piraterie sévissait à l'état endémique. Nombreuses étaient les luttes entre "seigneurs de la guerre", des généraux à la tête des armées provinciales. Les missionnaires risquaient toujours de se faire dévaliser par brigands et soldats qui confisquaient leurs habits, bagages ou argent. La mission était vraiment difficile à cette époque dans le Kwang-si.

    Accueilli à Nanning par Mgr Ducoeur, le Père Rigal fut envoyé à Yunfu, dans le nord-est de la Mission pour y apprendre le chinois. Vers Pâques de l'année 1913, il devint curé de Yunfu, mais dix-huit mois plus tard, la grande guerre de 1914 éclata. En 1915, sa démobilisation lui permit de vaquer à son ministère. Il n'avait pas de catéchiste. Alors il forma son serviteur aux fonctions de catéchiste et eut en lui une aide précieuse. Il alla se fixer chez les Yao à Tou-yang-tsao. Il résida là dans une misérable masure jusqu'en 1920, quand il dut revenir à Yunfu, en raison des pirates qui donnaient libre cours à leurs dépradations. Le jour de Noël 1917, son école Yao fut incendiée. Il dut la reconstruire, et il avait beaucoup de projets de développement de la Mission. Mais la piraterie et la guerre civile arrêtèrent tout.

    Le 10 mai 1921, le village de Po-sin-tsao, chez les Yao, fut incendié, le frère et la belle-soeur du catéchiste tués et mutilés. Le Père Rigal, lui, échappa de justesse aux balles des pirates.

    En novembre, ce fut le tour de Tou-yang-tsao. Des bandes de pirates se succédèrent. Le 25 mai 1922, les brigands vinrent s'établir dans la chapelle et la résidence de la Mission. Ils pillèrent et détruirent tout, jusqu'en 1923. Dans la ville de Yunfu, la situation n'était pas meilleure. Le 16 août 1921, la ville fut occupée par les soldats du Kang-si. Elle allait être pillée quand le Père Rigal réussit à la sauver.

    Vers la fin de 1923, le Père voulut aller visiter ses chrétiens Yao. Le mandarin lui donna une escorte, au cas où surgiraient des brigands. Il ne put que s'attrister devant l'étendue des dégâts : en plus des pillages, c'était la famine qui sévissait dans le pays. Les chrétiens furent très heureux de la visite du Père, qui, pendant quelque temps, put donner des baptêmes d'enfants, confesser les adultes, visiter les malades. Il revint à Yunfu. On comprend qu'avec ce genre de vie, la santé du Père se détériora. Se sentant très fatigué, il rentra en France en octobre 1925 pour se soigner. Il séjourna en France jusqu'en novembre 1928. Puis, de retour en Chine, il revint à Yunfu pour continuer son ministère. Mais les communistes avaient répandu leur doctrine dans le peuple, l'enseignement officiel dans les écoles avait produit des fruits néfastes. Les soldats du Hunnan vinrent habiter chez lui.

    En 1933, après la cession de ce poste aux missionnaires américains de Maryknoll, le Père Rigal fut nommé au poste de Nongniu où il resta deux ans. Il eut la charge du district de Set-sen en 1935, où il eut la consolation de baptiser 51 catéchumènes.

    En 1940, en rentrant de la retraite annuelle, il eut un accident de cheval. Il fit une chute qui le blessa grièvement. Il fut obligé d'aller à l'hôpital de Hanoi, mais le docteur réalisa vite que son état demandait un retour en France. C'est le temps de la guerre et de l'occupation allemande, et il va se reposer chez sa soeur à Capdenac jusqu'en 1947.

    Il demande à repartir en Mission, mais on l'affecte à notre maison de Nazareth à Hongkong. Là, il accueille les missionnaires et dirige la mission avec une grande régularité. Quand le Père Bioteau, procureur de Hongkong, part pour la France, le Père Rigal fut également chargé des commandes de la librairie et des expéditions. Puis, en 1951, il rentre en France définitivement.

    En France.

    Il alla résider chez sa soeur à Capdenac, et en 1964, il décida de se retirer à Montbeton. Pendant quelque temps, il alla souvent chez sa soeur ou visiter des parents, mais comme l'état de la plaie de sa jambe ne faisait que s'aggraver, il dut se résigner à une vie de silence et de prière, ce qui lui permit d'offrir sa vie pour les Missions. Il mourut le 5 décembre 1979.

    Le Père Rigal fut un prêtre à la foi simple et à l'esprit très évangélique. Comme il était un causeur infatigable, il excellait sur le plan des relations avec les Chinois. Il parlait avec aisance le mandarin spécial du Kwang-si. Devenu très populaire, il fit beaucoup de bien aux chrétiens et il aimait à contacter les païens qui étaient heureux de recevoir ses conseils. Il eut une grande dévotion à la Vierge Maire et aimait à se rendre à Lourdes de temps en temps. Nul doute que maintenant du haut du Ciel il implore la bénédiction de Dieu sur sa chère Mission du Kwang-si.



    Références bio-bibliographiques

    AME 1913 p. 52. 53. 1934 p. 234. CR 1912 p. 314. 1913 p. 175. 1917 p. 62. 1918 p. 56. 1919 p. 66. 1922 p. 79. 80. 1923 p. 99. 100. 1924 p. 73. 76. 1929 p. 122. 124. 1931 p. 134. 1932 p. 155. 1933 p. 120. 1934 p. 113. 1935 p. 114. 1937 p. 111. 1940 p. 67. 1947 p. 116. 1964 p. 78. 1965 p. 148. BME 1922 p. 176. 1924 p. 461. 601. 1928 p. 242. 255. 1929 p. 50. 270. 494. 1930 p. 578. 1932 p. 862. 1933 photo p. 16. 1934 p. 497. 1937 photo p. 40. 1939 p. 422. 568. 658. 798. 886. 1940 p. 55. 285. 829. 1941 p. 337. 759. 1943 p. 93. 95. 1951 p. 779. 1952 p. 60. 1954 p. 381. EPI 1962 p. 947. EC1 N° 94. 98. 114. 116. 132. 148. 161. 163. 422. 458. 461. 505. 508. 721. EC2 N° 49P46 - 137/C2.

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    • Numéro : 3137
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