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Charles RenéAlexis RENOU

[439]. RENOU, Charles-René-Alexis, fondateur de la mission du Thibet au XIXe siècle, vint au monde le 22 août 1812 à Vernantes (Maine-et-Loire). Il étudia au collège de Doué-la-Fontaine, à celui de Combrée, et au grand séminaire d'Angers. Entré sous-diacre au Séminaire des M.-E. le 14 septembre 1836, il reçut la prêtrise le 20 mai 1837, et partit le 15 mai de l'année suivante pour le Se-tchoan. Ses progrès en chinois furent rapides ; et, dès son début dans le district de Tsong-king tcheou, il fit preuve d'énergie et d'initiative.
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    [439]. RENOU, Charles-René-Alexis, fondateur de la mission du Thibet au XIXe siècle, vint au monde le 22 août 1812 à Vernantes (Maine-et-Loire). Il étudia au collège de Doué-la-Fontaine, à celui de Combrée, et au grand séminaire d'Angers. Entré sous-diacre au Séminaire des M.-E. le 14 septembre 1836, il reçut la prêtrise le 20 mai 1837, et partit le 15 mai de l'année suivante pour le Se-tchoan. Ses progrès en chinois furent rapides ; et, dès son début dans le district de Tsong-king tcheou, il fit preuve d'énergie et d'initiative.
    En 1840, Mgr Verrolles, avant de partir pour la Mandchourie, le nomma provicaire, avec charge s'il mourait, de prendre la direction de ce nouveau vicariat.
    Le 27 mars 1846, le Thibet ayant été confié à la Société des M.-E., M. Renou sollicite de son vicaire apostolique, Mgr Pérocheau, l'autorisation de tenter l'évangélisation de ce pays. Déguisé en marchand, il se rend à Ta-tsien-lou, gagne Tchamouto, mais, en avril 1848, reconnu et signalé aux autorités chinoises qui ne permettent à aucun étranger l'entrée du royaume de Lhassa, il est arrêté, reconduit à Canton, et remis entre les mains du représentant de la France, M. Forth-Rouen.
    Il s'empresse de partir pour Hong-kong, travaille dans le Kouang-tong, et repart pour le Thibet par le Yun-nan. Le 22 septembre 1852, il reprend son costume de marchand, et, peu après, réussit à demeurer à la lamaserie de Teundjroulin, où le Bouddha vivant, croyant avoir affaire à un Chinois, consent à lui apprendre le thibétain.
    Un an plus tard, il se retire, car sa présence dans la bonzerie intrigue le voisinage ; et d'ailleurs, il sait assez la langue pour s'exprimer et pour continuer à l'étudier. Le 18 décembre 1853, il était de retour à Hoang-kia-pin (Yun-nan) ; il y reçut bientôt sa nomination de préfet apostolique de la mission du Thibet du côté de la Chine. Cette nomination était datée du 21 mars 1853.
    En mars 1854, il se remit en route, et après un séjour à la lamaserie de Tchamoutong, il parvint à louer un terrain à Bonga, dans le royaume de Lhassa. Il en prit possession le 3 décembre de la même année et s'y installa. Ce fut le premier poste de la mission du Thibet.
    Peu à peu, les enfants et les esclaves achetés, selon la coutume du pays, pour faire les travaux, devinrent autant de néophytes ; mais les païens se montrèrent bientôt très hostiles à la chrétienté naissante. Attaqué, frappé et pillé plusieurs fois, ainsi que son compagnon Fage, Renou se retira vers la fin de l'année à Tchamoutong ; puis, la situation s'aggravant, il se rendit à Kiangka où résidaient les autorités chinoises et thibétaines, et il engagea, pour garder la possession de Bonga, un procès long et difficile dans lequel il déploya ses remarquables qualités d'énergie et d'habileté.
    Rejoint par son évêque, Mgr Thomine-Desmazures, et par quelques missionnaires, au mois de juin 1860, il les accompagna jusqu'à Tchamouto ; le 20 juin 1862, il continua sa marche vers Lhassa avec Desgodins. Arrêtés à Lagong, les deux ouvriers apostoliques rentrèrent en septembre à Bonga, qui, par un jugement rendu deux mois auparavant, resta à la mission. Toutefois, de nouvelles complications étant à craindre, M. Renou alla se fixer à Kiangka où il lutta de toutes ses forces contre les fourberies des mandarins chinois et thibétains. Il mourut dans cette ville, le 18 octobre 1863, et fut enseveli au milieu de la montagne, au-dessus de Kaouazeukeou.
    Ce fut un apôtre intrépide, fertile en ressources, très versé dans la langue, l'écriture et les coutumes chinoises et thibétaines. Il a laissé des manuscrits de valeur, entre autres un dictionnaire qui, revu et augmenté par les missionnaires du Thibet, a été imprimé par M. Desgodins à l'imprimerie des M.-E. à Hong-kong.
    Notes bio-bibliographiques. - C.-R., 1882, p. 32. - A. P. F., xx, 1848, Notes sur les baptêmes d'enfants de païens, p. 267 ; xxii, 1850, p. 135 ; xxvi, 1854, pp. 91, 312 ; xxxiii, 1861, pp. 352, 355 ; xxxvi, 1864, p. 327. - B. O. P., 1890, p. 213.
    Relat. d'un voy. au Thibet, Relation de deux tentatives faites par M. Renou pour pénétrer au Thibet par l'Est, p. 205. - Hist. miss. Thibet, Tab. alph. - Hist. miss. Kouang-si, Tab. alph. - Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - L'Expéd. de Chine, 1857-58, Tab. alph. - Hist. des relat. de Chine, Tab. alph. - A travers l'Asie, p. 258. - Les miss. franç. au Thibet, pp. 10, 12. - Les miss. angev., Notice, p. 1.
    Collect., 19 août 1855 : n° 2038 ; 5 sept. 1855 : n° 1463.
    Biographie. - Charles Renou, missionnaire au Thibet, par H. Castonnet des Fosses. - Imprimerie Lachèse et Dolbeau, Angers, in-8, pp. 40.


    • Numéro : 439
    • Année : None