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Émile QUERRY (1904-1990)

QUERRY Émile (1904 - 1990)
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    [3560]  QUERRY Émile est né le 22 mars 1904 à La Chaux-de-Fonds, dans le diocèse de Lausanne, Fribourg et Genève (Canton de Neuchâtel en Suisse). Son père, Victor Querry, était tonnelier et sa mère, née Rosine Froidevaux, horlogère. Il fit ses études primaires, suivies d’un apprentissage de l’horlogerie à Chaux-de-Fonds. Il y ajouta l’étude du latin dans un Séminaire de vocations tardives, l’institution N.D de Lourdes, à Changis-sur-Marne, avant de demander et d’obtenir son admission au Séminaire des Missions Étrangères, le 10 septembre 1930, à l’âge de 26 ans.

    Ordonné sous-diacre en juillet 1935, puis diacre en décembre 1935, il fut ordonné prêtre le 5 juillet 1936. Assigné à la mission de Chengdu, dans le Setchuen en Chine, il partit, avec 15 aspirants, le 15 septembre 1936, sur l’Aramis.

    Le vicariat apostolique de Chengdu était solidement organisé; au service des 38.000 catholiques, sur une population totale de quelque dix-huit millions de Chinois, 26 missionnaires, 41 prêtres chinois et 63 religieuses y travaillaient, dans 35 villes ou villages, à établir l’Église. Le vicariat possédait 9 petites écoles avec 550 élèves, 8 crèches peuplées de 2.000 enfants, 6 dispensaires et 5 hôpitaux. Il faut préciser néanmoins que la guerre civile ravageait la province, ainsi que le brigandage, auxquels vinrent s’ajouter des inondations catastrophiques. La mission faisait son possible en ouvrant les églises et les résidences aux victimes ou aux fugitifs et les hôpitaux aux blessés.

    Le Père Querry, accompagné du Père Barthod, était arrivé à destination le 17 novembre 1936, après avoir remonté le Fleuve Bleu de Shanghai à Chongking, accueilli bras ouverts par les confrères et la population.

    Très vite pourtant, le jeune Père Querry manifesta des signes d’inadaptation et de malaise hypocondriaque qui le poussèrent à solliciter de Mgr Rouchouse, le vicaire apostolique, non pas de renoncer à la vie missionnaire, mais de quitter le Setchuen, le 15 décembre 1936. C’est ainsi qu’il fut autorisé à partir de Chengdu, le 18 décembre, pour faire route vers Hongkong où il fut reçu par Mgr Deswasière, alors supérieur de la Maison de Nazareth.

    Le R.P. Robert, de passage à Hongkong, lui donna comme nouvelle destination Pakhoi, dans le Guangxi, en Chine du sud proche du Tonkin.

    Mgr Pénicaud, le vicaire apostolique, envoya le Père Querry étudier le chinois cantonais à Limkong, une grosse paroisse de chrétiens fervents. C’était en pleine guerre sino-japonaise : la ville de Pakhoi était survolée par des avions qui ne la bombardaient pas, mais lâchaient des tracts. Une petite aventure contraria le Père Querry, innocemment sorti pour prendre quelques photographies. On l’arrêta en le traitant comme un espion et Mgr Pénicaud eut bien du mal à le délivrer.

    Nommé socius du Père Sonnefraud dans l’île de Weizhou en octobre 1937, le Père Querry s’efforçait de garder le contact avec les chrétiens, alors que la guerre sino-japonaise faisait rage et que l’île était souvent bombardée. En juillet 1938 Mgr Pénicaud jugea bon d’accorder au Père Querry un temps de repos à Hongkong avant de le garder auprès de lui à Pakhoi et de lui confier les fonctions d’aumônier des Frères des Écoles chrétiennes, ainsi que des Soeurs de Jésus et Marie et de leur établissement scolaire, ce dont le Père Querry s’acquitta avec beaucoup de zèle et de compétence, jusqu’en 1947. Cependant, le Père Querry avait du mal à supporter l’ambiance guerrière qui s’intensifiait. Aussi Mgr Deswazières, qui avait succédé à Mgr Pénicaud, jugea-t-il opportun de faire partir le Père Querry pour l’Indochine, restée en paix, bien que partiellement occupée par les Japonais.

    À Saïgon, Mgr Cassaigne, le vicaire apostolique, désigna le Père Querry comme aumônier de l’École Taberd, dirigée par les Frères des Écoles chrétiennes. Ce furent alors 14 années de travail fécond, dans ce collège de plus de mille élèves, encadrés par une cinquantaine de Frères. Célébration de la messe communautaire à 6 heures, les jours de semaine, et à 8 heures les dimanches, confession des Frères le jeudi après-midi, catéchèse de préparation des élèves à la 1ère communion et à la communion solennelle, de façon très adaptée à leur âge et à leur mentalité.

    Un congé de 6 mois en 1947 fut la seule interruption de ce ministère.

    Les choses allaient se gâter à partir de 1945 qui marqua la fin de la deuxième guerre mondiale et le début de la guerre franco-vietnamienne. Le 2 septembre suivant, le Père Querry fut arrêté, ainsi que d’autres missionnaires et conduit en prison; cependant il eut la chance d’être relâché quelques heures plus tard, par ordre des Japonais, et il put rejoindre son école.

    Le 8 avril 1946, à la suite de l’explosion de la Pyrotechnie, l’École Taberd, jadis occupée par les Japonais et repliée au Grand Séminaire St Joseph, put récupérer ses locaux. Le Père Querry y occupa un petit appartement où les élèves aimaient à lui rendre visite, pour feuilleter des illustrés ou lui confier leur montre à réparer. Ses rapports avec les Frères étaient cordiaux et il les accompagnait parfois à Dalat, pour les vacances d’été.

    En 1956, Mgr Hiên, successeur de Mgr Cassaigne, demanda au Père Querry de prendre en charge les Chinois de la région de Phan-Thiêt. Mais le Père Querry déclina cette offre, vu que sa connaissance du chinois cantonais était fort imparfaite durant le séjour à Pakhoi, qui remontait à quatorze années.

    Âgé de 52 ans, le Père Querry dut se résigner à regagner l’Europe. Arrivé à Paris le 9 juillet 1956, il partit se reposer en Suisse, comme l’exigeait son état de santé. Au bout de dix mois, le Père obtint, sur sa demande, de partir à Madagascar, le 24 juin 1957, pour le Centre Catholique Chinois de Tamatave, où il arriva le 11 juillet. Mais la traversée lui fut très pénible et le climat de la côte orientale de Madagascar ne lui convenait nullement.

    Dès le 8 août 1957, il demanda et obtint de revenir en Europe, où il dut se reposer durant de longs mois.

    Enfin, au début de 1959, il accepta la charge d’aumônier de l’Institut International Miramonté à Montreux, en Suisse, au bord du Lac Léman. Il y fit des cours de religion à une soixantaine de jeunes filles de diverses nationalités, venues pour une session annuelle, en langue française, sous la direction de sept religieuses.

    Plus tard, en 1974, âgé de soixante dix ans, le Père Querry, bien qu’ayant sollicité de se retirer à Lauris, accéda au désir des religieuses de Montreux de se retirer chez elles.

    En 1978, le Père Querry dut se faire opérer à l’Hôpital de Vevey. Neuf ans plus tard, en 1983, il se retira à la Maison St Raphaël de Montbeton où il décéda à l’âge de 86 ans, le 22 février 1990.

    Références bio-bibliographiques

    AME 1936 p. 238.  photo p. 284.

    CR 1936 p. 233. 1937 p. 103. 1938 p. 108. 1963 p. 115.

    BME 1936 p. 734. 823. 888. 922. 1937 p. 41 + photo p. 800-801. 1938 p. 49. 543. 1939 p. 728. 1941 p. 186. 1948 p. 220. 222. 223. 1949 p. 18. 1951 p. 500. 1954 p. 911. 1956 p. 813. 894. 1957 p. 781.

    Hir 123. 124. 125. 138/2. 187. 249

    EC1 N°  200. 340. 452. 461. 603. 623.

     

    • Numéro : 3560
    • Pays : Chine Vietnam Madagascar
    • Année : 1936