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Jean Marie DésiréJean Baptiste POLLY

POLLY Désiré (1884 - 1950) [2934] POLLY Désiré, Jean-Marie, Jean-Baptiste, est né le 27 octobre 1884 à Vernosc, près d'Annonay, dans l'Ardèche, au diocèse de Viviers, fils de Joseph-Félix Polly et de Marie-Victorine Fauget.
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    POLLY Désiré

    (1884 - 1950)


    [2934] POLLY Désiré, Jean-Marie, Jean-Baptiste, est né le 27 octobre 1884 à Vernosc, près d'Annonay, dans l'Ardèche, au diocèse de Viviers, fils de Joseph-Félix Polly et de Marie-Victorine Fauget.

    Il entre laïque au Séminaire des Missions Étrangères de Paris le 11 septembre 1901; lorsqu'il est sous-diacre, en raison des projets du gouvernement de la République française, il est prié de quitter Paris rapidement, ce qu'il fait le 7 décembre 1906, pour aller terminer ses études au Collège Général de Pinang. Il y est ordonné prêtre le 28 mai 1907 et quitte Pinang le 18 juillet1 suivant et, en compagnie du Père Jaugey, arrive en Corée par le port d'In-chon le 8 août 1907.

    Le Père Denux, curé de la paroisse d'In-chon, à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Séoul, étant allé à Nagasaki apprendre un peu de japonais, le Père Polly réside à In-chon de septembre 1907 à janvier 1908 et commence à apprendre la langue.

    En avril ou en mai 1908, il est chargé de la partie nord-ouest de la province du Choung-chong méridional, c'est-à-dire de la moitié occidentale du district de Hap-tok, dont le Père Krempff a alors la charge. Le territoire dont le Père Polly prend la responsabilité recouvre les arrondissements de So-san et de Hong-song en leur entier et des parties des arrondissements de Tang-jin et de Chong-yang. Comme l'arrondissement de So-san compte une grande quantité de presqu'îles et une grande île, l'ensemble de son district semble bien plus vaste que les 1.500 ou 1.600 km2 qu'il recouvre, car les distances à parcourir entre des villages proches l'un de l'autre à vol d'oiseau sont en réalité fort longues en raison des baies ou des golfes qu'il faut contourner. Ce district est célèbre par l'ancienne place militaire de Hai-mi où des centaines de chrétiens ont subi le martyre entre la fin du XVIIIè siècle et le milieu du XIXè siècle. Quant à la ville de Hong-song, qui, à cette époque, s'appelait Hong-ju, elle le cède à peine à Hai-mi en ce qui concerne le nombre des chrétiens qui y ont subi le martyre. Dans cette région, la religion catholique garde sa réputation de religion proscrite, bien que des décrets royaux de la fin du XIXè siècle aient reconnu la liberté de religion au peuple coréen. Le Père Polly réside en principe à Kyel-song, dans l'arrondissement de Hong-song, mais il passe la majeure partie de son temps à voyager dans son vaste district. En 1910, il obtient 30 baptêmes d'adultes dans l'arrondissement de Hong-song, ce qui porte à 65 le nombre des chrétiens de cette sous-préfecture. En 1911, il enregistre 131 baptêmes d'adultes et, en 1912, 108, notamment dans des villages proches de la bourgade de Hai-mi et de la petite ville de Hong-song.

    Mobilisé pour la guerre de 1914, le Père Polly quitte Séoul le 14 août de cette année-là et rentre en Corée le 23 septembre 1919. Il retrouve alors son district, et prépare à Sang-hong-ri (un village que d'autres appellent Ka-jai), à 6 ou 7 km à l'est de la ville de So-san, une résidence et une chapelle convenables, et mieux situées au centre géographique du district. Mais en réalité, ce n'est pas lui, mais son successeur, le Père Mélizan, qui s'y établira.

    En effet, le Père Polly est appelé en 1921 à prendre au Séminaire de Séoul la place du Père Bodin qui, malade, s'en va en Inde, aux Nilgiris, à la recherche de la santé qu'il a perdue pendant la guerre mondiale. Avec le Père Chabot et un prêtre coréen, le Père Polly seconde au Séminaire le Père Guinand qui, depuis 1899, dirige cet établissement.

    En 1923, le Père Polly est nommé responsable du district de Won-ju, au sud-est de Séoul, où il succède au Père Jaugey, devenu procureur de la mission2. Il accompagne Mgr. Devred, coadjuteur du vicaire apostolique de Séoul, durant une tournée pastorale qu'il fait dans ce district de Won-ju cette année-là. En 1926, le Père Polly enregistre 113 baptêmes d'adultes. Il a institué une \confrérie de la doctrine chrétienne", dont chaque membre a pour tâche d'instruire et d'amener au baptême au moins une personne par an. En 1927, le Père Polly déplore une forte émigration de chrétiens vers la région du Kanto, une région située en Mandchourie, où est établie une forte minorité coréenne et qui, du point de vue ecclésiastique, dépend du vicariat apostolique de Won-san en Corée. Cette région sera érigée en préfecture apostolique en 1928. Mais en 1927, le Père Polly peut tout de même donner 70 baptêmes d'adultes à Won-ju.

    En 1928, le Père Polly est transféré à la paroisse de Taejon, ville qui, justement cette année-là, a été promue capitale de la province du Choung-chong sud au lieu de Kong-ju.3 Dans les "Missions Catholiques", il publie cette année-là un article dans lequel il expose les moyens qu'il emploie dans son apostolat. Il loue la précieuse collaboration des dames de la "confrérie de la doctrine chrétienne". Il profite des enterrements pour semer la bonne parole dans l'assistance, habituellement composée d'une majorité de non-chrétiens. Au printemps de 1929, il est choisi comme délégué des missionnaires4. Mais il n'enregistre que 16 baptêmes d'adultes cette année-ci, et 29 l'année suivante. En 1931, il est appelé à prêcher une retraite (aux chrétiens de la paroisse de Yeng-you) chez les Pères de Maryknoll du vicariat de Pyong-yang.

    En mai 1931, le Père Polly est transféré au poste important de Su-won. Il s'agit de la capitale de la province du Kyong-ki, province qui entoure Séoul. Cette ville de Su-won, en dépit de son importance, n'a été qu'une desserte du poste rural de Wang-rim entre 1892 et 1923, puis en a été détachée pour devenir une paroisse en 1923 quand le Père Le Merre est devenu le premier missionnaire à y résider. La paroisse existe donc depuis 8 ans, mais le Père Polly l'a tellement marquée qu'il en est considéré comme le véritable fondateur. Comme il l'avait fait dans les paroisses dont il a eu la charge précédemment, le Père Polly commence par créer une "confrérie de la doctrine chrétienne" parmi les chrétiennes du lieu. Cette confrérie se donne pour but l'étude et la propagation des vérités chrétiennes, mais le Père Polly songe surtout à l'évangélisation. Croyant davantage à l'efficacité des petits groupes qu'à celle des grands, il commence cette confrérie avec 5 personnes qui, bien plus tard, seront 20. La "confrérie" tient une réunion hebdomadaire en présence du missionnaire. Après une courte prière, chaque membre fait un bref compte-rendu de son activité de la semaine, puis reçoit quelques directives. La réunion, qui se termine par une prière et la bénédiction du prêtre, dure moins d'une heure. Les membres de la confrérie travaillent deux par deux, faisant des visites à domicile, enseignant les catéchumènes, etc. En 1932, il a ainsi 77 baptêmes d'adultes, et, les années suivantes, il aura une moyenne annuelle de 150 baptêmes d'adultes, alors que de 1923 à 1930 pendant 8 ans, il y avait eu en tout 144 baptêmes. À l'arrivée du Père Polly à Su-won, la paroisse possédait une dizaine de dessertes où se trouvaient la plupart des chrétiens. En ville même, il n'y avait alors que 70 ou 80 chrétiens, mais il y en aura plus de 2.000 à son départ, malgré les difficultés des temps, malgré notamment les tracasseries causées par les Japonais.

    L'année qui suit son arrivée à Su-won, en 1932, le Père Polly se met à construire une véritable église. Il fait démolir la très modeste chapelle qui existe depuis 1906 et réalise le plan que lui a fourni le Père Devise, employant pour cela des ouvriers chinois qualifiés, les chrétiens de la ville et des dessertes fournissant chacun quelques journées de travail comme manoeuvres. Cette église est bénite le 13 novembre 1932 par Mgr. Larribeau et dédiée à St Michel.

    En 1934, il fonde une école primaire avec le triple but de fournir une instruction aux enfants trop pauvres pour fréquenter les écoles officielles, de favoriser le patriotisme coréen (la Corée étant devenue une colonie japonaise, les directeurs des écoles officielles sont des Japonais qui enseignent le patriotisme japonais) et enfin de semer l'Évangile parmi les élèves. En vue de fonder cette école, le Père Polly achète quelques maisons en mauvais état qui se trouvent aux environs de l'église. Retapées, ces maisons deviennent des salles de classe ou bien le couvent des religieuses de St Paul de Chartres qui s'y établissent en avril 1935. À travers diverses vicissitudes, cette école primaire ne cessera de prospérer.

    En juin 1948, une nouvelle mission confiée aux MEP est créée à Taejon et recouvre toute la province du Choung-chong méridional; les confrères MEP jusque là attachés aux vicariats de Séoul et de Taegu se rassemblent en principe dans cette nouvelle mission. Le Père Polly quitte donc la ville de Su-won pour aller à une cinquantaine de kilomètres au sud de la ville de Chon-an où il se rend le 8 août 1948. La paroisse, commencée par le Père Snel, a sept ans d'existence. Le Père Polly reprend sa méthode éprouvée pour obtenir des catéchumènes et des baptêmes. Il a ainsi 50 baptêmes d'adultes à Pâques, 16 à l'Assomption et 25 à Noël de l'année 1949.

    Lors de l'invasion des communistes en Corée du Nord, beaucoup de Coréens du Sud fuient vers le sud du pays, en juin 1950. Le Père Polly refuse de quitter Chon-an, "tant qu'il y restera des chrétiens", répond-il à ceux qui lui conseillent de se réfugier. Finalement, le Père Polly est capturé par les communistes le 23 août 1950 et conduit au couvent des Franciscains à Taejon, transformé en camp de détention. Peu avant leur repli vers le nord, les communistes exécutent les détenus entre le 24 et le 26 septembre et jettent les cadavres dans un puits. Mais il sera impossible d'identifier les cadavres quand ils seront découverts.


    AME 1907 p. 380. 1915-16 p. 78. 1917-18 p. 109. CR 1907 p. 325. 1908 p. 48. 1909 p. 51. 1910 p. 53. 1911 p. 43. 44. 1912 p. 51. 1913 p. 60. 1915 p. 30. 37. 1921 p. 29. 1922 p. 21. 1923 p. 29. 1925 p. 25. 1926 p. 23. 1927 p. 21. 1928 p. 26. 1930 p. 34. 1932 p. 36. 1933 p. 28. 1935 p. 26. 1950 p. 15. 1953 p. 17. 80. BME 1924 photo p. 481. 1927 p. 360. 617. 1929 p. 360. 424. 1931 p. 55. 282. 507. 739. 1932 p. 360. 446. 1933 p. 44. 1934 p. 118. 777. 1935 p. 186. 1936 p. 42. 435. 726. 1939 p. 114. 408. 487. 555. 783. 1940 p. 41. 111. 152. 1941 p. 167. 540. 751. 1949 p. 106. 576. 621. 695. 696. 767. 769. 1950 p. 182. 384. 556. 623. 724. 752. 1951 p. 15. 70. 137. 358. 417. 753. 1952 p. 544. 1953 p. 409. 472. 574. 988. 1955 p. 33. 285. MC 1938 p. 375. EC1 N° 486. 487. 489. 538.


    1 Et non pas le 10 juillet, comme le dit la notice Cesselin et, à sa suite, le "Martyrologe du XXè siècle"; dans les sources MEP de Séoul, cette date du 18 juillet est également la date du départ du Père Jaugey de Pinang; ils arrivent ensemble à Séoul.
    2 Les mots "de retour dans son district en 1923" du "Martyrologe du XXè siècle" sont inappropriés. Il est vrai que la "notice Cesselin" a "induit en tentation le rédacteur du "Martyrologe du XXè siècle" en raison de son imprécision même. Le Père Cesselin aurait dû écrire : "à travers son district de (Won-ju ?)".
    3 Mais contrairement à ce qu'affirme la notice Cesselin et le "Martyrologe du XXè siècle", le Père Polly n'y succède pas -du moins pas directement- au Père Rouvelet. Le Père Rouvelet a eu un prêtre coréen comme successeur à Taejon, et le Père Polly succède en 1928 à ce prêtre coréen.
    4 Délégué pour quoi ? Pour l'Assemblée générale MEP qui doit se tenir en 1930 ? Pour représenter le vicariat de Séoul au "Concile général" de Corée qui doit se tenir en 1931 ? Mystère !

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    • Numéro : 2934
    • Année : None