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Marcel Paul Raymond PIQUET

[ 3141 ] PIQUET Paul, Raymond, Marie, Marcel (Mgr) Vicaire Apostolique de Quinhon Evêque de NHATRANG ------------------
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    [ 3141 ] PIQUET Paul, Raymond, Marie, Marcel (Mgr)

    Vicaire Apostolique de Quinhon

    Evêque de NHATRANG
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    [3141] Paul, Raymond, Marie, Marcel PIQUET naquit le 27 Août 1888, à PARIS, paroisse N.D. des Champs, diocèse de Paris. Il était le septième d'une famille de huit enfants. Son père était libraire au 25 de la rue de Vaugirard. Sa mère d'origine rennaise comptait des prêtres dans sa famille. En décembre 1894, il perdit sa mère ; sa soeur ainée Marie-Thérèse prit la charge de la maison, Pierre, son frère ainé était au séminaire. Marcel commença ses études dans une institution proche de la librairie paternelle ; à l'âge de dix ans, il entra à la maitrise Notre-Dame où il commença ses études secondaires et à partir de la classe de troisième,les acheva au Petit Séminaire de Paris en Juillet 1908. C'est à cette époque qu'il se lia d'amitié avec Eugène VARENGUE, futur missionnaire à PHAT-DI+M. Ils se retrouveront à SAIGON, un jour de 1920. En 1905, son frère Pierre fut ordonné prêtre.

    Le 06 Juin 1908, il demanda son admission au Séminaire des Missions Etrangères, et entra, laïque, à Bièvres, le 15 septembre 1908. Il y fut jovial,toujours gai,exhubérant, ardent au jeu, sujet au fou rire impossible à réfréner. L'accès le plus célèbre le prit en mission aux obsèques de son Evêque !. Exempté du service militaire, M. PIQUET fut ordonné prêtre le 29 Septembre 1912, et reçut sa destination pour le Vicariat Apostolique de Cochinchine Orientale (Quinhon), qu'il partit rejoindre le 27 Novembre 1912.

    Débarqué à QUINHON le 29 Décembre 1912, Mgr. GRANGEON l'envoya apprendre la langue viêtnamienne à H_I-DUC, à 90 kms au Nord de Quinhon auprès de M. TARDIEU, chef de ce district,très fort en viêtnamien fin connaisseur de la mentalité du pays. Il s'installa dans la chrétienté secondaire de MY-THO avec un catéchiste comme maitre.

    Vers la fin de 1913, il fut nommé vicaire à D_NG-QUA, à 20 kms au Sud-Ouest de H_I-DUC. C'est de là qu'il dût partir pour SAIGON en 1915, mobilisé comme infirmier. Démobilisé pour faiblesse de constitution, en Septembre 1916, il fut nommé professeur de philosophie au Grand Séminaire. En 1924, il devint curé le PHAN-RANG où il resta jusqu'en 1927 pour prendre ensuite la direction de l'importante paroisse de H_-DIEM, jusqu'au 11 Novembre 1943, date à laquelle il devint Vicaire Apostolique de QUINHON.

    Quand M. PIQUET arriva à H_-DI+M, c'était déjà une grande paroisse, installée sur des terrains mis en valeur par M. VILLAUME, vers 1890, grâce à un barrage construit à une vingtaine de kms de là et à des canaux d'adduction d'eau. Des chrétiens volontaires venant du centre de la mission s'étaient nstallés là,et avaient transformé la plaine inculte en rizières..Quelques années plus tard la mission de Quinhon qui avait fait les avances pour financer cette entreprise, pouvait rentrer peu à peu, dans ses fonds et percevoir des revenus pour subvenir à ses besoins, et les familles pouvaient vivre largement.Un des premiers soins de M.PIQUET fut d'établir les plans d'une grande église moderne, bien aérée, qui, quelques années plus tard, domina la plaine.

    La population augmentant, M.PIQUET construisit deux églises annexes, puis il fonda une nouvelle paroisse à 2O kms, sur des terrains qu'il défricha pour y semer du maïs.. Il ouvrit une troisième paroisse puis une quatrième sur des terrains qui convenaient à la culture du tabac. Les familles vivaient à l'aise et avaient leur travail assuré.

    Curé de H_-DI+M, aidé par plusieurs vicaires viêtnamiens, M.PIQUET ne renonça jamais à ses obligations pastorales. Ses responsabilités matérielles l'obligeaient à voyager beaucoup. Sa connaissance parfaite des problèmes humains le conduisirent à se lancer dans des travaux d'assainissement, d'irrigation, de défrichement, et de mise en valeur !..

    A la fin de 1941, M. SION fut nommé Vicaire Apostolique de KONTUM, et M.PIQUET le remplaça comme Provicaire, puis à la mort de Mgr. TARDIEU, le 12 Décembre 1942, il devint supérieur de la Mission. Le 11 Novembre 1943, une bulle du Pape le désignait comme Vicaire Apostolique de QUINHON.

    Le 18 Janvier 1944, à QUINHON, il reçut la consécration épiscopale des mains de Mgr.DRAPIER, Délégué Apostolique.Connaissant peu le nord de la mission, il entreprit la visite de son vicariat. Malgré les difficultés l'inconfort et les fatigues des voyages, il voulait se rendre compte par lui-même de l'état des paroisses et de la vie de ses prêtres.

    Le soir du 09 Mars 1945, les Japonais s'emparèrent du pouvoir. Pendant quelques temps, les missionnaires très surveillés purent rester dans leurs postes, puis ils furent regroupés à l'Evêché de QUINHON. Suivit une campagne calomnieuse contre les missionnaires, et Mgr. PIQUET se vit coupé des prêtres viêtnamiens et des chrétiens. Il nomma un Administrateur Apostolique viêtnamien pour diriger la Mission.

    Le 21 Novembre 1945, les japonais ne pouvant plus assurer l'ordre à QUINHON, décidèrent d'envoyer Monseigneur, ses missionnaires et les religieuses françaises à HUE. Ils partirent par le train ; Mgr. LEMASLE les reçut comme des frères dans le malheur.

    En 1946, le corps expéditionnaire français ayant débarqué en Indochine, la situation politique évolua. En Avril 1946, Mgr. PIQUET avec deux missionnaires pût se rendre à TOURANE où il ne pût rester n'étant pas en sécurité. Mgr. revint à HUE, prit un avion militaire pour SAIGON et de là, pour NHATRANG qu'il trouva libéré. Il décida de se fixer là, en attendant des jours meilleurs.

    De 1946 à 1954, Mgr. PIQUET eût sa mission coupée en deux : une partie dans le Nord : TOURANE, devenu DA-NANG, et ses environs, l'autre dans le Sud : les provinces de NHATRANG et de PHANRANG. Tout le centre comprenant les provinces de QUANG-NGAI, de BINH-DINH, et de PHU-Y+N, restait sous contrôle communiste, soit un territoire s'allongeant sur 500 kms, dans lequel Mgr. ne pouvait se rendre et dont il ne recevait que très peu de nouvelles.

    NHATRANG était devenu le centre de la Mission. Mgr. PIQUET se déplaçait beaucoup par avion, en convoi militaire, en voiture pour visiter et encourager ses prêtres et ses chrétiens, malgré l'insécurité, les embuscades, sans reculer devant le danger. ou les périls. Il installa un petit séminaire provisoire à PHANRANG, de 1946 à 1952, puis à NHATRANG de 1952 à 1958.

    Suite aux accords de Genève de 1954, les forces communistes ayant écacué les trois provinces centrales, Mgr. entreprit aussitôt la visite de ce territoire..Il pût constater sur place les ravages matériels et moraux : bâtiments délabrés, revenus inexistants, misère des prêtres qui devaient se méfier de tout le monde ; les chrétiens, pour éviter la prison, avaient été réduits à mener une double vie en contradiction avec leurs convictions Une tâche énorme s'imposait pour reconstruire et rééduquer les consciences. Il se décida alors à demander à Rome la division de son Vicariat, et la nomination d'un Evêque viêtnamien à la tête du nouveau vicariat à créér. En 1957, Rome érigea un nouveau vicariat englobant quatre provinces de DANANG à TUY-HOA, avec à sa tête un jeune Evêque viêtnamien. Mgr. PIQUET garda les deux provinces du Sud auxquelles étaient réunies celles de PHAN-THI+T et de BINH-TUY, détachées du Vicariat Apostolique de SAIGON.

    En prévision de cette division, Mgr. PIQUET fit construire une nouvelle maison mère pour les Petits Frères. Après la division, il bâtit un petit séminaire pour 200 élèves, à 5 kms de la ville, au bord de la plage. En 1959, Il fit revenir les Carmélites de THANH-HOA repliées en France en 1954, et les installa à NHATRANG,à côté de son Petit Séminaire. Il fonda la Congrégation des Religieuses du Coeur Immaculé de Marie, qu'il installa à BINH-CANG, à 7 kms au Sud de NHATRANG.

    Les pouvoirs publics ne purent rester insensibles devant une telle figure et de telles réalisations. A leur manière, ils lui témoignèrent leur reconnaissance, en le décorant de la Croix de la Légion d'Honneur, de la Médaille du Mérite Agricole, et par deux fois du Kim-Khanh.

    En Août 1965, Mgr. se sentit fatigué. Il se rendit à SAIGON, et ,suite à un léger mieux, rentra à NHATRANG vers la mi-octobre. Il reprit ses activités sans écouter aucun conseil de ménagement et de prudence. Le 09 Juin 1966, il fut frappé d'une attaque d'hémiplégie qui lui paralysa le côté gauche. Quelques jours plus tard, il fut évacué par hélicoptère sur la clinique St. Paul à SAIGON. Le Jeudi 07 Juillet 1966 une crise d'urémie se déclara, et il s'éteignit doucement le lundi 11 Juillet 1966,vers 3h.45 du matin.

    Le mardi soir 12 Juillet, le cercueil fut transporté et exposé à la Cathédrale de SAIGON, . Les généraux THI+U et KY vinrent s'incliner devant sa dépouille mortelle. Le jeudi matin 14 Juillet, dans une cathédrale archi-comble, Mgr. PALMAS, Délégué Apostolique, célébra une messe solennelle en présence de trois Archevêques, neuf Evêques, une centaine de prêtres et les représentants des Hautes Autorités Viêtnamiennes et Françaises. Avant l'absoute, Mgr. +N, Evêque de XU+N-L_C fit un émouvant éloge de Mgr. PIQUET, son père spirituel.

    On avait d'abord prévu l'inhumation au cimetière d'ADRAN, à SAIGON. mais le clergé viêtnamien de NHATRANG voulut à tout prix ramener dans son diocèse le corps de leur Evêque ; aussi, après les cérémonies religieuses à SAIGON, un avion militaire le transporta à NHATRANG .Vers 12h30, ce 14 Juillet 1966, ce fut le retour de Mgr. PIQUET dans sa ville épiscopale.

    Pendant trois jours, le cercueil fut exposé à l'Evêché. Le lundi 18 Juillet eurent lieu les funérailles. Mgr. HI+N, Evêque de DALAT, célébra la messe pontificale, en présence des personnalités officielles, de très nombreux prêtres religieux et religieuses ,de bonzes et de bonzesses et d'une foule immense . Enfin le corps fut déposé dans un tombeau aménagé au flanc de la colline de la cathédrale.

    PIQUET

    Paul

    (1888- 1966)

    [3141]

    Références biographiques
    AME 1913 p. 52. 53. 1926-27 p. 24. 25. 452. CR 1912 p. 314. 1914 p. 86. 1925 p. 101. 102. 1926 p. 113. 1933 p. 286. 287. 1937 p. 149. 1939 p. 134. 1948 p. 87. 1949 p. 92. 170. 1950 p. 73. 1951 p. 50. 1952 p. 41. 1953 p. 48. 1954 p. 47. 1955 p. 43. 1957 p. 46. 53. 1958 p. 48. 1960 p. 51. 1961 p. 51. 1962 p. 63. 108. 1963 p. 73. 1964 p. 39. 1965 p. 73. 1966 p. 96. 1967 p. 69. BME 1924 photo p. 685. 1929 photo p. 464. 1931 p. 607. 608. 1932 p. 300. 1937 p. 429. 1938 p. 551. 1939 p. 284. 1940 p. 702. 1948 p. 102. 247. 248. 362. 1949 p. 118. 312. 1950 p. 570. 571. 577. 635. 637. 638. 698. photo p. 583. 1951 p. 62. 63. 189. 190. 317. 494. 495. 762. photo p. 494. 1952 p. 36. 115. 335. 336. 338. 339. 632 sq. 692. 758. 759. 1953 p. 42. 43. 44. 106 sq. 198. 293 sq. 393. 485. 487. 586. 897. photo p. 964. 1954 p. 29. 269. 270. 359. 577. 625. photo p. 1019. 1022. 1955 p. 42. 43. 344. 345. 347. 1956 p. 176. 268. 358. 359. 360. 556. 638. photo p. 650. 891. 1079. 1080. 1957 p. 165. 865. 866. 978. 1958 p. 70. 858. 1959 p. 74. 976. 1960 p. 362. 727. 846. 939. 945. 1961 p. 232. 233. 671. 672. 753. 864. 866. EPI 1962 p. 931. 932. 946. 947. 1963 p. 129. 1967 p. 309. ECM 1943 p. 350. 380. 1944 p. 26. 1946 p. 29. 60. MDA 1948 p. 31. juillet 1952. R. MEP. 114P4. 115P20. 124P43. 125P47. 127P45. 147P68. 72. EC1 N° 435. 436. 452. 455. 458. 484. 485. 495. 525. 590. 625. 682. 684. 721. 722. 767. 777. NS 1P19. 20. 2P49. 6P180. 76P203. 222. 300.

    Notice nécrologique
    EPI p. 413.


    Janvier 1994



    Mémorial Mgr. PIQUET Paul,Raymond,Marie,Marcel page
    • Numéro : 3141
    • Année : None