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Pierre Joseph PIGNEAU DE BÉHAINE

Notice biographique
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    Notice biographique




    [223]. PIGNEAUX DE BÉHAINE Pierre-Joseph-Georges, fils de l'intendant de la terre d'Origny appartenant aux ducs de La Vallière, naquit le 2 novembre 1741 à Origny-en-Thiérache (Aisne). On ajouta à ce nom celui de Béhaine, nom de la section d'une commune dans laquelle sa famille possédait une petite propriété. Il était l'aîné de 19 enfants ; il commença ses études à Laon, les acheva à Paris au séminaire des Trente-trois, et entra au Séminaire des M.-E. Prêtre en 1765, il partit de Paris pour la mission de Cochinchine le 9 septembre de la même année. Mais quand il y arriva, il fut affecté à l'enseignement, dans le Collège général, et Piguel, son vicaire apostolique en dit ainsi la raison : \ Le voyant si propre à l'instruction de notre jeunesse, j'ai cru que je ferais mieux de le laisser au Collège, sacrifiant au bien général de toutes les missions la satisfaction que j'aurais eue de le retenir auprès de moi. " Il devint donc professeur au Collège général de la Société des M.-E., provisoirement installé à Hon-dat (1767).
    Accusé faussement d'avoir donné l'hospitalité à un prince siamois plus ou moins ennemi de Mac-Thien-tu, chef de la région de Ha-tien, il fut emprisonné pendant près de deux mois, en 1768. Devenu à la fin de 1769 (et non en 1770) supérieur du Collège général, il fut bientôt forcé par la persécution de quitter la Cochinchine ; il s'embarqua le 11 décembre 1769, avec Morvan et 43 séminaristes et domestiques, pour Malacca, d'où il gagna Pondichéry ; il s'installa non loin de cette ville, à Virampatnam, et y construisit un séminaire. Cet établissement fut approuvé par le bref In ipso pontificatus (Jus Pont. de Prop. Fid., iv, p. 208), signé par le Pape Pie VI le 10 mai 1775, et adressé à tous les évêques de la Société des M.-E. et aux directeurs du Séminaire.
    Il fut nommé en 1771, par une bulle de Clément XIV, évêque d'Adran et coadjuteur de Piguel, vicaire apostolique de la Cochinchine. Ce dernier étant mort le 21 juin de la même année, Pigneaux lui succéda. Sacré à Madras le 24 février 1774, il repartit pour l'Indo-Chine, y débarqua le 12 mars 1775, et s'installa à Prambey Chhom, puis à Ha-tien (Cancao en chinois, et Péam en cambodgien), centre d'une région qui renfermait 3 000 à 4 000 chrétiens.
    Quoique son prédécesseur Piguel eût évalué à 100 000 le nombre des catholiques de la mission, Pigneaux n'en comptait guère plus de 60 000. Pour prendre soin d'eux, il aura en 1779, 9 prêtres des M.-E., un prêtre italien, un franciscain de la province de Saint-Grégoire de Manille, et des prêtres indigènes ; un de ces derniers, Jean-Paul Nhuc, était alors son secrétaire. A cette même époque, la mission avait au Cambodge un séminaire avec 15 élèves, et 4 élèves au Collège général à Pondichéry.
    L'Annam était en proie à la guerre civile. Les rebelles appelés Tay-son (montagnards de l'ouest) formaient un parti puissant et levaient de véritables armées. A la fin de 1775, ils s'emparèrent de toute la famille royale, et mirent à mort le souverain et son fils ; il ne resta qu'un seul représentant de la famille des Nguyen, le jeune Nguyen-anh, le futur empereur Gia-long, âgé de dix-sept ans. Celui-ci réunit autour de lui de nombreux partisans, et, secondé par un corps de soldats chinois que le gouverneur de Ha-tien lui avait fournis, il essaya de reconquérir ses Etats.
    Au milieu de 1778, des pirates cambodgiens envahirent la chrétienté de Ha-tien, massacrèrent quatre élèves du séminaire, brûlèrent la chapelle, les bâtiments d'habitation, et mirent à mort plusieurs catholiques, parmi lesquels sept religieuses annamites. Le Cambodge était devenu inhabitable pour les missionnaires ; c'est alors que Pigneaux se réfugia avec son séminaire à Tan-trieu, à peu de distance de Bien-hoa, au nord de Saïgon, où résidait Nguyen-anh. A dater de ce jour, des rapports d'amitié réelle s'établirent entre le prince et l'évêque d'Adran. Quand le prince n'était pas retenu au loin par des expéditions militaires, il faisait souvent venir le prélat chez lui, et même, suivi de deux ou trois mandarins, il lui rendait visite, s'asseyant familièrement et sans apparat sur la même natte. L'évêque ne réussit pas, malgré ses désirs, à convertir Nguyen-anh à la morale du christianisme ; il lui apprit du moins à apprécier la sublimité de sa doctrine, et il obtint la liberté pour l'Eglise.
    Cette tranquillité ne dura guère que trois ans. En 1782, les Tay-son vinrent mettre le siège devant Saïgon et s'en emparèrent ; plus de 10 000 personnes furent massacrées par les vainqueurs. Pigneaux, obligé de prendre la fuite avec les séminaristes et quelques chrétiens, se réfugia d'abord au Cambodge, et en 1783, dans les îles du golfe de Siam ; il demeura à Poulo-way pendant neuf mois. En janvier 1784, il rencontra Nguyen-anh, fugitif comme lui. Le malheureux prétendant manquait d'eau, de vivres et d'argent ; il était réduit à la dernière extrémité. L'évêque partagea généreusement avec lui et les soldats affamés ses dernières provisions, et leur sauva ainsi la vie.
    Cependant les Portugais de Macao, les Hollandais de Batavia, les Anglais de l'Inde avaient fait des offres de services au vaincu.
    Pigneaux de Béhaine offrit au prince le secours de la France. Cette grave démarche était-elle raisonnable ? était-elle apostolique ? était-elle conforme aux instructions de Rome ? L'amour de la patrie n'aveuglait-il pas l'évêque missionnaire, et ne compromettait-il pas son rôle d'évangélisateur ? Jetons un regard sur la situation religieuse et politique telle qu'il la vit, et telle qu'elle était.
    Les Tay-son, maîtres de la Haute-Cochinchine, étaient hostiles au catholicisme, et avaient publié plusieurs édits de persécution. " Nous voulons, disaient-ils, que toutes les maisons consacrées au culte de Da-to (Jésus) soient détruites et employées à l'édification des grandes pagodes. " Leurs mandarins avaient jeté en prison et fait battre de verges plusieurs missionnaires ; ils avaient mis à mort le P. Odemilla. " La religion des Tay-son est de n'en pas avoir, écrivait Labartette, coadjuteur de Pigneaux ; si leur règne dure longtemps, nous aurons bien de la peine à échapper de leurs mains. "
    Le prince détrôné n'était pas chrétien, mais il traitait les chrétiens avec bienveillance ; il se montrait respectueux de leurs pratiques ; il se faisait expliquer leurs dogmes, et semblait les admirer avec sincérité. Le vicaire apostolique devait évidemment sentir plus de sympathie pour un homme favorable au christianisme que pour les persécuteurs. Par ailleurs il devait se ranger du côté de la France et contre les autres nations, non seulement parce qu'il était Français, mais parce qu'une intervention des autres puissances eût suscité des complications religieuses de plus d'un genre. Que les Anglais protestants, ou les Hollandais calvinistes, vinssent s'implanter en Cochinchine, et l'hérésie y pénétrait avec eux ; que les Portugais y prissent pied, et toutes les difficultés d'autrefois, à peine aplanies, renaissaient plus inextricables. Ces considérations que nous résumons fixèrent la volonté de l'évêque, son cur était d'accord avec sa raison ; il pouvait, il devait même offrir le secours de la France.
    Il fit à Nguyen-anh les propositions que lui dictaient sa foi et son patriotisme.
    Avant de se rendre aux arguments de l'évêque, le prince voulut essayer une nouvelle tentative avec l'appui du roi de Siam : elle aboutit à une pitoyable défaite. Nguyen-anh n'hésita plus ; il confia à Mgr Pigneaux la mission de se rendre auprès du roi de France comme son ambassadeur. Pour l'accréditer, il lui remit le grand sceau du royaume, et le fit accompagner de son fils aîné, le prince Canh, âgé de cinq ans et demi. Le prélat partit aussitôt, et, au mois de février 1785, il arrivait à Pondichéry. Mais là, tandis que les commerçants approuvaient son projet, le gouverneur et le chef de la station navale lui étaient hostiles. Il dut attendre pendant plus d'un an le moment de partir pour la France, et ne débarqua à Lorient qu'au mois de février 1787.
    Plusieurs des ministres de Louis XVI furent opposés à l'intervention de la France en Indo-Chine ; mais de puissants personnages de la Cour, entre autres le cardinal Loménie de Brienne qui bientôt devait être premier ministre, l'archevêque de Narbonne, Dillon, et l'abbé Vermont, lecteur de la reine, y virent un grand avantage politique et commercial. Les charmes du petit prince cochinchinois entraînèrent l'opinion.
    Le 5 ou 6 mai, Louis XVI reçut Mgr Pigneaux de Béhaine, en présence de ses ministres et de plusieurs grands personnages de la Cour. Dans un exposé clair, l'évêque plaida la cause de la Cochinchine. A côté des intérêts matériels, il rappela au roi très-chrétien que ses prédécesseurs, les chefs de la France, avaient toujours tenu à honneur d'être le refuge et l'appui des souverains malheureux ; en outre, le prince avait là une excellente occasion de concourir efficacement à la propagation de l'Evangile. Une expédition fut décidée.
    Un traité d'alliance entre le roi de France et le roi de Cochinchine fut rédigé et signé à Versailles le 28 novembre 1787 ; il porte la signature du comte de Montmorin, ministre de Louis XVI, et celle de Pigneaux de Béhaine. Par cette convention, la France s'engageait à aider Nguyen-anh à reconquérir son trône, et obtenait, en retour, la propriété absolue du port de Tourane, de l'île de Poulo-Condor, et le privilège exclusif du commerce avec la Cochinchine.
    L'évêque fut ainsi le précurseur de notre expansion en Indo-Chine. Il repartit pour la Cochinchine le 27 décembre 1787, avec son royal pupille et huit missionnaires. Malheureusement la mauvaise volonté du gouverneur de Pondichéry, le comte de Conway, et la mollesse du gouvernement de Louis XVI, empêchèrent l'envoi des troupes promises.
    Se voyant abandonné des hommes, l'évêque ne s'abandonna pas lui-même. Sa famille et ses amis lui avaient donné 15 000 livres ; les négociants de l'Ile de France, de Bourbon, et de Pondichéry avaient de leur côté fourni de nombreux subsides. Ce que le gouvernement français n'osait plus faire, Pigneaux allait lui-même l'entreprendre et l'exécuter. Il acheta un nombreux matériel de guerre, des fusils, des canons, des munitions, plusieurs vaisseaux qu'il envoya tout armés à Nguyen-anh. Le 24 juillet 1789, il débarquait dans la baie des Cocotiers, à peu de distance de Saïgon.
    Une vingtaine d'officiers de la marine française, admirateurs de son uvre patriotique, n'avaient pas craint de quitter leur situation et de s'expatrier, compromettant même leur avenir ; ils devinrent les instructeurs des soldats et des matelots annamites, et élevèrent les fortifications de Saïgon et de plusieurs autres villes, d'après le système de Vauban. Environ 350 matelots français s'étaient enrôlés sous la direction de cette poignée d'officiers.
    Mais les mandarins ne virent pas sans jalousie la supériorité des " barbares " européens ; ils cherchèrent à s'en débarrasser ; un typhon ayant endommagé un navire, l'officier français, chef de la flotte, fut à leur instigation rendu responsable des dégâts, emprisonné, et mis pour quelques jours à la cangue. En présence de l'animosité des mandarins, plus de cent Français, découragés, donnèrent leur démission ; les populations, irritées des corvées imposées pour la construction des fortifications, se révoltèrent ; le roi, trop inexpérimenté et ne sachant pas maîtriser son emportement naturel, mécontentait les uns et les autres. Grâce à Mgr Pigneaux, tout rentra promptement dans l'ordre ; les Français qui avaient donné leur démission consentirent à la retirer ; les officiers obtinrent la protection et les honneurs qui leur étaient dus ; le roi s'attacha dès lors à suivre plus attentivement les sages avis de son conseiller.
    Il lui donna une garde de 200 hommes, tant pour veiller sur sa personne que pour honorer sa dignité. Il voulut que l'évêque habitât auprès de la résidence royale, et, plusieurs fois par semaine, il recevait sa visite, écoutant volontiers ses avis, acceptant même ses reproches. Pigneaux de Béhaine avait obtenu qu'il ne ferait jamais exécuter personne sans l'en avertir ; et si le prélat, après avoir mûrement examiné la cause, demandait la grâce du coupable, elle devait lui être accordée. Le roi fut toujours fidèle à cette promesse. Il évita ainsi bien des fautes auxquelles sa colère l'eût entraîné.
    Le rôle politique, si considérable qu'il fût, de Mgr Pigneaux, ne lui faisait pas négliger ses devoirs de vicaire apostolique. En 1784, avant son départ pour la France, il s'était choisi pour coadjuteur Labartette, que lui-même ne put sacrer, et qui ne reçut la consécration épiscopale qu'en 1793. La bulle Exigit pastoralis (Jus Pont. de Prop. Fid., iv, p. 430) du 22 juillet 1798, leur donna le droit de se choisir respectivement un coadjuteur.
    A son retour, il se fixa dans la paroisse de Thinghe, près du pont actuel de l'Avalanche ; il réorganisa la mission qui par suite des guerres se trouvait dans l'état le plus déplorable. Partout les oratoires et les presbytères avaient été renversés ou brûlés. Il rappela de Chantaboun les élèves du séminaire, qu'il installa à Lai-thieu.
    Il y avait sous sa direction 14 prêtres des M.-E., y compris les huit qu'il avait ramenés avec lui, trois religieux Franciscains, et neuf prêtres indigènes. Il assigna à chacun son champ d'apostolat. Cinq missionnaires et trois prêtres indigènes travaillèrent dans la Haute-Cochinchine ; deux missionnaires furent envoyés chez les peuplades sauvages (Moïs) du nord-ouest ; un troisième fut chargé du séminaire qui comptait une quarantaine d'élèves ; les autres devaient visiter successivement les chrétientés de la Basse-Cochinchine. Ce nombre d'ouvriers évangéliques diminua rapidement : les fatigues, le climat, la fièvre des bois firent quatre victimes dans l'espace de deux ans.
    Dans un autre ordre d'idées, Pigneaux avait également travaillé pour les missionnaires et les chrétiens, en composant un dictionnaire annamite-latin de grande valeur, que publia en 1838 Mgr Taberd, un de ses successeurs ; il traduisit des Instructions pour les dimanches et les fêtes ; les Méditations de Dupont, et le livre des Quatre fins de l'homme, traductions qui malheureusement ont été perdues. Enfin, c'est à lui que l'on doit l'introduction du mangoustanier en Cochinchine.
    L'évêque avait fait, comme d'autres grands apôtres, un rêve incomparablement plus vaste. Il avait espéré conquérir Nguyen-anh à l'Eglise catholique et au vrai Dieu, et par lui, tout le royaume annamite. Ce ne fut qu'un rêve. Le fondateur de la dynastie des Nguyen ne devait pas renouveler dans cette partie de l'Extrême-Orient le rôle de Constantin en notre Occident !
    Cependant, chaque année, le roi dirigeait par terre et par mer une double expédition contre Qui-nhon, la principale forteresse des Tay-son, qui bravait toutes les attaques. En 1799, il invita l'évêque à l'accompagner sous les murs de cette ville. Le prélat y contracta une douloureuse maladie, aggravée par les peines morales et par les rudes fatigues de trente-quatre années d'une vie agitée en Cochinchine. Le prince, très affecté, lui envoya son meilleur médecin, et fit tous ses efforts pour prolonger une vie si précieuse ; s'arrachant aux préoccupations du siège, il vint le voir à plusieurs reprises. La maladie dura deux mois. L'évêque manifesta les plus beaux sentiments de piété, uniquement occupé de Dieu et des pensées du ciel. Après avoir reçu les derniers sacrements, prenant entre ses mains défaillantes le crucifix, il prononça ces touchantes paroles :
    " Croix précieuse, qui, toute ma vie, fûtes mon partage, et qui, en ce moment, êtes ma consolation et mon espoir, permettez-moi de vous embrasser pour la dernière fois. Vous avez été outragée en Europe ; les Français vous ont renversée et projetée de leurs temples, venez en Cochinchine. J'ai voulu vous faire connaître à ce peuple plus grossier que méchant, vous planter en ce royaume jusque sur le trône des rois ; mais mes péchés m'ont rendu indigne d'être l'instrument d'un si grand ouvrage. Plantez-l'y vous-même, ô mon Sauveur, et érigez vos temples sur les débris de ceux du démon. Régnez sur les Cochinchinois. Vous m'avez établi pour leur annoncer votre Evangile ; aujourd'hui que je les quitte pour aller à vous, je les remets entre vos mains. "
    Pigneaux de Béhaine expira le 9 octobre 1799, dans la province actuelle du Binh-dinh. Il avait gouverné la Cochinchine en qualité de vicaire apostolique pendant vingt-neuf ans. Son corps, rapporté à Saïgon, fut inhumé à 3 kilomètres de la ville, dans un jardin qu'il possédait dans la paroisse de Chi-hoa, au village de Thanh-hoa, province de Gia-dinh, à l'endroit principalement connu aujourd'hui sous le nom de tombeau d'Adran. Nguyenanh présida les funérailles qui furent vraiment royales. Il prononça l'éloge du défunt (Phot. du texte de ce discours, A. M.-E., 1902, p. 158), et lui fit élever un riche mausolée près duquel il plaça une garde de 50 soldats, en prescrivant qu'elle y demeurât à perpétuité (Tombeau, grav., M. C., vi, 1874, p. 203. - A. M.-E., 1914, p. 161).
    L'inscription laudative, gravée par son ordre et placée devant le tombeau de l'évêque, porte que le prélat mourut au port de Thi-nai dans la province de Qui-nhon. Ce nom de Qui-nhon fut supprimé par le roi Gia-long, pour punir la province de s'être révoltée, et remplacé par celui de Binh-dinh. L'ancienne ville de Thi-nai ou Qui-nhon, qui a disparu, était située à 4 ou 5 lieues du port actuel de ce nom, à peu près à l'endroit où s'élève aujourd'hui le village de Mi-cang. C'est donc, en précisant les lieux par les noms actuels, à Mi-cang, province du Binh-dinh, qu'est mort Pigneaux de Béhaine.
    Lorsqu'en 1859 la France planta son drapeau en Cochinchine, elle y trouva le tombeau de l'évêque français respecté par le temps, et par les persécutions qui avaient désolé l'Eglise d'Annam. Un gouverneur de notre colonie, le contre-amiral Duperré, le 16 avril 1875, déclara ce tombeau propriété nationale, ce qui, selon l'abbé Jardinier, avait déjà été fait par Napoléon III le 3 août 1861. Le 28 avril 1897, une réunion présidée par le gouverneur général de l'Indo-Chine, Doumer, adopta le projet d'élever à Saïgon une statue à l'évêque d'Adran. Une souscription publique fut lancée. Par délibération du 8 janvier 1898, le conseil municipal de cette ville autorisa l'érection de la statue sur la place de la cathédrale. Cette statue, uvre du sculpteur Lormier, fut inaugurée le 10 mars 1902 (Statue, grav., M. C., xxxiv, 1902, p. 183. - A. M.-E., 1902, p. 147).
    La maison natale de l'évêque à Origny-en-Thiérache (Maison, grav., A. M.-E., 1911, p. 275 ; 1914, p. 161) a été, le 7 mars 1911, achetée par la Société de Géographie de Paris qui jouit de la personnalité civile, et qui y a installé un musée composé de souvenirs de Mgr Pigneaux de Béhaine. L'inauguration de ce musée eut lieu le 1er juin 1914. La façade de la maison, sur laquelle sont gravées les armes de l'évêque d'Adran, est classée au nombre des monuments historiques.
    Armes. - Ecartelé aux 1 et 4 d'or à la croix potencée de sinople cantonnée de 4 croisettes d'argent ; aux 2 et 3 d'or semé d'étoiles d'argent à un écusson en abîme d'azur à l'étoile d'argent. Sur le tout de gueules à la bande cousue de pourpre chargé de 3 étoiles d'argent.
    " Ces armoiries, avec argent sur or et pourpre sur gueules, sont contraires aux règles du blason ". Appréciation de M. le comte de Saint-Saud.
    Bibliographie. - Mandement sur les pouvoirs donnés aux missionnaires. - In-16, pp. 4 [s. l. d].
    Dictionarium anamitico-latinum, primitus inceptum ab illustrissimo et reverendissimo, P.-J. Pigneaux, episcopo Adranensi, vicario apostolico Cocincinæ, etc., dein absolutum et editum a J.-L. Taberd. - Appendix ad Dictionarium anamitico-latinum sistens voces sinenses. - Ex typis J.-C. Marshman, Fredericnagori vulgo Serampore, 1838, in-4, pp. xlvi-722, 128.
    Notes bio-bibliographiques. - N. L. E., v, Son arrestation à Cancao, pp. 466 et suiv. ; Ib., pp. 477, 505 et suiv. ; vi, pp. 57 et suiv., 91 et suiv., 164 et suiv. ; Ib., Lettres à ses père et mère, pp. 168, 174, 178 ; Ib., Relations avec le gouverneur de Cancao, pp. 291, 294, Ib., pp. 297 et suiv., 310 ; Ib., Etablissement du séminaire général à Chantaboun, p. 415 ; Ib., pp. 437, 492, 502 ; vii, pp. 55, 61 et suiv., 86 et suiv., 148, 156 et suiv., 175 et suiv., 216, 285 et suiv., 300 et suiv. ; Ib., Jalousie des mandarins, p. 328 ; Ib., pp. 336, 348, 392 et suiv. ; viii, pp. 94, 139 et suiv., 163 et suiv., 196 et suiv. ; Ib., Brevet que lui décerna Gia-long, p. 202 ; Ib., pp. 219 et suiv., 238, 250, 299, 315, 365 et suiv.
    Nouv. des miss. or. 1785-1786, 1re part., p. 20. - Nouv. des miss. or. 1793-1796, p. 184. - Nouv. des miss. or. 1794-1807, p. 178. - Estrat. del. lett., pp. 133, 146.
    A. P. F., i, 1822-25, n° vi, p. 45 ; iv, 1830-31, Notice, p. 616 ; Ib., p. 620 ; xix, 1847, p. 368 ; xxvii, 1885, pp. 99, 101 ; lxxi, 1899, p. 70. - M. C., vi, 1874, p. 207 ; xv, 1883, pp. 69, 292 ; xxix, 1893, p. 412 ; xxxiv, 1902, Inauguration de sa statue à Saïgon, p. 183 ; xxxvii, 1905, pp. 501, 513. - B. O. P., 1891, p. 426 ; 1892, pp. 581, 583. - A. M.-E., 1898, p. 275 ; 1899, p. 122 ; 1902, Inauguration de sa statue à Saïgon [erreur de date de sa mort qui est du 9 octobre], p. 149 ; 1914, Inauguration du musée d'Adran à Origny-en-Thiérache, p. 161.
    Bull. parois. Origny-en-Thiérache, 1914, n° de juin, p. 2 ; n° de juill., p. 1. - Sem. rel. Soissons et Laon, 1881, p. 561 ; 1885, p. 570 ; 1897, pp. 357, 589 ; 1898, p. 588 ; 1899, p. 153 ; 1902, p. 361 ; 1910, pp. 377, 868 ; 1911, p. 868 ; 1914, n° du 6 juin. - Sem. rel. Paris, 1861, p. 280. - Sem. du Vermandois, 1858-59, pp. 72, 118. - La Foi picarde, 1866, p. 62 ; 1867, 1er sem., p. 337 ; 2e sem., p. 592. - Rev. Indoch., 1913, Documents sur Pigneaux de Béhaine, n° de janv., p. 1 ; n° de fév., p. 163 ; n° de mai, p. 521. - Rev. de l'Extr.-Or., 1882, p. 634. - Excurs. et Rec., 1885, n° de mai-juin, p. 10.
    T'oung-pao, 1re sér., xii, p. 41 [Tirage à part : La politique coloniale, p. 234] ; 2e sér., vii, p. 570 ; Ib., pp. 585, 603 ; Ib., Note pour l'expédition de Cochinchine, au comte de Montmorin, p. 624 ; Ib., Au comte de Conway, pp. 647, 660 ; Ib., p. 661 ; Ib., Au comte de Conway, p. 665 ; Ib., Au comte de Montmorin, p. 667 ; Ib., Au comte de Conway, pp. 668, 670 ; viii, Au comte de Conway, pp. 439, 445 ; Ib., Au comte de Montmorin, p. 455 ; Ib., Au comte de Conway, p. 465 ; Ib., Au comte de Montmorin, p. 467 ; Ib., Rapport sur l'objet de sa mission, p. 489 ; Ib., Au comte de Conway, p. 513 ; Ib., p. 550 [Tirage à part : La Corresp. gén. de la Coch., pp. 96 et suiv.].
    Bull. Soc. Géog. [Rochefort], xxi, 1899, Conférence sur Pigneaux de Béhaine, par Silvestre, avec des notes du chanoine Paillant sur la famille de Mgr Pigneaux, p. 308. - L'Exploration, ix, 1880, 1er sem., p. 643. - Bull. Ecol. franç., xii, n° 7. - Ann d'Extr.-Or., xiii-xv, 1890-1891, Contenant l'ouvrage Les Français, etc, par Faure, voir Biographie. - Le Tour du Monde, 1875, 2e sem., p. 382. - Moniteur universel, 1863, Notice, n° du 16 fév. - La Dépêche Coloniale, 1914, nos des 5 et 6 juin. - Le Républicain du département de l'Aisne, 1914, n° du 4 juin. - La Croix de Thiérache Laonnois, Vermandois, 1914, n° du 7 juin. - L'Echo de Paris, 1914, n° du 2 juin. - Asie franç., 1914, n° de fév. p. 72 ; n° de mai, p. 198.
    Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Hist. miss. Inde, Tab. alph. - La Coch. rel., i, pp. 370 et suiv., 380 et suiv., 381, 382, 392 et suiv., 399, 401 et suiv., 405, 411 et suiv., 416, 421 et suiv., 475, 531 et suiv. ; ii, pp. 8 et suiv., 23. - Lett. à l'év. de Langres, pp. 293 et suiv., 334 et suiv., 353, 358, 362 et suiv., 366, 372 et suiv., 373, 380 et suiv. - Hist. gén. miss. cath., ii, 2e part., pp. 480, 644 et suiv. - La Coch. et le Tonk., pp. 5, 197, 210 et suiv., 217, 223, 231. - Alm. des Miss., 1907, p. 11. - Voy. à la Coch., ii, pp. 234, 307. - Biog. univ. [Michaud], au nom Pigneaux de Béhaine. - Abrégé de l'Hist. d'Ann., pp. 90 et suiv. - Troisième voy. de Cook, viii, pp. 225 et suiv. - Nos miss. pat. et sav., p. 56. - Hist. d'Origny-en-Thiérache, pp. 327 et suiv. - Hist. de Marle, p. 11. - Man. des ass. pour la conv. de l'emp. Japon, p. 181. - La quest. de Coch., pp. 1 et suiv. - La Franc. pont., ii, p. 692. - The pers. of Annam, pp. 28 et suiv. - A voy. to Coch., pp. 281, 334.
    Dai-nam chinh-bien liet-truyen so tap. Section principale des Biographies de l'Annam, 1re sér., Notice sur Mgr Pigneaux sous le nom de Petrus, p. 8. - Dai-nam thuc luc chinh-bien de nhut ki. Section principale des Historiographies de l'Annam, 1re part., Notice sur Gia-long, contient des détails sur Mgr Pigneaux.
    Publication de la Société des Etudes indo-chinoises. Document. Eloge funèbre de Mgr d'Adran par le roi Gia-long. - Imprimerie saïgonnaise, Saïgon, 1905.
    Petit aperçu d'un étourdi sur la demande du prince de Cochinchine, par un jeune militaire, s. l. n. d., in-8. Pièce [Bib. nat., Lb39 6313].
    Collect., 6 janv. 1771 : n° 294 ; 28 janv. 1771 : n° 295 ; 14 mai 1772 : n° 1052 ; 10 mai 1775 : n° 296 ; 1er juin 1775 : n° 856 ; 10 juin 1775 : n° 690 ; 1776 : n° 1952 ; 6 mars 1777 : n° 254 ; 18 janv. 1778 : n° 1054 ; 22 sept. 1782 : n° 1055 ; 14 août 1799 : n° 701.
    Biographie. - Notice historique sur Pierre-Joseph-Georges Pigneaux de Béhaine, évêque d'Adran [avec portrait] [Extrait de la Biographie universelle, Michaud], par M. Dezos de Laroquette, in-8, pp. 15 à 2 col.
    Histoire de Pigneaux de Béhaine, évêque d'Adran, négociateur et signataire du traité de 1787 entre la France et la Cochinchine [Extrait du Moniteur universel, 1863, n° du 16 février]. - Typographie E. Panckoucke et Cie, 13, quai Voltaire, Paris, 1863, in-8, pp. 29.
    Notice sur Mgr Pierre-Joseph-Georges Pigneaux de Béhaine, évêque d'Adran et prince de Cochinchine, ministre plénipotentiaire du roi Louis XVI, général en chef des armées annamites, négociateur et signataire du traité de 1787 entre la France et la Cochinchine, né à Origny-en-Thiérache (Aisne), le 2 novembre 1741, mort le 9 octobre 1799, à Saïgon, où est son tombeau, déclaré propriété nationale par l'empereur, le 3 août 1861, par M. l'abbé J. Jardinier, curé d'Origny-en-Thiérache [Extrait du Moniteur universel, 1863, n° du 16 février]. - Imprimerie de Papillon, lithographe, 2, place Sohier, et 24, rue des Prêtres, Vervins, 1866, in-8, 2 ff. n. ch + pp. 42.
    Les Français en Cochinchine au XVIIIe siècle. Mgr Pigneaux de Béhaine, évêque d'Adran [avec portrait], par Alexis Faure. - Augustin Challamel, éditeur, librairie coloniale, 5, rue Jacob, et 2, rue Furstenberg, Paris, 1891, in-8, pp. 254.
    Mgr d'Adran. Notice biographique, par Louis-Eugène Louvet, missionnaire apostolique. Précédée d'une lettre de Mgr Dépierre. - Imprimerie de la Mission, Saïgon, 1896, pp. xii-274 + tab.
    Bien tich duc-thay Vero giup duc-Cao-Hoang phuc nghiep, par P. J.-B. Truong vinh-Ky, phung thuat duc-thay Dépierre giam muc day in ra. Cuon nhut. - Claude et Cie imprimeurs-éditeurs, Saïgon, 1897, in-24, pp. 48.
    Mgr d'Adran missionnaire et patriote, par Louis-Eugène Louvet, missionnaire apostolique, 2e édit. - Librairie Delhomme et Briguet, J. Briguet. éditeur, 83, rue de Rennes, Paris ; 31, avenue de l'Archevêché, Lyon, 1900, in-8, pp. 319.
    Société académique de Chauny. Pigneaux de Béhaine né à Origny-en-Thiérache (Aisne), évêque d'Adran, missionnaire et diplomate, précurseur de la colonisation française en Indo-Chine 1741-1799 [avec portrait] [Extrait du Bull. de la Soc. Acad. de Chauny. vii]. - E. Ronat, Chauny, in-8, pp. 48.
    Du'c Thay Vero Pho ta Du'c vua Gia-Long Phuc quoc Van [par] Dominique Thomas Trinh-Kanh-Tan, Tri huyen honoraire. - Imprimerie de la Mission, à Tandinh-Saïgon, 1904, in-8, pp. 73.
    Mgr Pigneaux de Béhaine, vicaire apostolique de la Cochinchine (1741-1799) [avec portrait], par V. Monestier. Les Contemporains, n° 944. - 5, rue Bayard, Paris, in-4, pp. 16.
    Mgr Pigneaux de Béhaine et la Cochinchine au XVIIIe siècle, par J. Riche [Extrait de la Rev. d'Europe et des Colon., 1906]. - 4, rue Antoine Dubois, Paris, in-8, pp. 50.
    Portrait. - Peint à l'huile, est au Séminaire des M.-E. - Gravure, Devritz del., Monnin sc. - A. P. F., iv, 1830-31, p. 603. - M. C., xv, 1883, p. 66. - A. M.-E., 1901, p. 146 ; 1914, p. 161.
    Bull. parois. d'Origny-en-Thiérache, 1914, n° de juill., p. 1. - Hist. gén. miss. cath. [gravé sur acier], ii, 2e part., p. 485. - Biog. univ. [Michaud] [gravé sur bois], au nom Pigneaux de Béhaine. - Cartes postales : Collection Mgr Pigneaux de Béhaine, évêque d'Adran, Lecerf-Groulard, libraire, Origny-en-Thiérache.
    [Tous ces portraits sont la reproduction du portrait peint à l'huile indiqué ci-dessus]
    A l'Hôtel-de-Ville de Saïgon, peint en 1901 par M. Lucien Raffier, un panneau représente les premiers Français à Saïgon, au XVIIIe siècle : Mgr Pigneaux de Béhaine, Ollivier, Chaigneau, etc., entourant le roi Gia-long. - Dans l'église d'Origny-en-Thiérache, un vitrail représente Mgr d'Adran. - Voir Biographie.


    Bibliographie:
    PIGNEAUX DE BEHAINE Pierre (1741-1799)

    Dictionnaire sino-vietnamien-vietnamien usuel-latin-chinois / [Pigneaux de Béhaine]. - [18e s.]. - [31]-852 p. ; 29 cm. Classification par clefs. AMEP vol.1064




    Vocabularium annamitico-latinum / par Pierre, Joseph, Georges Pigneaux de Béhaine, membre du Séminaire des Missions Etrangères de Paris, évêque dAdran, vicaire apostolique de Cochinchine, de Cambodge et de Ciampa. - 1772. - 729 p. sur 2 col. ; 35 cm.
    Manuscrit relié, couverture claire. AMEP.vol.1060

    Dictionarium anamitico-latinum / primitus inceptum ab P. J. Pigneaux, episcopo adranensi, vicario apostolico Cocincinae &c ; dein absolutum et editum a I. L. Taberd, episcopo isauropolitano, vicario apostolico Cocincinae. - Serampore : Ex Typis J. C. Marshman, 1838. - XLVI-722-128 p. ; 28 cm




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