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Noël PÉRI

PÉRI Noël (1865-1922)
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    PÉRI Noël

    (1865-1922)


    [1809] PÉRI Noël, est né le 22 août 1865 à Cruzy-le-Chatel, dans le diocèse de Sens (Yonne), d'un père corse et d'une mère bourguignonne. Il fit ses premières études à Neufchateau, puis fut envoyé au Collège des Jésuites à Dole. Son père, fonctionnaire, ayant été nommé à Chalon-sur-Saône, Noël entra comme externe au collège de cette ville pour y faire sa rhétorique. C'est à ce moment qu'il commença l'étude du piano, de l'orgue et de l'harmonie. Attiré par les Sciences, il eut tout d'abord l'intention d'entrer à l'École Polytechnique, mais, par un brusque changement de cap, il opta pour le Séminaire St Sulpice, en décembre 1883. Le 6 juin 1884, il reçut la tonsure. Il demanda alors son admission aux Missions Étrangères, et il entra à la rue du Bac, le 18 septembre 1885. Minoré le 26 septembre 1886, sous-diacre le 24 septembre 1887, diacre le 25 février 1888, il fut ordonné prêtre le 8 juillet suivant. Destiné à la mission du Japon septentrional, le 28 novembre il disait adieu à sa famille et partit à Marseille, où il devait s'embarquer sur le \Melbourne" pour le Japon.


    Il débarqua à Yokohama en janvier 1889. Comme tout missionnaire, il commença par l'étude de la langue et il y fit de tels progrès qu'au bout d'une année, sans doute avec l'aide de lettrés japonais, il écrivit de petites brochures pour présenter le christianisme. En octobre 1890, son évêque l'envoya à Matsumoto, ville de la province de Nagano. Au bout de deux ans de séjour, on le rappela à Tokyo pour y diriger l'orphelinat de Sekiguchi. Il y resta peu de temps. En janvier 1893, il lui fallut retourner à Matsumoto. Le Père Péri entreprend alors, en tandem avec le Père Steichen, qui lui résidait à Tokyo, la traduction du Nouveau Testament. Une évolution commençait à naître dans son esprit, semble-t-il, qui devait le conduire à une conception nouvelle de l'apostolat dans un pays tel que le Japon. Il en vint à penser qu'il fallait donner au catholicisme une autre figure et des moyens d'action nouveaux par le livre et la presse. Finalement, le Conseil épiscopal accepta les idées de ce jeune missionnaire, à condition qu'il les réalise par ses propres moyens, surtout financièrement. En août 1896, le Père Péri fut donc rappelé à Tokyo. Son premier soin fut de mener à terme la traduction des Évangiles. Le premier volume -Mathieu et Marc- avait paru en 1895. Le second -Luc et Jean- fut publié au début de 1897. Par ailleurs, il accepta de collaborer à la "Revue Française du Japon" : il y a de lui, bien que non signés, un article sur le Nô, une notice sur le Nô, intitulée "Hashi-Benkei" et une traduction de ce Nô.

    Le Père Péri était connu comme musicien. Sur la demande expresse du directeur de "Conservatoire de Musique de Ueno", il commença des cours d'orgue, d'harmonie et de composition. Pour ses élèves, il publia un "Cahier d'exercices pour piano et orgue", puis trois "Cahiers de pièces progressives" tirées de différents auteurs, parmi lesquelles il intercala, sans les signer, des morceaux de sa composition. Mais son grand dessein en revenant de Tokyo était de créer une revue japonaise de haute tenue, et, à côté d'elle, pour la soutenir et lui fournir des moyens d'existence, une librairie internationale et plus particulièrement française. En 1897, il s'installe dans le quartier d'Asakusa, en compagnie du Père Lemoine, qui partageait ses vues. La revue "Ten-Chin-Jin" (Ciel-Terre-Homme) parait en 1898. Cette même année, il reprend un journal bimensuel, le "Koe" (La Voix), destiné aux chrétiens japonais. Tout cet effort paraissait porter ses fruits. Mais au moment où le succès pouvait être espéré, une crise naquit qui devait anéantir ses efforts. Pendant les premières années, Mgr. Osouf avait soutenu le jeune missionnaire, mais un groupe hostile aux novateurs finit par l'emporter. On lui enleva la direction de la librairie qui alors périclita et ne put fournir les ressources nécessaires. La revue "Ten-Chen-Jin" dut cesser de paraître. En novembre 1901, le Père Péri accepta de prendre en charge le poste de Mito. Mais en mai 1902, sa décision est prise : il quitte la Société des Missions Étrangères et devient "prêtre libre".

    Les années de 1902 à 1907 furent pour lui des années de labeur acharné et fécond. Il revint à l'étude du Nô, puis des confrères qui partageaient ses vues et lui-même formèrent le projet de publier une revue trimestrielle, en français. Telle fut l'origine des "Mélanges japonais" qui parurent de 1904 à 1910. La contribution la plus importante du Père Péri fut une série d'articles intitulés "Bukkyô Seiten" (Livres Sacrés du bouddhisme). En septembre 1906, à la demande du Père Robert, procureur des Missions Étrangères, qui résidait à Shanghai, il accepta de se rendre dans cette ville pour faire du journalisme. Pendant quelques mois, il collabora régulièrement à "L'Écho de Chine", il envoya des correspondances à "L'Avenir du Tonkin" et dans la Revue de Paris (1er et 15 juin 1907) des articles sur "l'éducation nouvelle en Chine". À Hanoi, l'École Française d'Extrême Orient désirait se l'attacher : le 9 mars 1907, il fut nommé "pensionnaire". Il quitta alors Shanghai pour Hanoi, le 23 avril. Il y resta jusqu'à sa mort. Il est bien difficile d'énumérer, ici, en détail, les travaux de cette période scientifique de sa vie. Il fut nommé "secrétaire-bibliothécaire" de l'École. Puis à quatre reprises, il est envoyé en mission au Japon. On peut dire que son oeuvre se divise en deux : d'abord des travaux de sinologie concernant uniquement le Bouddhisme -puis en second lieu- un travail de pure japonologie : "Études sur le drame lyrique japonais Nô" et traductions diverses.

    Le Père Péri ne retourna jamais en France. Au mois de juin 1922, dans la nuit du 18 au 19, revenant d'une excursion de quelques jours à la baie d'Halong, avec des amis, l'auto fit une embardée. Le Père Péri heurta une branche d'arbre et fut blessé à la base du crâne. Ramené à Hanoi, sans jamais reprendre connaissance, il expira le 25 juin.



    Références biographiques

    AME 1889 p. 36. 50. 1892 p. 610. 1898 p. 86. 1900 p. 138 (art). CR 1888 p. 208. 1889 p. 58. 1891 p. 32. 1894 p. 53. 1895 p. 56. 1896 p. 51. 1898 p. 44. 45. 1947 p. 179. 180. BME 1951 p. 111.



    Bibliographie
    PERI Noël (1865-1922)

    Hashi-Benkei ou Benkei au pont / Noël Péri. - Tôkyô : Revue française du Japon, 1897. - [5] p.
    Extr. de : "Revue française du Japon", t. 5, 1897, p. 84-89.

    Notice sur le nô intitulé Hashi-Benkei / Noël Péri. - Tôkyô : Revue française du Japon, 1897. - [8] p. - Extr. de : "Revue française du Japon", t. 5, 1897, p. 81-84.

    Quelques mots sur les nô et les kyôgen / Noël Péri. - Tôkyô : Revue française du Japon, 1897. - [5] p. - Extr. de : "Revue française du Japon", t. 5, 1897, p. 76-81.

    Etudes sur le drame lyrique japonais / Noël Péri. - Hanoï : Ecole Française d'Extrême-Orient, 1909-1920. - 27 cm. In : BEFEO 9 (1909) 251-284, 707-738 ; 11 (1911) 111-151 ; 12 (1912) 1-63 ; 13 (1913) 1-113 ; 20 (1920) 1-110.

    Cinq nô / drames lyriques japonais traduits avec préface, notice et notes par Noël Péri ; bois dessinés et gravés par Jean Buhot. - Paris : Ed. Bossard, 1921. - 259 p. : pl., front. ; 22 cm. - (Les Classiques de l'Orient ; 5). - Réédité en 1922.




    "Les Saints Évangiles" (en japonais). par MM. Streicher et Péri. Yokohama, 1895. 514 pages.
    "Les Livres Sacrés du Bouddhisme". Mélanges japonais. 1906.
    "Étude sur le drame lyrique japonais". BEFEO, 1909-21.

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    • Numéro : 1809
    • Année : None