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Jacques Léonard PÉROCHEAU

[329]. PÉROCHEAU, Jacques-Léonard, naquit le 6 janvier 1787 aux Sables-d'Olonne (Vendée). Il était le fils d'un capitaine de pêche. Il montra d'abord un goût prononcé pour la marine, se fit remarquer par ses aptitudes dans les sciences mathématiques, et accompagna son père dans un voyage en Amérique. Brusquement, ses idées se tournèrent vers le sacerdoce ; il fit ses études aux Sables-d'Olonne, au petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers, et au grand séminaire de La Rochelle.
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    [329]. PÉROCHEAU, Jacques-Léonard, naquit le 6 janvier 1787 aux Sables-d'Olonne (Vendée). Il était le fils d'un capitaine de pêche. Il montra d'abord un goût prononcé pour la marine, se fit remarquer par ses aptitudes dans les sciences mathématiques, et accompagna son père dans un voyage en Amérique. Brusquement, ses idées se tournèrent vers le sacerdoce ; il fit ses études aux Sables-d'Olonne, au petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers, et au grand séminaire de La Rochelle. Après son ordination sacerdotale qui eut lieu en 1812, il fut nommé professeur de philosophie dans ce dernier établissement.
    Il avait souvent exprimé le désir de se consacrer aux Missions-Etrangères, mais son évêque, Mgr Paillon, lui en avait constamment refusé l'autorisation. Un de ses amis, Coupperie, alors missionnaire de Saint-Laurent-sur-Sèvre et depuis évêque de Babylone, étant allé à Rome solliciter la béatification du P. de Montfort, parla de ses dispositions à la Propagande au moment où la mission du Se-tchoan était sans évêque, et où le missionnaire choisi pour le devenir, Fontana, n'avait pas encore reçu ses bulles. On décida que Pérocheau serait nommé évêque de Maxula, et qu'il irait sacrer Fontana au Se-tchoan où il pourrait rester. Ses bulles sont du 30 septembre 1817.
    L'élu vint au Séminaire des M.-E. le 2 janvier 1818, et fut sacré dans l'église du Séminaire le 1er février suivant, par Mgr de Bovet, ancien évêque de Sisteron, archevêque nommé de Toulouse, qu'assistaient Mgr Le Blanc de Beaulieu, ancien évêque de Soissons, archevêque nommé d'Arles, et Mgr Poynter, évêque d'Halie, vicaire apostolique de Londres. Etaient présents à la cérémonie : Mgr Murray, coadjuteur de l'évêque de Dublin, Mgr Paterson, coadjuteur de l'évêque d'Edimbourg, et treize évêques français.
    Pérocheau partit le 22 du même mois pour le Se-tchoan, passa par le Tonkin, remonta le Fleuve Rouge, traversa le Yun-nan, et arriva près de Fontana, qu'il sacra le 21 mai 1820, à Tchang-cheou hien, dans la maison de la famille Kiao. Les bulles de Fontana portaient qu'il pouvait se choisir un coadjuteur, mais ne lui prescrivaient pas de prendre Mgr Pérocheau. Il le choisit, ce qui était tout indiqué. Ce dernier étudia la langue et les caractères chinois avec succès. Il se chargea d'un district comme un simple missionnaire, et travailla à Ho-pao-tchang, Tchen-kia-tchang, Tchang-cheou, Mien-tcheou, Tong-kia-ouan, et plus tard à Tsong-king tcheou et à Tchen-tou. Ses lettres nous renseignent fort peu sur ses voyages et ses travaux apostoliques ; elles sont ordinairement assez courtes, et traitent plutôt de questions générales étrangères au vicariat. Le Collège général, le Règlement de la Société, le clergé indigène, les acceptations ou les refus de Missions par la Société des M.-E., les cas de conscience sur le mariage et les superstitions en sont les sujets principaux.
    Il composa une théologie à l'usage des séminaristes chinois ; il en envoya le manuscrit aux professeurs du Collège général, puis aux directeurs du Séminaire des M.-E., en les priant de le revoir, de le corriger et de le faire imprimer. L'ouvrage fut publié en 1839 sous le titre Theologia dogmatica et moralis. C'est un manuel qui, à cette époque, fut jugé suffisant ; on ne remarqua pas de suite la sévérité de quelques opinions qui étaient celles du temps.
    Fontana étant mort le 11 juillet 1838, Pérocheau devint vicaire apostolique du Se-tchoan.
    Voici les statistiques de 1837 et de 1840 ; elles indiqueront avec quelque précision l'état de la mission. En 1837 : 2 évêques, 9 missionnaires, 25 prêtres indigènes, 30 catéchistes, 900 vierges chrétiennes, 50 000 chrétiens, 300 baptêmes d'adultes, 7 000 baptêmes d'enfants d'infidèles, 2 séminaires avec 35 élèves. En 1840, 1 évêque, 10 missionnaires, 29 prêtres indigènes, 35 catéchistes, 900 vierges chrétiennes, 52 000 chrétiens, 484 baptêmes d'adultes, 15 766 baptêmes d'enfants d'infidèles, 1 séminaire avec 20 élèves, 50 écoles de garçons, 119 écoles de filles. A ces statistiques, le compte-rendu de 1843 ajoute le nombre des confessions : 37 557, et celui des communions : 11 680. D'après ces chiffres, la proportion des communiants aurait donc été de 1 sur 3 pénitents. Cette proportion, qui indique de la sévérité, est la même dans les comptes-rendus personnels de l'évêque.
    En 1840 eut lieu l'érection du Yun-nan en vicariat apostolique ; Pérocheau lui donna pour chef un de ses missionnaires, Ponsot. La même année, il exprima le désir de prendre Papin pour coadjuteur ; celui-ci ayant refusé, il s'adressa à Favand qui refusa également ; alors, en 1844, il choisit Desflèches. En 1846, il reçut du Saint-Siège le pouvoir de nommer un vicaire apostolique pour le Thibet, et un autre pour le Kouy-tcheou ; il nomma seulement ce dernier qui fut E. Albrand.
    Le traité de Whampou, signé le 24 septembre 1844 par de Lagréné, avait spécifié quelque liberté pour le catholicisme en Chine ; mais il n'était guère exécuté. L'évêque ne s'en étonnait point ; il pensait que la Chine, toujours hostile à la prédication évangélique, serait très lente à réaliser ses promesses ; cependant il avisa de cette situation le représentant de la France, et en même temps, il prescrivit à ses missionnaires la plus grande prudence, les invitant à travailler en secret, comme précédemment. Lorsqu'en 1848 il fut question de réunir en un synode les évêques de Chine, Pérocheau s'y montra opposé, tandis que son coadjuteur, Desflèches, et son voisin le vicaire apostolique du Kouy-tcheou, Albrand, y poussaient de toutes leurs forces. A cette même époque, on parla beaucoup de la constitution de la hiérarchie en Chine, sur laquelle le prélat exprimait cette idée dans une lettre du 25 février 1849 : \ Quand le temps sera venu d'établir des évêques en titre en Chine, il vaudra mieux, ce semble, établir un archevêque en chaque Société de missionnaires pour les évêchés de cette Société : un archevêque pour les diocèses de notre Corps, un archevêque pour les diocèses des Lazaristes, un pour ceux des Franciscains, etc. " Nous trouvons aussi exprimé dans ses lettres le désir que le Souverain Pontife eût un représentant à Pékin.
    Il s'occupa avec succès et prudence du clergé indigène et des écoles ; il développa l'uvre des baptêmes d'enfants d'infidèles. La statistique de ces baptêmes ne peut être faite ici complètement ; voici quelques chiffres : nous avons noté 15 766 baptêmes en 1840 ; il y en eut 94 131 en 1850 ; 152 450 en 1859. Cependant, il importe de dire que l'on redouta, non sans motif, une exagération des chiffres fournis par les baptiseurs. L'évêque traça des règlements, ou du moins codifia les règlements déjà existants pour les baptiseurs, les catéchistes et les chefs de stations.
    En 1854, la division du Se-tchoan en plusieurs vicariats fut étudiée ; elle eut lieu une première fois le 2 avril 1856. Par le bref Cupientes pro supremi (Jus Pont. de Prop. Fid., vi, 1re part., p. 251), deux vicariats furent créés : le Se-tchoan septentrio-occidental, et le Se-tchoan méridio-oriental. Pérocheau demeura à la tête du premier de ces vicariats, selon la teneur de la lettre Cum nos benevisam (Ib., vi, 1re part., p. 251), que le pape Pie IX lui adressa le 4 avril.
    Le 5 août 1857, il signa avec Mgr Desflèches et Mgr Thomine-Desmazures, pour la délimitation des nouveaux vicariats, un accord que la Propagande rendit définitif par un décret du 7 janvier 1858. Son vicariat garda environ 29 000 catholiques. Lors d'une seconde division, le Se-tchoan méridional fut érigé en vicariat apostolique le 24 janvier 1860, et le Se-tchoan septentrio-occidental, plus communément appelé Se-tchoan occidental, lui céda quelques parcelles de son territoire.
    Pérocheau mourut à Ho-pa-tchang le 6 mai 1861, et fut inhumé au cimetière Mo-pan-chan à Tchen-tou. Tous ceux qui le connurent sont unanimes à louer sa sainteté et sa prudence ; ils notent parfois sa sévérité dans le commandement et dans ses décisions morales.
    Armes. - De... à la fleur de... surmontée d'une étoile de... Le cartouche est surmonté d'un Sacré-Cur en cimier avec mitre et crosse.
    Bibliographie. - Theologia dogmatica et moralis... ad usum missionis Su-tchuensis, ex probatissimis auctoribus excerpta et contracta. - Apud Méquignon juniorem, Facultatis Theologiæ bibliopolam, Parisiis, mdcccxxxix, 2 vol. in-8, pp. xi-456, 421.
    Comp.-rend. : Am. de la Rel., cii, 1839, p. 113.
    Tous les ouvrages ci-dessous indiqués ont été imprimés à l'imprimerie de la Sainte-Famille, Cha-pin-pa, ou depuis 1906 à Tsen-kia-gay (Se-tchoan oriental).
    Conciones sinicæ latinis litteris expressæ [quibus accedunt Conciones de Decalogo a P. Delamarre]. - In-8.
    (Règlement des baptiseurs).
    (Règlement des catéchistes ou chefs de station).
    Notes bio-bibliographiques. - C.-R., 1884, p. 46. - N. L. E., v, pp. 5, 94 et suiv. - A. P. F., i, 1822-25, n° i, pp. 15, 16 ; n° iv, pp. 18, 20 ; n° vi, pp. 8, 26 ; ii, 1826-27, p. 257 ; iii, 1828-29, p. 1 ; iv, 1830-31, p. 419 ; vi, 1833-34, p. 521 ; ix, 1836-37, p. 460 ; xi, 1838-39, p. 194 ; xii, 1840, p. 484 ; xvi, 1844, pp. 333, 336 ; xvii, 1845, p. 435 ; xxii, 1850, Manque de liberté pour le catholicisme en Chine, p. 125 ; xxiii, 1851, Situation du Su-tchuen, p. 221 ; xxix, 1857, p. 361 ; xxxiv, 1862, p. 484.
    A. S.-E., i, 1843-48, p. 332 ; ii, 1848-50, Ordre réglé pour les baptêmes, p. 58 ; Ib., Organisation des baptiseurs, p. 394 ; iv, 1852, p. 228 ; vii, 1855, L'infanticide, p. 137 ; viii, 1856, p. 52 ; x, 1858, Détails sur la Société Angélique, p. 48. - A. M.-E., 1900, pp. 261, 266, 267, 270. - Sem. rel. Luçon, 1876, Notice, pp. 9, 43, 62, 79, 94, 109, 123, 140, 167, 205, 231, 250, 267, 281, 297, 316, 333, 349, 378 ; 1877, Notice (suite), pp. 409, 426, 440, 460, 473, 524, 543, 557, 615, 630, 649, 687, 712, 766, 794, 816. - Am. de la Rel., xiv, 1817, p. 363 ; Ib., Son sacre, p. 393 ; xv, 1818, pp. 26, 57 ; xviii, 1818, pp. 122, 235 ; xx, 1819, p. 55 ; xxi, 1819, p. 271 ; xxviii, 1821, p. 332 ; xxx, 1821, p. 249.
    Acta RR. Vic. Apost. miss. Se-tchouan : Acta RR. DD. Jacobi Leonardi Perocheau episcopi Maxulensis, pp. 96-246.
    Hist. gén. miss. cath., ii, 2e part., pp. 651 et suiv. - Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Hist. miss. Inde, Tab. alph. - Hist. miss. Kouy-tcheou, Tab. alph. - Hist. miss. Thibet, Tab. alph. - Vie de Mgr de Marion-Brésillac, p. 413. - Lett. à l'év. de Langres, pp. 238 et suiv., 248, 304. - Hist. des relat. de Chine, Tab. alph. - La Rel. de Jésus, i, p. 552. - Vie du Vén. L. Baudouin, pp. 174, 359 et suiv. - Vie de Mgr de Forbin-Janson, pp. 61, 467. - La Franc. pont., ii, p. 709.
    Collect., 8 mars 1823 : n° 1794 ; 4 août 1839 : n° 2097 ; 26 juill. 1841 : n° 2027 ; 29 mai 1842 : n° 167 ; 21 sept. 1843 : n° 1106 ; 27 sept. 1843 : n° 1087 ; 10 mai 1846 : n° 1092 ; 8 avril 1848 : n° 1934 ; 17 août 1849 : n° 1456 ; 4 mai 1853 : n° 357.
    Portrait. - Lithographie, L. Tanty lith., imprimerie Auguste Bry, 114, rue du Bac, Paris ; propé des Missions-Etrangères.


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    • Numéro : 329
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