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Céleste NICOLAS (1880-1961)

[2798]. NICOLAS Céleste (1880-1961) né le 7 septembre 1880 à Jeandelaincourt (M.-et-M.), admis au Séminaire des Missions Étrangères en 1901, ordonné prêtre le 26 juin 1904, partit pour la Cochinchine le 17 septembre suivant. Il étudia la langue à Cho-quang et à Tha-la, puis fut nommé vicaire à la cathédrale de Saïgon en 1907, et, en 1915, devint curé de Cho-dui. De 1916 à 1920, il revint en France pour raison de santé, puis, à son retour, fut chargé du poste de Da-lat, où il
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    [2798] NICOLAS Céleste, est d'origine lorraine et d'ascendance paysanne. Il est né le 7 septembre 1880 à Jeandelaincourt, petit village de 600 habitants, à une vingtaine de kilomètres au Sud-Est de la ville industrielle de Pont-à-Mousson. Après ses études primaires au village, il se rend dans cette cité pour continuer ses études au Petit Séminaire. Il est un séminariste modèle, sérieux, pieux, un excellent camarade. Au sortir de sa réthorique, en 1898, il entre au Grand Séminaire de Nancy. En 1901, il est admis au Séminaire des Missions Étrangères de Paris, où il est ordonné prêtre le 26 juin 1904 et affecté à la Mission de la Cochinchine occidentale.

    Le 17 septembre suivant, il s'embarque à Marseille pour Saïgon. Arrivé à destination, il est envoyé pour apprendre la langue, d'abord à Cho Quau, puis en 1905 à Thala. En 1907, il est nommé vicaire à la Cathédrale. En 1909, une grave maladie de foie l'oblige à rentrer en France. A son retour en Cochinchine, en 1910, il reprend sa place à la Cathédrale. En 1915, il est nommé curé de Cho Dui, grosse paroisse de la banlieue. Dans ces deux postes, il fonde un mouvement d'action catholique et n'hésite pas à lancer un journal qu'il rédige avec des jeunes gens. Mais dès 1916, un nouvel abcès au foie l'oblige à reprendre le chemin de la France. Son pays natal est alors sous occupation allemande, une partie de sa famille est réfugiée à Toulouse, c'est là qu'il la retrouve.

    À la fin de la guerre, en 1920, il rejoint sa Mission. Mais en raison de sa santé fragile, le nouveau vicaire apostolique de Saïgon, Mgr. Quinton, décide de l'envoyer à Dalat, station d'altitude où l'on trouve la fraîcheur vainement cherchée dans le delta. En 1920, cette station commence à peine à être habitée. Les Missions Etrangères et les Soeurs de Saint Paul de Chartres y ont déjà une maison. Quelques familles, elles aussi, s'installent sur le flanc de la montagne. A cette époque, les catholiques qui résident sur place forment une communauté de 150 personnes. Et puis, peu à peu, des constructions sortent de terre pour accueillir Français et Viêtnamiens qui montent à Dalat pour y passer leurs vacances. Une première chapelle est construite. Le Père Nicolas pense aussi à l'évangélisation de ces populations qui vivent dans la forêt et qu'on appelle les montagnards. Un travail d'approche est fait dans ce sens, mais reste sans lendemain. Il sera repris plus tard par d'autres missionnaires.

    Entre 1920 et 1940, Dalat devient un grand centre ; les villas se multiplient ; bientôt l'Empereur d'Annam va y avoir une résidence. Les projets du gouvernement prévoient l'établissement d'un grand lycée. Devant cette croissance ininterrompue, le Père Nicolas doit se rendre à l'évidence ; il lui faut se lancer dans la construction d'une vaste église. Mais pour cela, il faut recueillir des fonds. Une entreprise difficile qui explique pourquoi dix ans après la pose de la première pierre, l'église est encore inachevée. C'est en 1942 que l'église, enfin terminée, est dédiée à Saint Nicolas.

    Si pour les paroissiens de Dalat leur curé a été surtout un bâtisseur, il faut reconnaître qu'il a été aussi un pasteur dévoué, ne ménageant pas sa peine pour instruire aussi bien les élèves du lycée que la population qui vivait sur place ; il en était de même pour les familles qui, pendant les mois de vacances, venaient respirer l'air frais des montagnes.

    En plus de ses fonctions pastorales, le Père Nicolas avait la garde de la maison des Missions Etrangères où les missionnaires montaient se reposer pendant quelques semaines. Voulant que leur séjour soit agréable, il organisait pour eux des excursions dans la région. Mais avec la guerre et tous les malheurs qu'elle engendre, le Père Nicolas doit quitter son église et sa cure. En 1947, il rentre définitivement en France et se retire à Montbeton. C'est là qu'il passa les dernières années de sa vie, durement éprouvé par les infirmités. Il est décédé le 16 novembre 1961 dans une clinique, à Montbeton. Sa dernière joie fut d'apprendre que sa Paroisse de Dalat avait pris beaucoup d'extension (14.000 chrétiens), et que l'évangélisation des montagnards était en bonne voie.

     

    Références biographiques

    AME 1904 p. 318.

    CR 1904 p. 293. 1909 p. 178. 1916 p. 130. 1920 p. 55. 1932 p. 211. 1937 p. 151. 1948 p. 95. 1954 p. 85. 1956 p. 49. 1961 p. 96.

    BME 1929 p. 591. 1931 p. 74. 606. 764. 1932 p. 792. 1933 p. 214. 1948 p. 216. 222. 1952 p. 162. 1961 p. 154.

    R. MEP.  N° 120 p. 50.

    EPI 1962 p. 86. 87. 89. 208. 809.

    EC1 N° 451. 678. 707.

     

     

    • Numéro : 2798
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1904