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Jean NAUDE-THEIL (1822-1900)

[533]. NAUDE-THEIL, Jean-Roch, né le 16 août 1822 à Peyrouse (Hautes-Pyrénées), fit ses études au petit séminaire de Saint-Pé, et entra laïque au Séminaire des M.-E. le 19 juillet 1844. Il reçut la prêtrise le 29 mai 1847, et partit le 21 juillet suivant pour la mission de la Presqu'île de Malacca. Il débuta dans le district de Ténassérim, tenta en 1848, mais sans succès, l'évangélisation des îles Nicobar, fut placé à Kadai, 1848-1856, et y apprit très bien les deux dialectes carians en usage dans le sud de la Birmanie.
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    [533]. NAUDE-THEIL, Jean-Roch, né le 16 août 1822 à Peyrouse (Hautes-Pyrénées), fit ses études au petit séminaire de Saint-Pé, et entra laïque au Séminaire des M.-E. le 19 juillet 1844. Il reçut la prêtrise le 29 mai 1847, et partit le 21 juillet suivant pour la mission de la Presqu’île de Malacca. Il débuta dans le district de Ténassérim, tenta en 1848, mais sans succès, l’évangélisation des îles Nicobar, fut placé à Kadai, 1848-1856, et y apprit très bien les deux dialectes carians en usage dans le sud de la Birmanie.

    En 1856, la Birmanie ayant été confiée à la Société des M.-E., il fut attaché à ce vicariat, et chargé du district de Bassein où il fit de nombreuses conversions parmi les Carians. En 1858, il résolut de fonder des chrétientés dans les campagnes carianes. Il partit en compagnie d’un Carian qu’il avait délivré de prison, et se dirigea d’abord vers un gros village du nom de Chimpo, à 6 milles nord-ouest d’Henzada. Après un séjour de quelques mois dans cette localité, il s’aperçut que les païens qui lui promettaient de se convertir le trompaient. Il alla se fixer à Thinganaing, y construisit d’abord une hutte en bambous pour lui et les deux enfants qui le servaient. Sa connaissance de la langue cariane et son esprit de sacrifice lui valurent bientôt un nombre croissant de conversions. En moins de dix ans, il en comptait un millier. Une résidence et une chapelle en bois, construites en 1861, disparurent huit ans plus tard pour faire place à l’église et à la résidence actuelles. Les écoles de garçons et de filles ne tardèrent pas à être installées. En 1870, lors de la division de la Birmanie en plusieurs vicariats, Naude-Theil fit partie de la Birmanie méridionale.

    Il passa les vingt dernières années de sa vie dans la souffrance, et resta pendant dix ans sans pouvoir célébrer la messe. On lui avait proposé de venir se soigner en France­ : « Inutile d’y penser, répliqua-t-il. En arrivant ici, sous ces manguiers que vous voyez, je promis aux Carians de ne jamais les abandonner, de mourir même au milieu d’eux. Pour rien au monde je ne voudrais m’exposer à manquer à ma parole. » Dans la région où il n’avait pas trouvé un seul chrétien en 1856, il y en a aujourd’hui plus de 10 000, dont une partie doivent leur conversion au zélé missionnaire. Il mourut à Thinganaing le 2 juin 1900, et fut enterré dans l’église.

    Notes bio-bibliographiques.

    C.R., 1894, p. 249­ ; 1895, p. 263­ ; 1896, p. 264­ ; 1898, p. 213­ ; 1899, p. 249­ ; 1900, p. 194­ ; 1901, p. 198­ ; 1909, p. 210.

    A.M.E., 1912, pp. 206, 210, 273.

    Annuair. petit sém. Saint-Pé, 1902, Notice, p. 450.

    The Beng. cath. Herald, 1861, 20 juil., n° 26, p. 228.

    The Indo.-Europ. Corresp., 1900, p. 587.

    La miss. de Birman., pp. 96, 130.

    • Numéro : 533
    • Pays : Birmanie
    • Année : 1847