Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Pierre NARBAITZ-JAUREGUY (1910-1966)

[3536]. NARBAITZ-JAUREGUY Pierre (1910-1966) né le 28 novembre 1910 à Labets-Biscay
Add this

    [3536]  NARBAITZ JAUREGUY Pierre, naquit le 28 novembre 1910 à Labets-Biscay, dans le diocèse de Bayonne (Pyrénées Atlantiques). Sa famille, des métayers modestes, comptait dix enfants.

    Vers 9-10 ans, il s'ouvrit de son désir de devenir prêtre à son curé qui lui conseilla d'attendre. Le 1er janvier 1922, il fit sa communion solennelle et renouvela sa demande à son nouveau curé qui la prit au sérieux. Le 1er octobre 1922, il entra au collège de Mauléon. Au printemps de 1925, Mgr. de Guébriant donna la confirmation dans ce collège et parla des missions aux élèves.

    Le 12 juillet 1928, M. Narbaitz-Jauréguy fit sa demande d'admission au Séminaire des Missions Étrangères, où il entra, laïque, le 7 septembre 1928. Il fut ordonné prêtre le dimanche 7 juillet 1935 par Mgr. Gaspais; le soir de l'ordination, Mgr. de Guébriant lui donna sa destination pour le vicariat apostolique de Canton qu'il partit rejoindre le dimanche 15 septembre 1935. Il s'embarqua à Marseille le 20 septembre 1935.

    M. Narbaitz-Jauréguy débarqua à Canton le 22 octobre 1935. Après quelques jours de repos, il se mit à l'étude de la langue et de la civilisation chinoise sous la direction d'un ancien séminariste. Ne relâchant jamais ses efforts pour se perfectionner, il parla le chinois cantonais remarquablement. En septembre 1936, il prit possession du district de Seung-Ling, sur la ligne du chemin de fer Canton-Hongkong. Le 17 mai 1937, il procéda à la bénédiction de la nouvelle église qu'il venait de reconstruire et d'agrandir dans cette chrétienté centrale. Il s'orienta vers la formation de "femmes catholiques" qui pourraient parcourir les villages de son district. Du 26 janvier au 2 février 1938, il participa, avec une trentaine d'autres confrères venus de diverses missions, à la retraite spirituelle prêchée à Nazareth (Hong-Kong) par le P. Valensin, s.j.

    Mais en juillet 1937, avait éclaté le conflit sino-japonais, et la situation politique chinoise était en perpétuel changement. Dès 1938, les troupes japonaises débarquèrent près de Canton et peu à peu occupèrent la province. Le 8 août 1938, deux avions japonais lachèrent des bombes sur la ville, les vitraux de la cathédrale de Canton volèrent en éclats, nombreux furent les morts et les blessés.

    À cette situation de guerre, aux bombardements aériens, au flot des réfugiés et des malades s'ajouta l'action des brigands qui profitaient du désordre et de l'insécurité générale. Le 29 septembre 1939, M. Narbaitz-Jauréguy fut fait prisonnier des brigands alors qu'il se rendait à la léproserie St Joseph de Sheklung; remis en liberté le 6 octobre 1939, il arriva à Canton le 8 octobre et repartit pour son district le 10 octobre. En 1944, il prit des risques pour aider des personnes recherchées par les autorités japonaises. Dénoncé par un traitre, accusé d'espionnage, arrêté, ainsi que son confrère M. Bousquet qui mourut en prison, il fut condamné à mort. Les multiples démarches de Mgr. Fourquet auprès de l'occupant parvinrent à faire commuer cette sentence, mais M. Narbaitz-Jauréguy passa plus de quatre cents jours en cellule, au secret. Le 15 août 1945, arriva la capitulation japonaise. M. Pierre Viaud, consul de France à Canton, vint lui-même le sortir de prison.

    M. Narbaitz-Jauréguy s'embarqua pour la France où il arriva le 20 janvier 1946. De retour à Canton, en 1948, il fut chargé de la procure de la mission. Il étudia un projet de fondation d'école de catéchistes, mais l'implantation du nouveau régime, dès novembre 1949, ne lui permit pas de le réaliser. Canton devint alors le centre de transit des missionnaires expulsés de Chine que le régime logeait obligatoirement soit à la police, soit dans un hôtel. Grâce à un petit groupe d'enfants informateurs, il se rendait discrètement à la gare pour les saluer. Tant que cela fut possible, il fit office de vicaire à la cathédrale de Canton, et de directeur de l'hôpital.

    Le 25 août 1953, il fut arrêté; aussitôt, une violente campagne de presse fut menée contre lui. Sur les 239 jours de sa détention, 160 journées et une vingtaine de nuits se passèrent en interrogatoires, chacun durant en moyenne six à sept heures. Dans la cellule, aucune lecture n'était autorisée, occupation unique du prisonnier : écrire le contenu des interrogatoires. Il rédigea un millier de feuilles en français et 450 à 500 en chinois. Le prisonnier en effet, devait méditer sur ses "activités subversives et secrètes", les crimes commis et leur gravité. Accusé d'être à la tête d'un réseau d'espionnage, M. Narbaitz-Jauréguy était fortement exhorté "à se libérer la conscience" par l'aveu, et à "déposer le caillou de dessus son coeur". Enfin, le mercredi de Pâques 21 avril 1954, après une longue séance de mise au point d'une déclaration signée, ses gardiens le conduisirent au train de 9 h. à destination de Hong-Kong.

    Après un temps de repos, affecté temporairement à la mission de Malacca, élevée au rang d'archidiocèse en 1953, M. Narbaitz-Jauréguy arriva à Penang le 12 juillet 1954. Envoyé à Ipoh chez M. Jules François, il se mit au service de la communauté chinoise. Puis il succéda à ce dernier décédé le 19 décembre 1955. En 1955, Penang fut élevé au rang de diocèse, et par décision de Rome, les prêtres furent affectés au diocèse dans les limites duquel ils travaillaient au moment de la création de celui-ci.

    En janvier 1957, transféré à Batu Gajah, il reprit son projet de "femmes chinoises catéchistes". Il en fit venir une vingtaine de Hong-Kong; et quelques unes nées en Malaisie s'adjoignirent au groupe. Il les forma et les répartit dans divers districts de Malaisie. Il partit en congé et le 29 mai 1960, arriva à Marseille à bord du paquebot "Laos". Le 20 janvier 1961, il reprit le chemin de sa mission, et regagna son poste de Batu Gajah.

    Son école chinoise était florissante. À l'aide des "femmes catéchistes", il organisa des catéchismes pour les enfants dispersés dans les villages. En 1964, se sentant fatigué, il écrivit à sa soeur : "Je n'ai plus que deux ans à vivre.." Il s'éteignit à Batu Gajah le 4 janvier 1966.

     

    Références biographiques

    AME 1935 photo p. 237. 1937 p. 231.

    CR 1936 p. 341. 1938 p. 94. 98. 1939 p. 87. 1940 p. 55. 57. 1948 p. 52. 1950 p. 48. 1951 p. 30. 1954 p. 18. 1957 p. 67. 1962 p. 86. 1963 p. 26. 1965 p. 123.

    BME 1928 p. 511. 1935 p. 623. 664. 1936 p. 54. 125. 743. 1937 p. 433. 514. photo p. 329. 1938 p. 185. 203. 1939 p. 129. 274. 566. 791. 793. 794. 864. 1940 p. 50. 1941 p. 333. 688. 1948 p. 28. 1952 p. 56. 500. 770. 1953 p. 620. 801. 1954 p. 83. 178. 272. 585sq. 598. 699. 1955 p. 931. 1957 p. 474. 1958 p. 517. 829. 1960 p. 641. 1961p. 590.

    EPI 1964 p. 136. 1966 p. 284. 451.

    R. MEP n° 144 p. 54.

    EC1 N°  318. 321. 442. 443. 452. 460. 544. 545. 557. 678. 679. 692. 761.

    La Croix du 30-31 août 1953.

    ECM 1942 p.26.

    MEM 1961/69 p. 143.

    • Numéro : 3536
    • Pays : Chine Malaisie
    • Année : 1935