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Martin NARBAITZ (1912-1980)

[3627]. NARBAITZ Martin (1912-1980) né à Ascarat (P.-A.) le 1er septembre 1912, ordonné prêtre à Bayonne le 11 juillet 1937, admis au Sé-minaire des M.-E. en 1938, partit pour la mission de Rangoon le 4 octobre 1946. Dès son arrivée en Birmanie, il fut envoyé à Myaungmya. Il resta pendant 34 ans dans ce poste, jusqu'à son retour en France. Il y fonda un complexe scolaire, un pensionnat, un couvent, ainsi quune église. De retour en France pour raison de santé le 3 septembre 1980, il mourut à Paris le soir même de son retour. Références biographiques
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    [3627] NARBAITZ Martin, naquit à Ascarat, dans le diocèse de Bayonne (Pyrénées Atlantiques), le 1er septembre 1912. Après ses études secondaires au Petit Séminaire d'Ustariz et au Grand Séminaire de Bayonne, il est ordonné prêtre le 11 juillet 1937. Il fait d'abord une année de vicariat à Saint Palais et entre aux Missions Etrangères le 4 octobre 1938. Après une année de préparation à la rue du Bac, le 29 juin 1939, il est destiné pour la Mission de Mysore, en Inde. Il aurait dû s'embarquer le 15 septembre 1939 avec d'autres confrères. Mais la deuxième guerre mondiale éclata : il fut mobilisé et fait prisonnier en 1940. Libéré en 1942, il fut nommé, en attendant un prochain départ, vicaire à Saint Jean-Pied-de-Port. En 1946, les départs en Mission reprirent. Vu les difficultés pour obtenir les visas, sa destination première fut changée et il fut affecté à la Mission de Rangoon, en Birmanie. Il s'embarqua pour Glasgow le 4 octobre 1946, avec quatre confrères dont le Père Maréchal qui sera assassiné en Birmanie en février 1949.

    Dès son arrivée en Mission, il fut envoyé à Myaungmya -poste qu'il ne quittera plus jusqu'à son retour en France en 1980- Il y restera donc près de 34 ans. Il lui fallut apprendre le birman. Il s'y attela avec courage et ténacité, ce qui fut très remarqué et par les confrères et par les prêtres de la Mission de Rangoon.

    Résumer 34 années d'apostolat est une lourde tâche. L'auteur de ces lignes en passa près de la moitié avec le Père Narbaitz, tout au moins en tant que voisin. Cela simplifiera les choses, et l'auteur fera de son possible pour tout relater.

    Avant d'entrer dans les détails, il est nécessaire de rappeler la situation dans laquelle se trouvait la Mission de Myaungmya lorsque le Père Narbaitz y arriva.

    En entrant en Birmanie en 1941, les Japonais provoquèrent une destabilisation dans le pays qui transforma celui-ci en un véritable champ de bataille et cela pendant de longues années. Les Birmans arrivèrent au pouvoir sous la protection de l'occupant. Mais les Carians, pro-anglais, déclenchèrent en 1942 une révolte contre le gouvernement birman. Et c'est au cours des luttes entre Carians et Birmans que les postes missionnaires de Myaungmya et Kanazogon (postes carians) furent complètement détruits et incendiés : églises, couvents, écoles etc. A Myaungmya de 400 à 500 personnes avaient été assassinées. Le calme revenu, le Père Ogent fut envoyé pour relever les ruines. C'était en 1946. Il commença les réparations. Mais il partit en congé en avril 1947 et fut alors remplacé par le Père Narbaitz.

    Avec ardeur et courage, il se mit au travail pour relever le poste qui lui avait été confié. Il le fit sans oublier de soutenir les chrétiens répartis en près de 80 villages plus ou moins importants, visitant ses paroissiens et leur apportant la Bonne Parole.

    Entre les visites, le Père Narbaitz redonna vie au poste central en ville de Myaungmya. Il mettra sur pied un complexe scolaire impressionnant, un pensionnat, un couvent pour les religieuses et une maison pour les Frères carians enseignants. En 1952, il eut la joie de voir son école reconnue comme High School.

    En plus de tout cela, en 1952-1953, on lui donna la charge de fonder une école de catéchistes pour toutes les races de Birmanie. Il mena à bien cette entreprise.

    Mais il manquait l'église. Il voulait une église répondant aux besoins pastoraux de son vaste district. Il eut bien des soucis et des tracas. Et en 1965, l'église était quasiment terminée. Maintenant, grâce au Père Narbaitz, Myaungmya a une belle église avec un beau clocher.

    Pour arriver à un tel résultat, le Père  fut entouré de très bons collaborateurs : prêtres carians, jeunes missionnaires qui venaient successivement se familiariser avec la langue birmane et l'apostolat missionnaire, Soeurs carians, catéchistes et chrétiens de tout âge.

    Si le Père a pu mener à bien ses entreprises, c'est qu'il était aussi et surtout un homme de Dieu. Exigeant, oui, mais il montrait l'exemple et il était aimé par tous, ce qui n'empêchait pas de ne pas être toujours de son avis.

    Accueillant, il le fut pour tous. Pour ses jeunes confrères qui nombreux vinrent à Myaungmya pour l'étude de la langue ; pour ses voisins, il aimait venir voir son aîné se trouvant dans le poste voisin de Kanazogon. Je dirais même qu'il y était attendu de temps en temps.

    En 1965, c'est le départ forcé des jeunes missionnaires. Le travail est de plus en plus difficile, les privations se font sentir et le Père Narbaitz est miné par la maladie. Il n'en peut plus. Certainement ses amis Birmans haut placés l'aidèrent et il put obtenir un visa de sortie et un visa de rentrée. Ce n'est que possédant ces visas que le Père accepta de venir en France pour se soigner. Un de ses neveux était allé le chercher, et c'est le 2 septembre 1980 que le Père arriva en France. Il est arrivé le matin de ce 2 septembre. Dans l'après midi, il entrait à l'hôpital. Mais que se passa-t-il ?? Le soir même du 2 septembre, alors qu'il prenait son premier repas à l'hôpital, un malaise cardiaque le terrassa. Ainsi s'achevaient 34 années d'apostolat missionnaire.

    Quelle tristesse pour les siens ! Pour sa famille qui se trouvait alors autour de lui ; pour ses chrétiens, lorsque ceux-ci apprirent sa mort ; pour tous ceux, chrétiens ou non qu'il avait tant aidés et aimés.

    En terminant cette relation de la vie du Père Narbaitz, comment ne pas rapporter ce que l'un de ses jeunes, qu'il avait éduqué depuis l'âge de 11 ans et qui occupe un poste important dans l'administration, lui écrivit : "Père, vous avez bien travaillé pour l'Eglise et pour la Birmanie. Nous vous devons beaucoup. En tant que BIRMAN, je vous dois affection et gratitude."

    De même, il ne faut pas oublier non plus de souligner à quel point le Père Narbaitz avait su gagner le respect et l'estime des autorités civiles birmanes et de nombre de chrétiens qui le connaissaient.

    Finalement, la grande leçon de cette vie, c'est de nous montrer les merveilles que le Seigneur peut accomplir par quelqu'un qui se donne sans réserve à son amour et à sa grâce.

    Le Père Narbaitz n'est plus, mais Myaungmya est vivant.

     

    Références biographiques

    AME 1939 p. 238.

    CR 1947 p. 95. 123. 1948 p. 121. 1949 p. 121. 127. 1950 p. 106. 107. 1951 p. 94. 1952 p. 71. 1953 p. 64. 1955 p. 64. 1956 p. 67. 1957 p. 72. 1958 p. 70. 1960 p. 75. 1961 p. 78. 1962 p. 91. 95. 1963 p. 97. 1964 p. 64. 1965 p. 128. 1966 p. 166. 167. 1967 p. 111. 112. 113. 1974-76 p. 178. AG80-81 p. 193. - AG80-82 p. 187.

    BME 1938 p. 637. 1939 p. 666. 737. 1940 p. 293. 836. 1941 p. 130. 1948 p. 119. 1950 p. 694. 1952 p. 117. 694. 1953 p. 713. 1954 p. 8. 693. 12955 p. 256. 257. 258. 364. 555. 1091. 1956 p. 378. 573. 789. 910. 1957 p. 280. 768. 878. 975. photo p. 842. 1958 p. 79. 555. 874. 1959 p. 461. 875. 1960 p. 1023. 1961 p. 504. 687.

    Epi 1964 p. 549.

    Enc. PdM. 12P3.

    R. MEP.  1967 N° 149 p. 31. 1967 N° 150 p. 26. III.

    EC2 N° 107P151. - 110P251. 253. - 124P338. - 145/C2. 173/485.

     

     

    • Numéro : 3627
    • Pays : Birmanie
    • Année : 1946