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Gustave Charles marie MUTEL

MUTEL Gustave (1854 - 1933) [1320] MUTEL Gustave, Charles, Marie, est né à Blumery, près de Doulevant dans la Haute-Marne, au diocèse de Langres, le 8 mars 1854, fils de Nicolas Mutel et de Catherine Jacquin, cultivateurs.
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    MUTEL Gustave

    (1854 - 1933)


    [1320] MUTEL Gustave, Charles, Marie, est né à Blumery, près de Doulevant dans la Haute-Marne, au diocèse de Langres, le 8 mars 1854, fils de Nicolas Mutel et de Catherine Jacquin, cultivateurs.

    Il fait ses études secondaires au collège de Joinville puis au Petit Séminaire de Langres, se montrant partout sérieux et brillant élève. Il entre ensuite au Grand Séminaire de Langres, où il reçoit la tonsure. Entré au Séminaire des Missions Étrangères de Paris le 4 octobre 1873, il étudie à Rome, est ordonné prêtre le 24 février 1877 et, destiné pour la Corée, part de Paris le 5 avril 1877.

    Ayant été chargé d'étudier la marche à suivre dans les causes en béatification, au cours de son voyage vers la Corée, il s'arrête au Tonkin pour s'informer, car l'instruction d'une cause est en cours dans cette mission. La suite de son voyage le conduit en Mandchourie où il arrive en décembre 1877 et y étudie un peu de caractères chinois et de coréen. Il se rend ensuite au Japon pour s'informer de ce qui y a été fait en vue de la béatification des martyrs de ce pays. Rentré en Mandchourie, il s'occupe de la chrétienté dite de N.D des Neiges aux environs de Tcha-keou. Depuis la grande persécution de 1866 en Corée, cette localité a été le refuge des missionnaires de Corée qui ont échappé à la persécution ou la \Salle d'attente" pour ceux qui cherchent à y entrer.

    Le Père Mutel fait avec le Père Liouville, en mai 1880, une première tentative pour entrer en Corée sur une barque chinoise qui doit rencontrer une barque coréenne aux abords de l'île Tai-chong (qui se trouve à quelques milles au sud de l'île Paik-ryong à environ 37°45 N et 125°15 O). Ils ont beau attendre plusieurs jours, hisser les signaux convenus et prendre de gros risques, ils ne rencontrent pas les Coréens qui devaient les mener à terre, et retournent en Mandchourie. Six mois plus tard, encore avec le Père Liouville, le Père Mutel fait une nouvelle tentative pour entrer en Corée et réussit, le 12 novembre 1880, à entrer dans la province du Hoang-hai et à débarquer à Thai-than, au fond du Golfe Tai-dong qui sépare les deux arrondissements de Jang-yon et de Ong-jin. Après avoir passé deux mois avec le Père Liouville dans une maison chrétienne de ce village de Thai-than, le Père Mutel s'en va en janvier 1881 à Paik-chon, dans l'arrondissement de Yon-baik et du Kyung-ki et de la rive droite du fleuve Han, pour rencontrer le Père Robert, qui est en Corée depuis trois ans et demi. Il y reste quelques semaines puis, à la suite d'une alerte, se rend à Séoul pour se cacher dans une petite maison chrétienne. Il y retrouve le Père Liouville qui, en mars 1881, a été capturé puis miraculeusement libéré. Une fois le danger passé, le Père Liouville s'en va en province tandis que le Père Mutel est chargé de l'administration des chrétiens de Séoul, ainsi que de la procure de la mission. Il doit prendre beaucoup de précautions dans son travail, et changer de domicile à de multiples reprises.

    Au printemps de 1885, le Père Mutel doit quitter la Corée : il a été rappelé à Paris comme professeur de dogme et de liturgie et comme représentant des missions du Japon, de Corée et de Mandchourie au conseil de la Société. Durant son séjour à Paris, où il passe pour un modèle de vrai missionnaire, il négocie avec la maison-mère des Religieuses de St Paul de Chartres l'envoi de religieuses en Corée. Les premières religieuses qui y sont envoyées y arrivent en juillet 1889.

    À la suite du décès de Mgr. Blanc en février 1890, le Père Mutel est nommé évêque titulaire de Milo et vicaire apostolique de Corée en août 1890. Il est sacré dans la chapelle de la rue du Bac le 21 septembre suivant, au jour anniversaire du martyre de Mgr. Imbert, du Père Maubant et du Père Chastan en 1839. Une semaine après son ordination épiscopale, Mgr. Mutel ordonne 36 nouveaux missionnaires, dont les Pères Chargeboeuf et Dutertre, qui vont faire avec lui le voyage de Corée. Le 14 décembre 1890, Mgr. Mutel s'embarque à Marseille; il s'arrête quelques jours pour visiter le Collège général de Pinang, puis arrive à Séoul le 23 février 1891, ouvertement, et chaleureusement accueilli par les chrétiens. Il ne lui est pas nécessaire de se cacher comme il avait dû le faire 11 ans plus tôt; les temps ont changé et l'Église a acquis une certaine liberté, fragile toutefois.

    Mgr. Mutel constate rapidement l'étendue des transformations qui sont intervenues durant les 6 dernières années dans la vie politique et sociale de la Corée, dans la vie pratique des missionnaires et des chrétiens. Désormais, il est mêlé de près à tous les développements religieux dans le pays, mais il prend soin de n'être que témoin, ou à la rigueur conseiller, pour tout ce qui se passe par ailleurs. Malgré des sollicitations répétées, il se garde bien de se laisser entraîner dans les affaires politiques et se borne, dans ses relations avec le monde officiel, à la défense et à la sauvegarde des intérêts de l'Église. Dans son action pastorale, Mgr. Mutel se conforme aux objectifs fondamentaux des MEP à l'époque. Il se préoccupe donc beaucoup de la formation du clergé local et, à cet effet, renforce les assises du Séminaire, qui a été déplacé par Mgr. Blanc et le Père Maraval en 1887 du "trou de hiboux" où il se trouvait vers le quartier de Yong-san, dans la banlieue ouest de Séoul1, l'agrandit en 1911, puis encore en 1914; finalement, il sépare le Grand Séminaire, qui reste à Yong-san, et le Petit Séminaire qui est établi dans le quartier de Hyé-hwa-dong, dans le nord-est de Séoul. Durant son épiscopat, Mgr. Mutel ordonnera 64 prêtres coréens. Il s'occupe de près de son troupeau, qui s'agrandit à la moyenne de 4 à 5 mille personnes par an en moyenne, visitant tour à tour non seulement les chefs-lieux de districts, mais encore les chrétientés secondaires, ou dessertes, qui en dépendent, confessant, prêchant, donnant les sacrements, comme le fait tout missionnaire. Il divise les districts et établit de nouveaux postes autant que faire se peut. C'est ainsi que de nouveaux postes sont fondés à Chon-ju, capitale de la province du Chon-la septentrional en 1891; à Pyong-yang, capitale de la province du Pyong-An méridional, en 1895; à Won-ju, ville importante de la province du Kang-won en 1896; à Sa-ri-won, capitale de la province du Hoang-hai, en 1900, etc. Mais il fonde aussi des postes dans les campagnes, non seulement dans des bourgades, mais encore dans des "trous perdus" comme Mi-ri-nai (où se trouvent les tombeaux de Mgr. Ferréol et du Père André Kim, premier prêtre coréen, et futur bienheureux, puis saint) en 1896; Ha-ou-hyen, au sud de Séoul en 1900; Haing-ju, au nord-ouest de Séoul, en 1905, etc., etc. En conséquence, lors de l'annexion de la Corée par le Japon en 1910, il y a dans le pays 69 postes missionnaires, dont certains ont leur église et leur presbytère solidement construits, et 73.000 chrétiens; par comparaison, lors de son arrivée comme vicaire apostolique en 1891, il n'y avait guère de poste établi et pas plus de 20.000 chrétiens en tout. En 1891, il n'y avait aucun prêtre coréen, mais il y en avait 15 en 1910.

    Les progrès vont se poursuivre dans ces divers domaines, mais Mgr. Mutel, tout en conservant le même objectif, et pour mieux réaliser cet objectif, va faire porter ses efforts dans une autre direction : la multiplication des vicariats apostoliques. En 1911, il obtient la création du vicariat de Taegu, encore confié aux MEP, et qui recouvre les quatre provinces méridionales du pays. En 1920, est créé le vicariat apostolique de Won-san, qui recouvre les deux provinces du nord-est du pays et la région du Kan-to en Mandchourie, et qui est confié aux Bénédictins allemands qu'il avait fait venir en Corée en 1909. Et en 1923 arrivent des missionnaires de Maryknoll pour prendre la responsabilité des deux provinces du nord-ouest en préparation de la création de la préfecture apostolique de Pyong-yang, ce qui sera chose faite en 1927. Entre-temps, en 1920, Mgr. Mutel avait obtenu un jeune coadjuteur en la personne de Mgr. Devred, à qui il avait confié la direction des affaires pratiques de la mission. Et quand Mgr. Devred décède inopinément en 1926, il s'empresse d'obtenir un nouveau coadjuteur, à qui il confie également la marche du vicariat de Séoul. En 1928, il crée un vicariat forain dans la province du Hoang-hai en vue de préparer l'érection d'une mission indépendante confiée au clergé coréen, mais la tournure des événements en Corée ne permettra pas la réalisation de cet espoir. Par contre, avec la béatification de 79 martyrs en 1925, les efforts qu'il a entrepris dès les premiers jours de sa vie missionnaire sont récompensés, et le souhait "Florete, flores martyrum" qu'exprime sa devise épiscopale devient réalité. En 1921, il travaillait encore en vue de cette béatification, traduisant les archives nationales coréennes du siècle précédent.

    En 1931, à 77 ans, Mgr. Mutel réunit à Séoul un Concile Régional que préside le Délégué apostolique au Japon, et auquel participent les 3 vicaires apostoliques de Séoul, Taegu et Won-san, les deux préfets apostoliques de Pyong-yang et de Yeu-kil (cette préfecture, détachée du vicariat de Won-san, est située dans la région du Kan-to, en Mandchourie, et peuplée surtout de Coréens), et les vicaires forains des provinces du Chon-la et du Hoang-hai ainsi que des délégués du clergé de chaque circonscription. Ce Concile Régional décide notamment la publication d'un directoire commun à toutes les missions de Corée, d'un catéchisme national, etc.

    Le 12 janvier 1933, Mgr. Mutel prend froid durant sa prière devant le Saint Sacrement. Une bronchite se déclare, suivie d'une congestion pulmonaire qui ne cesse de s'aggraver, malgré les soins dispensés. Après avoir reçu les derniers sacrements des mains de Mgr. Larribeau, son coadjuteur, Mgr. Mutel rend son âme à Dieu le 23 janvier 1933.


    Références bio-bibliographiques

    AME 1890 p. 258. 1891 p. 300. 406. 1894 p. 185. 1895 p. 281. 1896 p. 455. 1900 p. 57. 1901 p. 282. 1902 p. 19. 280. 1903 p. 208. 1905 p. 52. 185. 1906 p. 49. 1909 p. 31. 323. 326. 327. 1910 p. 170. 1911 p. 210. 211. 212. 277. 1912 p. 39. 331. 332. 1913 p. 29. 205. photo p. 164. 1915-16 p. 61. 1917-18 p. 385. 387. 1919-20 p. 283. 379. 1921 p. 182. 183. 185. 186. 197. 226. 1922 p. 140. 1923 p. 24. 28. 29. 195. 1924 p. 136. 137. 155. 1925 p. 14. 121. 122. 125-129. 180. 181. 201. 1926-27 p. 3. 34. 35. 36. 53. 54. 70. 164. 173. 268. 361. 364. 365. 1929 p. 175. 1930 p. 203. 1931 p. 243. 244. 1932 p. 40. 240. 1933 p. 89. 90. 98. 146. 192. 1936 p. 58. 59. 60. 1937 p. 180. 181. Articles : 1901 p. 118. 1905 p. 185. 1911 p. 216. 1923 p. 29. 1924 p. 154. CR 1877 p. 49. 1882 p. 8. 1884 p. 38. 1885 p. 137. 1886 p. 146. 152. 1887 p. 195. 1889 p. 240. 241. 253. 1890 p. 8. 10. 208. 209. 211. 1891 p. 14-25. 1892 p. 261-272. 347. 348. 1893 p. 19-37. 335. 336. 339. 341. 1894 p. 20-41. 1895 p. 26-45. 47. 1896 p. 13-39. 370. 372-374. 1897 p. 25-41. 1898 p. 23-38. 1899 p. 52-68. 1900 p. 42-62. 328. 1901 p. 53-70. 302. 1902 p. 55-76. 265. 359. 426-428. 1903 p. 47-58. 369. 400. 402. 1904 p. 47-56. 322. 375. 379. 1905 p. 32-42. 1906 p. 41-54. 1907 p. 61-74. 350. 1908 p. 52. 1909 p. 45-57. 287. 324. 327. 328. 1910 p. 45-57. 328. 334. 1911 p. 4. 39-50. 1912 p. 9. 11. 17. 48-54. 64. 1913 p. 56-65. 1914 p. 20-24. 32. 177. 1915 p. 30-38. 44. 173. 219. 236. 1916 p. 33. 39-44. 235. 1917 p. 22-27. 38. 191-193. 215. 216. 218. 219. 1918 p. 15-17. 165. 1919 p. 19-23. 1920 p. 116. 141. 1921 p. 24-26. 38. 176. 1922 p. 18. 29. 31. 36. 209. 212. 213. 216. 217. 1923 p. 27. 28. 30. 32. 33. 40. 41. 202. 203. 232. 1924 p. 26. 1925 p. 28. 29. 1926 p. 22-24. 182. 184-186. 193. 207. 208. 1927 p. 20. 171. 172. 190. 1928 p. 23. 33. 1929 p. 38. 43. 332. 1930 p. 31. 39 255. 1931 p. 30. 32. 39. 1932 p. 40. 63. 1933 p. 15. 23. 256. 381. 1934 p. 235. 1936 p. 260. 273. 274. 1937 p. 27. 285. 1938 p. 246-248. 296. 1948 p. 222. 224. 225. AG 80-82 71. BME 1922 p. 24. 26. 61. photo p. 17. 1923 p. 378. photo p. 463. 481. 1924 p. 451. 1925 p. 230. 378. 427. 443. 510. 558. 713. 771. 785. 1926 p. 65. 109. 179. 191. 245. 262. 308. 626. 1927 p. 248. 426-428. 1929 p. 424. 425. 1930 p. 728. photo p. 806. 1932 p. 359. 652. 1933 p. 190. 192. 278. photo p. 241. 1934 p. 118. 1937 p. 338. 1935 p. 869. 1949 p. 425. 574. 766. 1950 p. 622. 1951 p. 97. 745. 1952 p. 753. 1955 p. 284. 286. 1956 p. 988. 1957 p. 414. 787. 788. 1958 p. 172. 1959 p. 626. EC1 N° 31. 65. 81. 82. 85. 86. 87. 89. 90. 91. 92. 93. 95. 96. 97. 98. 99. 100. 101. 102. 260. EC2 N° 171/441. 172/477.

    1 la notice nécrologique, au bas de la page 239 du C.R. de 1934 contient une double erreur : cela s'est fait en 1887, et non pas en 1890; cela s'est fait du temps de Mgr. Blanc et non pas du temps de Mgr. Mutel. D'ailleurs en 1890, Mgr. Mutel ne se trouvait pas en Corée.

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    • Numéro : 1320
    • Année : None