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François MUFFAT

[ 3679 ] MUFFAT François, Louis, joseph Missionnaire Mandalay --------- François, Louis, Joseph MUFFAT, fils de François-Joseph et de Marie Victoire Menoud, naquit le 28 septembre 1915, à la Baume, diocèse d'Annecy, département de la Haute-Savoie. Ses parents, cultivateurs, élevèrent une famille de quinze enfants : neuf garçons et six filles. Après ses études primaires à l'école du village natal, François partit en 1927 à Thonon-les-Bains où il fit son cycle secondaire, au petit séminaire Saint-François de Sales.
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    [ 3679 ] MUFFAT François, Louis, joseph

    Missionnaire

    Mandalay

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    François, Louis, Joseph MUFFAT, fils de François-Joseph et de Marie Victoire Menoud, naquit le 28 septembre 1915, à la Baume, diocèse d'Annecy, département de la Haute-Savoie. Ses parents, cultivateurs, élevèrent une famille de quinze enfants : neuf garçons et six filles. Après ses études primaires à l'école du village natal, François partit en 1927 à Thonon-les-Bains où il fit son cycle secondaire, au petit séminaire Saint-François de Sales.

    Le 15 juin 1934, il demanda à entrer au séminaire des Missions Etrangères. Admis le 26 juin 1934, il rejoignit le séminaire le 15 septembre 1934. En 1937, il fit son service militaire au 47ème Zouaves en Tunisie. Maintenu sous les drapeaux en 1939, fait prisonnier en 1940, il parvint à s'évader. Drôlement éconduit à la rue du Bac, il traversa en vélo, la zône occupée, passa la ligne de démarcation à travers des marécages, arriva en zône libre et reprit ses études théologiques au grand séminaire d'Annecy. Sous-diacre le 29 juin 1942, diacre en décembre 1942, ordonné prêtre à Paris, le 20 mars 1943, il reçut sa destination, le 19 juin 1943, pour le vicariat apostolique de Mandalay. En attendant de pouvoir s'y rendre, il prit du ministère dans le diocèse d'Auxerre et fut agrégé à la Société des Missions Etrangères le 15 septembre 1943. A la libération, il s'engagea dans l'armée du général Leclerc, et fut affecté comme sous-lieutenant aumônier militaire, au 35ème régiment d'infanterie. Cité à l'ordre de l'Armée, en 1944, la croix de guerre avec palme lui fut décernée, en raison de sa conduite héroïque au combat . Pour le même motif, en 1947, il reçut la croix d'officier de la Légion d'Honneur.

    Le 26 septembre 1946, MM. Muffat et Michel Blivet se rendirent à Glasgow; le 4 octobre 1946, ils s'embarquèrent pour la Birmanie, sur le \Monarch of Bermuda". Après l'étude de l'anglais et du birman à Mandalay, M. Muffat fut envoyé, en février 1948, dans les montagnes Chins du Nord, chez les "Zaniats", à Lumbang, gros bourg d'un millier d'habitants, à 1200 mètres d'altitude, et à 300 kms à l'ouest de Mandalay. Il fit trois jours de marche pour parcourir les 80 derniers kms, avec une caravane de chevaux et de boeufs. Il trouva sur place un catéchiste indien, marié à "une zaniate", Saya Robin, ancien séminariste goanais, peintre, qui évangélisait cette ethnie par la parole et par l'image. Il entreprit la construction de sa maison, et prépara un emplacement pour l'église. Il passera quarante cinq ans de sa vie missionnaire à Lumbang.

    M. Muffat se mit à l'étude de la langue "zaniate" dès son arrivée et il gagna vite la confiance des Chins en les visitant et en les soignant. Mais il rencontra surtout l'opposition des protestants baptistes implantés avant lui dans la région. L'ambiance n'était pas encore à l'cuménisme.

    En 1951, il enregistra 200 baptêmes d'adultes; Mgr.Falière lui envoya un prêtre birman et M. Louis Garrot, pour le seconder. Sept prêtres dont les résidences étaient échelonnées à quelques cinquante kms les unes des autres, évangélisaient les Chins du Nord; trois mille catéchumènes environ vivaient dispersés sur une distance de cent trente milles, le long des deux rives du Manipur. En 1955, après avoir par deux fois agrandi son église, il entreprit la construction d'un couvent, école, dispensaire pour les Surs de Saint Joseph de l'Apparition qui s'y installèrent au début de 1956. Avec quelques catéchistes, il se rendit à Rangoon du 2 au 5 février 1956, où se tint un Congrés Eucharistique National.

    Le 18 mai 1957, M. Muffat arriva en France pour un congé régulier; par avion, le 4 novembre 1957, il regagna sa mission, et retrouva sa communauté de Lumbang. Le 19 décembre 1959, Rome ratifia l'acte de démission de Mgr. Falière, et lui donna comme successeur Mgr. Joseph U Win. Ce dernier conféra l'ordination sacerdotale au Père Flavien Hrang Hluan premier prêtre chin, à Lumbang, sa paroisse d'origine, le 31 janvier 1960. En 1961, son district ayant été divisé, M. Muffat doubla son école primaire, puis bâtit un nouveau presbytère; mais cette année là, les récoltes ayant été mauvaises, il éprouva quelques difficultés pour alimenter les 52 filles et 61 garçons de son internat de Lumbang. En janvier 1961, il reçut la visite de M. Joseph Alazard, assistant du Supérieur Général, après celle de M. Prouvost quelques années auparavant.

    En 1962, la situation politique s'étant aggravée, l'armée prit le pouvoir, le régime politique devint policier, tout déplacement devant être justifié par un sauf-conduit. En mai 1964, les billets de banque furent changés. Au printemps de 1965, un décret gouvernemental nationalisa toutes les institutions scolaires privées. M.Muffat essaya de garder ouvertes écoles et internat; mais l'année suivante, il signala que plusieurs bâtiments de la mission de Lumbang avaient été spoliés. En fait, cela intensifia les demandes d'entrée en catéchuménat et des sessions de trois semaines furent organisées pour la formation des catéchistes.

    En 1966, le "Conseil Révolutionnaire" du général Ne-Win ayant ouvert la "Voie birmane vers le socialisme", les missionnaires arrivés après l'indépendance durent quitter la Birmanie, leur visa de séjour n'étant plus renouvelé. M.Muffat ne fut pas touché par cette mesure, mais une grosseur au cou, en 1968, l'obligea à se rendre à Rangoon pour trois mois. A son retour, il fêta avec éclat, à Lambung, ses vingt-cinq ans de sacerdoce. Ne pouvant plus se déplacer sans papiers administratifs, il plaça des catéchistes dans chacune de ses chrétientés, envoya des jeunes au petit séminaire de Maymyo, des jeunes filles aux noviciat des religieuses.

    En 1983, M. Muffat restait le seul missionnaire Mep présent dans l'archidiocèse de Mandalay. Mais huit prêtres chins, aidés d'une dizaine de religieuses, et de plus de cent catéchistes travaillaient chez les Chins. En 1984, écrivait il, "... L'an prochain, 6 Chins seront ordonnés prêtres.. plus de cinquante sont au séminaire des jeunes, et trente au grand séminaire." En mars 1985, ces ordinations sacerdotales donnèrent lieu à un rassemblement festif important à Hakka, à une rencontre cuménique avec les baptistes, et à la bénédiction par l'Archevêque, de la première pierre d'une vaste église en dur, et à une grande procession eucharistique en cette ville.

    Puis, passant par Hong-Kong et Taïwan, M. Muffat rentra en congé en France où il arriva le 28 juillet 1985; reparti le 13 décembre 1985, il regagna Lambung. Il prépara la reconstruction de son église, et apprit avec joie, la nomination, le 15 janvier 1989, de Mgr.Nicolas Mang Thang évêque auxilaire chargé des communautés Chins. Sa santé se dégradant, M. Muffat revint en France où il arriva le 12 juin 1990. A son retour, il assista à la pose de la première pierre de l'église de Kalemyo, le 20 décembre 1990, puis retrouva Lambung et les travaux de construction de son église terminée au début de 1992. Il prépara le jeune prêtre chin, Peter Ki Se à lui succéder.

    En 1992, M.Muffat tombé malade, se fit soigner à Falam, à Mandalay, puis à Bangkok. Atteint d'un cancer du foie, rapatrié en France, le 31 août 1992, il fut hospitalisé à Paris, durant une semaine; puis il gagna Montbeton où il décéda à l'aube du dimanche 20 septembre 1992, et où ses obsèques furent célébrées le mardi suivant.

    A Rangoon, le 9 octobre 1992, tous les évêques réunis en conférence épiscopale concélébrèrent pour le repos de son âme; Patrick, un de ses anciens catéchistes témoigna : "... C'était un homme tout prétri d'humilité, et d'obéissance, un modèle, un saint prêtre. Je suis heureux d'avoir au ciel un ami tel que lui, un saint qui prie pour moi."


    (3679) MUFFAT François Louis

    Réf. biographiques. - BME 1948 p. 253. 1949 p. 450. 1951 p. 242, 307. 1953 p. 54, 592. 1954 p. 551-92. 1955 p. 66-8, 656. 1956 p. 378, 792. 1957 p. 663, 771-2. 1958 p. 81-9. 1959 p. 364. 1960 p. 374, 638, 729, 837-8. 1961 p. 317-91-92, 944. - CR 1947 p. 125. 1948 p. 123. 1950 p. 113-14. 1952 p. 80. 1958 p. 75. 1960 P. 77. 1961 p. 81. 1962 p. 93-4. 1963 p. 98. 1964 p. 64 p. 1965 p. 125. 1966 p. 170-71. 1967 p. 115. 1974-76 p. 177.AG80-1 p. 193. 1982 p. 185-90. 1985 p. 203. - EC1 n° 293, 410-34-49, 621-29. - EC2 n° 2 p. 58. 8 p. 247. 11 p. 339. 20 p. 182. 35 p. 280. 45 p. 273. 54 p. 211-12. 79C2. 107 p. 150. 110 p. 252. 173/484. 181/50. 188/275ss. 196/177ss. 199/C2.203/C2. 107 p. 150. 110 p. 252. 173/484.181/50. 188/275ss.196/177ss. 199/C2. 203/C2. -HIR n° 117 p. 2, 124. -ISG n° 36. -EPI 1963 p. 717-18. 1965 p. 403. 1969 p. 425. - ECM 1946 p. 156. 1947 p. 161. -



    Mémorial MUFFAT François, Louis, Joseph page 3
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    • Numéro : 3679
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