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Joseph Marie MOTEL

[2728] MOTEL Joseph-Marie Missionnaire Kouy-Tcheou -------------
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    [2728] MOTEL Joseph-Marie

    Missionnaire

    Kouy-Tcheou

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    Joseph-Marie MOTEL naquit le 15 janvier 1880, au village de la Bigotnais, à un km et demi environ du bourg de Campel, diocèse de Rennes, département de l'Ille-et-Vilaine. Il fit ses études primaires à Campel, mais M.l'Abbé Esnault, vicaire en cette paroisse remarqua cet enfant alerte et gai, intelligent, pieux; il lui donna pendant un an, des cours de latin, et en 1892, il le fit admettre au petit séminaire de Saint Méen, pour y suivre le cycle des études secondaires qu'il acheva en 1898.

    Le 15 septembre 1898, M. Joseph-Marie Motel entra, laïque, au séminaire des Missions Etrangères. Tonsuré le 22 septembre 1899, minoré le 22 septembre 1900, sous-diacre le 28 septembre 1902, diacre le 7 mars 1903, ordonné prêtre le 21 juin 1903, il reçut sa destination pour le vicariat apostolique du Kouy-tcheou (Kweiyang) qu'il partit rejoindre le 5 août 1903.

    Arrivé à Kweiyang le 24 décembre 1903, il se mit avec ardeur à l'étude de la langue chinoise. Doué d'une excellente mémoire, esprit curieux, brillant causeur, il arriva à parler le chinois avec volubilité, exactitude et pittoresque. En 1904, Mgr. Guichard le nomma vicaire à Touanpo. En 1905, il devint curé de cette ville et chargé du district de Pin-yue où il remplaça M. Marchand. Pendant presque toute l'année, M. Motel visita à cheval ses nombreuses chrétientés, catéchisant, prêchant, s'efforçant de débrouiller des chicanes compliquées. Il entra en contact avec la population \Hé-Miao", installée au sud de son district et appelée "Sauvages Noirs" par les chinois. Il étudia leur langue, et en composa un lexique.

    En 1909, il quitta Touanpo pour s'installer à Houang-pin, où se trouvait une communauté chrétienne chinoise. Il écrivait à son évêque: ".. Le petit troupeau de Houang-pin ne fait que s'accroitre; il y a un bon nombre de convertis qui pourraient être baptisés, si ce n'était un véritable maquis de situations matrimoniales..". Il fit le projet de se fixer chez les "Hé-Miao" à Sin-Tcheou. " A mes "Barbares Noirs", confiait il à son évêque, il ne faut pas trop parler d'étude. Ils préfèrent les longues causeries en fumant la pipe ou les vieilles chansons en dansant sous les arbres. Faut il dompter un cheval, faire une course à bride abattue, les voilà aussitôt debout, l'oeil brillant.... C'est par les écoles que j'espère aller à eux.. L'an passé, j'avais cinq écoles; il m'en faut le double cette année. Je m'installerai, si possible, à Sin-Tcheou; là, je me "barbariserai" plus vite..."

    La révolution chinoise de 1911 donna l'occasion aux mandarins chinois de pressurer les minorités "Hé-Miao". Ces derniers se soulevèrent, et en 1912, partirent à l'assaut de la ville de Sin-Tcheou, où ils pillèrent et incendièrent plusieurs maisons, massacrant leurs habitants. Une armée chinoise de cent cinquante soldats, de passage à Sin-Tcheou tuèrent plusieurs révoltés et mirent les autres en fuite. Des fugitifs "Hé-Miao" jetèrent la terreur à Houang-Pin où résidait M. Motel. On se réfugia chez lui, on lui confia en dépôt objets précieux, argent et bjoux. En accord avec les autorités chinoises, M.Motel fit fermer les portes de la ville; des guetteurs furent installés sur les remparts. Peu après on apprit la défaite des révoltés "Hé-Miao" à Sin-Tcheou, puis, le calme revint. M. Motel fut considéré comme le sauveur de la ville de Houang-Pin.

    Pendant deux ans, M.Motel travailla et réussit au bout de deux ans à rétablir la paix entre les chinois et les "Hé-Miao"..Il arracha à la mort un nombre important de ces derniers. Il reconstruisit sa "pharmacie" à Sin-Tcheou. Refusant tous les cadeaux, il reprit sa vie missionnaire. C'était à la fin de février 1914.

    En août 1914, parvint l'ordre de mobilisation. Successivement, M.Motel fut dirigé sur Pékin, puis TienTsin, et enfin Paris.où il se trouvait en avril 1915, au titre d'infirmier militaire. En juillet 1915, il était sur le front du côté d'Arras; vers le 15 juillet 1915, il fut chargé d'installer un poste de secours sur le passage des troupes et . quelques jours après, il était à Doullens, dans la Somme, d'où il écrivait:..."Il pleut. Je suis près de l'église, où je puis célébrer la sainte Messe, je dors sur la paille dans une écurie assez humide. Le canon d'Albert -Somme- tonne sans discontinuer." Sa consolation fut de pouvoir exercer son ministère sacerdotal auprès des blessés, des malades et des mourants.

    Au Kouy-Tcheou, M.Motel avait souvent souffert de forts accès de fièvre paludéenne; il en fut repris dans les tranchées, et resta assez longtemps malade sans en parler. A bout de forces, il fut évacué à Vitry-le-François où il arriva perdant par le nez et la bouche un sang décomposé. Il trouva dans cette ambulance militaire plusieurs confrères y remplissant les fonctions d'infirmiers: MM. Grosjean, Péric, Bois et Gaspais.

    Sa maladie s'aggrava très vite. A M. l'archiprêtre de Vitry venu le visiter et lui disant;" Eh bien, mon Père, vous en êtes à l'offertoire", M. Motel répliqua :"Oui, Monsieur le Curé, ce sera bientôt la communion". C'est à l'ambulance militaire de Vitry-le-François qu'il rendit son âme à Dieu le samedi 11 septembre 1915, entre 13 h et 14h.

    "Ses funérailles furent simples belles et pieuses, écrivit M.Gaspais.. La messe fut célébrée par M.Grosjean, l'ainé de ses confrères présents, l'absoute fut donnée par M. l'archiprêtre de Vitry, vicaire général de Châlons; une quinzaine de prêtres y assistaient. Son corps repose au cimetière de Vitry-le-François"..

    Références biographiques

    AME 1903 p. 378. 1915-16 p. 78. 87. 1922 p. 22. 1938 p. 104. CR 1903 p. 306. 1905 p. 102. 1909 p. 122. 1915 p. 3. 159. 280. 1916 p. IX. 86. 201. BME 1927 p. 34. MC 1917 p. 446. 448.



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    • Numéro : 2728
    • Année : None